Kamala Harris est l’anti-Black Lives Matter

Kamala Harris and Barbara Lee by Gage Skidmore(CC BY-SA 2.0) — Gage Skidmore, CC-BY

Avec Kamala Harris, le Parti démocrate semble un soutien aux idées de Black Lives Matter… sauf que cela sent à plein nez l’opportunisme électoral.

Par Pierre-Guy Veer.

Les jeux sont presque faits. Joe Biden a choisi son ancienne rivale, la sénatrice Kamala Harris, pour l’accompagner lors de la prochaine élection en novembre contre Donald Trump (et Mike Pence).

Lorsque le premier duo acceptera la nomination du parti démocrate, il montrera que le parti de Barack Obama se fiche complètement des mouvements qu’il endosse tel Black Lives Matter – endossement qui sent l’opportunisme électoral à plein nez.

En effet, bien que le mouvement ait été créé en 2013, ses pics de recherches dans Google n’apparaissent que durant les élections présidentielles… Et considérant que les principales doléances de Black Lives Matter sont la brutalité policière et le racisme systémique, le choix de Harris comme colistière est on ne peut plus ironique.

Kamala Harris, politicienne sans pitié et autoritaire

Kamala Harris, fille d’une Indienne et d’un Jamaïcain, a été procureur régional à San Francisco et ministre de la Justice (Attorney General) pour la Californie. Elle a aussi grandement profité du patronage de son petit ami pour gravir les échelons. Durant ces quelques années, elle a montré que le pouvoir monte facilement à la tête qu’aucun euphémisme biographique ne peut enjoliver.

Elle a protégé des ripoux du comté d’Orange (Anaheim), qu’un procureur régional avait licenciés pour avoir tenu un programme illégal de délation. Son bureau affirmait qu’il n’existait pas de preuves directes de dissimulation des faits.

Son bureau d’attorney général en a même appelé de l’annulation de la condamnation d’un pédophile malgré la falsification des retranscriptions d’interrogatoire.

Elle s’opposait également aux caméras corporelles portées par certains policiers et était très coopérative avec les autorités fédérales quand venait le temps de déporter des mineurs « illégaux. »

Quand elle a été procureur régional, elle a tu les manigances d’un laboratoire ayant trafiqué plusieurs preuves de procès, ce qui a amené la fermeture dudit laboratoire. Harris a également laissé une de ses subalternes condamner un homme à 50 ans de prison (sentence plus tard annulée) suite au témoignage d’une seule personne. Et ce ne fut pas le seul cas…

Des idées économiques saugrenues

Côté économie, elle est définitivement plus près des idées en vogue chez les démocrates. Mais elles seraient néanmoins désastreuses pour l’économie – et on doit y porter attention, considérant l’âge avancé de Joe Biden et, selon certain, son état mental en déclin.

Fidèle aux alliés syndicaux, traditionnels supporteurs des Démocrates, elle outrepasserait le fédéralisme en place et empêcherait les lois de « droit au travail », qui rendent optionnelles le paiement d’une cotisation syndicale si un syndicat existe dans un lieu de travail.

Elle abuserait également de ses décrets pour « corriger » le « problème » (inexistant) de l’écart salarial entre les hommes et les femmes en collant une amende en pourcentage des profits aux compagnies « fautives. » Pour montrer le ridicule de ces supposés écarts salariaux : si les femmes sont effectivement payées en moyenne 20 % de moins que les hommes, pourquoi engager encore des hommes ? De toute façon, le dit écart s’explique presque entièrement par les choix des femmes, notamment moins d’heures travaillées.

Par ailleurs, en plus de saluer une loi de l’Oregon contrôlant l’augmentation des loyers – politique ayant eu des résultats désastreux chez elle à San Francisco – la sénatrice avait proposé une loi qui aurait accordé un crédit d’impôt pour le logement aux foyers gagnant jusqu’à 125 000 dollars.

En d’autres termes, le pays en entier aurait subventionné l’incompétence californienne, où les lois hyper restrictives sur le logement causent des prix exorbitants, ajoutant jusqu’à 10 000 dollars de frais à Los Angeles.

Une Trump en puissance

Finalement, côté présidentiel, elle utilisera les nombreux précédents de Trump, et d’Obama, pour utiliser son pouvoir de décret afin d’outrepasser le Congrès.

Notamment, elle se concentrerait sur le port d’arme en bannissant les armes d’assaut, en imposant des vérifications d’antécédents ainsi qu’une saisie des armes d’une personne utilisant un langage « haineux. »

À ce sujet, elle ne se gênerait pas pour punir les médias sociaux facilitant l’expression de discours haineux comme celui du tueur en Nouvelle-Zélande. Elle insisterait même pour bannir Trump de Twitter.

Bref, en choisissant Kamala Harris comme vice-présidente, le parti démocrate se tire une balle dans le pied. Elle représente tout ce que Black Lives Matter, que le parti prétend défendre, refuse : des tendances autoritaires, un manque complet d’empathie pour les innocents (souvent issus de minorités ethniques) ainsi qu’une soif de pouvoir inextinguible.

Nous nous retrouvons donc avec une répétition de 2016, tel que décrit avec brio dans cet épisode passé de South Park : une élection entre une poire à lavement et un sandwich au caca.

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