Trump déclare les cartels mexicains « terroristes »

Donald Trump a ajouté les cartels mexicains à la liste des organisations terroristes. Or il y a des solutions plus simples pour lutter contre eux.
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
President Donald Trump before boarding Marine One on the South Lawn of the White House in Washington on June 27, 2018. (Samira Bouaou/The Epoch Times)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Trump déclare les cartels mexicains « terroristes »

Publié le 7 décembre 2019
- A +

Par Pierre-Guy Veer.

On ne s’ennuie jamais avec Donald Trump à la Maison-Blanche. Quand il ne déblatère pas sur Twitter, en commettant des fautes que quiconque pourvu de notions élémentaires d’orthographe peut détecter, il accorde des excuses très discutables ou soutient le bourbier qu’il avait promis d’assainir.

À ce propos, il a récemment montré sa ferme volonté de le laisser en l’état. En effet, il a ajouté les cartels mexicains de la drogue à la liste des organisations terroristes.

Certes, il ne s’agit pas d’enfants de chœur. En mai 2017, leurs guerres ont causé la mort de quelques 2500 personnes. Depuis 2006, on déplore entre 55 000 et 100 000 décès, ainsi que le déplacement de plus d’un million d’individus.

La légalisation nuit aux cartels mexicains

Toutefois, grâce au système fédéral américain, certains États ont engagé des moyens qui ont indirectement diminué l’influence des cartels : en effet, la légalisation de la marijuana en 2015 a grandement diminué leurs trafics. Et depuis, d’autres États ont relâché leur pression.

Pourquoi cette baisse ?

Quand quoi que ce soit est déclaré illégal, comme les drogues, la prostitution, les armes, mais que la demande subsiste encore, commercialiser ledit produit devient dangereux. Les producteurs augmentent donc leurs prix afin de compenser ce risque.

Mais lorsque ce marché est décriminalisé – limité à une amende – alors la prime de risque diminue fortement.

D’ailleurs, des cultivateurs de marijuana mexicains affirment que leurs prix ont diminué de moitié suite à la vague de légalisation au nord. Le trafic se serait même inversé à certains endroits. Bref, si Donald Trump appliquait son propre conseil vieux de presque 30 ans, la guerre contre la drogue s’éteindrait toute seule.

Le terrorisme réel aux États-Unis

Cesser la guerre  contre la drogue permettrait de mettre un terme à une menace bien pire que les cartels mexicains, menace que Trump et tous ses prédécesseurs depuis Nixon ignorent sciemment.

En effet, afin de s’assurer l’affection des racistes du Sud se sentant délaissés par les démocrates suite à l’adoption de la Loi sur les droits civils (Civil Rights Act), plusieurs républicains ont adopté une « stratégie sudiste » afin de récupérer leurs votes. L’un de ses fondements a été l’inepte guerre contre la drogue qui visait explicitement les Noirs.

Ceux-ci sont encore aujourd’hui les premières victimes de cette guerre – qualifiée par l’ACLU de « nouvelle législation Jim Crow. » C’est tellement pernicieux qu’en 2001 il y avait davantage de Noirs incarcérés que d’esclaves en 1820. La perte afférente de leur droit de vote pourrait éventuellement influencer les élections, car ils sont majoritairement démocrates.

Toutefois, n’importe qui devrait craindre la police.

En effet, la saisie des biens (civil asset forfeiture) permet aux forces de l’ordre de confisquer ce qu’elles soupçonnent avoir servi pour un crime, et ce sans la moindre accusation. C’est tellement énorme qu’en 2015 cette pratique dépasse en valeur les vols commis hors saisie policière. Et bonne chance pour récupérer vos biens, surtout si vous résidez à moins de 160 km d’une quelconque frontière, zone considérée comme inopérante pour la constitution…

Bref, avant de s’intéresser aux pailles de l’étranger, le gouvernement des États-Unis devrait se concentrer sur les poutres encombrant son territoire. Comme phare de la liberté, l’Oncle Sam fait presque envie à la Chine, sa population carcérale étant même supérieure à celle de l’Empire du Milieu.

