Relancez votre entreprise après le Covid en 4 étapes (4)

Victory by Hernan Pinera(CC BY-SA 2.0) — Hernan Pinera, CC-BY

Entrepreneurs et chefs d’entreprise, voici comment retrouver rapidement vos réflexes de leader en 4 étapes.

Par Alain Goetzmann.

Le Covid-19 nous aura coûté 55 jours de paralysie. On baisse les bras ? Non, on s’y remet, avec pugnacité. Entrepreneurs et chefs d’entreprise, mes alter ego, je vous propose de retrouver rapidement vos réflexes de leader en quatre étapes.

Une restructuration c’est d’abord : « Branle-bas de combat ! Tout le monde sur le pont ! Il n’y a qu’un maître à bord après Dieu ! ». Une sortie de confinement aussi.

Cela ne signifie évidemment pas que vous deviez centraliser tous les pouvoirs et renoncer aux délégations consenties. Mais après une longue pause, le navire qui sort du mouillage pour affronter immédiatement la tempête doit être dirigé d’une main ferme.

C’est le moment d’être clair et d’exiger que chacun, à sa place, soit efficace à la manœuvre. À vous la stratégie, à vos collaborateurs les tactiques habiles qui permettront l’exécution intelligente de cette stratégie. La direction doit diriger, c’est ce que chacun attend.

Vous avez des clients de longue date ; vous avez mis en œuvre de nombreux moyens pour en conquérir de nouveaux, séduits par votre offre. Ce n’est pas le moment de les perdre. N’en décevez aucun.

Livrez-leur, physiquement ou virtuellement, ce qu’ils attendent exactement et dans les délais promis, afin de conclure heureusement la transaction. C’est tout l’enjeu de la conduite des opérations, la cuisine dans laquelle s’élabore votre produit ou votre service, sa qualité intrinsèque et sa livraison.

En résumé, la supply chain, au sens large. Elle regroupe le système de livraison au client, de fabrication-transformation des produits ou services et d’achats-approvisionnements.

Votre système d’information en fait partie. Assurez-vous de sa fiabilité.

Quatre critères président au bon fonctionnement de vos opérations, afin qu’elles soient à la hauteur. Qualité, productivité, coûts d’achats, investissements.

Bien que ce ne soit pas vraiment le moment de réviser vos routines, érigez-vous en gardien du temple pour que ces quatre principes soient rigoureusement appliqués. C’est grâce à leur respect que votre rebond ne sera pas qu’un feu de paille.

La première de vos priorités est la qualité, celle perçue par le client. Elle conditionne toutes vos autres actions. Vous devez manifester clairement et fortement votre attachement à ne livrer que des produits et des services parfaitement conformes à ce que vous avez annoncé. Ni plus, ni moins.

Ensuite, la productivité. Jamais antinomique de la qualité, elle repose d’abord sur la frugalité de votre fonctionnement, l’amélioration et le raccourcissement des flux. Peignez vos frais généraux en hit-parade décroissant.

Avant de chercher à obtenir une productivité horaire qui peut être préjudiciable aux standards de qualité que vous avez définis, réduisez la charge indirecte qui pénalise bien plus souvent son coût que la charge directe, quasi-exclusivement constituée de salaires et de charges sociales de faible niveau.

Retracez également tous les flux physiques ou virtuels au sein de votre processus de transformation. Un vieux principe reste toujours d’actualité : plus le circuit est court, moins il y a d’erreurs et moins élevés sont les coûts directs.

En troisième lieu, vérifiez vos conditions d’achats, vos coûts d’externalisation et d’approvisionnement. Ils représentent souvent une part majeure du total de vos coûts. Profitez aussi de ce rebond pour mieux intégrer la fonction, dès le processus de création de nouveaux produits ou services.

C’est une source inattendue de gains cachés. Il est temps aussi de redéfinir clairement les conditions de vos partenariats et de vos alliances. La solidarité doit se manifester par des conditions équitables pour tous.

Enfin, ne renoncez pas aux investissements que vous aviez prévus. Peut-être devrez-vous faire un tri plus sélectif selon leur degré d’urgence, mais n’obérez pas l’avenir par une trop grande pusillanimité. Il vaut mieux vous battre avec votre banquier pour en obtenir le financement que de trop les contenir.

Voilà, en quatre épisodes, la contribution que je souhaitais apporter à votre réflexion. J’espère qu’à défaut de vous apprendre quoi que ce soit – je n’ai pas cette prétention – elle a pu contribuer à alimenter votre réflexion sur la meilleure façon d’organiser votre rebond.

Permettez-moi une dernière remarque. Soyez optimiste ! On le sait, cette attitude est propice à la créativité. Le monde de demain ne sera pas forcément très différent de celui d’hier. Mais ce sont les optimistes qui sauront détecter les opportunités qui vont y naître et les saisir.

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