Cannabis : Macron veut vous enfumer

Cannabis BY Cannabis Urlaub (CC BY 2.0) — Cannabis Urlaub, CC-BY

Dans un entretien accordé au Figaro dimanche soir, Macron annonçait qu’aurait lieu un « grand débat sur la consommation de drogues ». Il en profité pour réaffirmer sa volonté de lutter contre la consommation de cannabis.

Par Elie Blanc.

Dans un entretien accordé au journal Le Figaro dimanche soir, Macron annonçait qu’aurait lieu un « grand débat sur la consommation de drogues ». Il en profité pour réaffirmer sa volonté de lutter contre la consommation de cannabis et de ne « laisser aucun répit aux trafiquants» pour faire « reculer la délinquance ».

Emmanuel Macron contre le cannabis

Notre cher Président semble souffrir d’amnésie, lui qui déclarait en 2016 que la légalisation « avait une certaine forme d’efficacité ». Les plus inquiets pour la santé de notre bien-aimé Président peuvent se rassurer : il s’agit juste d’une crise de démagogie aiguë. À un an des présidentielles, Macron sent qu’il doit convaincre un électorat de droite, sa seule adversaire sérieuse étant à l’heure actuelle Marine Le Pen.

Il entreprend donc cette nouvelle opération de communication, financée par l’argent bien pratique de vos impôts et qui apportera davantage à sa campagne qu’à la démocratie.

Cette mascarade n’a pas encore eu lieu que l’on devine déjà que les arguments avancés seront aussi navrants que ce gaspillage d’argent public à peine dissimulé. On expliquera à vos esprits ignares que le cannabis est potentiellement dangereux pour la santé (; un peu comme manger de la charcuterie, boire de l’alcool ou… être confiné autoritairement ?

Des arguments utilitaristes

On rappellera que le cannabis donne naissance à d’effroyables trafics qui gangrènent nos quartiers, comme si la pénalisation de la consommation était la conséquence et non la cause de cette violence.

On achèvera sans doute les plus sceptiques par un témoignage larmoyant d’un mineur qui a tout perdu à cause de son addiction ; comme si les problématiques d’addiction pour l’alcool et les paris en ligne n’avaient jamais touché le moindre mineur.

En bref, les arguments seront de part et d’autre utilitaristes, et jamais la liberté individuelle ne sera sérieusement considérée. Historiquement, l’approche utilitariste a eu le défaut notable de justifier la légalisation ou l’interdiction d’à peu près tout et n’importe quoi. On a pu avancer que l’esclavage était bien commode, alors pourquoi s’en priver ? A contrario, on pourrait avancer que les relations homosexuelles sont statiquement plus souvent vectrices de MST, pourquoi ne pas les interdire ?

L’État vous ôte votre responsabilité

Si ces conclusions nous paraissent aujourd’hui absurdes, nous n’en avons pas rejeté pour autant le cheminement intellectuel qui nous y a conduits. Il est si tentant pour le citoyen de vouloir interdire pour les autres ce qu’il juge dérangeant pour lui, quand bien même sa vie ne s’en trouverait pas affectée. Et il est si facile pour le politique d’en faire un argument électoral.

Le revers de la médaille, c’est que si vous acceptez l’idée que l’État puisse interdire certaines activités sous le prétexte qu’elles sont dangereuses, certaines paroles, puis certaines pensées deviendront vite elles aussi dangereuses, puis interdites.

Il existe pourtant une autre voie, celle de la liberté individuelle et de la responsabilité. Liberté de consommer n’importe quelle substance, quels que soient leurs effets sur la santé de celui qui la consomme. Responsabilité de l’individu, qui ne doit pas nuire à autrui du fait de sa consommation.

Lorsque l’État vous refuse cette liberté, c’est soit qu’il considère que vous n’êtes pas suffisamment intelligent pour choisir ce qu’il y a de mieux pour vous, soit que vous n’êtes pas suffisamment responsable de vos actes. Vous êtes donc un enfant ou un idiot, ces deux propositions n’étant probablement pas mutuellement exclusives aux yeux de ceux qui vous gouvernent.

Heureusement, soyez rassurés, si l’État vous traite ainsi, c’est pour votre bien ! S’informer, réfléchir, prendre des décisions par soi-même… Tout cela constitue un travail bien pénible. Bienheureux celui qui, éclairé par l’intelligence et la sagesse de notre Président, se voit épargné de cette besogne !

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