Voir les commentaires (18)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (18)
  • Au dernieres nouvelles Trump a renoncé , pas de bol pour le trumpbashing

    • Pour l’instant il n’a pas définitivement « renoncé », il a juste remis à plus tard.

      • Bah , son chantage habituel pour négocier et arriver a ses fins….et ca marche a tous les coups !

        • Oui oui, je connais la fameuse théorie du « 4D chess », c’est-à-dire l’idée selon laquelle Trump est un sorte de joueur d’échecs infaillible et que ABSOLUMENT TOUT ce qu’il fait de stupide est en réalité méticuleusement planifié.

          Exemple d’un discours d’un partisan de la théorie du 4D chess : « Certes, Trump est tout aussi indifférent qu’Obama face à l’augmentation de la dette publique et pousse le même agenda qu’Obama en restreignant le droit aux armes des américains, mais n’ayez crainte les amis : c’est en réalité du 4D chess ! Si Trump agit aussi stupidement c’est parce que, tel un joueur d’échecs surdoué, il a un plan secret ! Cessez de douter les amis ! Accordez une confiance aveugle à Trump ! C’est notre sauveur ! »

          • Théorie complètement farfelue ! Au lieu d’imaginer un super-génie, voyons simplement quelqu’un qui sait tirer parti de certains embrouillaminis brouhahas et qui les favorise donc.

  • Merci à contrepoints pour cet article. Les gens, même lorsqu’ils se revendiquent libéraux/libertariens, ne peuvent pas véritablement comprendre à quel point ils se font manipuler par les États, les politiciens, les fonctionnaires, les médias, etc… tant qu’ils ne comprennent pas à quel point la « War on drugs » est un échec auquel il faut au plus vite mettre un terme. Lorsqu’on comprend à quel point la « War on drugs » est coûteuse et inefficace notre vision du monde change radicalement.

    Une manière simple de comprendre pourquoi la prohibition de la drogue est vouée à l’échec est de se remémorer ce qui s’est passé durant la prohibition de l’alcool aux USA : dans les années 1920, après avoir rendu la vente d’alcool illégale pour les adultes, l’État américain a mené une guerre impitoyable contre les trafiquants d’alcool. Cette guerre a engendré :
    – L’enrichissement de criminels mafieux comme Al Capone désormais débarassés de la concurrence des honnêtes vendeurs d’alcool respectueux de la loi.
    (Selon des estimations des autorités fédérales en 1927 les traffics d’Al Capone rapportaient près de 60 millions de dollars par an, ce qui équivaut de nos jours à environ 1 milliard de dollars.)
    – Une flambé de la violence, notamment des réglements de comptes en pleine rue à coup de mitraillettes Thompson. (La prohibition de l’alcool a eu pour effet de causer environ 29 000 morts, soit autant d’américains morts que pendant la guerre de Corée.)
    – Une hausse de la corruption des autorités, des policiers, des magistrats, des politiciens…
    – Une baisse de la qualité de l’alcool ; une hausse d’environ 600% de décès suite à la consommation d’alcool, notamment d’alcool frelaté.
    – Une hausse d’environ 1000% des dépenses pour les prisons.
    – Le phénomène de l’ « addiction switching » (remplacement du vice de l’alcoolisme par d’autres vices souvent encore plus dangereux.)
    – Un renforcement du Ku Klux Klan, un renforcement des féministes anti-liberté, et de manière générale : une constante violation des lois constitutionnelles…

  • L’évident parti-pris anti-Trump de l’auteur enlève dès le départ de la crédibilité au présent article.
    Au lieu d’aborder la question sous cet angle partisan, j’aurais aimé que l’auteur nous dise comment, concrètement, légaliser la drogue (car après tout c’est une question qui peut s’envisager, d’un point de vue libéral) : quelles drogues en particulier. Avec des exemples de pays ayant une politique plus libérale, pour voir comment ça se passe concrètement : les dégâts sur la santé des gens concernés sont-ils en diminution, ou non ? etc.

