Le libertarien, nouveau bouc émissaire du complotisme

Faire d’un courant philosophique individualiste et protecteur radical des libertés individuelles le nouvel ennemi public fantasmatique de la France et des Français devrait nous interroger sur l’évolution socialiste de notre pays.

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Le libertarien, nouveau bouc émissaire du complotisme

Publié le 13 novembre 2020
- A +

Par Frédéric Mas.

Confinement, crise économique, incertitude sur l’avenir. L’époque est anxiogène, et le niveau de pessimisme collectif au maximum. La situation est donc idéale pour que se développent complotismes et autres manifestations paranoïaques. Tenter de coller des explications simples sur des phénomènes complexes est humain, trop humain sans doute, et dans la France de 2020, ces explications prennent presque nécessairement une tonalité antilibérale et anticapitaliste.

La raison peut être résumée succinctement : l’effondrement de notre modèle social, qui s’appuie sur un système d’économie de moins en moins mixte et de plus en plus socialiste, ne peut mourir de ses faiblesses internes. Comme par réflexe, pour beaucoup, son génie ne peut être remis en question et son épuisement ne peut trouver sa source que dans le travail de sape de quelque agent extérieur malintentionné.

Il y a quelques années, le néolibéralisme ou le modèle anglo-américain étaient désignés par tous les décideurs politiques et tous les intellectuels en vue pour endosser le rôle de bouc émissaire. Mais les temps changent et l’argument s’use.

Le saboteur libertarien

Aujourd’hui, c’est le saboteur libertarien qui a pris la place de la World company dans le rôle du grand méchant qui complote pour faire vaciller la vertu française et encourager le vice cosmopolite. Et ce nouvel ennemi du peuple fait l’unanimité contre lui de la base au sommet.

« Hold-up », un documentaire polémique sorti mercredi grâce à un financement participatif sur la crise de la covid-19 fait du libertarien le principal bénéficiaire d’une crise sanitaire dont il aurait capté les effets à son profit. En cause, l’économie numérique en général et Amazon en particulier.

La fortune contemporaine de l’entreprise américaine ne serait pas le produit du hasard – ou de l’incompétence économique légendaire de nos élites – nous suggère-t-on. Et d’ailleurs, comme le dit avec assurance un intervenant, Jeff Bezos serait libertarien, ce qui, dans sa bouche, est peu ou prou synonyme d’égoïste radical.

Si on en croit le dernier essai de Stéphane Foucart, Stéphane Morel et Sylvain Laurens, Les Gardiens de la Raison, les libertariens sont encore à la manœuvre pour saboter les fondements progressistes de la science et du rationalisme français.

Le petit cercle des « zététiciens » et autres vulgarisateurs de la pensée scientifique, autrefois univers harmonieux et largement lesté des conflits d’intérêts qui traversent le monde des hommes ordinaires, serait depuis quelques années infiltré par la propagande anti-écolo et pro-business des libertariens.

Parce qu’ils défendent les OGM, les pesticides, la psychologie évolutionniste ou encore, c’est un comble, la liberté d’expression absolue, le libertarianisme menacerait la pensée rationnelle locale.

Ici les libertariens, ce sont les lobbies industriels qui cherchent à manipuler la science et les marchés pour placer leurs produits nuisibles et/ou défectueux ou des chercheurs qui pensent qu’on peut s’appuyer sur la biologie pour dire des choses nouvelles dans le champ de la psychologie.

Le libertarien, ennemi d’État

Mais les libertariens ne cherchent pas seulement à enrichir Amazon ou l’industrie des pesticides toute honte bue. Ils sont aussi ces égoïstes inconscients et anonymes qui cherchent à saper l’autorité des pouvoirs publics pour endiguer la crise sanitaire en s’appuyant sur les thèses les complotistes en vogue aux États-Unis.

