Traitement du Covid-19 : le bal des hypocrites

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Le statu quo concernant le traitement du Covid-19 semble arranger tout le monde, mais il serait bon que chacun puisse en profiter en redonnant la liberté et la responsabilité de prescription aux médecins traitants.

Par Gérard Maudrux.

Un décryptage que vous n’aurez nulle part ailleurs.

Il n’existe pas officiellement à ce jour de traitement du Covid-19. Aucun médicament ne bénéficie d’Autorisation de Mise sur le Marché. Cela a été rappelé aux médecins et aux Français, parfois par décret, et le Conseil de l’Ordre des médecins menace quelques médecins contrevenants. Seuls quelques hôpitaux ont le droit de tester certains traitements, et le temps que l’AMM soit délivrée, de l’eau coulera encore sous les ponts. Un traitement est toutefois autorisé et conseillé par les autorités, sans AMM : le doliprane. Voilà la situation aujourd’hui, circulez il n’y a rien à voir.

— En France, à ce jour, on compte officiellement 133 000 contaminés et 25 500 décès, soit 19 %.

Rassurez-vous, cette affection n’est pas aussi mortelle, il y a les non diagnostiqués, les porteurs sains ; mais aussi les personnes décédées à domicile.

— Pour le porte-avions Charles de Gaulle : 1046 contaminés sur 1760 marins, et zéro mort (un malade est encore hospitalisé).

— Pour les médecins libéraux en activité : 4500 contaminés, 17 décès, soit 0,37 %.

Il est intéressant de se pencher sur la dernière publication du 30 avril de l’Assurance maladie, et particulièrement aux pages 10 et 12. Les données de remboursement renseignent sur les prescriptions établies. L’étude s’arrête au 19 avril, semaine 16.

— Le paracétamol : 1,5 million de délivrances mi-mars (pour les semaines 12 et 13), avec un pic de un million le 16 mars. Cela fait quand même beaucoup ! En temps normal, on compte 600000 délivrances par jour.

— Association azithromycine/plaquénil :  + 7 000 % en semaine 13 ! Elle était peu utilisée auparavant ;  7 000 % de pas grand-chose, cela fait toujours pas grand-chose mais tout de même 10 000 personnes ayant reçu l’association pendant les cinq premières semaines de confinement.

— Le plaquénil : surtout en Île-de-France et PACA, un pic de 5000 délivrances le 18 mars. L’Assurance maladie estime que 41 000 personnes ont acheté du plaquénil sur les semaines 12 à 16, en plus des délivrances habituelles pour lupus et polyarthrite rhumatoïde.

— L’azithromycine : augmentation de 70 % en semaines 13 et 14, soit 100 000 personnes de plus qu’en temps normal !

Première constatation, 100 000 + 41 000, cela fait beaucoup, davantage que le nombre de contaminés ! Manifestement, beaucoup se font prescrire séparément azithromycine et plaquénil pour ne pas se faire repérer. Ils sont démasqués, mais qu’ils portent quand même un masque ! Davantage de prescriptions que de malades ?

Je ne pense pas qu’il s’agisse de stockage, j’imagine mal les médecins prescrire à des non-malades, et le réservant pour leurs clients une fois malades. L’explication se trouve dans le nombre de malades présentant des symptômes mais non testés, les médecins ayant de très grandes difficultés à faire tester hors Samu et hôpitaux.

Manifestement, ils font leur devoir et traitent avec ce qu’ils peuvent. Il faut ajouter de nombreux autres antibiotiques et antipaludéens, les médecins utilisant les molécules dont ils ont l’habitude et maîtrisent les effets secondaires. La plupart ne peut se résoudre à ne pas donner une petite chance à leurs patients. Ne me dites pas non plus qu’il n’en est rien et que tous ces médicaments ont été donné par les pharmaciens sans ordonnances, puisque les chiffres se basent sur des données de remboursement.

Ces chiffres sont impressionnants, bien qu’apparemment personne ne soit impressionné étant donné le peu d’écho. Si la source n’était pas hyper fiable, je dirais que c’est un fake, et personne ne me contredirait. Maintenant nombre de boîtes ou nombre de prescriptions ? Cela n’est pas précisé et peut diviser par 2 ou 3 le nombre de traités. L’étude parle toutefois de personnes.

Pour quel résultat ?

Difficile de juger car cela se télescope avec les résultats du confinement. Toutefois, celui-ci agit sur le nombre de malades, et le traitement sur la maladie en l’atténuant.

Le mieux est de démarrer les comparaisons trois semaines après le confinement pour qu’il atteigne un rythme de croisière, soit entre le 5 avril et 5 mai. Entre ces deux dates, le nombre de contaminés a augmenté, passant de 70 000 à 133 000, soit + 90 % de malades. L’étaient-ils moins ? Les hospitalisations sont passées de 29 000 à 25 000, soit – 16 %, et les malades en réanimation de 7000 à 3400, soit la moitié. Le nombre d’admissions en service de soins intensifs et en réanimation est passé d’une moyenne de 500 par jour, à moins de 100.

Toutefois il convient de ne pas prendre ces chiffres tels quels, car l’hospitalisation en réanimation dure entre 3 à 4 semaines, et les personnes contaminées ne sont hospitalisées que 10 à 15 jours plus tard. On peut toutefois constater qu’autour du pic du 31 mars-5 avril, correspondant à des contaminations juste avant confinement, les admissions en réanimation étaient de 700 / jour, pour une moyenne de 2 000 nouveaux cas / jour quinze jours plus tôt, alors que pour la période du 1-5 mai, on est à 80-100 admissions en réanimation / jour, pour 3000 nouveaux cas / jour, quinze jours plus tôt. Vérifiez ci-dessous.

Ce statu quo concernant le traitement du Covid-19 semble arranger tout le monde, mais il serait bon, au nom de l’égalité d’accès aux soins, que chacun puisse en profiter en redonnant la liberté et la responsabilité de prescription aux médecins traitants, comme cela se pratique dans le monde entier.

Et ceci d’autant plus que cette étude observe que « la population ayant acquis sur ordonnance de l’hydroxychloroquine, sans traitement antérieur pour notamment lupus ou polyarthrite rhumatoïde, est socialement nettement plus favorisée ».

Est-ce une opinion politique des rédacteurs ? À moins que la Sécurité sociale croise les fichiers médicaux et les avis d’imposition !

Pour plus de renseignements, document téléchargeable sur le site de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament : https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Usage-des-medicaments-en-ville-durant-l-epidemie-de-Covid-19-point-de-situation-apres-cinq-semaines-de-confinement-Point-d-information pages 10 à 12 reprises ici.

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