Fast & Furious, mais pas glorious : John Cena s’aplatit devant la Chine

Pendant une interview avec les médias taïwanais pour promouvoir son nouveau film, Cena a déclaré que « Taïwan sera le premier pays à voir Fast & Furious 9 ». Cette déclaration a provoqué une réaction chinoise massive en ligne.

Par Douglas Blair.

John Cena est un lâche.

C’est le message que l’acteur et catcheur américain John Cena a envoyé au monde quand il a publié une vidéo servile pour s’excuser d’avoir osé dire que Taïwan était un pays et pas une partie de la République populaire de Chine.

Pendant une interview avec les médias taïwanais pour promouvoir son nouveau film, Cena a déclaré que « Taïwan sera le premier pays à voir Fast & Furious 9 ». Cette déclaration anodine a provoqué une réaction chinoise massive en ligne.

Depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949, le Parti communiste chinois a consacré énormément de temps et d’efforts à essayer de convaincre le monde que Taïwan était un territoire occupé. La Chine « encourage » régulièrement les acteurs étrangers à jouer un rôle dans ce récit en menaçant de leur refuser l’accès à l’immense marché chinois.

Pleinement conscient de l’argent que la Chine rapporte à la franchise Fast & Furious (135,6 millions de dollars sur les 162,4 millions de dollars de l’ouverture étrangère du dernier film vient de la Chine toute seule), Cena a immédiatement suivi l’exemple de l’athlète LeBron James en choisissant le tyrannique Parti communiste chinois plutôt que la défense des valeurs démocratiques occidentales.

Dans une vidéo publiée sur l’équivalent chinois de Twitter, Cena a exprimé des regrets pour ses propos : « Dans une interview, j’ai fait une erreur, j’aime et respecte la Chine et le peuple chinois. Je suis très très désolé. À propos de mon erreur, je m’en excuse vraiment. »

Bien que nous soyions tous d’accord qu’il est moralement répugnant que ces Américains soient prêts à cracher sur les valeurs occidentales pour obtenir de l’argent chinois, les ramifications géopolitiques et de sécurité mondiale de l’acceptation des récits chinois dans des endroits comme Taïwan méritent également un examen.

Autour du début de la pandémie en mars 2020, le média basé à Hong Kong, Radio Television Hong Kong, a mené une interview avec Bruce Aylward, conseiller principal du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le journaliste a demandé à Aylward si l’OMS réexaminait l’adhésion de Taïwan à l’organisation et comment Taïwan se débrouillait dans la lutte contre le Covid. Aylward a maladroitement tenté d’esquiver la question à plusieurs reprises avant enfin de lâcher : « Eh bien, nous avons déjà parlé de la Chine. »

Le rejet des efforts taïwanais pour lutter contre le Covid est important car, bien que le pays soit devenu un hotspot Covid ces derniers jours, le pays a éliminé efficacement le virus à l’intérieur de ses frontières au cours des premiers mois de la pandémie. En fait, à la date de cet article, seulement 137 personnes sont décédées du Covid à Taïwan depuis 2020.

Comparez cela aux 600 000 décès environ aux États-Unis ou aux 330 000 décès en Inde depuis le début de la pandémie, et on commence à se demander s’il était possible d’éviter ces morts si l’OMS avait suivi l’exemple taïwanais.

Il existe de nombreuses preuves suggérant que tandis que la Chine cachait au monde le caractère infectieux et dangereux du Covid, Taïwan suppliait l’OMS de prendre ce nouveau virus au sérieux et qu’en raison de la pression du Parti communiste chinois, ses appels ont été ignorés.

Le monde serait-il dans une meilleure situation si l’OMS avait pris en considération les premiers avertissements de Taïwan ? C’est impossible à dire. Mais ce qui est clair, c’est que la Chine exerce son pouvoir diplomatique pour influencer l’opinion publique au détriment du monde entier.

John Cena ne sera certainement pas la dernière célébrité à se courber devant le Parti communiste chinois. Chaque fois qu’un acteur occidental ou un fonctionnaire du gouvernement suit la ligne du parti communiste, ce récit devient un peu plus puissant.

Et si dans dix ou vingt ans, la Chine envahissait et occupait Taïwan, nous en soucierions-nous ?

Avec ses excuses, Cena, tout comme son ami LeBron James, a clairement indiqué qu’il préfère que le sort de Taïwan soit ignoré.

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