Une étude de la Fondation Jean Jaurès expliquait ainsi que la sociologie des « anti-masques » français pointait aussi dans la direction des libertariens ou, plus vaguement, « théories libertaires combinées à une défiance structurelle envers les institutions politiques ». Ici, nous avons une nouvelle définition de libertarien, assimilé plus ou moins, en France, à la pensée libertaire.

Tour à tour représentant diabolique des multinationales, du capitalisme apatride et de l’individualisme radical, le libertarien fait peur. Mais c’est quoi, au juste, un libertarien ?

Derrière les fantasmes marxisant de patrons à gros cigares, il y a d’abord une théorie éthique déduite généralement d’une analyse économique que ses adversaires complotistes ne sont pas toujours en mesure de bien comprendre. Le terme  libertarien lui-même, par son étrangeté, et sa relative nouveauté dans le vocabulaire politique français, invite à la défiance et au soupçon.

Libéralisme utopique

Pour Sébastien Caré, auteur de Les libertariens aux États-Unis (2010), le libertarianisme est une mutation utopique et subversive du libéralisme classique :

« L’utopie libertarienne projette d’une part la logique du marché sur toutes les sphères du vivre-ensemble, et mue, d’autre part, la défense des libertés individuelles en une lutte contre l’État. »

Ses origines sont avant tout intellectuelles, avant d’être militantes. Le libertarianisme est un courant d’idées à la fois philosophique, juridique et économique.

Gerard Casey, professeur de philosophie à l’University College de Dublin, et libertarien de tendance anarchiste, affirme de son côté que la position libertarienne est une philosophie individualiste1.

Elle repose sur l’idée que les individus ont le droit de vivre leur vie comme ils l’entendent, à partir du moment où ils n’agressent personne. Ses sources diverses remontent aux travaux de l’école autrichienne d’économie, aux idées de Ludwig von Mises, Murray Rothbard, Henry Hazlitt, Walter Block, Hans-Hermann Hoppe ou Stephen Kinsella. Plus loin dans le temps, on retrouve la trace de J. S. Mill, Adam Smith, des libéraux classiques des XVIIIe et XIXe siècle, ou encore de Gustave de Molinari, Frédéric Bastiat ou Lysander Spooner.

La formulation des idées libertariennes varie d’une école philosophique à l’autre. Son plus grand promoteur, l’économiste Murray Rothbard, parlait le langage du droit naturel. Robert Nozick, qui fut le principal philosophe libertarien dans le monde universitaire américain, le fondait sur la propriété de soi. David Friedman dans The Machinery of Freedom en proposait de son côté une version utilitariste.

Tous ont en commun de prendre au sérieux l’économie politique, comme en témoigne l’influence séminale des travaux de Ludwig von Mises et Friedrich Hayek sur les esprits libertariens à partir de l’après-guerre. Aujourd’hui, on retrouve les théoriciens libertariens essentiellement dans les universités, dans les départements de philosophie, d’économie ou de droit.

Certains libertariens cherchent à limiter le rôle de l’État à ses fonctions essentielles, d’autres affirment qu’il est possible de s’en passer totalement pour que se développe une société de droit privé totale. Ces questions restent disputées entre les différentes nuances de libertarianisme.

Politiquement, ils représentent quelques millions aux États-Unis, réunis derrière les figures de Rand Paul, Gary Johnson ou plus récemment Jo Jorgensen. En France, ils sont beaucoup moins nombreux et surtout moins organisés. Loin de défendre les intérêts organisés des grands patrons ou de justifier les prises de position des complotistes trumpistes type Qanon, les libertariens cherchent avant tout à radicaliser l’expérience capitaliste pour en extraire les aspects les plus protecteurs de la liberté individuelle.

Faire d’un courant philosophique individualiste et protecteur radical des libertés individuelles le nouvel ennemi public fantasmatique de la France et des Français devrait nous interroger sur l’évolution socialiste de notre pays. Après tout, c’est Emmanuel Macron lui-même qui affirmait que le citoyen solidaire devait désormais enterrer l’individu libre.

