La droite et le Covid : un test révélateur

Jamais la France n’a compté autant de partis prônant l’illibéralisme économique. De gauche comme de droite.
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La droite et le Covid : un test révélateur

Publié le 19 mai 2020
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Par Aymeric Belaud.
Un article de l’Iref-Europe

Jean-Philippe Delsol, président de l’IREF, avait titré dans un article l’année dernière que la droite française était la plus collectiviste du monde. En période normale, la droite a cette fâcheuse tendance d’approuver certaines mesures socialistes. Et la crise du coronavirus ne fait qu’accentuer cette position.

Si certains portent l’idée d’une relance de type keynésienne (comme François Baroin ou Christian Jacob), pas si étrangère aux chiraquiens, d’autres en revanche se sont fendus de déclarations lunaires, dignes de représentants de la gauche et de l’extrême gauche.

Aurélien Pradié : le communiste revendiqué contre « les énervés du marché »

Planification, « révolution des salaires » : les idées-choc du numéro 3 de LR. Voilà le titre de l’entretien de Libération, avec le secrétaire général des Républicains. Des idées plaisantes pour le journal de gauche, que l’on n’attend pas d’un dirigeant de droite… sauf en France.

M. Pradié appelait son parti à « renverser la table » pour l’après-épidémie, en proposant des mesures choc… mises en place le siècle dernier en Europe de l’Est. Nous en avons vu les résultats.

Il estime que les réponses ne peuvent plus être celles d’avant ; elles remettent en cause une forme de lâcheté collective des dernières années. Évoque-t-il la lâcheté budgétaire ou l’étatisme grandissant ? Hé bien non…

À l’inverse, il préfère « interroger le libéralisme », responsable de tous les maux, « quitte à passer pour un communiste. » Si seulement ce n’était que passer. Il évoque le sacrifice budgétaire de l’État en ce qui concerne la santé, alors que la France dépense comme son voisin allemand, 11,2 % de son PIB dans la santé, pour des résultats bien différents.

Santé qui, comme l’alimentation, ne devrait pas être soumise au marché ni à un contrôle de gestion, alors que c’est bien cela qui a fait la force de pays comme la Corée du Sud ou l’Allemagne, dont 90 % des directeurs d’hôpitaux sont des chefs d’entreprise.

Et l’on voit aujourd’hui les résultats, le nombre de tests effectués ainsi que le nombre de morts du virus, qui au 1er mai, s’élevait à 24 376 en France contre 6623 en Allemagne ! Le réel ignore les sophismes de M.Pradié.

Puis, notre grand homme de droite en vient à évoquer un argument phare : « Je crois à la planification : c’est un point d’accord avec la pensée communiste ». À partir de là, tout est dit.

Faisant référence au gaullisme, il oublie un peu vite les grandes réformes libérales de Jacques Rueff, homme de confiance du Général De Gaulle, afin de lancer la Vème République sur des bases saines. Il oublie aussi l’action d’Antoine Pinay, ministre des Finances du Général, et également le fait que les dépenses publiques sous De Gaulle étaient de moins de 40 %, contre près de 56 % aujourd’hui !

Laissons cette tribune dont rien n’est à garder pour jeter un œil sur les dernières saillies de M. Pradié, à propos de la crise du coronavirus. En grand pourfendeur du libéralisme qu’il est, il a proposé de fixer les prix de plusieurs produits alimentaires, comme le montrent ses tweets du 25 et 26 avril.

Se défendant des critiques, il en vient à qualifier ceux qui démontrent l’absurdité de ces mesures, d’« énervés du marché ».

Ce qui est certain, c’est que M. Pradié devrait rouvrir un manuel ou une revue d’économie, hors Alternatives Économiques, pour s’apercevoir que le dirigisme soviétique n’a jamais fonctionné.

Ce qui est pourtant simple à comprendre, c’est qu’une fixation des prix ne respectant pas le cours des marchés, entraînerait une perte énorme pour nos agriculteurs (dont ils n’ont pas vraiment besoin en ce moment), et un manque cruel de denrées dans les rayons. À défaut d’être un énervé du marché, il est un énervé de la pénurie.

