Parc naturel régional du Luberon : exemple à ne pas suivre pour le Ventoux ?

OPINION : ne s’agirait-il pas pour les partis politiques d’accroître leur rayon d’action et le nombre de leurs obligés par des créations de postes de quasi fonctionnaires ?

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Parc naturel régional du Luberon : exemple à ne pas suivre pour le Ventoux ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 12 août 2020
- A +

Par Max Falque.

Depuis 2010 un projet de Parc Naturel Régional concernant 39 communes localisées autour du massif du Ventoux a opposé adversaires et partisans.

Après avoir refusé cette nouvelle structure, le Conseil Régional PACA a changé d’avis pour des raisons d’équilibre politique, et par décision du 12 décembre 2019 a opté pour sa création. Le Conseil de Défense Écologique du 27 juillet 2020 l’a présenté comme exemplaire.

Le PNR du Luberon : un exemple à ne pas suivre

Peut-être avez-vous lu l’excellent ouvrage de Jean-Pierre Le Goff  La fin du village (à savoir Cadenet) qui, en quelque sorte, complète et actualise Un village du Vaucluse (à savoir Roussillon au cœur du Luberon) de Laurence Wylie ?

Dans son ouvrage Wylie ouvrait des perspectives intéressantes sur le passage à la modernité de la France rurale (en l’occurrence provençale) dans les années 1950 alors que celui de Le Goff  est marqué par l’incertitude sinon par le pessimisme.

Un des chapitres les plus pertinents pour ceux qui s’interrogent sur l’utilité du projet en cours de Parc naturel régional du Ventoux est celui intitulé « Au nom du développement durable ».

Je conseille vivement à toutes les personnes responsables du projet de lire ce texte qui met en évidence les risques et objectifs cachés de cette institution qui ajouteraient une couche à notre millefeuilles administratif.

Un discours prétentieux au service de quelques-uns

La critique de Le Goff a porté d’abord sur le principe du développement durable « constamment mis en avant pour justifier des pratiques et des discours confus ». Ce concept creux est d’autant plus utilisé qu’il permet à un nouveau type de bureaucratie d’intervenir dans de nombreuses activités.

Les textes du Parc Naturel Régional du Luberon sont confus et souvent ridicules, rivalisant avec ceux du pédagogisme pédant. Ainsi le développement durable permet de prendre en compte « les différentes échelles de temps et d’espace ; la complexité du domaine dont les multiples composantes, agissant entre elles, appellent une approche systémique ; les différents axes d’analyse scientifique qui fondent le développement durable ; la complexité des questions et des réponses envisagées »… Ou encore « inciter les apprenants à engager une analyse et une réflexion systémiques, critiques et  récréatives […] Recourir à un vaste éventail de méthodes éducatives participatives adaptées à l’apprenant qui sont axées sur les processus et des solutions. »

Comment se fait-il que des élus, généralement de bon sens, ne sanctionnent pas ce sabir prétentieux, ridicule mais politiquement correct et digne de Orwell ?

J’ai une explication, due à ma connaissance de longue date des publications concernant l’environnement et l’urbanisme qui sont trop souvent du même tonneau.

Le processus est le suivant : comme c’est incompréhensible, les hommes politiques n’osent pas l’avouer, d’autant plus qu’ils pensent que cela est sans conséquences. Dès lors les auteurs de ces textes peuvent agir à leur guise, poursuivre leurs objectifs et obtenir des financements, et ensuite des postes pour eux-mêmes et leurs amis.

La solution serait d’avoir le courage de poser la question de savoir ce que cela veut dire ? Question subsidiaire : qui est à l’origine de cette novlangue ? Des bureaucrates, des militants, des idéologues, des faibles d’esprit ?

La fin du simple bon sens

Je pense que cette question du langage est au cœur de la destruction du simple bon sens. Imprécis et souvent stupide et typique de la France depuis une quarantaine d’années, 1968 ne faisant qu’accentuer le phénomène.

À ce titre, les sciences sociales et au premier rang la sociologie, l’urbanisme et bien entendu l’écologie politique sont largement responsables.

En fin de compte, comment arrêter la fin du village auquel a participé le PNR du Luberon qui illustre et préfigure éventuellement la fin de la France ? En tout cas il convient d’être vigilant et méfiant à propos du projet de Parc Naturel du Ventoux et bien évaluer les résultats concrets de celui du Luberon.

Ne s’agirait-il pas pour les partis politiques d’accroître leur rayon d’action et le nombre de leurs obligés par des créations de postes de quasi fonctionnaires ? Assurément, mais ce serait moindre mal.