  1. Gerard Casey, Libertarian Anarchy. Against the State, Bloomsbury, 2012.
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  • Lire et relire 1984… le régime collectiviste a besoin d’un ennemi emblématique pour canaliser la haine et justifier les privations. “Nous sommes en guerre”, peu importe l’ennemi. Il faut se taire, se serrer la ceinture, rentrer dans le rang et obéir aux ordres. Le libertarien est un coupable idéal.

    • pas que le régime collectiviste .;La haine et l’amour de l’autre ( c’est identique ) sont vieux comme Abel et Cain…chacun de nous doit s’étayer sur la haine de l’autre afin d’expulser ses conflits et contradictions……Et sur l’amour pour apaiser certaines tensions et pouvoir se regarder dans le miroir qu’offre le regard de celui ou celle qui est en face..Mais il est compliqué de se remettre en question…

    • Je ne peux dire qu’ils ont tord, oui le libertarien est un ennemi du régime collectiviste, et il essaye de saboter « intellectuellement » ses fondations.
      Et le fait que le peuple s’oppose à plus de collectivisation, on en est un peu coupable aussi en essayant d’éveiller les consciences.
      Donc oui le libertarien est coupable, comme ceux des goulags étaient coupables de s’opposer à Staline…

      • oui et c’est bien le seul domaine ou l’état est efficace : trouver et détruire ses ennemies.

        • Et ceux qu’il ne détruit pas sont par conséquent ses alliés. Au hasard, les islamistes ? Certains seraient même libérés de prison après des peines qu’on pourrait qualifier de symboliques, si on voulait faire étalage de mauvais esprit, ce qui n’est pas le cas bien sûr.

      • Bien dit et juste. Le libertarien est l’ennemi du collectivisme et du socialisme, ce pourquoi il est honni et banni en France pays communiste!

  • Le libertarien est celui qui affirme que l’usage de la violence/l’état dans l’organisation d’un groupe humain, avant d’être immoral, est « préhistorique ».

    L’évolution humaine, qui a donné à l’homme l’usage de la raison, lui interdit désormais la violence/l’état, instrument de survie obsolète.

    Ceci dit, il est piquant de constater cette réaction apeurée des étatistes, qui reprochent aux libertariens d’user de théories du complot -ce qui suppose l’usage de la violence, dont ils ont par ailleurs le monopole!

    Serait-il finalement vrai que le seul usage de la raison soit plus « violent » que la violence elle-même?

    Schön wär’s! (ce serait pas mal)

    • Je me permets d’utiliser votre commentaire comme base pour ma réaction générale à cet article.
      Vous opposez de manière binaire étatiste et libertarien… Bien des gens sont contre l’état ou anti-étatiste (c’est pas pareil) sans être libertariens, ils n’ont aucune profondeur politico-philosophique les rapprochant des libertariens, ils n’aiment pas l’état, point barre (et sont parfois simplement égoïstes, ce qui n’est pas pareil qu’être individualiste).
      Et ma plus grande critique sur cet article, c’est simplement : « où est donc cette fronde anti-libertarienne ? ». Même dans l’article il n’est pas donné d’exemple concret de ces accusations contre les libertariens..
      Et je n’ai pas compris la première phrase « courant philosophique protecteur » ? Protecteur de qui de quoi comment ?
      Et mettre les lobbys industriels dans les libertariens, c’est grossier et insultants pour les millions de travailleurs de ces lobbys qui ne sont pas libertariens… c’est réduire ces lobbys à leurs patrons et actionnaires (et encore, pas tous, loin de là).

      • Lépine : « Même dans l’article il n’est pas donné d’exemple concret de ces accusations contre les libertariens.. »

        Dans l’article : « « Hold-up », un documentaire polémique sorti mercredi grâce à un financement participatif sur la crise de la covid-19 fait du libertarien le principal bénéficiaire d’une crise sanitaire dont il aurait capté les effets à son profit. »

        • Ah je n’ai pas vu ce film mais j’en ai lu les « débunkages » par Le Monde et un autre site (je sais plus lequel) : ça a l’air d’un tissu de raccourcis bien populisto-complotistes.

