Les traitements interdits pour le Covid-19 marchent-ils ?

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Pourquoi actuellement la maladie est beaucoup moins grave qu’au début ? Les traitements ont-ils été bons pendant la crise ?

Par Gérard Maudrux.

Suite à de nombreuses constatations et témoignages, tout le monde semble d’accord pour dire que l’épidémie de Covid-19 traînait ici et là dans le monde depuis octobre.

Il en est ainsi de tous ces militaires français qui se sont rendus à Wuhan en octobre pour les jeux mondiaux et ont présenté sur place et à leur retour nombre de pneumonies et épisodes grippaux atypiques.

Il en est ainsi de nombreux témoignages de confrères, surtout dans l’Est, qui ont eu à traiter un nombre anormal de pneumonies atypiques et résistantes, depuis deux mois avant l’épidémie. Ils ont fait le lien par la suite.

Première question : bons ou mauvais traitements des cas isolés avant l’épidémie ?

Pourquoi ce Covid a traîné ainsi sans trop se faire remarquer, sans faire d’hécatombe ? Tout simplement parce que ces épisodes ont été traités non comme des épisodes grippaux, mais comme des épisodes infectieux pulmonaires, donc par des antibiotiques.

Quelle hérésie, quelle incompétence ! Il a fallu que quelques personnes âgées soient hospitalisées et succombent pour que l’on se pose des questions et que l’on découvre cette épidémie, d’abord en Chine. On les a accusés pour le retard, nous n’avons pas fait mieux.

Certains de mes confrères de l’Est sont formels, ils sont persuadés que cela a commencé à mal tourner quand on a dit « c’est grippal, il ne faut pas traiter, sinon avec du paracétamol », et que les médecins ont suivi.

Ont-ils raison ? Ont-ils tort ?

Seconde question : bons ou mauvais traitements pendant l’épidémie ?

Pourquoi actuellement la maladie est beaucoup moins grave qu’au début ? Je ne parle pas de l’évolution elle-même de l’épidémie, de sa contagiosité, problèmes évoqués il y a trois jours, mais de l’évolution clinique de chaque cas.

Comment évaluer au mieux cette gravité ? Pas par la mortalité, on connaît toutes les lacunes du comptage. Par les hospitalisations ? Un peu mieux, mais quels sont les critères pour hospitaliser, variables d’un médecin à l’autre, d’un hôpital à l’autre ?

Le mieux, ce sont les hospitalisations en réanimation. Là sont recensés tous les cas graves.

Quelle proportion de malades déclarés passent en réanimation ? Est-ce la même en janvier et en juin, ce qui est logique ? Si non pourquoi ?

Alors observons les deux courbes : nouveaux cas journaliers, passages en réanimation jour par jour.

Image agrandie

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Ces courbes sont totalement superposables, et le pic de chacune se situe au 1er avril (attention, manquent les trois premières semaines sur la seconde qui ne démarre qu’après confinement).

Sur les trois premières semaines, du 19 mars au 10 avril, il y a eu 75 339 nouveaux cas détectés et 11 335 passages en réanimation, soit 15,04 % de formes graves.

Sur les six dernières semaines, le rythme moyen est de 3000 nouveaux cas par semaine, et les admissions en réanimation de 150 par semaine, soit 5 % de formes graves, trois fois moins qu’en début d’épidémie. Pour les dix derniers jours, c’est 3 %.

Pourquoi trois fois moins de formes graves entre le début et actuellement ?

Une explication : j’ai une hypothèse, basée sur des faits, sur ce que font et racontent les médecins sur le terrain, certains en ont peut-être d’autres, mais sur quelles bases concrètes ?

La baisse indiscutable et significative des évolutions graves ne peut s’expliquer, en l’absence de mutation du virus, que par un traitement des cas au début, pour diminuer hospitalisations et réanimations.

Phase 1 : maladie non encore identifiée, traitée surtout par antibiotiques, pas ou peu de formes graves retardant l’épidémie.

Phase 2 : épidémie virale, on arrête de traiter sur ordre, augmentation des formes graves.

Phase 3 : non satisfaits des résultats, la plupart des médecins traitent, diminution des formes graves.

Les preuves matérielles sont données par les autorités et sont indiscutables : le nombre de boîtes de médicaments prescrites et remboursées. Je vous les ai déjà données, et voici à nouveau la source, publication de l’Assurance maladie.

Voyons les courbes de prescriptions d’azythromycine et de paracétamol :

L’épidémie a commencé à exploser les dixième et onzième semaines, conduisant au confinement en début de douzième semaine.

Le paracétamol a été prescrit au début, les remboursements augmentant de la dixième à la douzième semaine, puis chute profonde pour tomber bien en dessous des prescriptions 2018 ou 2019.

L’azythromycine a pris le relai, et a été prescrite en quantités supérieures aux années précédentes, de la douzième à la quinzième semaine. Cela n’apparaît pas sur ces courbes, mais en quantité c’est très important, car ce sont 100 000 patients qui ont été traités ainsi (page 12) !

Pour l’hydroxychloroquine, la courbe est la même, sur la même période, dans des volumes moindres, 41 000 patients.

Ces courbes montrent bien qu’il y a eu d’abord prescription de paracétamol contre le Covid, selon les recommandations, puis abandon pour être remplacée par l’azythromycine. Devant son inefficacité, les médecins n’acceptant plus de ne rien faire.

Ces traitements ont entraîné une cassure dans la courbe de croissance des hospitalisations en réanimation, et un plateau. Certes, cette cassure peut être due à la même évolution concomitante des nouveaux cas (due au confinement ou à l’évolution naturelle de la maladie selon les uns ou les autres), mais ce qui est important, c’est la descente plus importante : du 1er au 30 avril, les nouveaux cas ont été divisés par deux, alors que les entrées en réanimation ont été divisées par sept.

Les médecins continuent-ils de traiter malgré les injonctions et les menaces ?

Je ne peux l’affirmer, les statistiques publiées par l’Assurance maladie s’arrêtant le 16 avril, mais pour ceux que je connais, oui, plus que jamais, et c’est plus que probable, expliquant le mail récent du directeur de la santé, demandant de ne plus traiter à l’azythromycine.

S’il le demande après trois mois, c’est que cela se fait toujours, et non de manière anecdotique. La prochaine publication devrait être moins marquée, car les prescriptions vont porter sur beaucoup moins de cas, ceux-ci diminuant grandement, et la différence avec les prescriptions habituelles se verront moins.

Ainsi, tous les faits et chiffres convergent vers le même résultat : les témoignages des médecins, les courbes de passage en réanimation, les statistiques de délivrances de médicaments, comme toutes les pièces d’un puzzle qui s’emboîtent parfaitement.

Pour quel résultat ? Les traitements interdits pour le Covid marchent ! Pour ceux qui ne le voient pas, il manque une « étude scientifique randomisée » en ambulatoire, que nos autorités bloquent depuis le début.

Pourquoi ? Est-ce pour cacher quelque chose ?

Que ceux qui contestent ces résultats me donnent une explication sur cette baisse indiscutable de la gravité des cas de Covid, explication qui soit cohérente avec les autres faits et chiffres comme les témoignages des médecins sur ce qu’ils font, ce qu’ils constatent, corroborés avec les prescriptions enregistrées par l’Assurance maladie.

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