Procès de Julian Assange : Trump veut-il criminaliser le journalisme ?

Julian Assange et Chelsea Manning paient aujourd’hui le prix fort pour que le droit à l’information reste protégé. Jusqu’à quand ?
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Procès de Julian Assange : Trump veut-il criminaliser le journalisme ?

Publié le 15 septembre 2020
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Par Frédéric Mas.

Lundi 7 septembre, le procès visant à extrader Julian Assange vers les États-Unis a repris à Londres. Le lanceur d’alerte australien encourt une peine de 175 ans de réclusion pour avoir rendu publics des documents secrets appartenant à l’administration américaine en collaboration avec plusieurs grands médias internationaux.

Dans une tribune récente, l’avocat de Julian Assange revient sur l’acte d’accusation des États-Unis :

« Il ne concerne en réalité qu’une seule publication de Wikileaks, celle des câbles diplomatiques, qui remonte donc à près de dix ans. En substance, Julian Assange est accusé d’avoir prétendument fourni une assistance technique à Chelsea Manning, mettant potentiellement en danger la vie de plusieurs ‘sources’ américaines. Sauf que le gouvernement n’a jamais caractérisé ni les éléments de cette prétendue assistance, qui n’a jamais été confirmée par Chelsea Manning en dépit des atroces traitements dont elle a été l’objet, ni même la réalité du risque que la publication aurait fait courir. »

L’inculpation est récente, puisqu’elle date du 24 mai 2019 et se fait sous l’autorité du Espionage act de 1917. Cette loi, à l’origine écrite, comme son nom l’indique, pour lutter contre l’espionnage, a servi ces dernières décennies à persécuter les sources des journalistes et les lanceurs d’alerte, mais jamais les journalistes eux-mêmes.

Criminaliser le journalisme

Pour Trevor Timm, directeur exécutif de la Freedom of the Press Foundation, une ONG dédiée à la protection de la liberté de la presse, la condamnation d’Assange risque donc de créer un précédent :

« [Le président Donald] Trump s’apprête à criminaliser explicitement le journalisme spécialisé dans le domaine de la sécurité nationale, et si cette poursuite est autorisée, des dizaines de reporters du New York Times, du Washington Post et d’ailleurs seraient également en danger ».

Le climat de guerre froide qui règne entre la Maison-Blanche et les médias pourrait-il faire de Julian Assange une victime collatérale ?

Les débats au sein d’Old Bailey, la haute cour criminelle de Grande-Bretagne située à Londres, ont fini par soulever la question centrale de la protection des sources journalistiques.

Condamner Julian Assange ne revient-il pas à condamner le journalisme d’investigation au plus grand profit du pouvoir politique ? Pour Mark Feldstein, qui témoignait en tant qu’expert sur le journalisme au procès, la réponse est claire :

« Si vous criminalisez la collecte d’informations, vous criminalisez le journalisme. C’est un devoir moral pour les journalistes de protéger leurs sources. Beaucoup sont allés en prison pour protéger ce principe ».

Julian Assange et Chelsea Manning paient aujourd’hui le prix fort pour que ce droit à l’information reste protégé. Jusqu’à quand ?

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  • Moi je ne serai pas étonné que Trump gracie Assange et Snowden. Ce serait à son avantage, et après tout c’est surtout les démocrates et les « war mongers » qui ont souffert de ces fuites. Trump est plutôt pacifiste et républicain. Il n’a pas vraiment souffert de ces fuites.

    • Tellement pacifiste que c’est le premier président des USA depuis très très longtemps à ne pas avoir déclaré de guerres…et au vu des accords de paix que lui et son administration ont pu négocier, sa nomiation pour le Nobel de la Paix n’est pas spécialement idiote…au contraire de celle d’Obama.

      Pour mémoire, toutes les guerres démarrées / soutenues par les présidents américains depuis la fin des années 70
      – J. Carter: Afghanistan, Guatemala, Salvador, Angola + Guerre Froide
      – R. Reagan: Liban, Grenade + Guerre Froide
      – G. Bush: Guerre du Golfe, Panama, Somalie, Bosnie + Guerre Froide
      – B. Clinton: Irak, Soudan, Rwanda, Balkans
      – G. W. Bush: Irak, Afghanistan
      – B. Obama (Prix Nobel de la Paix): Libye, Syrie, Yemen, Afghanistan, Ukraine
      – D. Trump: guerre commerciale avec la Chine

      • Si vous mettez Obama pour l’Afghanistan ( guerre qu’il n’a pas déclaré mais dont il était engagé) vous pouvez au final mettre Trump dans la guerre d’Irak contre l’état islamiste.

        • Pour l’Irak et l’Afghanistan Trump a fortement réduit les effectifs engagés, chose qu’il s’était engagé à faire. Vu l’instabilité de ces pays, un retrait des troupes complet semble – encore aujourd’hui – assez difficile à envisager. De fait, j’aurais pu supprimer l’Afghanistan et l’Irak pour Obama, mais son cas est assez difficile sur le sujet : 1er mandat, il continue plus ou moins dans la voie de Bush, 2ème mandat, il réduit les troupes…mouvement poursuivi par l’administration Trump.