      • Vous n’avez pas compris grand chose en lisant l’article! Faut-il vous mettre les points sur les i pour vous éviter de faire fonctionner votre cerveau?

      • En France en tout cas, le mot libéral a été tellement trainé dans la boue pendant si longtemps qu’il n’y a quasiment plus besoin d’argumenter. Il suffit d’accusé une personne ou une organisation d’être libéral pour le voué aux gémonies sans autre forme de procès. No « penseurs » ont même créé le « néo libéralisme » pour forcer le trait (sans apporter plus de réflexion) et faire encore plus peur au citoyen lambda qui pourrait être tenté (au sens religieux du termes) par le grand Satan libéral.
        Avec la complicité des médias (et donc de tout ce qui compose le capitalisme de connivence) les libéraux sont soient simplement ignoré soient traités comme des dangereux extrémistes avec lesquelles il est interdit de dialoguer sur le fond (même les islamistes sont plus fréquentables).
        La social démocratie moderne à retenue les leçon du communisme d’état et s’abstient (pour le moment) d’utiliser des méthodes trop violente à l’égard de ses opposants, le mensonge, l’ostracisme, la propagande via le contrôle des média suffit en fait à éliminer la plupart des opposants trop gênant.

        • En effet, vous avez raison… en Belgique (en Wallonie du moins), où le PS a une très (trop) grande influence et le PTB (populo-communiste) grandit dangereusement, il faut presque préciser « libéral mais un bon hein, pas un salo »… L’image du libéral est tellement polluée par celle du méchant capitaliste exploiteur qu’on part déjà avec un handicap… Certes de nombreux libéraux pensent que défendre un système de soin social fait de vous un immonde communiste, mais l’inverse dans l’extremisme simpliste binaire est vrai. Trop d’ignorances des deux côtés, trop de doctrinaires, trop peu de dialogues.

  • Probablement pas mal moins que 0.01%

    • En france c’est 1 sur 67 millions.

      Les gens n’ont aucunes culture ils confondent libertariens et planificateurs dont ils sont en train de subir les consequences.

      • Oh on est un plus d’1 libertarien quand même 😉
        j’aurais dis de l’ordre de 1k ou 2k, rien quoi.

        • Ca ne m’étonnerait pas que nous soyons plus nombreux. sur 65 Millions si les libertariens représentaient 20 K ce serait toujours rien. Sauf que la plupart des libertariens se cassent de France.

        • Nonetheless, many people, and especially intellectuals, passionately loathe capitalism. As they see it, this ghastly mode of society’s economic organization has brought about nothing but mischief and misery. Men were once happy and prosperous in the good old days preceding the Industrial Revolution. Now under capitalism the immense majority are starving paupers ruthlessly exploited by rugged individualists. For these scoundrels nothing counts but their moneyed interests. They do not produce good and really useful things, but only what will yield the highest profits. They poison bodies with alcoholic beverages and tobacco, and souls and minds with tabloids, lascivious books and silly moving pictures. The “ideological superstructure” of capitalism is a literature of decay and degradation, the burlesque show and the art of striptease, the Hollywood pictures and the detective stories.

  • Merci de ce bel article !!
    Je viens de découvrir que je pouvais aisément m’assimiler à un libertarien.
    J’ai une chance de m’en sortir si je fais appel ???!!!

  • Oui, j’ai trouvé particulièrement choquant ce qu’a affirmé M. Macron concernant l’individu libre qui devait disparaître au bénéfice du citoyen solidaire. Il est curieux que cela n’ait pas été davantage souligné dans les media.

    • Les media sont aux ordres de Macron et de sa ligue socialiste!

