Hyperconnectés et pourtant mal informés

Les hyperconnectés qui sont à fond sur les réseaux sont moins au courant des informations politiques, et plus au courant des théories du complot.

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Hyperconnectés et pourtant mal informés

Publié le 5 août 2020
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Par Elizabeth Nolan Brown.
Un article de Reason

Passez ne serait-ce qu’un peu de temps sur les médias sociaux et vous aurez l’impression que chacun a quelque chose à dire sur la politique et les événements d’actualité.

Mais tout ce bavardage ne signifie pas que les consommateurs d’informations sont bien informés, selon un rapport du Centre de recherches Pew.

La comédie humaine sur Facebook et Twitter ne laisse-t-elle plus de place à l’information politique ?

En analysant les sondages qu’il a effectués entre octobre dernier en juin 2020, le centre Pew a trouvé que « ceux qui se fient le plus aux médias sociaux pour les informations politiques se distinguent des autres consommateurs d’infos de diverses manières. Ces adultes américains, par exemple, suivent plutôt moins que les autres consommateurs d’infos les principaux sujets d’actualité, telles que l’épidémie de coronavirus et l’élection présidentielle 2020. De plus, et peut-être est-ce lié, ce groupe a plutôt une moins bonne connaissance de ces sujets. »

L’analyse de Pew a tout d’abord examiné la manière dont les gens s’informent des sujets politiques de nos jours, et a trouvé que la principale source est la télévision.

Celle-ci est suivie de près par les sources Internet – sites d’infos, applications et médias sociaux – la radio venant loin derrière et la presse papier en dernier.

Plus de 40 % ont déclaré que leur principale source est Internet, dont 25 % indiquant que leurs sources les plus fréquentes sont les sites et applications d’information et 18 % qui indiquent les médias sociaux. Une fraction un peu plus élevée – 45 % – a indiqué que la télévision était leur principale source d’infos politiques. Parmi ceux-ci, 16 % ont indiqué que leur principale source était une chaîne d’infos par câble ou une chaîne locale et 13 % ont cité les grandes chaînes.  8 % ont cité la radio et 3 % les sources imprimées.

Sans surprise, ceux qui regardent les infos télévisées sont plus âgés et ceux qui consomment les infos des médias sociaux sont plutôt plus jeunes :

  • Les personnes de 65 ans et plus ne sont que 3 % de ceux ayant cité les médias sociaux comme étant leur principale source d’infos. C’était le premier choix pour 48 % des personnes de 18 à 29 ans et de 40 % des 30-49 ans.
  • Les 65 ans et plus constituent la plus grande partie des consommateurs de presse papier, des grandes chaînes de télévision et de la télévision par câble, alors que les 50-64 ans constituent la plus grande partie des répondants qui s’informent principalement par les télévisions locales.
  • Les trentenaires et quadragénaires utilisent plutôt les sites ou applis d’information comme source principale d’infos politiques et ils s’informent aussi plus par la radio.

Vous trouverez plus de détails sur la démographie des consommateurs d’infos ici.

Quelles informations sur les médias sociaux ?

Il est intéressant de noter que le groupe qui préfère les médias sociaux porte le moins d’attention aux informations concernant les élections, le coronavirus et d’autres sujets d’actualité politique. Par exemple :

Au début du mois de juin de cette année, à peine 8 % des Américains qui prennent leurs informations politiques principalement des réseaux sociaux disent qu’ils suivent les élections 2020 « de très près », à comparer à environ quatre fois plus pour ceux qui se tournent principalement vers la télévision par câble (37 %) et la presse papier (33 %).

Le seul groupe dont le niveau d’engagement est presque aussi bas est celui des adultes américains qui prennent leurs informations politiques principalement des télévisions locales, dont 11 % disent qu’ils suivent les infos concernant les élections de très près.

C’est un fil rouge de l’analyse : le groupe des médias sociaux et le groupe des télévisions locales sont souvent comparables par leur plus faible niveau d’engagement et leur plus faible connaissance de l’actualité.

On ne sera donc pas surpris d’apprendre que les consommateurs d’infos par les télévisions locales et les médias sociaux ont fait de moins bons scores aux questions des enquêteurs de Pew concernant les positions politiques et les événements actuels.

Alors qu’au moins quatre personnes sur dix parmi celles qui s’informent principalement par les sites et les applis d’information (45 %), la radio (42 %) et la presse papier (41 %) se trouvent dans la catégorie « bonnes connaissances en politique » ; ils sont seulement 17 % parmi ceux qui s’informent principalement par les médias sociaux.  Seuls ceux du groupe « télévisions locales » font moins bien avec 10 % dans la catégorie « bonnes connaissances en politique ».