    • « des exemples de pays ayant une politique plus libérale »


      Toutes les drogues ont été décriminalisées au portugal en 2001. Résultat, selon des estimations datant de 2017 : « le Portugal compte 50 000 heroinomanes, c’est deux fois moins qu’en 1999. Le taux de décès liés à la drogue a chuté, il est cinq fois plus faible que la moyenne de l’Union Européenne. Quant au taux de nouvelles infections au VIH, il a été divisé par 18 en 11 ans. »

      Concernant le cannabis, il a été légalisé entre autres au canada, en uruguay, georgie, et dans des états américains comme le colorado, californie, oregon, nevada, alaska, illinois, maine, massachusetts, michigan, vermont, washington….

      Cependant beaucoup de ces légalisations sont imparfaites d’un point de vue libéral. Par exemple, dans le cas de l’Uruguay, pays voisin du Brésil, et premier pays au monde à avoir autorisé la production et le commerce du cannabis en 2013, cette légalisation était souhaitable mais elle a été imparfaite car la production et la commercialisation sont monopolisés par l’Etat. Du coup « le volume de production ne satisfait pas la demande et des files d’attente sont souvent visibles devant les magasins concernés. » (Source : lepoint.fr) Ce qui signifie qu’en Uruguay les traffics illégaux perdurent toujours.

      • ( PS : Les libéraux sont pour la liberté mais également pour la responsabilité. Du coup les libéraux s’opposent au fait qu’au portugal les drogués sont déresponsabilisés par l’État, plus précisemment : le système de santé prend en charge les toxicomanes gratuitement, ce qui d’un point de vue libéral est une forme d’encouragement à l’ irresponsabilité .)

      • Merci pour votre réponse, Commando.
        Je précise qu’à propos des drogues je pensais, il y a un moment, à l’exemple de la prohibition aux USA, que vous avez rappelé dans votre commentaire précédent.
        Sur le Portugal, effectivement une vraie libéralisation devrait entraîner une non-prise en compte des drogués par le système médical (quoique la Sécurité sociale étatisée est en soi une autre question , plus vaste : en résumé, je suis moi aussi pour la libéralisation totale à ce niveau, et que chacun assume ses responsabilités, au travers d’une assurance privée s’il le souhaite, laquelle assurance posera des conditions à la prise en charge d’un drogué, si elle est cohérente).

        Sur les autres pays que le Portugal, des détails seraient intéressants (le % de drogués a-t-il là aussi chuté, confirmant les chiffres du Portugal, ou non ? etc.).

        Je m’intéressais ces jours derniers au cannabis thérapeutique, dont les vertus antalgiques (anti-douleurs) semblent être indiscutées au niveau scientifique, et qui est légal par exemple en Italie depuis plus de 10 ans. Là encore la France est en retard d’une guerre… le gvt vient d’autoriser des expérimentations pendant deux ans, avec un peu de chance il sera disponible dans une dizaine d’années, et tant pis pour tous ceux qu’il aurait pu soulager entre temps…

  • Expliquez avec des arguments solides pourquoi vous pensez que légaliser la vente de drogues est une excellente initiative. Des campagnes sont faites contre le tabac, contre l’alcool, alors pourquoi favoriser les drogues si c’est pour punir ensuite les consommateurs par des taxes indues après les avoir rendus dépendants à grande échelle?

    • C’est peut être justement un moyen de surtaxer un produit en liberalisant sa consommation et avoir les applaudissements de la foule…pour la drogue c’est un tout petit marche et en plus incontrolable avec toutes les nouveautés qui sortent..le commerce continue pour un max de plus value et la clandestinité est une plus value !

  • Les calomnies de ce type sur Trump ne plaident pas en sa faveur, démontrant un manque flagrant d’esprit d’analyse et d’objectivité! On n’a aucun intérêt à lire ses âneries!

