Le cinéma français tué par l’argent public

Alors que le cinéma est un outil d’art et de débat d’idée, l’omnipotence de l’État dans ce secteur et le contrôle de fait qu’il exerce sur ses financements sont un danger pour la liberté d’expression.

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Le cinéma français tué par l’argent public

Publié le 1 avril 2021
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Par Adélaïde Motte.
Un article de l’Iref-Europe

Le cinéma, instrument de soft power important, est largement subventionné par l’État. Ces subventions vont pour une bonne part aux films à succès, et surtout à gros budget : nouveau gâchis d’argent public.

La dernière cérémonie des Césars montre le déclin du cinéma français.

Malheureusement, il ne date pas d’hier. L’argent public gangrène le cinéma depuis des années, tout comme il gangrène d’autres secteurs. Chaque année, le cinéma français reçoit 500 millions d’euros de subventions, qu’il s’agisse d’aides directes ou d’incitations fiscales. Un chiffre déjà impressionnant, auquel s’ajoutent l’apport des chaînes de télévision et le régime d’assurance chômage des intermittents du spectacle.

Des subventions qui profitent aux films qui n’en ont pas besoin

En 2012, le coût médian des films d’initiative française était de 3,4 millions d’euros, mais son coût moyen était de 5,2 millions d’euros. Cette différence, qui va presque du simple au double, montre la concentration des moyens financiers sur quelques films à budget élevé.

En 2015, certains grands films ont été financés à 15 % par les subventions, alors que la part des aides dans le budget des films français était en moyenne de 8,9 %. Certains films de Charlotte Gainsbourg et d’Omar Sy ont été soutenus à concurrence de 16 % pour l’un, 13,6 % pour l’autre.

De janvier à mai 2015, dix projets de films à plus de 10 millions d’euros, parmi lesquels Les Visiteurs 3, Camping 3, Papa ou Maman 2, Baby sitting 2, Les Tuche 2, avaient déjà réuni des subventions dont ils n’avaient de toute évidence pas besoin (voir plus bas).

Ces subventions profitent, sans surprise, aux têtes d’affiche de ces films à gros budget. Entre Marion Cotillard, Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Christian Clavier, on pourrait multiplier les exemples. Pour La French, autre film important, la moitié des subventions, soit 2 millions d’euros, est allée dans les comptes en banque de Gilles Lelouche et Jean Dujardin. Déjà en 2014, la Cour des comptes recommandait de définir les besoins du secteur cinématographique et les ressources à lui attribuer selon une base pluriannuelle, tout en évaluant l’efficacité des dispositifs de soutien précédemment mis en œuvre.

Le cinéma français biberonné par les subventions publiques

Le cinéma français est financé de plusieurs manières. Au sein des aides de l’État elles-mêmes, un système de soutien automatique permet de reverser aux producteurs, aux distributeurs et aux exploitants une subvention proportionnelle aux recettes.

On pourrait donc supprimer ces subventions, puisqu’elles favorisent les productions qui peuvent fonctionner sans elles, et ne s’appliquent pas à des films qui, de toute façon, n’auraient été que peu distribués. Les collectivités territoriales en dispensent une part, qui s’élevait en 2014 à 6 millions d’euros. Il faut y ajouter la taxe sur les entrées des séances, versée au Centre national du cinéma (CNC).

Le contrôle national des financements privés

Le cinéma est également financé par les préachats des chaînes de télévision, ce qui ne serait sain que s’il s’agissait d’acquisitions volontaires… Mais là aussi, l’État dicte l’art et la manière. Il oblige les grandes chaînes de télévision (TF1, France 2, France 3, M6 et Canal Plus) à investir dans la production cinématographique, et ces subventions sont fortement encadrées.

Canal Plus, par exemple, doit consacrer 45 % de ses préachats à des films d’un budget de 5,34 millions d’euros maximum. Les chaînes de télévision peuvent également investir dans les films en les coproduisant. Les sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel, ou SOFICA, sont également un instrument fiscal de financement, qui représente 60 millions d’euros de contribution annuelle aux productions cinématographiques. Il est permis aux personnes physiques de déduire de leur revenu les sommes versées pour la souscription au capital des SOFICA, dans la limite de 25 % de leur revenu.


Alors que le cinéma est un outil d’art et de débat d’idée, l’omnipotence de l’État dans ce secteur et le contrôle de fait qu’il exerce sur ses financements sont un danger pour la liberté d’expression. Car qui paye commande…

 

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  • I totally agree with you !

    Je ne regarde même pas les versions françaises des trucs anglo-saxons ( Wheeler dealers, Top Gear ); j’ai essayé, mais c’est juste pas possible…

  • Christian Clavier… En voilà un au moins avec qui les subsides sont bien utilisés. Après « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu » qui avait déjà effarouché les bobo-gauchistes, « à bras ouverts » a fait mes délices rien qu’à imaginer les mêmes gauchistes s’étranglant de rage en visionnant l’oeuvre.

  • les navets d’aujourd’hui sont bien le résultat de la gangrène gauchiardo-lgbto-copino-étatique

  • Entièrement d’accord avec les commentaires précédent, il ne faut pas oublier que cela est une spécificité française que le monde entier nous envie, je ne sais pas d’où elle émane , même si j’en ai une petite idée. cinéphile depuis toujours , je me refuse d’aller nourrir des cochons a 3 millions d’euros et plus pour de grosses daubes , qui n’ont même pas la décence de vivre ici et vous le font savoir, d’ailleurs je ne m’engage pas pour ne pas risquer leurs foudres , mais ils viennent du même endroit.

  • On peut dire ce qu’on veut d’Hollywood ou de Bollywood, mais ce sont des exemples d’industries rentables avec un modèle économique qui tient la route, qui ne doit rien au contribuable.
    Les films sont financés si ils sont bons, et non a priori. Il y en a pour tous les goûts, et avec des moyens nettement supérieurs

  • Le pré-achat libre des films par les chaînes de télévision ne poserait aucun problème s’il n’y avait aucune licence d’exclusivité d’exploitation de fréquences en entrée, aucune rareté artificielle de diffusion, aucun avantage particulier qui serait donner à celles-ci… en gros si toutes les chaînes en question étaient sur Twitch, Youtube ou sur leur propre site accessible sur l’Internet (et ces accès à l’Internet sont payés aux Fournisseur d’Accès à Internet , avec des contrats à respecter, qui ne se positionnent pas en Fournisseurs d’Accès aux Contenus, même venant de leurs copains ou d’eux-mêmes).

    Je pense que mettre fin aux licences audiovisuelles est prioritaire.

  • C’est drôle, j’ai cru que c’était moi qui avait écrit ce commentaire sous un autre nom…

  • Le cinéma français : De l’idéologie subventionnée.
    La crise sanitaire risque de le faire disparaître.
    Plutôt une bonne nouvelle, non ?

  • Tout à fait sur la même ligne que vous.
    Je crois que les pires productions sont les reprises « francisées » de succès étrangers ; je pense notamment à la série Bron, déjà reprise médiocrement par les USA et achevée par les français : acteurs minables et sans aucune personnalité ni présence à l’écran, dialogues récités au niveau d’un élève du primaire, etc…

  • Les commentaires sont fermés.

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