Écartons dans cet article les propos de M. Peltier, numéro 2 du parti LR et bien connu pour son socialisme déguisé, qui passent de l’augmentation du SMIC de 25 %, au risque grandissant du communautarisme chrétien. Dans le JDD du 4 avril, il s’était d’ailleurs attaqué à la Finance qui détruit le travail et il proposait un Conseil national de la reconstruction (CNR).

Attardons-nous plutôt sur une figure montante à droite, Julien Aubert, que l’on aurait pu prendre pour un « libéral-conservateur » jusqu’à un entretien récent très révélateur.

Julien Aubert : le pourfendeur de l’orthodoxie budgétaire et du néolibéralisme

Julien Aubert a tenu un entretien avec le journal L’Opinion le 26 avril dernier. Le titre donne déjà le ton : « Avant Montebourg, Séguin et Chevènement ont eu raison trop tôt ».

Le président du mouvement gaulliste « Oser la France » se réfère donc à Arnaud Montebourg, pourfendeur de l’austérité inexistante, et amateur des recettes colbertistes.

M. Aubert veut défendre une troisième voie à droite, entre les étatistes Aurélien Pradié et Guillaume Peltier, et les tenants de la rigueur budgétaire que sont Éric Woerth ou Bruno Retailleau.

Puis la suite de l’interview devient lunaire. Julien Aubert s’attaque au « néolibéralisme », qu’il décrit comme une thèse libérale prônant la déréglementation, la privatisation des « services publics » et l’ouverture commerciale, faisant passer cela pour une horreur absolue.

Mais, M. Aubert, pas besoin de néologisme ; ce que vous décrivez, c’est simplement le libéralisme. Et non, le président Macron est loin d’être libéral, contrairement à ce que vous croyez. Tout comme l’Union européenne qui se révèle être un nouvel étatisme.

Ensuite, le député du Vaucluse estime que « pour mener une politique libérale, il faut un État puissant ». Décidément, sa vision du libéralisme ressemble davantage à celle des profs de SES du lycée considérant Keynes comme un libéral…

Certes, il y a du bon dans les propos de M. Aubert qui décrit la France comme un enfer fiscal et un pays à la bureaucratie soviétique. Mais ces propos sont flous. Quelques idées intéressantes au milieu d’aberrations économiques.

Aucune maîtrise des concepts, aucune boussole, tout est mélangé. Le diagnostic économique est erroné et les mesures de régulation de l’économie ressemblent fortement au soviétisme qu’il dénonce pourtant.

Enfin, comment être crédible quand on annonce que les causes du mal français sont les politiques des « adeptes du zéro fonctionnaire et des clercs de l’orthodoxie budgétaire », dans un pays aux 56 % de dépenses publiques et à la dette publique désormais supérieure à 100 % du PIB ?

On ne saurait clore cette liste sans y ajouter le communiqué de presse de Renaud Muselier, président de le la région Provence-Alpes-Côte d’Azur mais aussi des Régions de France, qui lance un ultimatum à la grande distribution pour « prouver qu’elle n’avait pas de stock secret de masques pendant la crise » ! Impossible pour la droite française de reconnaître que le marché fonctionne mieux que l’État !

Si la droite française souhaite se doter d’un programme efficace et cohérent, elle se doit d’adopter une ligne économique libérale. Jamais la France n’a compté autant de partis prônant l’illibéralisme économique. Au milieu d’un marasme socialiste, une droite libérale et débarrassée des démons étatistes pourrait reconquérir le cœur de la France qui entreprend.

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  • La gauche est nullissime, la droite consternante. Il n’y aura aucune amélioration de la situation dans la France d’après. CPEF

    • Maintenant il faudrait en tirer les bonnes conclusions, et un peu plus que le sempiternel « c’est le socialisme » qui est lui même qu’une conséquence (excepté pour les partis ad hoc). Dans une organisation trop centralisée donc forcément avec moins de contre-pouvoirs, vous aurez inévitablement avec le temps, une dérive vers un appauvrissement de l’offre politique (formation d’une caste), une obésité bureaucratique (les administrations gèrent tout), c’est à dire le développement de mesures sociales conservatrices (normes, réglementations, interdictions et redistributions arbitraires).

