L’élection de Joe Biden, c’est le retour du parti de la guerre

Joe Biden remet en selle le parti de la guerre permanente qui fait consensus à Washington au sein d’une certaine droite et d’une certaine gauche, des néoconservateurs aux néoprogressistes.

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Joe Biden by jlhervas (creative commons) CC BY 2.0)

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L’élection de Joe Biden, c’est le retour du parti de la guerre

Publié le 20 janvier 2021
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Par Frédéric Mas.

Joe Biden devient ce mercredi le 46e président des États-Unis, et prépare son arrivée comme une rupture spectaculaire avec son prédécesseur Donald Trump. L’ancien candidat démocrate n’a-t-il pas prévu de signer des dizaines de décrets pour que les États-Unis rejoignent les Accords de Paris sur le climat, se dotent d’une économie 100 % écolo ou encore reprenne en main une gestion de crise sanitaire négligée jusqu’à présent ?

En politique étrangère, on assiste plus à un retour à la normale qu’à une rupture franche. Ce retour à la normale aux États-Unis consiste à remettre en selle le parti de la guerre permanente qui fait consensus au sein d’une certaine droite et d’une certaine gauche, des néoconservateurs aux néoprogressistes (neoliberals), de George Bush Jr à Obama.

Joe Biden : la fin des guerres sans fins

La main sur le cœur, Joe Biden avait pourtant promis lors de sa campagne d’en finir avec les « guerres sans fin ». Il a même exprimé son opposition à la guerre désastreuse au Yémen, dans laquelle les États-Unis jouent un rôle extrêmement contestable en soutenant sans réserve l’Arabie saoudite. Mais la mémoire semble faire défaut au vainqueur du jour.

Joe Biden en tant que responsable du parti démocrate, sénateur puis vice-président, a soutenu sans réserve toutes les interventions militaires de ces vingt dernières années que ce soit le bombardement de la Serbie en 1999, l’intervention en Irak en 2003… et au Yémen quand le président s’appelait Barack Obama. En d’autres termes, pour résoudre le problème des « guerres sans fin », Biden fait appel à ceux qui ont créé le problème.

Aujourd’hui, Biden réintègre dans son équipe les pires faucons de l’administration Obama pour représenter les États-Unis dans le monde. Prenons quelques exemples.

Le futur secrétaire d’État des États-Unis, Antony Blinken, a constamment soutenu les interventions militaires et les guerres humanitaires menées par Washington. Il était parmi les plus proches collaborateurs de Biden quand celui-ci a voté en tant que sénateur l’invasion de l’Irak et a soutenu sa partition en zones régionales ethniques.

En tant que conseiller adjoint à la sécurité nationale, Blinken a soutenu l’intervention militaire en Libye en 2011. En 2018, il lance avec d’anciens membres de l’administration Obama WestExec Advisors, une entreprise de « conseil stratégique » particulièrement discrète sur ses clients, qui compterait parmi eux certains géants de la tech.

Sous la direction du secrétaire d’État aux affaires politiques, on retrouve en troisième position Victoria Nuland, qui s’est fait connaître dans le landerneau politique en 2014 pour une conversation téléphonique qu’elle a eue avec l’ambassadeur américain en Ukraine sur le meilleur moyen de déstabiliser le président d’alors Viktor Ianoukovytch.

Suscitant l’indignation dans une partie de l’opinion publique mondiale, la conversation a non seulement révélé l’ingérence des États-Unis dans la politique ukrainienne, et cela malgré ses dénégations publiques, et a poussé Vladimir Poutine à déclencher l’offensive contre l’Otan qui s’est traduite par l’annexion de la Crimée.

« J’emmerde l’Union européenne »

Comme le rappelle Connor Echols sur Nonzero.org, la lettre de Robert Wright :

« À un moment de la conversation téléphonique, Nuland a dit « j’emmerde l’UE », apparemment par exaspération devant la réponse limitée de l’Europe à la crise ukrainienne. En un coup de fil, elle avait réussi à mettre en colère la moitié des chefs d’État de Lisbonne à Moscou. »

En matière de diplomatie, les diplomates de Biden promettent le pire.