      • C’est pire que cela, macron n’a pas besoin de donner d’ordres, les médias sont soit d’accord avec lui soit ils le trouve trop modéré certain le qualifiant même de libéral…

    • @Mariah, D’autant qu’il semble que la solidarité (la fraternité) n’est pas définie dans la Constitution, contrairement à la Liberté et l’Egalité, mais plutôt dans les traités qui s’imposent aux Français sans leur accord explicite.

      « Il est curieux que cela n’ait pas été davantage souligné dans les media. »
      Oui, tréééééééés curieux…. :-)) Il faudrait le demande F.Mas, ci-lu journaliste !

  • « Jeff Bezos serait libertarien, ce qui, dans sa bouche, est peu ou prou synonyme d’égoïste radical. »
    Jeff Bezos serait un libertarien… Qui soutient Joe Biden…
    Par ailleurs les libertariens ne sont pas décrits commes égoïstes radicaux par les bolchos. Ils sont décrits comme des gens qui veulent vendre les enfants avant leur naissance à des esclavagistes sexuels dans le but de faire de l’argent en attendant qu’ils soient suffisamment développés pour vendre leurs organes à la criée.

  • Pour valider la « supériorité » du Libertarisme classique sur tous autres courants . Il faut le déployer en condition réelle, leur accorder un état et observer, évaluer ce qui s’y produit.

    • accorder un état à des libertariens ? ahahahahahhahaha

      • @Lépine : Il faudrait savoir : Vous défendez les articles les plus libertariens et en même temps les moqués. Ne seriez vous pas un troll cherchant à piéger les libertariens par leurs propres règles ?

        • Amike… vous ne saisissez pas l’ironie de la phrase ??? « Etat libertarien » c’est comme « steak vegan »…

          (me traitez pas de troll svp, seuls quelques zozos font ça).

      • Je dis ça, car j’ai bien peur que cela soit une utopie de plus comme le socialisme radical l’a été ? De plus on ne devrait pas imposer un système économique politique qui n’a jamais fait ses preuves à des individus sans leur consentement. Après tous c’est à chacun de décider. IL y’a peut-être mieux que la dictature de la majorité. On devrait pouvoir vivre dans le système politique que l’on a choisi le socialisme , l’anarchie, l’écologie le libertarisme de gauche, par groupes d’appartenance gay lesbiens etc . Plus d’ États-nations définis par des frontières physiques, mais remplacées par des frontières basées sur le droit de chaque individu le type de société communauté, où il estime avoir le plus de chance de maximiser son bonheur.

        • Une amie polono-néerlandaise lesbienne me tient un peu le même discours (sans rire, elle est vraiment ça)… en disant « chacun chez soi, y aura plus de problèmes ».. ben oui mais… les gens changent de un et surtout les gens ont besoin d’être différents les uns des autres pour avoir une identité. Hétérogénéisation/homogénéisation. Mon appartenance à un groupe me définit par rapport à un autre groupe. Et mon exclusion d’un groupe m’inclut dans un autre groupe (qui peut-être celui des rejetés… snif..)
          Avec ce genre de « territoires-cases », la pensée va se fossiliser. On apprend et on progresse en confrontant nos idées, pas en vivant dans sa bulle de certitudes. Mais dans l’absolu… c’est une utopie presque souhaitable… presque… car sans doute terriblement ennuyeuse.

          • C’est en regardant l’élection américaine que ça m’est venu Biden, a rassemblé 77,0 millions de voix et Trump 71,9 millions . 77 millions d’Américains ne veulent plus du gus qui se comporte comme un prolo qui a gagné au loto et 71,2 millions ne veulent pas d’un sénile qui plus est, doublé d’ un dangereux communiste stalinien !! Tu émets des critiques je te répondrai peut-être bien que oui peut-être bien que non, tu observe tous les jours des comportements sociaux d’endogamie et d’entre soi. En tous cas les cerveaux de droite ne désirent pas vivre avec les cerveaux de gauche et eux non plus.