Car Jean-Pierre le Goff découvre que :

Une nouvelle avant-garde militante et bureaucratique s’est mise en place qui entend façonner les générations nouvelles selon sa propre conception du bien… Le PNR du Luberon est en fait une des parties visibles d’un mouvement général qui depuis plus de 30 ans entraîne les sociétés démocratiques européennes dans un angélisme moralisateur dont les effets sont délétères.

Tocqueville avait bien mis en garde ses concitoyens :

Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur mais veut en être l’unique et le seul agent…

Il me semble qu’il serait imprudent de troquer nos libertés locales résiduelles contre des discours confus et les incertaines subventions qui ne peuvent que se tarir.

Je partage la recommandation de Roger Scruton, philosophe britannique et auteur d’un remarquable essai :

Éviter que l’État s’occupe des tâches qui peuvent être mieux gérées par les citoyens : à savoir autorisant et libérant les initiatives privées et le volontariat, donner la préférence aux solutions locales et déréglementant partout où la réglementation est le problème.

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  • Nombreux sont ceux qui, à mon avis, pensent que sans Conseil Régional, pas de parc naturel.

    Personnellement, je pense que rien n’empêcherait les communes de se réunir autour d’un projet de parc avec leur propre charte.

    • C’est exactement ce qui se passe.
      Un PNR est à l’initiative des communes. Le projet est ensuite élaboré administrativement par le Conseil régional qui aboutit à une charte. Laquelle est présentée aux communes concernées pour accord. En bout de course, la décision de création du PNR est actée par le gouvernement.

  • Ce texte porte sur la traduction politique de l’existence d’une volonté locale, sans prendre en compte qu’elle soit majoritaire, minoritaire, ou seulement limitée à quelques élus ou groupes d’influence, ce qui permet d’éluder la question du bien-fondé du projet.

    Comment procéder pour mettre en oeuvre un tel projet ?
    – des initiatives privées, comme il en existe en France avec l’association ASPAS qui a fait l’acquisition de 490 hectares de forêt pour la préservation des espèces dans le Vercors, mais forcément limitées géographiquement.
    – des initiatives de plus grande envergure, mais qui rencontreront forcément des oppositions et nécessiteront donc de faire intervenir les rouages de la démocratie, avec sa force de coercition, ses réglementations et ceux qui les font appliquer, ses compromis, ses luttes d’influence, ses dérives de langage, etc …

    Une autre solution, celle qui ressort du texte sous prétexte de préservation des libertés individuelles, serait de ne rien faire. Mais alors on sort du sujet du texte en abordant le problème du bien-fondé du projet.

    • La décision de créer un PNR revient aux communes, via leurs conseils municipaux, d’une part, et est soumise, systématiquement, à enquête publique, d’autre part.
      Le processus démocratique, et majoritaire, est respecté.
      Le Conseil régional est juste un accompagnateur administratif pour l’élaboration de la charte du PNR.

  • Une remarque concernant la notion de développement durable…
    Face aux coups de boutoir des environnementalistes forcenés pro-décroissance, à partir des années 70, vous savez ceux qui voulaient en finir avec la fin de la « société de consommation », avec le capitalisme, etc, ce terme permet :
    1. de continuer à plaider pour une société de croissance économique
    2. de défendre l’idée que cette croissance n’est pas foncièrement contraire aux préoccupations environnementales.
    C’était déjà du « en même temps » avant l’heure… Ou du green-washing du développement économique.
    Il faut le voir comme une trouvaille géniale destinée à clore le bec aux décroissants de tout poil. Oui, on peut faire de la croissance en respectant la nature et les petits oiseaux…

  • Le sabir cité me fait penser au:
    https://www.sauv.net/meirieutron.htm

    Sinon, l' »affaire des masques » obligatoires montre bien, encore une fois que Tocqueville était un visionnaire.

  • Ce doit être la lême chose pour tous les PNR… Inutiles et coûteux.
    J’ai vu dans ma région comment on a tordu le bras de certains conseils municipaux pour que leur commune participe. Y compris en les faisant revoter quand ils avaient dit non.

  • N’y a-t-il pas pourtant des PNR qui fonctionnent bien et sans sur-administration bureaucratique électoraliste ? En 2018, on comptait 53 PNR, il ne peut y en avoir 53 de débiles ?…….

  • Bien sûr que oui. Il est à noter que le nombre de fonctionnaires a augmenté de plus de 2 millions depuis 1981.

    • et, pour la quasi totalité, ce sont des fonctionnaires territoriaux, surtout dans les communautés de communes et les régions, (vive les fusions !!!)

  • voila les gens qui promeuvent les parcs disent des trucs grandiloquent… en pratique..des trucs comme ça..

  • Les commentaires sont fermés.

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