Cuba sans Castro, la dictature sans fin

Raúl Castro, assassin notoire, va bientôt quitter le pouvoir, à l’issue du huitième congrès du Parti communiste cubain, qui s’ouvre à La Havane ce vendredi.

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castro brothers by a birdie (creative commons) (CC BY-NC 2.0)

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Cuba sans Castro, la dictature sans fin

Publié le 16 avril 2021
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Le 16 janvier 1959, soit 16 jours après la victoire de la révolution castriste, une dépêche de l’agence américaine UPI (United Press International) écrit ceci :

« Raúl Castro, commandant militaire de la province de l’Oriente dans laquelle ont été exécutés jusqu’à présent 106 criminels de guerre a vivement réagi aux accusations selon lesquelles la justice révolutionnaire avait entrepris un bain de sang. En même temps, il a promis de nouvelles exécutions. »

Après la prise de Santiago de Cuba par Fidel, Raúl Castro était resté sur place et avait  présidé à l’exécution sommaire de plus d’une centaine de soldats, officiers et responsables du régime de Batista dans la ville, dont 72 en une seule journée, celle du 12 janvier. Le journal Revolución, organe du M26-7, parti des révolutionnaires, fait de ce sinistre événement un titre triomphal.

Un assassin notoire

C’est ce même Raúl Castro, assassin notoire, qui quittera le pouvoir à l’issue du huitième congrès du Parti communiste cubain qui s’ouvre à La Havane vendredi 16 avril et va se conclure le 19. Il est annoncé que la majorité de la génération de la Révolution, et avec elle Raúl Castro, 89 ans, prendra sa retraite. Ainsi s’efface une gérontocratie historique, une bande de nonagénaires ayant du sang sur les mains et dont l’inepte et brutale dictature a plongé le pays dans une situation dramatique.

Les choses vont-elles changer à Cuba ?

Le 20 avril au matin, Cuba se réveillera pour la première fois sans un Castro au pouvoir depuis 1959. Mais les choses vont-elles vraiment changer ?

Ce n’est pas au programme des autorités. Ce congrès « sera celui de la continuité, » affirme un communiqué du parti.

Ne l’oublions pas, nous sommes dans un pays dont l’article 5 de la Constitution donne la prééminence au Parti communiste, « force dirigeante supérieure de la société et de l’État », tandis que l’article 224 réitère que le socialisme est « irrévocable ».

La continuité, un suicide politique

Lire l’avenir est dès lors difficile. Tout ce que l’on peut espérer, c’est que le parti se réveille de son long coma. La continuité, à Cuba, relève du suicide politique. Pour survivre, le régime doit se réformer. Mais Raúl lui-même a montré les limites de cet exercice alors qu’il était au pouvoir.

Quand il succède à Fidel, en 2008, Raúl semble un vieux gorbatchévien en quête de sa perestroïka. Ce communiste très orthodoxe s’est trouvé devant l’éternelle équation du collectivisme agonisant : comment dynamiser une économie centralisée sans sacrifier le socialisme lui-même ? Il a observé de près le Vietnam et la Chine, où le Parti communiste cohabite avec une économie capitaliste. Mais Confucius n’est pas né dans les Caraïbes. Raúl a donc mené de façon incrémentielle des changements homéopathiques, comme une modeste – et lourdement fiscalisée – introduction du secteur privé au cœur de la dernière nation communiste occidentale.

Parallèlement, la dictature a perduré. Raúl, un homme colérique que la rumeur dit de santé fragile et amateur de vodka, a traité avec la même rigueur qu’autrefois tous les opposants au régime.

À Cuba, la pire récession depuis la fin de l’URSS

Il quitte maintenant la scène et cette transition historique coïncide avec la pire récession économique à Cuba depuis l’effondrement de l’URSS. Une timide ouverture au marché a fait monter l’inflation et les plus pauvres, c’est-à-dire l’immense majorité de la population cubaine, connait la faim. Les gens font la queue pendant des heures devant les magasins d’État dont les étagères sont presque vides.

La frustration est grande et malgré la tradition d’une répression féroce, la jeunesse, des communautés d’artistes et des militants chrétiens, notamment, expriment celle-ci à haute voix et dans les rues.

Peut-on encore rêver ?

Si la nouvelle génération au pouvoir imite la précédente, elle doit s’attendre au chaos.

Au stalinisme tropical des Castro succèderait alors, sans doute, une dictature militaire, l’armée ayant beaucoup d’intérêts à défendre. Mais le plus probable et le plus souhaitable est que cette nouvelle génération songe à sa survie qui exige l’initiation d’une transition démocratique. Mais peut-on encore rêver, quand il s’agit de Cuba ?

 

Michel Faure est l’auteur de Cuba en 100 questions, Paris, Tallandier, 2017, et de Cuba, Paris, Éditions du Chêne, Collection Grands voyageurs, 2016. 