            • Mais quid des républicains qui ne veulent plus de Trump mais pas non plus de Biden ? Quid des républicains écolos ? Quid des démocrates admiratifs du style Trump ? Quid des démocrates qui n’aiment pas Biden (qui ne finira pas son mandat, j’en suis convaincu) ? Le concept même de nation ne sait pas être unique, monolithique à ce point que pour garantir une stabilité quasi immobile ou sans remise en question permanente.
              (Et Biden n’est pas un dangereux communiste stalinien…. faut pas abuser hein…)

            • «En tous cas les cerveaux de droite ne désirent pas vivre avec les cerveaux de gauche et eux non plus.»

              Pour les militants certainement mais ils ne représentent qu’un pourcentage modeste dans la population. Ensuite il y a les sympathisants plus nombreux et plus solubles. Enfin les plus nombreux sont les indépendants ou indécis, ce sont les arbitres (ça tombe bien leurs idées sont moins tranchées au point parfois de ne pas décider). Eux sont les éléments stabilisateurs en politique. En revanche il ne doivent pas prendre le pouvoir (sauf en coalition) car source d’immobilisme (cf Macron). C’est un peu mon problème ! C’est le cas aussi de Biden, à ceci prêt qu’après Trump cela peut servir de respiration politique. Je reconnais à Trump d’avoir involontairement revitaliser la démocratie (participation, débats..). Une vitalité complètement éteinte en France.

              • Je pousse a l’outrance !

                http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3912

                @Indivisible et @Lepine je vous conseillererais la série YouTube « la démocratie sous l’angle de la théorie des jeux » de la chaine Science4all

                Le courant libertarisme (de droite ) (de gauche ) vous estimez que c’est une utopie de plus ? Quid de l’applicabilité à l’échelle d’une société entière et l’acception sociale l’éthique ?

                Comment éduquer les enfants (principe de non agression) dans une société régie par des principes libertariens ?

  • J’ai decouvert récemment que la fRance compte désormais un parti libéral : le PLIB

    Quelqu’un connait ?

  • Pour ma part, je ne ferais pas grand cas de cette bouillie pour chat qu’est le film « Hold-up ». Celui-ci a été présenté, lors de sa réalisation comme documentaire à Douste-Blazy, par exemple. Qui s’en désolidarise totalement, vu le délire paranoïaque et complotiste qu’il met en scène. Il s’agit d’une oeuvre totalement malhonnête tant dans sa réalisation que dans son message. Ce film ne ravira donc que les imbéciles déjà persuadés qu’ils ne sont que le jouet passif de forces qui les dépassent.
    Je suis en revanche beaucoup plus inquiet par la Fondation Jean Jaurès et consorts qui ne sait visiblement pas de quoi elle parle. C’est pourtant un think tank…
    Tout aussi inquiet par la phobie anti-amazon, largement répandue à gauche et autres milieux bobo-écolo (guère surprenant) mais qui commence à gangrener aussi les responsables politiques tous bords confondus.
    Je n’y vois qu’une explication : le mauvais usage fait, en France, du mot « liberalisme » – ne parlons même pas du libertarianisme, tant l’inculture sur le libéralisme est déjà énorme. Alors qu’il faudrait chaque fois rappeler que le libéralisme fait partie des Lumières, de la Révolution française à travers la DDHC de 1789), rappeler qu’une partie de la gauche s’en revendique, à l’insu de son plein gré, lorsqu’elle réclame par exemple la libéralisation du cannabis, etc. En France, donc, le libéralisme est devenu synonyme de libéralisme économique et de capitalisme financier. Et ce, y compris dans la tête de gens qui ont, en théorie, un niveau d’études amplement suffisant pour comprendre les tenants et aboutissants de cette philosophie politique.

