L’horreur des centres secrets de détention et de torture en Iran

Media Express ,

L’opposition iranienne a appelé les instances internationales à prendre des mesures urgentes pour obtenir la libération des manifestants détenus, qui sont soumis à la torture et à des exécutions.

Par Hamid Enayat.

Suite à la révélation par Amnesty International que « la police, les services du renseignement, les forces de sécurité et des agents de l’administration pénitentiaire iraniens ont commis de terribles violations des droits humains en relation avec les manifestations nationales de novembre 2019 » les détails de nombreux centres de détention secrets du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et du ministère des Renseignements et de la Sécurité (MOIS) ont été dévoilés ce qui suit par l’opposition iranienne, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) :

La torture dans les centres de détention secrets de CGRI

Un manifestant identifié par ses initiales M-A a été arrêté par les services de renseignements des pasdarans et emmené dans un centre de détention clandestin, où il a été contraint de se déshabiller et a été torturé pendant deux jours d’affilée à coups de matraques et d’électrochocs sur des parties sensibles de son corps.

G-A a été arrêté par les services de renseignement des pasdarans. Il a été torturé dans un gymnase pendant une semaine avec des électrochocs et des matraques.

Un autre prisonnier, M-S, a été torturé de la même façon, après avoir été également forcé de se déshabiller.

Simulacre d’exécution

Le simulacre d’exécution est la torture que les pasdarans utilisent sur de nombreux manifestants arrêtés lors du soulèvement de novembre. Dans certains cas, ils ont simulé l’exécution en jetant le prisonnier du toit.

Le manifestant aux initiales M-A a été victime de deux simulacres d’exécution. Une fois, il a été placé dans le coffre d’une voiture et conduit à un autre endroit. Après avoir été extrait de la voiture, ses bourreaux lui ont demandé de témoigner et d’être prêt à être exécuté. Puis, alors qu’il avait les yeux bandés, ils ont tiré près de son oreille et autour de lui.

Dans certains cas, un mollah est présent pour dire au prisonnier de témoigner avant l’exécution et de faire son testament. Dans un autre cas, le prisonnier n’a pas reçu de repas et il lui a été dit qu’il serait exécuté la nuit même, il a ensuite été menotté et sorti de la cellule.

Le manifestant aux initiales A-R a été gravement torturé dans le quartier 240 de la sinistre prison d’Evine, les yeux bandés. Puis, ils l’ont emmené dans un autre endroit et lui ont dit de faire un testament car « nous allons te pendre ». Toute la scène était prête pour l’exécution. Ils ont placé un tabouret sous les pieds et ont continué cette torture psychologique pendant des heures.

La torture d’enfants et d’adolescents

Parmi les personnes arrêtées lors du soulèvement de novembre 2019, un grand nombre d’enfants et d’adolescents de moins de 18 ans ont été gravement torturés. Le manifestant détenu, aux initiales A-K, a été battu à coups de matraque et de bâton, a également été fouetté et on lui a arraché les ongles. A-M., un autre prisonnier de moins de 18 ans, a été gravement torturé par électrochocs.

Certains manifestants arrêtés lors du soulèvement de novembre 2019 ont été violés à plusieurs reprises. Une autre méthode de torture consiste à verser de l’eau froide sous le prisonnier allongé sur le sol de la cellule. Il est maintenu dans cet position pendant des jours, souffrant de douleurs aux jambes et au dos et d’autres sévères complications.

Les services de renseignement des pasdarans à Chiraz torturent les manifestants arrêtés en novembre 2019 dans la prison d’Ebrat et y emploient les gardiens les plus impitoyables. Dans ce service, les gardiens s’appellent les uns les autres par des titres tels que Jalal gaucher, Majid impie et Hussein sans vergogne. L’un de ces gardes avait écrit sur la porte d’entrée : « Il n’y a pas de Dieu ici. » Navid Afkari, le champion de lutte exécuté tout récemment, ainsi que ses frères ont été emprisonnés dans ce quartier.

Épidémie de torture

Les recherches d’Amnesty international démontrent que la torture et d’autres formes de mauvais traitements ont été utilisés de façon généralisée par des agents de l’État et de l’administration pénitentiaire contre les hommes, femmes et adolescents. Leur but ? Extorquer des « aveux » aux personnes détenues ou arrêtées sur leur participation à des manifestations ou leurs liens avec des médias et des groupes d’opposition.

La prison secrète à Chiraz

Dans cette prison, les prisonniers sont torturés avec les yeux bandés. Le prisonnier est pendu au plafond et battu avec un câble sur les mains, les pieds et les doigts. Dans de nombreux cas, ses doigts sont brisés. Une autre torture consiste à déshabiller un prisonnier et à le soumettre à un soleil de plomb ou à un froid extrême.

De nombreux détenus ont été laissés sans surveillance après avoir été torturés en novembre 2019, et certains d’entre eux ont vu leurs blessures s’infecter. Les ongles de certains prisonniers ont été arrachés. Trois détenus du soulèvement de novembre sont morts sous la torture dans cette prison.

Les prisonniers dans le couloir de la mort sont transférés à l’isolement la nuit précédant l’exécution. Les agents veillent à ce que les noms et informations des prisonniers d’Ebrat ne soient pas divulgués et ne parviennent pas aux organisations internationales.

L’opposition iranienne a appelé les instances internationales ainsi que d’autres organisations de défense des droits de l’Homme à prendre des mesures urgentes pour obtenir la libération des manifestants détenus qui sont soumis à la torture et à des exécutions.

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