      La France a toujours été une « nation » idéaliste, unifié par le haut sur des valeurs communes comme l’égalité, or il est important de maintenir un certain niveau de divisions internes pour la vitalité d’un pays.

      Le multicellulaire dominera toujours l’unicellulaire.

      • « Le multicellulaire dominera toujours l’unicellulaire »
        ironique à l’heure du corona virus…

  • claude henry de chasne
    19 mai 2020 at 7 h 55 min

    Le « Gaullisme » qui a inspiré la droite française est une vision doctrinaire ou l’etat decide de tout! Avec l’irruption du keynésianisme insufflée par la gauche , la nécessité d’être élu, et la poussée du capitalisme de connivence , la « Droite » a succombé.

    Plus personne ne dirige l’etat, c’est l’administration syndiquée qui s’en charge on l(a bien vu avec la gestion de la crise sanitaire qui a débouché sur la privation de liberté, et l’etat d’exception)

    A partir de là , on voit bien que la 5 eme republique a perdu le controle des institutions, entre les obligations européennes et une administration ou les citadelles ne sont plus gérables , les ministères n’ont plus la main sur leurs services qu’ils ont bien du mal a gérer,et les « associations » et « agences » pompent la substance ,et les entreprises sont maintenant dépendantes de l’etat!

    Le collectivisme français mène le pays a la ruine par une dette en augmentation constante..et une politique verte délirante
    votez qui vous voulez , çà n’y changera plus rien , on ne sort pas du collectivisme par des élections..

  • claude henry de chasne
    19 mai 2020 at 8 h 43 min

    Le paradoxe c’est l’importance du battage médiatique autour des « héros » et les résultats qu’a obtenu l’institution qui restent dans le bas du tableau des comparatifs internationaux..
    a des coûts supérieurs!
    il y a forcement un probleme quelque part.. de plus idéologiquement la gauche syndicale rends l’argent honteux ,mais passe son temps a demander des augmentations de salaire…

    Pour etre clair , l’hôpital public a puissamment merdé, mais comme on a pas le droit de le dire…on distribue des médailles

  • AURÉLIEN PRADIÉ est simplement incompetant sur le plan économique et ignorant. En fait, il n’est pas formé pour traiter ces questions. Ses propos sont ridicules.

    • Ce qui est consternant est qu’un tel individu (qui a fait des études de droit mais n’est même pas diplômé ! selon sa fiche wikipédia) ait été nommé numéro 3 du parti LR. Cela montre que ce parti est fini.

  • Le parti socialiste n’existe plus. Il a été remplacé par LR.

  • Se référer à De Gaulle aujourd’hui , hormis le fait d’avoir un vrai caractère, est risible . C’est ignorer les contextes. (Né en 1890 mort en 70 , ayant affronté 2 guerres mondiales ,la décolonisation, et vécu durant les 30 glorieuses). Féminisme , LGBT, UE, Chine grande puissance , dettes, big data : on est loin du Général et de Yvonne , soyons sérieux , arrêtons de raisonner historiquement pour le plaisir de disserter ! Soyons réalistes ! Bon article de l’auteur !

  • en fait, la droite française, on l’ attend toujours, et puis elle n’ arrive jamais.

  • Dans ce pays les élus de gauche, écolos inclus, sont des communistes et les élus de droite des socialistes. Tout ça ne peut que bien finir…

  • 1) Revenir aux inspirations des anciens : l’envie est un des sept péchés capitaux.
    => condamnation du malthusianisme qui fini par punir la réussite en pensant que la richesse des uns est un appauvrissement des autres.

    2) Condamner les discours des collectivistes comme des voleurs : ils passent leur temps, avec l’aide des faiseurs d’opinions subventionnés, à culpabiliser les contribuables pour qu’ils acceptent de se faire rincer

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