Samantha Power devrait se retrouver à la tête de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Connue pour son soutien sans faille aux politiques de guerres humanitaires, elle est l’auteure d’un livre récompensé par le prix Pulitzer A Problem from Hell: America and the Age of Genocide, dans lequel elle explique qu’en s’impliquant plus dans la gouvernance du monde les États-Unis auraient pu empêcher un certain nombre de génocides et de nettoyages ethniques.

C’est cette position « idéaliste » qui l’a poussée à soutenir la guerre en Libye en 2011, et qui semble la rendre aveugle au désastre humanitaire provoqué par le conflit.

La liste pourrait s’allonger à l’infini : la nouvelle directrice du renseignement national Avril Haines est surnommée la « reine des drones » pour son implication dans la politique étrangère d’Obama qui a tué autant de civils que de militaires ; Neera Tanden, qui devrait rejoindre le Bureau de la gestion du budget, a soutenu en tant que directrice du Center for American Progress la nécessité de bombarder la Libye pour s’approprier son pétrole ; Jake Sullivan, qui devrait obtenir un poste comme conseiller à la sécurité nationale et qui lui aussi a fait ses classes dans l’administration Obama, etc. La politique de Joe Biden risque donc fort de ressembler à celle de ses prédécesseurs démocrates et républicains.

Comme le rappelle José Nino sur le site du Ludwig von Mises Institute, la politique étrangère des États-Unis, en plus du coût humain incalculable, représente 6000 milliards de dollars, de quoi constituer une machinerie politico-industrielle particulièrement puissante et assez peu portée sur le pacifisme.

Ce fameux complexe « militaro-industriel » n’est sans doute pas étranger au fait que la classe politique américaine rejoue à l’infini la Seconde Guerre mondiale, puis la guerre froide, devenue ensuite guerre contre le terrorisme. La spirale des « guerres sans fin » n’est pas prête de s’interrompre.

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  • Les « guerres sans fins » ou les « guerres sans fin » ? Lapsus révélateur…

    • En réalité ces guerres ont toutes la même finalité d’affirmer une domination impériale sur la planète.
      Rien de nouveau, c’est la raison du plus fort qui commande d’attaquer les résistances.

  • La parenthèse Trump a exaspéré l’establishment (démocrates et républicains confondus), à tel point qu’il avait été visiblement décidé qu’un deuxième mandat était exclu. Nous allons assister au retour aux affaires du « business as usual », dans lequel le lobby militaro-industriel a toujours joué un rôle central. Si on y ajoute le complexe pharmaco-chimique et la Silicon Valley, on obtient un panorama assez complet de qui contrôle l’Amérique aujourd’hui – derrière un paravent de progressisme et de diversité, bien sûr.

  • Vous me corrigerez trois fois Lybie -> Libye.

    Contrepoints => corrigé, merci.

  • En fait, si vous doutez tout simplement de la pertinence du retour du parti de la guerre, vous vous faites traiter de trumpiste ignare, imbécile, raciste dont le cerveau n’a même pas la taille d’un petit pois. Alors vous vous rendez compte qu’un seul discours est devenu acceptable et c’est bien dommage pour la démocratie.

  • Joe Biden ou « le retour du parti de la guerre ». Un rappel sur l’interventionnisme contestable et récent portant sur des pays qui sont proches…
    Pour le moment, il est hasardeux de faire des extrapolations sur le devenir hégémonique de la diplomatie US car, au plan mondial, il semble évident que nous allons assister à un affaiblissement de nos économies Européennes et à une montée en puissance des pays Orientaux et Extrême-orientaux avec la Chine en particulier…
    L’avenir nous instruira sur la capacité de rebond de l’économie des USA à un moment de son histoire ou se trouve fragilisée par la nécessité d’avoir à répondre à une volonté politique d’évoluer vers plus de solidarité…

    • …ou elle se trouve…

    • La montée en puissance économique de la Chine ne sera pas ce qu’on croit. La croissance chinoise est une croissance extensive due au rattrapage (lire la théore de Greschenkron à cet effet) des régions pas encore développées. Mais ce rattrapage a déjà bien avancé. Elle ne durera pas parce que Xi fait des purges de ses élites entrepreneuriales. Ca fera fuir les nouveaux arrivants, ca a déjà fait fuir les IDE.
      Toujours avec Gerschenkron (décidément!) on peut aussi voir que la croissance chinoise est bourrée de mensonges statistiques. Xi est en train de mettre par terre ce que Deng a mis des décennies à construire. Et à cause de ça; la Chine sera une ruine économique dont la crise va frapper très fort.