Mais quand on en vient aux théories du complot – comme celles bâties sur l’idée que le coronavirus serait causé par la technologies 5G ou que les résultats des primaires démocrates dans l’Iowa auraient été retardés délibérément – les consommateurs d’infos qui privilégient les médias sociaux étaient autant ou plus au courant que ceux dont la principale source d’infos n’est pas les réseaux sociaux.

Et « dans certains cas, ceux qui s’informent au travers des réseaux sociaux ont plus tendance à croire des affirmations sans preuve », selon Pew. Par exemple « au mois de de mars ceux qui s’informent principalement par les réseaux sociaux avaient plus tendance que les autres adultes des USA à déclarer que le virus de la COVID-19 avait été développé intentionnellement en laboratoire et moins tendance que la plupart des autres groupes à déclarer que le virus était arrivé naturellement ».

Traduction par Contrepoints de The Extremely Online Are Less Informed About Political News, More Informed About Conspiracy Theories

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  • Lorsque vous n’avez pas le choix c’est que le berger choisit à votre place, lorsque tous les choix sont possibles, le troupeau individualisé a tendance à faire les mauvais choix. Entre les deux il y a la sagesse populaire (coutumes, dictons et morale) ou les règles de justes conduites de Hayek.

  • « Les consommateurs d’info »

    Voila ce que nous sommes pour les journalistes ! Et au lieu de bouffer de la politique bio diffusée par de la presse papier équitable et nos 5 politiciens et activistes par jour, nous abusons de la mal-bouffe sociale des réseaux.

    • Ils nous avaient déjà fait le coup avec l’affaire Dupont de Ligonnès, expliquant que c’était la faute de l’auditeur qui « consommait mal » l’info ! A cette occasion, ils avaient cependant compris qu’ils poussaient le bouchon un peu loin.

      Cela dit ce n’est pas faux.

      Mais dans cet article, ils ne se rendent même plus compte du ridicule de leur position d’élites marchands de tapis et du mépris du client qu’ils affichent.

  • « ceux qui s’informent au travers des réseaux sociaux ont plus tendance à croire des affirmations sans preuve »

    Tandis que ceux qui suivent les media officiels sur leur poste de TV bénéficient d’une information éclairée, prouvée et donc non remise en cause par l’élite journalistique même quand le nez d’un politicien s’allonge tel celui de Pinocchio au point de crever l’écran.

  • Les jeunes sont plus naïfs que les âgés, c’est normal car moins éduqués et expérimentés!

    • Exactement ! Je rajouterais également plus idéaliste et donc enclin à croire de belles histoires sans preuve (cf. le pourcentage de 18/25 ans à la France Insoumise), avant que la réalité (et l’expérience, comme vous le dite), ne se rappellent à eux (enfin, pour certains).

    • bah quand on leur file des diplômes au rabais,qu’on leur apprend n’importe quoi sauf le travail et qu’on leur assène tous les jours que pour réussir faut rien branler et demander beaucoup c’est sûr que ça fait pas des générations de winners.

  • L’auteur ferait bien de se demander pourquoi les journalistes sont devenus la 2ème profession, derrière les politiques, en laquelle ils ont le moins confiance : 30% seulement.

    cf https://www.latribune.fr/economie/presidentielle-2017/les-francais-ont-confiance-dans-les-scientifiques-et-les-policiers-pas-dans-les-politiques-615646.html

    Quand elle aura répondu à la question, elle verra la question des réseaux sociaux sous un autre angle, autant comme un symptôme de quelque chose qui cloche que comme une appétence pour des infos erronées ou complotistes. Tout comme les politiciens qui refusent de se demander pourquoi un parti comme le RN progresse d’élection en élection : en refusant de se poser la question, ils alimentent le phénomène, et accroissent la coupure entre eux et la population (ce qui n’est pas sans danger pour la démocratie, au passage).

  • Quand Mark Zuckerberg dit que son réseau n’est pas un média d’information…
    Vous montrez le contraire, qui croire ?
    Il n’a pas été contredit au Sénat. Il n’a pas été condamné.
    Tant que les grands et les puissants ne seront pas éthiques dans leur paroles et actes. Les gens d’en bas continueront a être mal éduqués et s’y complairont.

  • Les plus mal informés sont encore les 45% dont la principale source! d’information est la télévision

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