  • Ne soyons pas pessimiste. C’est bien plus que ça. Surtout si on additionne les libéraux économiques (une bonne partie de la droite) et les libéraux politiques ou sociétaux (une bonne partie de la gauche). Ou tout ceux qui se reclament de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ou des Lumières.
    Il y a beaucoup de gens en France qu’on peut considérer comme des Mr Jourdain du libéralisme.

    • Vous êtes trop optimistes… Il n’y a pas beaucoup de libéraux économiques à droite (leur vision passe par un Etat qui « donne » aux entreprises, ignore l’ensemble des « harmonies économiques » qui existent en dehors du couple délétère Etat-Grands Groupes). A gauche c’est pareil. Le « libéralisme sociétal » n’en n’est pas. Il ne s’agit jamais de laisser les gens faire ce qu’ils veulent mais toujours d’imposer « La BONNE façon »… Par exemple en punissant ceux qui s’y opposent. L’approche « vraiment libertarienne » par exemple de l’immigration c’est « les immigrés qui veulent venir peuvent. Les locaux qui veulent discriminer ces immigrés peuvent. De toute façon pas d’aides sociales ni pour les uns ni pour les autres. Et on regarde ce qui se passe ». Position honnie par 99% de la droite : « immigrationnisme honteux, que devient le contrôle de nos frontières » et par 100% de la gauche : « quoi, laisser les gens être racistes, ne pas donner du travail à l’immigré en priorité, quel égoïsme, quelle anti-humanisme ! »…
      D’ailleurs, la blague du « 1 libertarien » semble avoir échappé à beaucoup. Le libertarien étant souvent dans le « toujours plus », les autres (même se professant libertariens, ou même ancap) ne sont jamais assez libertariens pour en être vraiment !

  • La gauche est contre les GAFA. Mais les libertariens aussi j’espère ! La fortune de ces entreprises vient non plus de leurs innovations et compétences mais de leur monopole. Le moteur de recherche Google n’est pas meilleur aujourd’hui qu’il y a 20 ans, il est juste rempli de publicités. La technologie Facebook/Messenger existait déjà il y a 20 ans. Et l’achat en ligne aussi avant Amazon. Qu’ont fait ces géants ? Ils ont racheté tous les concurrents les uns après les autres, pour certains comme Amazon en renonçant aux bénéfices pendant des années. Alors, qu’est-ce qui distingue un « politiquement correct » et un libertarien ? Le premier ne souhaite qu’une chose, taxer ces grandes entreprises en leur laissant le monopole quitte à en contrôler plus ou moins le positionnement politique. Le libertarien voudrait que la concurrence s’installe ou revienne.

    • La concurrence ne se décrète pas, sinon elle n’est ni libre, ni non-faussée.
      Les GAFAM ont plein de concurrents, mais pas à leur niveau, parce que ce sont les meilleurs dans leur domaine.
      Personne n’interdit à des pays de favoriser, chez eux, l’émergence de telles puissances. La Chine, qui, elle, travaille, pendant qu’on taxe, a Alibaba. Les Japonais ont Rakuten. Etc.
      Il y a, dans la crainte d’une toute puissance d’Amazon, dans la description qu’on fait d’un ogre mondial, une grande part de fantasme. Et beaucoup de jalousie de la part d’une Europe qui a été infoutue de faire naître sur son sol de telles entreprises. Parce qu’elle ne dispose ni des institutions économiques ni des institutions politiques pour cela. Amazon n’est devenu Amazon que parce que nous sommes nuls.

      • OK l’Asie et les US trustent les premières place dans la Tech mais dans beaucoup de domaines l’Europe truste les premières places ou n’en est jamais très loin :

        – luxe,
        – cosmétique,
        – agroalimentaire,
        – aéronautique,
        – habillement,
        – brasserie,
        – produits laitiers,
        – matériels électrique,
        – énergie (pétrole, gaz)
        – construction,
        – automobile,
        – ciment
        – machines outils,
        ..