      • Pas sûr… La Chine poursuit son plan de développement économique et technologique, comme prévu depuis le début. Elle ne cherche pas l’affrontement (contrairement à ce qu’on veut nous faire croire…).
        Vous avez raison sur le fait que leur croissance va se maintenir de part les régions non ou peu développées ; pas mal d’année encore devant un éventuel effondrement donc.

        • Je vous parie que ce sera bien plus court que vous croyez.
          Dans les années 90 on me disait que les salaires chinois resteraient bas longtemps. Moralité c’est pas resté vrai longtemps. Le salaire moyen a été multiplié par 14 en 25 ans. La main d’oeuvre bon marché n’existe plus que dans les prisons et les camps de rééducation Ouïgours.
          Même si la Chine débloque les migrations internes, autorisant une migration massive de main d’oeuvre vers les centre industriels, leur main d’oeuvre restera chère.
          Alors on pourrait penser qu’il ont un plan comme vous dites pour le développement technologique… Un plan quinquénal, bien stalinien qui produit surtout des gaspillages et de la corruption, ça effectivement il en ont un. Et il fonctionne comme on doit s’y attendre.
          La guerre de Xi contre le secteur privé va flinguer cette économie en moins de 5 ans.

    • Biden et les démocrates vont tout faire pour entraver le rebond de l’économie! Hausse d’impôts et de taxes, règlementations, écologisme radical, etc… Comme tous les étatistes socialisants ils font passer l’idéologie avant la raison!

  • Qu’à cela ne tienne, Ursula, notre top fonctionnaire, vient de nous twitter que nous avions maintenant un ami à la Maison Blanche. C’est quand même une amélioration notable pour la génération bisounours qui règne à Bruxelles.

  • il faut une sacrée personnalité et un sacré courage pour s’opposer à des lobbies aussi profondément ancrés et aussi grassement nourris par ce qu’ils défendent (ils ne veulent pas perdre leur gagne pain)…

  • C’est amusant de lire cet article sur Biden maintenant qu’il est élu. Je me demande pourquoi personne n’a ressorti tous ces dossiers sur lui pendant les élections?

  • Il arrêtera de nous casser les pieds avec des tweets à la noix et d’agiter sans arrêt le chiffon rouge afin d’exciter les « patriotes  » du coin..Quel bonheur…Et remettre un peu de culture dans tout cela ..Ouf..!! Trump meilleur président de l’Histoire récente faut quand même pas pousser..!!! Quant à la liberté ..il y a un bout de mur à la frontière mexicaine et un très gros mur autour du Capitole..super..!!

    • Mur courant le long de 40 % de la frontière quand même, et ayant permis de diminuer les entrées illégales de 60 à plus de 80 %. Mais foin de tous ces chiffres! Le plus beau: Biden a annoncé son intention de conserver ce mur.
      Alors, heureuse?

      • il courait déjà le long de 30% de ladite frontière madame…
        Et pour tout dire ..JE JUBILE….!!!

        • il avait commencé sous Obama.

        • Ce qui disqualifie d’autant plus vos lamentables attaques.
          Et peu importe que vous soyez cohérent, le tout est d’accuser Trump de tous les maux à cause de ce mur que les démocrates ont contribué à construire, et que Biden veut conserver.

          Vos propos sont plus que lamentables: ils sont néfastes, ce sont des mensonges et des calomnies. C’est la méthode gauchiste habituelle: calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Vous êtes aussi libéral que mon chien est mathématicien.

    • Quand vous n’avez aucune connaissance de ce qui se passe aux USA je vous conseille de vous renseignez avant de délirer! Quand au mur je vous signale que le 14 septembre 2006, avec 283 voix contre 138, le Congrès américain adopte le Secure Fence Act. 219 républicains et 64 démocrates ont voté « oui » dont Obama, Hillary Clinton et Joe Biden! Avant Trump plus de 1000 km avaient été érigés!

    • Donc vous êtes pour l’immigration illégale ?

  • Ce qui est d’autant plus inquiétant qu’à peine en fonction, et dans un contexte de tension, Biden et son administration prennent des décrets clivants et donc autoritaires.

