Maurice Hilleman, des vaccins vitaux – Les Héros du progrès (11)

Portrait de Maurice Hilleman, qui a développé plus de 40 vaccins et sauvé plus de vies que tout autre scientifique du 20ème siècle.
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Maurice Hilleman-Walter Reed Army Medical Center - The photo is a cropped version of the original, which is Order Number B014616 in the National Library of Medicine.

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Maurice Hilleman, des vaccins vitaux – Les Héros du progrès (11)

Publié le 5 avril 2020
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Par Alexander Hammond.
Un article de HumanProgress

Notre onzième héros du progrès est Maurice Hilleman, un microbiologiste américain qui a développé plus de 40 vaccins sauvant des vies. Sur les quatorze vaccins recommandés dans les programmes de vaccination actuels, Hilleman en a mis au point huit. On attribue à Hilleman le mérite d’avoir sauvé plus de vies que tout autre scientifique médical du XXe siècle.

Hilleman naît le 30 août 1919 dans le Montana. Sa mère meurt deux jours après sa naissance. Au décès de sa femme, le père doit assumer seul la charge de huit enfants. C’est pourquoi l’oncle et la tante de Maurice, éleveurs de poules, et restés sans enfants, acceptent de se charger de lui.

Hilleman attribuera une grande partie de ses succès ultérieurs à son travail à la ferme lorsqu’il était enfant – depuis les années 1930, les œufs de poule sont utilisés pour cultiver des virus pour les vaccins.

Par manque de moyens financiers, il s’en faut de peu que Maurice n’aille pas à l’université. Heureusement, son frère aîné intervient et lui prête l’argent nécessaire pour ses études.

Hilleman termine premier de sa promotion à l’Université d’État du Montana en 1941 et obtient une bourse pour faire des études de troisième cycle en microbiologie à l’Université de Chicago. Il obtient son doctorat en 1944.

Une fois diplômé, Hilleman rejoint l’E R Squib & Sons – un laboratoire de virologie basé dans le New Jersey. Peu après avoir commencé à y travailler il met au point avec succès un vaccin contre l’encéphalite B japonaise. Cette infection originaire d’Asie et du Pacifique occidental, avait commencé à se propager parmi les troupes américaines qui combattaient dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1948, Hilleman commence à travailler comme chef du Département des maladies respiratoires au Centre médical de l’armée à Silver Spring, dans le Maryland. En 1957,  il observe les premiers signes d’une pandémie de grippe imminente qui se propageait à Hong Kong. Hilleman et ses collègues s’empressent de produire un vaccin dont il supervise la production : plus de 40 millions de vaccins sont immédiatement distribués à travers les États-Unis.

Bien que 69 000 Américains sont morts après avoir contracté le virus, sans les efforts de Hilleman, la pandémie aurait pu causer des millions de décès. En reconnaissance de son travail, l’armée américaine lui décerne la Médaille pour services exceptionnels.

En 1963, la fille de Hilleman, qui travaille chez Merck & Co, l’une des plus grandes sociétés pharmaceutiques du monde, contracte les oreillons. Hilleman se rend rapidement à son laboratoire pour récupérer l’équipement nécessaire afin de pouvoir cultiver les prélèvements effectués sur sa fille.

En 1967, l’échantillon original prélevé sur la gorge de Jeryl Lynn est devenu la base du vaccin contre les oreillons nouvellement approuvé. Il est connu sous le nom de « souche Jeryl Lynn ». Plus tard, Hilleman combinera son vaccin contre les oreillons avec les vaccins contre la rougeole et la rubéole – qu’il a également mis au point – afin de créer le vaccin ROR.

Outre les vaccins mentionnés ci-dessus, Hilleman a également développé des vaccins contre l’hépatite A, l’hépatite B, la varicelle, la méningite, la pneumonie et l’Hemophilus influenza type B. Il a également joué un rôle dans la découverte des adénovirus à l’origine du rhume, des virus de l’hépatite et du virus SV40 cancérigène.

En 1984, à l’âge de la retraite obligatoire de 65 ans, Hilleman démissionne de son poste de vice-président senior des laboratoires de recherche Merck. Insatisfait de son inactivité, il commence à diriger le nouvel Institut Merck de Vaccinologie quelques mois plus tard seulement.

Il travaillera à l’Institut de vaccinologie jusqu’à son décès en 2005, à l’âge de 85 ans.

Tout au long de sa vie, Hilleman a reçu une série de récompenses, dont la National Medal of Science, la plus haute distinction scientifique des États-Unis, et le prix de l’Organisation mondiale de la santé pour l’ensemble de ses réalisations.

Il est souvent décrit comme le vaccinologue le plus brillant de l’Histoire ; c’est pour cette raison que Maurice Hilleman est notre onzième héros du progrès.

 

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William Wilberforce : une vie contre l’esclavage
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Alexander Fleming et la pénicilline
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Sur le web

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  • Son frère aîné qui lui a prêté l’argent de ses études est un héros à pleine parité avec lui. Ainsi que ceux qui ont fondé et financé les bourses au mérite dont il a bénéficié. Il est important de marquer qu’on peut ne pas être soi-même génial, mais finir avec les héros quand-même.

  • La petite bête
    5 avril 2020 at 9 h 59 min

    Il faut faire remarquer que nous devons la découverte du VIH Françoise Barré- Sinoussi et au Pr Luc Montagnier.
    Cet oubli – fréquent – est-il dû au fait que l’éminent professeur s’est opposé aux politiques de santé fondées sur le tout-vaccin? Tout comme le Pr Raoult d’ailleurs, pour rester dans l’actualité…
    Ce qui n’enlève rien à cet article, car une chose sont les découvertes, autre chose ce que l’on en fait.

  • Jerémy Lapurée
    5 avril 2020 at 12 h 08 min

    Pas sûr que le vaccin contre la grippe asiatique de 1957 ait été efficace. A l’époque, on avait pris cette grippe pour une résurgence de la grippe « espagnole » donc on avait préparé un vaccin contre H1N1. Or le virus de 1957 était un H2N2, mais ça on l’a compris plus tard.

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