Iran : le régime compte sur la situation d’urgence pour maintenir la répression

Ayatollah Khomeini By: David Stanley - CC BY 2.0

Le régime des mollahs abuse de la situation de crise pour s’enrichir ou avoir accès au capital gelé, non pas pour faire face à l’épidémie de Covid-19, mais pour réprimer la population et soutenir ses alliés stratégiques.

Par Hamid Enayat.

« Entre 2005 et 2011, le régime iranien a gagné 618 milliards de dollars grâce aux revenus du pétrole, ce qui équivaut au total des revenus pétroliers obtenus depuis la découverte du pétrole dans le pays. Cependant, on n’a jamais su ce qu’il est advenu de cette somme astronomique », a déclaré l’ancien directeur de la Banque centrale d’Iran au journal de la République islamique. En outre, après la signature de l’accord nucléaire (JCPOA) en 2015, plus de 150 milliards de dollars des capitaux bloqués de l’Iran ont été libérés.

En 2017, malgré toute cette richesse, les gens descendaient dans la rue dans 140 villes pour protester contre l’extrême stagnation économique, la forte inflation et la pauvreté dans le pays. Aujourd’hui, les deux tiers de la population iranienne vivent en dessous du seuil de pauvreté. Selon des données non officielles publiées par le site Tabnak le 27 mars, environ 4700 enfants âgés de 10 à 15 ans ramassent des déchets rien qu’à Téhéran et près de 40 % sont le seul soutien de famille.

Une horrible tragédie

Aujourd’hui, l’épidémie de Covid-19 en Iran a conduit à une horrible tragédie. Ces enfants ramasseurs de déchets, qui n’ont reçu aucune formation sur la maladie, errent dans les rues et ramassent les ordures pour gagner un peu d’argent. Les négliger met en danger non seulement leur santé mais aussi la société dans son ensemble. Et pour le pire, le régime a de nouveau empêché Médecins Sans Frontières (MSF) d’opérer en Iran.

Trois membres du Parlement et le président de la faction des droits des citoyens exigent l’utilisation des fonds de SHASTA (grandes sociétés affiliées au ministère des Coopératives), du Bureau d’exécution de l’ordre de l’Imam Khomeiny, de la fondation Mostazafan et du holding pétrochimique, tous placés sous le contrôle du Guide Suprême Ali Khamenei, pour la fourniture et la distribution de masques, de vêtements, de lunettes et d’autres produits de première nécessité pour le personnel médical.

Entretemps, le président Hassan Rohani a demandé à Khamenei de débloquer deux milliards de dollars du Fonds de développement pour compenser les dommages causés par le Coronavirus. Maintenant, Khamenei doit approuver cette demande, prouvant que la capitale de la nation est entre les mains de Khamenei, alors que lui et les Gardiens de la révolution (pasdaran) spolient cette richesse.

Des élections nécessaires pour se légitimer

Sur la base de rapports et de preuves, le régime iranien a caché les premiers cas de Coronavirus dans le pays pour attirer davantage de personnes aux urnes pour les élections législatives. Il avait besoin d’une forte participation pour retrouver sa légitimité dans le pays et dans le monde, après les deux derniers soulèvements de novembre 2019 et janvier 2020, au cours desquels de nombreux jeunes ont été tués par les forces répressives.

Les prisonniers de six prisons du pays se sont rebellés par crainte d’être infectés par le coronavirus, car ils y sont exposés dans un environnement confiné sans installations sanitaires les plus élémentaires et le régime ne les libère pas. Le 30 mars, les prisonniers de la prison de Sepiadr, à Ahwaz, se sont révoltés contre les gardiens et ont tenté de s’échapper, terrifiés par le coronavirus. Les forces de l’ordre et les gardiens ont tiré sur eux, certaines parties de la prison ont été incendiées.

En conclusion, le régime des mollahs abuse de cette situation pour s’enrichir ou avoir accès au capital gelé, non pas pour obtenir des ressources et faire face à l’épidémie de Covid-19, mais pour réprimer la population et soutenir ses alliés stratégiques dans la région, comme le Hezbollah et Hachd al-Chaabi.

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.