    Quelque chose me dit que ces quatre années seront redoutables pour les États-Unis, et sans doute pour le reste du monde occidental. Biden n’est que l’arbre qui cache la forêt, il y a d’authentiques extrémistes dans son administration, des gens pour qui la fin justifie les moyens.

    • Bin oui , remarquez Trump l’était un rien clivant et autoritaire..!!

      • Vous avez tout à fait raison. Cependant, ses décisions étaient prises dans l’intérêt commun, du moins dans l’intention. Biden mène déjà une politique clientéliste, quasiment dans la provocation (supprimer le « privilège blanc » par exemple, alors que les classes moyennes blanches sont de plus en plus soumises à la pression fiscale).

      • Euh…non, il n’était pas. Il était clivant pour les abrutis progressistes et démocrates. Trump a été le révélateur du cynisme et de l’inaptitude des élites. Le voile est tombé.
        D’ailleurs, il n’y a qu’à regarder les audiences (tout médias confondus) du discourt d’adieux de Trump et celles de l’investiture de Biden pour se faire une idée. Biden est super populaire et a gagné les élections fair and square. Beijing Biden a réuni…2000 personnes à son inauguration quand Trump, d’un claquement de doigt, a fait venir des centaines de milliers de personnes. Mais bon, il paraît que Biden est Jésus réincarné.

  • Article très clairvoyant.
    De toutes les co….eries que prépare ce type, la guerre sur le sol européen avec la Russie sera la plus grande. Elle achèvera de détruire physiquement, économiquement et culturellement l’Europe (non, pas la bureaucratie de Bruxelles, mais la vraie, celle de la civilisation).

  • Obama a toujours considéré Biden comme un loser. Et c’est pour cela qu’il a fini par le soutenir, car il mettait en danger le parti démocrate. Il n’est pas en état physique de gouverner 4 ans, et c’est KAMALA qui portera la culotte…et qui va surprendre

  • Sans doute, mais les américains ont voté.
    Des choses ont malgré tout changé, d’une part l’experience, on a le droit poser qu’il existait une conviction de pourvoir mettre en place des régimes libres..Et la chine monte en puissance.

    Les faucons ont peut être appris que les usa peuvent gagner les guerres mais pas la paix..

    Plus modestement la France au mali.. Les images de troupes faisant fuir un ennemi sous armé, plaisent; mais les morts et estropiés ponctuant l’actualité lassent l’opinion.
    Ils ont peut être compris.
    SI il n’y pas une stratégie de paix, la guerre offensive semble vouée à l’echec sur le plan idéologique, à moins d’être prêt à faire la police durant des décennies dans les pays vaincus en les aidant économiquement.
    Il existe encore en France un ressentiment anti américain..on oublie les gains tués sur les plages, on met en parallèle le nazisme et un « impérialisme » américain, les crimes commis par des gi et une idéologie criminelle.. On oublie le plan Marshall..

    Donc en ayant vaincu et délogé un occupant, en redressant un pays traditionnellement ami partageant des valeurs, il se trouve encore des tas de gens qui peut être par sentiment nationaliste qui crient us go home, en oubliant thank you deeply.

    Ceci dit, jugeons les faits, c’est à mettre au crédit de trump, quant à savoir si il s’agissait de sa part d’une stratégie de pragmatisme ou autre , je ne le sais simplement pas. Ils s’en trouveront pour dire qu’il ne l’a pas fait exprès, soit , mais les autres ont fait exprès de faire la guerre.. En outre ,e reproche qu’on faisait à trump au départ était d’appuer sur le bouton nucléaire par inadvertance ou folie.

    Biden va sans doute recevoir son prix de vertu.. nobel de paix ou champion du climat..ou de la planète..

    Pas ailleurs, si je comprends bien..100% écolo c’est zéro fossile? je suis curieux de voir ça..

    les américains ont voté, certes on a eu une mandature bizarre mais révélatrice de ce qui se passe.. l’absence chez le « camp du bien » de tout espèce d’autocritique.
    des lors qu’un sujet en appelle à l’opinion, nous avons des prises depositions manichéennes, si tu n’es pas d’accord avec moi tu es déplorable, idiot ou naïf..
    dès lors qu’un sujet en appelle aux valeurs liberales, il n’y pas de limites tout est permis.,

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