De la liberté académique à l’École polytechnique de Bruxelles

Une dénonciation anonyme adressée à l’École polytechnique de Bruxelles s’en prend au travail pourtant irréprochable du professeur S. Furfari.

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Samuele Furfari

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De la liberté académique à l’École polytechnique de Bruxelles

Publié le 16 octobre 2020
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Par Drieu Godefridi.

Des auteurs anonymes (sic) publiaient récemment une lettre mettant en cause les enseignements du Pr. Samuele Furfari dans le cadre de l’École polytechnique de Bruxelles. Cette lettre dénonce « la teneur climatosceptique (sic) des propos d’un professeur en filière électromécanique et physique de l’École polytechnique de Bruxelles. »

Dans les 24 heures (sic) de la publication de cette dénonciation anonyme — le 14 octobre — l’École polytechnique de Bruxelles publiait un communiqué pour se distancier des propos tenus par le Pr. Samuele Furfari sur le thème du réchauffement climatique.

Notons d’emblée que ce communiqué de l’EPB littéralement titré « L’École se distancie des propos tenus par M. Samuele Furfari » vaut pré-condamnation, prise sur la foi d’une dénonciation anonyme et sans entendre dans les formes le principal intéressé, dont les droits élémentaires sont ainsi bafoués.

La lettre en question est « ouverte » et publique. De cette litanie d’imputations subjectives qu’on croirait torchonnée par un étudiant de première année, trois faits se dégagent :

  1. Aucune erreur scientifique n’est relevée à l’encontre du Pr. Furfari, aucune. 
  2. Lui sont reprochées ses valeurs, sa vision libérale et de voir des mérites à la croissance économique.
  3. Il est traité de négationniste du changement climatique, comparé avec les négationnistes des chambres à gaz nazies et les créationnistes.

Extrait de la dénonciation anonyme (gras ajoutés) :

« L’un des seuls cours en polytechnique portant sur les questions environnementales est enseigné par un professeur qui les nie. Nous pouvons pourtant douter qu’une telle aberration soit possible dans le cadre d’un autre cours. Il serait bien risible qu’un cours d’histoire soit donné par un•e professeur•e négationniste ou qu’un cours de biologie soit laissé aux mains d’un•e créationniste. C’est pourtant à cette échelle d’opinion que se situe le climatoscepticisme aujourd’hui. » Définition du négationnisme selon Larousse : « Doctrine niant la réalité du génocide des Juifs par les nazis, notamment l’existence des chambres à gaz. »

Le Pr. Furfari ayant maintes fois souligné publiquement la réalité du changement climatique, ce dernier point est constitutif de calomnie et diffamation, justiciables des tribunaux ; une telle action obligerait les auteurs de cette lâche dénonciation anonyme à se faire connaître.

Les deux premiers points renseignent la vérité de la démarche, qui est d’humilier publiquement et d’obtenir l’expulsion d’un Professeur — par ailleurs reconnu comme l’un des plus grands experts mondiaux de l’énergie — parce que ses valeurs ne correspondent pas à celle des auteurs de la dénonciation anonyme.

Donner suite à cette dénonciation anonyme, calomnieuse et diffamante comme semble vouloir le faire l’École polytechnique serait une violation directe du droit, des principes de la liberté académique1 et du libre-examen, consacré par l’article premier des statuts de l’Université libre de Bruxelles.

« Examiner, en dehors de toute autorité politique ou religieuse, les grandes questions qui touchent à l’homme et à la société, sonder librement les sources du vrai et du bien, tel est le rôle de notre Université, telle est aussi sa raison d’être. » Pierre-Théodore Verhaegen, fondateur de l’Université libre de Bruxelles, allocution au Roi Léopold Ier, 1er janvier 1854.

  1. Xavier Delgrange, « La liberté académique », in Itinéraires d’un constitutionnaliste, en hommage à Francis Delpérée, Bruxelles, Bruylant, 2007, 407-424.
Voir les commentaires (17)

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Créer un compte Tous les commentaires (17)
  • Il est tout à fait inquiétant et extravagant que l’école tienne compte d’une telle lettre. L’école aurait dû la mettre à la poubelle, mettant fin à une fausse polémique stérile et indigne.

    • Oui en des temps normaux c’est ce qui aurait dû être fait. Mais nous sommes revenu au temps de l’inquisition où une dénonciation anonyme suffit pour être condamné!

  • Les réactions du type de l’ecole polytechnique de Bruxelles font peur. Même les institutions qui devraient être des garde-fous à la bétise, à la haine, aux délires se plient aux diktats de courageux anonymes. Ainsi on annule des interventions dans des facs, on interdit des représentations théatrales, etc. On se dirige vers un totalitarisme tout en douceur (et encore ….) où les politiques et les dirigeants d’institutions ne trouvent rien à redire. Seraient-ils complices ? Je crois que le doute est plus que permis

  • Il faut maintenant simplement demander le départ de la direction d’une école scientifique qui réagit de façon émotionnelle et non scientifique en se passant d’une instruction du dossier pour prendre une décision. Elle n’est plus à sa place.

  • La dictature qui vient de se mettre officiellement en place fonctionne sur la terreur. Celle-ci s’exerce sur trois axes: sanitaire, « anti-haine » (racisme, homophobie, etc.), environnement. C’est au nom de la santé, de la tolérance et de la protection de la planète qu’on liquide les opposants.

  • Voilà, cet éminent professeur de l’Université « Libre » de Bruxelles est donc condamné pour avoir blasphémé Ste Greta.
    Je suppose que c’est pour éviter un surplus de « pollution » au CO2 qu’on remplace le bûcher par une lapidation écologique en place publique.

  • Il n’y a pas d’école polytechnique à Bruxelles, pas à ma connaissance

  • Une lettre anonyme? C’est honteux!

  • vu les qualités dudit professeur, pourquoi reste-t-il à enseigner dans cette école qui le diffame ?

    • Tout à fait.

      Le Pr. Samuele Furari pourrait très bien aller enseigner ailleurs et à meilleur salaire j’imagine.

      Qu’il laisse donc l’ULB et la Belgique couler à pic si ça les amuse.

      • Il est de plus en plus difficile de trouver ou conserver un poste honorable quand on doute du dogme RCA. Les sceptiques ont tendance à se taire jusqu’à la retraite.

        • Très juste! Ce n’est pas le premier climatoréaliste à avoir été viré par les gauchistes qui gangrènent les universités!

  • Les commentaires sont fermés.

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