L’esprit d’entreprise plébiscité par les Français

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Avec 58 % en France, 54,9 % en Allemagne, 69,6 % au Royaume-Uni, les Européens de l’ouest considèrent la prise d’initiative économique dans leur pays comme une opportunité.

Par Alexandre Massaux.
Un article de l’Iref-Europe

On se souvient du discours du président Macron lors de ses vœux pour l’année 2019, qui déclarait la mort de « l’ultracapitalisme libéral financier ». De même, l’Edelman Trust Barometer de 2020 montrait que dans de nombreux pays, le capitalisme était majoritairement critiqué par la population : 69 % des Français considéraient que ce système avait fait davantage de mal que de bien, même tendance chez les Italiens (61 %), chez les Allemands (55 %) et chez les Britanniques (53%).

Seuls les Canadiens et les Américains (tous les deux 47 %) échappaient à ce pessimisme. De plus, avec les confinements sanitaires et la mise sous perfusion étatique des économies, on pourrait croire que les Occidentaux ont tourné le dos au libéralisme économique.

Toutefois, un certain nombre de données indique au contraire une forte adhésion à l’entrepreneuriat, voire au laissez-faire. Un camouflet pour ceux qui souhaitent planifier l’économie et la mettre sous leur contrôle politique.

Une confiance envers l’entreprise et son rôle dans la transition écologique

Une récente étude de la Fondation pour l’Innovation politique sur « la conversion des Européens aux valeurs de droite » en France, en Italie, en Allemagne et au Royaume-Uni, révèle l’attachement des populations au libéralisme économique ou du moins à la liberté d’entreprendre.

À la proposition « Pour faire face aux difficultés économiques que pensez-vous qu’il faille faire ? », la majorité des personnes interrogées (54 %) demande « que l’État fasse confiance aux entreprises et leur donne plus de liberté ».

Plusieurs observations s’imposent.

En France, cette position est soutenue à 39 % par la gauche, 62 % par le centre et 71 % par la droite.

En Allemagne, elle est approuvée par les deux tiers de l’ensemble de la droite.

En revanche, les Anglais sont les moins favorables : 30 % sur l’ensemble de la gauche, 63 % sur l’ensemble de la droite, 48 % au centre (potentiellement les électeurs des libéraux-démocrates) et enfin 74 % pour la droite radicale. On constate que la gauche et la droite modérées britanniques ont les scores les plus bas comparés aux mêmes tendances politiques des autres pays.

Autre surprise, les Italiens sont les plus ouverts à cette liberté économique : 47 % pour la gauche et 71 % à droite. Fait intéressant, la droite radicale italienne avec 78 % (potentiellement les électeurs de la Lega et Frères d’Italie) est, parmi toutes les tendances et tous les pays étudiés, la plus favorable.

Par comparaison, la droite radicale française (le RN) n’y est disposée qu’à hauteur de 49 %. Une position qui contraste avec ses homologues étrangers mais qui n’est pas surprenante compte tenu de la politique économique promue par Marine Le Pen.

Mieux, dans les quatre pays susvisés la croissance économique est jugée compatible avec la protection de l’environnement par plus de 71 % de la population (l’Italie domine là encore à 84%). Ce soutien au modèle économique actuel est partagé par l’ensemble des forces politiques, y compris les électeurs des partis verts. Un engagement qui montre l’isolement des partisans de la décroissance.

L’entrepreneur comme une référence au sein de la société

Cette acceptation générale du « laissez-faire » s’accompagne d’une perception positive de l’entrepreneur. Le Global Entrepreneurship Monitor permet d’évaluer le pourcentage de la population qui estime que l’entrepreneuriat est un bon choix de carrière.

Avec 58 % en France, 54,9 % en Allemagne, 69,6 % au Royaume-Uni, les Européens de l’ouest considèrent la prise d’initiative économique dans leur pays comme une opportunité. Une position partagée avec l’autre côté de l’Atlantique : 70 % pour les États-Unis et 71,8 % pour le Canada. Seuls les Italiens, avec un score de 19 %, ont une vision négative de la carrière d’entrepreneur.

Une situation qui peut s’expliquer principalement par l’environnement bureaucratique défavorable et dissuasif du pays, qui se retrouve le moins libre économiquement d’Europe de l’Ouest. Nul doute que si des réformes sont faites dans ce domaine, les Italiens seront plus optimistes.

Ce panorama montre que les politiques anticapitalistes ne représentent pas l’opinion générale. Bien au contraire, les ressortissants des différents pays souhaitent que l’économie et l’initiative privée prospèrent.

Certes, des critiques sont parfois adressées à l’encontre des grandes entreprises. Mais dans beaucoup de cas, il faut y voir la peur d’un capitalisme de connivence. Une solution de sortie de crise serait de laisser faire les entrepreneurs. Et ce d’autant plus qu’ils ont été des atouts précieux dans la lutte contre le virus.

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