Le mouvement #MeToo devient le cauchemar de Joe Biden

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Alors que l’ex vice-président a une cible ouverte avec Trump et sa gestion chaotique du Covid-19, Joe Biden demeure sur la défensive à cause d’une allégation d’agression sexuelle.

Par Daniel Girard.

Le bilan des morts du Covid-19 dépasse la barre des 75 000, plus de 33 millions d’Américains sont au chômage, mais ce n’est pas le principal sujet abordé avec Joe Biden. Ce dont il est question : l’entrevue que vient d’accorder son ancienne assistante, Tara Reade, à la journaliste Megyn Kelly, à propos d’une agression sexuelle que Joe Biden lui aurait infligée en 1993 dans un couloir du Congrès.


Au cours de l’entrevue, Tara Reade dit à Megyn Kelly qu’elle ne s’attendait pas à des attaques aussi virulentes des partisans de Joe Biden : sa réputation a été détruite sur les réseaux sociaux, ses comptes ont été piratés, elle a été accusée d’être un agent russe et elle a reçu des menaces de mort.

Elle invite Joe Biden a ne pas se présenter pour la présidentielle sur la base de sa personnalité. Elle a ajouté qu’elle n’accepterait pas ses excuses, s’il y en avait, car il est déjà trop tard.

Le premier mai, sur les ondes de MSNBC, Joe Biden avait répondu aux allégations de Tara Reade. Mais il n’a pas été convaincant, si on en juge par le résultat d’un sondage effectué pour Yahoo News qui révèle que 49 % de ceux ayant écouté le passage de MSNBC n’ont pas trouvé ses explications satisfaisantes comparativement aux 19 % s’étant estimés très satisfaits.

Cette insatisfaction se perçoit clairement à travers plusieurs commentaires de partisans du mouvement #MeToo qui croient Tara Reade ou sont indignés par le traitement dont elle fait l’objet de la part de certains démocrates.

Michel Dauber, enseignante à l’Université Stanford, estime qu’en vertu du mouvement #MeToo une enquête indépendante est devenue essentielle.

Mais Martin Tolchin, qui a travaillé 40 ans au New York Times avant de fonder The Hill et Politico, ne veut pas d’une enquête indépendante. Il défend la candidature de Joe Biden. Il estime que peu importe ce que Joe Biden a fait avec Tara Reade, il est la seule option valable pour défaire Donald Trump. Il faut donc préserver sa candidature.

Le mouvement #MeToo sera ainsi simplement devenu une autre faction d’un Parti démocrate dont le seul projet est de vaincre Donald Trump, peu importe comment.

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