Des médias américains aveuglés par leur biais pro-Biden

Joe Biden by Gage Skidmore on Flickr (CC BY-SA 2.0) — Gage Skidmore, CC-BY

Bien que noble, le vœu de neutralité des médias est une chimère.

Par Pierre-Guy Veer.

J’ai moi-même été journaliste pour un petit hebdo, et le fait de couvrir ou non – et sous quel angle – une histoire montre un biais évident.

Cela dit, il y a moyen de le faire subtilement. À ce sujet, la quasi-totalité des médias de masse traditionnels aux États-Unis échouent lamentablement au test. Tellement que les propos récurrents de Trump les accusant de propager des « fausses nouvelles » semblent une simple vérité de La Palisse.

Il suffit de s’intéresser à la couverture de la pandémie par les medias depuis ses débuts. Une récente étude affirme que 91 % des nouvelles présentées étaient négatives versus 54 % ailleurs dans le monde. Je m’en suis vite aperçu pour la chaîne NBC : à l’automne, il était constamment question des nouveaux cas, mais plus des cas d’hospitalisations.

Toujours sur cette chaine, le biais patent anti-Trump n’était même pas subtil. Dans le même bulletin, on trouvait une nouvelle sur une manifestation monstre antiracisme à Washington sans la moindre mention du virus. La nouvelle suivante dénonçait un rassemblement avec Trump à la Maison Blanche – en plein air –, et on faisait les gorges chaudes sur un possible foyer d’éclosion du virus.

Et que dire maintenant de la théorie « illuminée » du virus qui se serait échappé d’un laboratoire qui ne subit plus l’épreuve des « faits », ou que certains médicaments pourraient soulager des malades ?

Médias et sexisme à géométrie variable

La couverture médiatique du virus aux États-Unis ne devrait surprendre personne qui suit l’actualité du pays. En effet, quiconque ne possédant pas une carte « d’immunité » démocrate peut être à tout moment sujet de railleries et de commentaires déplacés qui ne seraient pas tolérés envers les leurs.

Durant l’élection de 2016 et les primaires de 2020, le qualificatif de « sexisme » était sur toutes les lèvres pour expliquer le rejet d’Hillary Clinton et Elizabeth Warren. Idem pour Kamala Harris : toute critique – et il y en avait une litanie légitime– envers la vice-présidente relevait du sexisme (et du racisme).

Pourtant, lors de l’élection de 2008, la quasi-totalité des médias se sont ligués pour critiquer Sarah Palin, la colistière de John McCain pour les républicains. On se demandait si la mère d’un enfant trisomique et d’une adolescente mère à 17 ans pourrait assumer ses tâches. Joe Biden a même blagué sur son apparence physique. Et plus généralement, des commentaires étaient diffusés qui, s’ils avaient été adressés à une démocrate, auraient prouvé la misogynie innée des républicains. On a même interviewé son sosie porno.

Et que dire du traitement des secrétaires de Trump à la Maison Blanche…

Racisme unidirectionnel

Lesdites railleries sont encore plus vicieuses quand elles concernent la couleur de peau. Lors du règne de Saint-Obama, toute critique à son égard était promptement dénoncée comme étant raciste.

Il suffit de regarder la couverture des Tea Party à leurs débuts. Bien que les arrestations et les actes de vandalisme se comptaient sur les doigts de la main, leurs adhérents ont vite été qualifiés de racistes et ont été affublés de toutes les étiquettes à la mode pour éviter tout débat, et ce même si des sondages en 2010 tendaient à démontrer qu’ils étaient plus éduqués que la moyenne et que leurs doléances étaient presque exclusivement économiques. Plusieurs républicains de longue date ont d’ailleurs perdu leur siège lors des primaires en 2010 et 2012.

Par contre, quand vient le temps de critiquer un non-Blanc n’ayant pas son immunité démocrate, les insultes racistes volent à gauche et à droite. Et cela ne date pas d’hier. Quelques années après la confirmation de Clarence Thomas à la Cour suprême, une journaliste a souhaité qu’il meure par crise cardiaque. Durant l’élection de 2020, une autre journaliste l’a surnommé « Uncle Clarence », en référence à Uncle Tom, une insulte raciste pour qualifier un Noir soumis ou trop assimilé aux Blancs.

Cette insulte est privilégiée pour dénoncer un Noir avec la mauvaise opinion. Cette année même, Tim Scott, le sénateur noir républicain qui a donné la réplique au discours de l’état de l’Union de Joe Biden, a été traité d’Uncle Tim par les alliés idéologiques des démocrates. Twitter a attendu près de 12 heures avant d’intervenir. Vous pouvez être certains que ce tweet n’aurait pas résisté cinq minutes s’il avait été adressé à une personne ayant l’immunité démocrate.

Bref, ne soyez pas surpris que le mot-clic #fakenews soit si populaire aux États-Unis. Il est certainement exagéré mais il révèle la grande méfiance de la population envers ce supposé quatrième pouvoir de la démocratie qui s’acoquine trop souvent avec le gouvernement à condition d’avoir la bonne couleur.

En effet, « républicain = diable en personne » et « démocrates = anges » résume la pensée médiatique chez l’Oncle Sam. Il suffit de comparer comment les prisons pour immigrants sont devenus des bâtiments pour accueillir un surplus d’immigrants. En fait, une étude montre même que 2021 a été l’année la plus complaisante envers un Président depuis les années 1990.

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