  • Ca ressemble à une blague à la South park :

    1/ dépénalisation
    2/ …
    3/ succès, amour, responsabilité

    Au point 2 on a, au choix : la « main invisible », le micro état de Singapour, un état US qui confond libéralisme et « désengagisme », ou une mesure de Gauche qui, au début ressemble à une mesure Libérale. A noter qu’un gouvernement libéral conforme au canon fait partie du monde imaginaire.

    • @amike
      Bonsoir,
      Pourquoi au point 2 il y aurait le micro Etat de Singapour ? Est-ce que comme en Thaïlande, dealer de la drogue est passible de la peine de mort ?
      Au Cambodge ou en Thaïlande, les dealers pouvaient être abattus par n’importe quel citoyen, après une annonce présidentielle.

  • Cette histoire de mettre les cartels sur la liste des organisations terroristes est en réaction au meurtre d’une famille américaine de mormons au Nord du Mexique par un cartel mexicain.
    Des membres d’un cartel, ont tué 9 personnes (dont 4 enfants, âgés de 8 mois à 12 ans.) dans une embuscade où ils ont copieusement arrosé les véhicules de la famille, jusqu’à ce que une voiture s’embrase. Les membres du cartel ont attaqué deux autres véhicules de la même manière une heure après la première embuscade.
    D. Trump a tweeté que si le président mexicain voulait l’aide américaine pour en finir avec ces cartels, elle lui serait accordée et qu’une guerre contre les cartels serait envisagée.

    Des voix préfèreraient que soient inscrites dans cette même liste, les organisations Antifa.

  • Notre monde pratique décidément une sémantique curieuse. D’un côté la moindre opération de police un peu musclée déchaîne les hurlements. D’un autre côté, les mêmes vont réclamer la guerre, la guerre au terrorisme, la guerre aux dealers et surtout la guerre aux fraudeurs du fisc, les pires canailles.
    La guerre, vraiment ? Depuis combien de temps ceux qui réclament la guerre n’en ont-ils pas vu une de près ?

    • @Synge
      Bonjour,
      Les mêmes protestent aussi le fait que Trump rapatrie les soldats américains des zones de conflits où les U.S.A sont engagés depuis 17 ans.
      Ceux qui réclament la guerre sont ceux qui ne la font pas et qui savent qu’ils ne seront pas envoyés au front, tout en étant prompts à y envoyer ceux qui ne la réclament pas ; tout en se cachant derrière ceux qu’ils arment. Ce sont ceux qui sont contre les armes détenues par des citoyens.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
0
Sauvegarder cet article

Par Albin Wagener. Un article de The Conversation.

Considéré avant tout comme un emblème très actuel de la (contre-) culture web, les mèmes pullulent désormais sur les boards (ces plates-formes collaboratives alternatives comme 4chan, Reddit ou 9gag) ou les réseaux sociaux – et ont même permis l’émergence de groupes de chineurs de mèmes (ou neurchi), dédiés au rassemblement de consommateurs et de producteurs de mèmes, attirant ainsi à nouveau une population plus jeune sur Facebook. Mais les mèmes ne sont pas que de simples objets humor... Poursuivre la lecture

Par Jean-Éric Branaa.

Depuis le 6 janvier 2021, se pose la question de la place de Donald Trump dans le débat public, notamment en vue des prochaines échéances électorales. Cette interrogation relance en même temps la question de la survivance de ce que l’on a appelé le « trumpisme ». Après quelques mois de sidération face à une victoire qui n’avait pas été anticipée, en 2016, on a vu se multiplier l’utilisation de ce terme, régulièrement invoqué dans les articles ou les reportages les plus dramatiques sur l’état du pays de Lincoln.Poursuivre la lecture

1
Sauvegarder cet article

Par Elie Blanc.

En avril dernier,  Macron annonçait qu’aurait lieu un « grand débat sur la consommation de drogues ». Il en a profité pour réaffirmer sa volonté de lutter contre la consommation de cannabis et de ne « laisser aucun répit aux trafiquants » pour faire « reculer la délinquance ».

Depuis lors, un arrêté daté du 31 décembre interdit la vente et la consommation les fleurs de chanvre CBD.

Emmanuel Macron contre le cannabis

Notre cher Prés... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles