Trump déclare les cartels mexicains « terroristes »

President Donald Trump before boarding Marine One on the South Lawn of the White House in Washington on June 27, 2018. (Samira Bouaou/The Epoch Times) — The Epoch Times-Samira Bouaou,

Donald Trump a ajouté les cartels mexicains de la drogue à la liste des organisations terroristes. Or il y a des solutions plus simples pour lutter contre eux.

Par Pierre-Guy Veer.

On ne s’ennuie jamais avec Donald Trump à la Maison-Blanche. Quand il ne déblatère pas sur Twitter, en commettant des fautes que quiconque pourvu de notions élémentaires d’orthographe peut détecter, il accorde des excuses très discutables ou soutient le bourbier qu’il avait promis d’assainir.

À ce propos, il a récemment montré sa ferme volonté de le laisser en l’état. En effet, il a ajouté les cartels mexicains de la drogue à la liste des organisations terroristes.

Certes, il ne s’agit pas d’enfants de chœur. En mai 2017, leurs guerres ont causé la mort de quelques 2500 personnes. Depuis 2006, on déplore entre 55 000 et 100 000 décès, ainsi que le déplacement de plus d’un million d’individus.

La légalisation nuit aux cartels mexicains

Toutefois, grâce au système fédéral américain, certains États ont engagé des moyens qui ont indirectement diminué l’influence des cartels : en effet, la légalisation de la marijuana en 2015 a grandement diminué leurs trafics. Et depuis, d’autres États ont relâché leur pression.

Pourquoi cette baisse ?

Quand quoi que ce soit est déclaré illégal, comme les drogues, la prostitution, les armes, mais que la demande subsiste encore, commercialiser ledit produit devient dangereux. Les producteurs augmentent donc leurs prix afin de compenser ce risque.

Mais lorsque ce marché est décriminalisé – limité à une amende – alors la prime de risque diminue fortement.

D’ailleurs, des cultivateurs de marijuana mexicains affirment que leurs prix ont diminué de moitié suite à la vague de légalisation au nord. Le trafic se serait même inversé à certains endroits. Bref, si Donald Trump appliquait son propre conseil vieux de presque 30 ans, la guerre contre la drogue s’éteindrait toute seule.

Le terrorisme réel aux États-Unis

Cesser la guerre  contre la drogue permettrait de mettre un terme à une menace bien pire que les cartels mexicains, menace que Trump et tous ses prédécesseurs depuis Nixon ignorent sciemment.

En effet, afin de s’assurer l’affection des racistes du Sud se sentant délaissés par les démocrates suite à l’adoption de la Loi sur les droits civils (Civil Rights Act), plusieurs républicains ont adopté une « stratégie sudiste » afin de récupérer leurs votes. L’un de ses fondements a été l’inepte guerre contre la drogue qui visait explicitement les Noirs.

Ceux-ci sont encore aujourd’hui les premières victimes de cette guerre – qualifiée par l’ACLU de « nouvelle législation Jim Crow. » C’est tellement pernicieux qu’en 2001 il y avait davantage de Noirs incarcérés que d’esclaves en 1820. La perte afférente de leur droit de vote pourrait éventuellement influencer les élections, car ils sont majoritairement démocrates.

Toutefois, n’importe qui devrait craindre la police.

En effet, la saisie des biens (civil asset forfeiture) permet aux forces de l’ordre de confisquer ce qu’elles soupçonnent avoir servi pour un crime, et ce sans la moindre accusation. C’est tellement énorme qu’en 2015 cette pratique dépasse en valeur les vols commis hors saisie policière. Et bonne chance pour récupérer vos biens, surtout si vous résidez à moins de 160 km d’une quelconque frontière, zone considérée comme inopérante pour la constitution…

Bref, avant de s’intéresser aux pailles de l’étranger, le gouvernement des États-Unis devrait se concentrer sur les poutres encombrant son territoire. Comme phare de la liberté, l’Oncle Sam fait presque envie à la Chine, sa population carcérale étant même supérieure à celle de l’Empire du Milieu.

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