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  • Dans toute révolution malheureusement il y a des morts innocents ou pas. cuba ne fait pas exception. c’est sur que batista était un grand démocrate ! si cuba connaît certains problèmes ceux ci sont en grande partie dû aux années d’embargos par l’autre grande démocratie qu’est les usa. juste pour l’anecdote, cuba a sortie un vaccin contre la covid quand nous français avons été infichu d’en sortir un, une autre, les citoyens cubains ont une espérance de vie supérieure à ceux des usa. et je ne vous parlerez pas de leur système scolaire qui nous ferait honte. mais par votre lorgnette c’est des grands méchants communistes

    • Tiens, la nomenklatura débarque. Vous n’avez jamais connu la vie dans un pays communiste ou alors vous faisiez partie des privilégiés du système.

      Ce que les admirateurs des tyrans communistes comme vous ne disent pas est que pour bénéficier de la médecine gratuite, il faut graisser la patte du médecin ou du chirurgien et que s’il vous faut des médicaments, il vaut mieux avoir des relations. Sinon vous pouvez regarder votre enfant mourir. Et si l’espérance de vie est si bonne, c’est surtout du à une vie différente où les excès sont impossibles. A propos elles sont faites comment ces statistiques ? Ils prennent en compte les gens que le régime exécute ?

      Au quotidien, vous passez la moitié de votre temps à faire la file, espérant qu’on ne vous dise pas qu’on vient de vendre le dernier litre de lait à la personne juste devant vous.

      Et bien entendu c’est la faute des méchants Américains. Il est étonnant que quand un pays commerce avec eux, vous reprochez aux Américains de les piller ou de les flouer et quand c’est l’inverse, vous leur reprochez de les asphyxier.

      Il existe un rêve américain à Cuba : c’est Miami. L’inverse n’existe pas à ma connaissance.

    • Vous pourriez nous épargner votre propagande communiste. L’embargo américain ne vise exclusivement que le commerce avec les USA, en sont exclus les vivres et les médicaments. Mais Cuba commerce avec tous les autres pays de la planète, y compris le Canada et le Mexique qui font parti de l’Alena! Donc cet embargo n’a aucune influence sur la misère cubaine.
      Que les Cubains vivent plus vieux est à vérifier puisque les statistiques communistes sont toutes falsifiées. Juste pour anecdote, vous perdez votre temps à baratiner des libéraux sur les bienfaits d’un régime de tueurs qui a réduit la population du pays à l’esclavage à son profit. Les Russes se sont fait une joie de révéler la fortune de Fidel après la chute de l’URSS!

    • A noter que les médias cubains ne parlent pas d’embargo, mais de blocus, ce qui permet de justifier bien des choses.

      Pour l’embargo, le premier fournisseur du Cuba de Castro en produits alimentaires et en médicaments a été, pendant des décennies, les USA ( mais avec une obligation de paiement cash ).

      Pour les produits d’exportation cubaine, il faut mentionner les médecins – officiellement dénoncés comme esclaves – et les fugitifs ( environ deux millions pour l’instant, et plus ou moins 65.000 de plus chaque année )

      Un bilan globalement positif, comme aurait dit je ne sais plus ( je ne veux pas me rappeler ) quel communiste, ex-travailleur volontaire en Allemagne nazie

    • Puisque Cuba est un paradis, pourquoi n’y vivez-vous pas ?

      C’est marrant d’être contre le libre échange et d’exiger la levée de l’embargo US sur Cuba.

    • L’esperance de vie de cuba est elle une donnée fiable? Peut etre…
      Les scientifiques ont ibservé que les mamifèred qui souffrent de la disette chronique ont tendance à vivre vieux. Avoir fin tout le temps, il semble que ça conserve…

    • « je ne vous parlerez pas de leur système scolaire qui nous ferait honte »

      La bonne blague ! Le niveau du système éducatif cubain est tellement médiocre que l’université française ne reconnait pas le bac cubain comme voie d’accès aux études supérieures en France. Un bachelier cubain qui voudrait faire des études en France devra repasser un bac français (ou passer par une procédure de validation). En comparaison, un bachelier chilien, par exemple, n’a pas ce problème puisqu’il est accueilli à bras ouvert dans les facs françaises.

  • « Je ne vous parlerez pas de leur système scolaire » c’est vrai j’ai honte de notre système scolaire.
    Et je reconnais que contrairement aux Etats-unis, ils ont réglé le problème de l’obésité. Et les problèmes d’immigration. Et aussi la surpopulation.

    • Juste : le système scolaire est la seule chose qui fonctionnait mieux là-bas qu’ici. Du moins pour ce qui est mathématiques et sciences, car pour le reste la propagande n’avait rien à envier au lavage de cerveau de l’éducation nationale.