          • C’était juste une remarque à votre intervention. N’étant pas un admirateur de Trump, j’admet quand même qu’il a fait de son mieux en Irak avec des résultats positifs comme la destruction du califat de l’EI en Irak et l’élimination physique du plus haut responsable de l’EI. Contre l’EI, Trump a aussi réparé la grosse connerie d’Obama qui avait retiré bien trop tôt les troupes d’Irak. Je crois que la politique de Trump au moyen orient et sur les autres théâtres des opérations comme en Afghanistan et de cibler les djihadistes et leurs responsables par des opérations des forces spéciales. Montrer à ces salopards qu’ils sont nul part à l’abris.

            • Trump et son administration emploient effectivement assez souvent ce type de tactique. Pour contrer les antifas et les BLM, dans les états ayant choisi de faire intervenir l’état fédéral – ou où l’état fédéral intervient pour protéger des biens fédéraux – les antifas & BLM sont désormais inculpés de crimes fédéraux hors de la juridiction des juges locaux (dont beaucoup ont été nominés grace au soutient de Soros via l’Open Society Foundation, renseignez-vous sur le sujet c’est assez intéressant)…et double effet Kiss-Kool…désormais, les juges fédéraux demandent 1 million de dollars par tête minimum pour faire libérer sous caution ces individus. Résultat des courses…dans tous les états ou l’état fédéral a pu agir de la sorte, une très nette baisse de la délinquence des BLM & antifas en quelques jours…ce qui explique que ces derniers choisissent désormais d’allumer des incendies à proximité des voies rapides en dehors des villes…dommage pour eux, plusieurs dixaines d’entre eux se sont également fait arrêter malgrès l’adoption de ces tactiques.

      • Il n’y a PAS de soldats américains en Ukraine! La guerre là bas est entre Russes et Ukrainiens. Veuillez respecter les sources.

  • Le journalisme d’investigation devient de plus en plus rare, remplacé par le journalisme de commentaire de la pensée unique promue par les globalistes.

  • Voir cet excellent film (*) permet de se rendre compte que les démocraties occidentales ne sont qu’une imposture, et depuis longtemps.
    https://www.dailymotion.com/video/x6kqf6i
    Il faut à tout prix faire taire ceux qui révèlent cette imposture, quelle que soit la manière dont ils dénoncent les pouvoirs qui sont derrière…
    (*) à condition de comprendre à qui s’adressent réellement les détracteurs du « capitalisme » et des « entreprises privées »

  • C’est moi ou c’est l’administration du président américain le plus corrompu de tous les temps (Obama) qui a inculpé Manning et Assange ?

    • Manning a été inculpé pour collusion avec l’ennemi. Ce même ennemi que Trump combat en Irak contre l’EI et contre Al qaeda.

  • Criminaliser le journalisme !
    Voilà une expression tout droit sortie d’un cerveau bolchevique.
    Le journalisme n’existe plus dans les pays occidentaux depuis que les journalistes se sont politisés à « gauche toutes », pour non plus rapporter les faits, mais exprimer leur position personnelle et donner des leçons de morale à tout va.
    On ne peut pas reprocher au Président Trump de vouloir défendre son pays (mais cela les pisse-copies ne comprennent pas ce que c’est) en lui imputant des poursuites qui ont été lancées il y a plus de dix ans alors qu’il ne faisait pas de politique.
    Pousser la mauvaise foi à ces sommets, c’est défendre et promouvoir le totalitarisme sans se cacher – ce qui est très inquiétant.

    On peut parler de l’affaire Assange, et le faire sereinement et de façon objective, mais y mêler Trump pue le parti-pris et la manipulation qui sont, hélas, la ligne directrice des journaleux contemporains.

  • C’est une bonne idée criminaliser les journalistes propagandistes de mauvaises nouvelles et de fausses bonnes nouvelles. Va y Trump, montre ce que tu sais faire, agir.

  • Le journalisme d’investigation est très important bien sûr, mais il y a tout de même une limite. Dans le film « Pentagon Papers » par exemple, lorsque le Post et le Times paressent devant la Cour suprême, le président de la Cour demande à l’avocat du Post si en 1944 le journal aurait publié les plans du débarquement en Normandie si il les avait eu en sa possession. L’avocat répond qu’il n’y a aucun rapport entre des plans d’invasion et une « étude historique d’une guerre » (via les rapports secret défense).

    La vrai différence est encore une fois la responsabilité individuelle.
    Le secret défense est inviolable à un instant t pour une bonne raison (sécurité du personnel par exemple), ce qui ne l’empêche pas d’être « violable » une fois que la bonne raison est épuisée.
    Ceci est schématique bien entendu.

    • Tout à fait, si on publie une liste d’agents secrets on met leur vie en danger! Journalisme ne veut pas dire irresponsabilité. Quant aux journalistes contemporains ils ne méritent pas cette qualité car ils n’ont aucune déontologie, qui est d’informer le public, pas de faire de la propagande!

  • Tout-à-fait, on croirait lire un article de la presse traditionnelle, sauf que autant on a l’habitude que cette presse gauchiste s’en prenne à ce président bien trop libéral à son goût, autant sur ce site, c’est du total auto-goal, le libéralisme français n’est pas près de renaître de ses cendres.

    J’ajoute que tout ce que Trump pourrait faire, c’est gracier Assange, mais pour cela, il faudrait déjà qu’Assange soit condamné. Trump avait d’ailleurs déjà parlé de lui promettre une éventuelle grâce, mais il me semble que c’était sous condition.

    Par contre, Trump n’a eu de cesse de dénoncer le fait que la presse publie des « fake news », et qu’elle a pour seul objectif d’imposer le socialisme et le progressisme, il a fait plus pour le vrai journalisme, que n’importe quel autre politique avant lui.

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