        Si on avait un peu de Tech nous serions les maîtres du monde, pour des nuls c’est pas mal. D’une part l’histoire n’est pas finie car la concurrence s’organise et d’autre part un Amazon européen par principe c’est antimarché. L’Europe a cet avantage, du fait de son retard, de pouvoir travailler et préparer l’avenir Tech dans l’ombre de la guerre entre la Chine et les US. Rien n’est perdu !

    • Google n’est pas meilleur qu’il n’était il y a 20 ans mais c’est toujours le meilleur moteur (j’ai testé tous les autres et il y en a suffisamment). Donc Google n’usurpe pas sa place, donc il n’y a rien à dire sur son quasi monopole. d’ailleurs tout libertarien qui se respect n’a rien à redire sur les monopoles tant que ceux ci ne sont pas imposé par l’état. Si le marché créé naturellement un monopole celui ci ne dure en générale jamais très longtemps. Je me souvient des même discours contre Microsoft à l’époque et la réalité à remis les choses à leur place. quand à Amazon l’accusation est totalement Ridicule car Amazon n’est même pas en position de monopole sur le commerce internet et rapporté au commerce globale c’est encore un nain. Et là encore la position d’Amazon n’est que le fruit de ses performances donc même si ils étaient en monopole il n’y aurait rien a redire vu qu’ils sont bien meilleur que tous leur concurrents à tous les niveaux.

      • Duckduckgo semble efficace et remplace Google sans mal, pour l’instant sans le biais politique de ce dernier sur certaines recherches un poil sensibles. Même les photos satellites de Google Map sont politisées, c’est dire…

        • Oui tous a fait j’utilise le moteur Duckducgko pour mes recherches sur les « Trump campaign’s lawsuit » toi aussi peu-être ?

          • J’utilise duckduckgo tout le temps (et si vraiment je n’arrive pas à trouver un truc, ou pas assez de résultats pertinents je remets un coup de google, mais c’est rare et ça n’apporte pas souvent de vrais plus).

  • J’ajouterai qu’en tant que parti, par exemple Démocratie libérale (Madelin), c’était 4 % à la présidentielle. C’est le niveau de EELV. Qui arrive à faire infuser son idéologie dans toute la société française…
    Le problème des Libéraux, en tant que parti politique, c’est le manque de constance. Démocratie libérale s’est fondu rapidement dans l’UMP. Et Alternative libérale, quelques années plus tard, s’est à son tour fondu dans le Nouveau centre. Ce qui, soit dit en passant, donne, hélas, du corps à l’idée qu’en France, le libéralisme est seulement un petit courant de la droite réformatrice…

    • Le problème c’est bien qu’il y a très peu de « vrais libéraux » chez nous dans la politique (mais ce n’est pas surprenant, Hayek l’avait prédit/expliqué). On devient politicien quand on veut décider pour les autres et qu’on veut être responsable de tout. On est libéral/libertarien quand on juge que « les autres » devraient pouvoir décider pour eux mêmes (et être responsables de leurs actes). Légère contradiction… Même les libéraux convaincus qui rentrent en politique finissent soit par cesser d’être libéraux, soit par cesser la politique. Et tout ça assez vite.

  • L’Etat obèse socialo-collectiviste est déjà condamné.

    C’est inéluctable, inscrit dans ses gênes depuis le début. Il n’y a que les hommes de l’Etat obèse à ne pas le comprendre. Au fond, puisqu’ils sont nés aveugles aux évidences historiques éclatantes (ex-URSS), il ne sert à rien de les détromper. Laissons-les perdre leur temps à chercher vainement des boucs-émissaires. Laissons-les s’agiter dans leurs sables mouvants. Ils y pataugent si bien qu’il ne faudrait pas décourager la principale motivation de leur existence, s’autodétruire.

    Il suffit d’attendre patiemment. Au vu des événements récents, il n’y en a plus pour longtemps, semble-t-il.

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