      • « le système scolaire est la seule chose qui fonctionnait mieux là-bas qu’ici »

        Je ne sais pas d’où vient cette légende mais c’est faux. Comme je le dis plus haut : le diplôme de fin d’études secondaires cubain n’est pas considéré comme l’équivalent du baccalauréat français et ne permet pas la poursuite d’études supérieures en France.

        • Entre ce que considère l’administration française, bien connue pour la justesse de ses vues, et les scores des ressortissants des pays communistes (et aussi d’Asie du Sud-Est) aux olympiades et concours mathématiques et scientifiques, il y a comme qui dirait un hiatus. L’équivalence des diplômes est une vaste foire, du moins chez nous en Belgique. Expérience vécue !

  • C’est un régime militaire, à savoir qu’il ne peut perdurer qu’avec le soutien de l’armée qui y trouve son compte! Comme au Venezuela.

  • Cela fait plaisir que l’anti communisme primaire soit de sortie, j’ajoute que en aucune façon j’idolâtre le régime de cuba et ne suis encarté d’aucune sorte. simplement je lis je me documente , ce qui semble faire défaut à une partie des lecteurs, où haro sur le baudet est une constance. d’aucuns pour souligner le rôle de batista, que vous allez vous empresser d’allez voir sur wiki quel est le personnage. j’ai les épaules larges , allez y . merci à vous.

    • le communisme reste le communisme : aucun compromis à faire !

    • Toute la documentation, orientée bien entendu, ne remplacera pas l’expérience de la vie quotidienne dans un tel régime quand on ne fait pas partie des privilégiés. Quant à Batista, c’est simplement la peste qu’on a remplacé par le choléra, faire le concours de celui qui a la plus longue… liste de morts sur la conscience est simplement indécent.

      Etre anticommuniste primaire est une fierté pour moi. Cela ne veut pas dire que j’encense les autres dictatures.

      Et le dernier rigolo qui m’a conseillé de me documenter (pas ici) a fini, une fois poussé dans ses derniers retranchements, à me déclarer entre autre choses aussi ahurissantes : « Le travailleur de demain, c’est moi, et je ferais tout pour vivre dans un pays démocratique et libre, c’est à dire la dictature du prolétariat ». Celle-là je l’ai gardé en capture d’écran tellement elle est énorme. Comme vous le voyez, se prétendre documenté est loin d’être une garantie d’intelligence.

    • J’ai toujours été anti communiste primaire, comme j’ai tjs été anti nazi primaire.

      • Oh que oui ! Pour ma part, c’est une opposition viscérale à toute forme de tyrannie, quelle que soit la couleur dont elle prétend se parer.

    • Être communiste passé vingt ans, c’est manquer d’intelligence.

    • Vous gobez visiblement tout ce que la propagande communiste débite comme mensonge. Une équipe de France télévision effectuait un reportage dans la campagne cubaine lorsque une des membres de l’équipe est tombée malade. Ils l’ont aussitôt transportée à l’hôpital le plus proche pour découvrir avec frayeur un bâtiment décrépit dépourvu d’équipement et de médicament. Il leur a fallu rapatrier la malade à La Havane et payer à l’avance pour la faire admettre dans le seul établissement moderne de Cuba, réservé aux membres du parti et aux touristes, mais inaccessible aux autochtones. Ce reportage a été diffusé sur France 2 il y a quelques années.
      Lorsqu’on lit et qu’on se documente il faut garder un esprit critique et ne pas avaler n’importe quoi, surtout lorsqu’il s’agit de gens aussi célèbres dans la propagande mensongère.
      Vous avez entendu parler des villages Potemkine? C’est la spécialité des régimes communistes. Ils créent un établissement modèle, vitrine qu’ils font visiter aux touristes. C’est le cas des hôpitaux cubains.

      • C’est exactement cela. Tous ces thuriféraires de Castro et des autres totalitaires de la même couleur n’ont jamais mis les pieds dans un hôpital local et n’ont jamais essayé de trouver un des nombreux médicaments introuvables. Et la propagande est tellement bien faite que personne ne vous croit.

    • L’anti-communisme n’a jamais été primaire. Avec plus de 100 millions de personnes massacrées il a largement battu les nazis. Vous allez aussi nous sortir l’anti-nazisme primaire? Faut réfléchir de temps à autre!

  • Ce prétexte de l’embargo ou de blocus pour justifier la misère que vivent les cubains, me fait bien marrer sachant que les clubs de vacances et hôtels touristiques ne manquent comme par hasard de rien.

    • Les bolcheviks faisaient pendant la guerre civile des orgies de nourriture pendant que les Ukrainiens mourraient de faim. Ça avait choqué des ralliés au nouveau régime.

  • Peut être cherche-t-il un pied à terre pour le jour où il finira comme Mengele.

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