Ces technologies qui changent le monde : l’avenir de l’exploration spatiale

« Soonish : dix nouvelles technologies qui vont tout changer et/ou tout détruire » : l’avenir de l’exploration spatiale.

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Ces technologies qui changent le monde : l’avenir de l’exploration spatiale

Publié le 25 mars 2020
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Par Constance Mas.

Le premier article de la série peut être retrouvé ici.

Les deux premières innovations présentées par Soonish concernent l’espace et son exploration. Ce sont des technologies auxquelles on pense naturellement comme « pouvant changer l’histoire », mais pas facilement abordables par le commun des mortels. Les auteurs réussissent l’exploit de les présenter de façon claire et passionnante même pour ceux, comme moi, qui ne sont pas férus de technologies spatiales.

Accessibilité de l’espace

Aujourd’hui, aller dans l’espace coûte cher : chaque kilo à y envoyer coûte très cher, et une grande part du poids à transporter est en fait… le carburant nécessaire au déplacement, car les stations service sont rares dans l’espace.

Il existe donc de nombreuses études sur de nouvelles façons de propulser une fusée (ou son équivalent). En effet, l’idée de rendre le voyage dans l’espace accessible et moins onéreux est porteur de promesses, on pourrait alors espérer y construire des choses et/ou faire du tourisme. Une autre piste pour diminuer le coût du voyage : diminuer la part « jetable » du vaisseau. Un exemple est la récupération des boosters de SpaceX, qui a été un événement très excitant pour ceux qui s’intéressent à la conquête spatiale.

Ce chapitre regorge d’informations pour vulgariser les problèmes techniques importants, comme la vitesse à atteindre pour une mise en orbite, le type de moteurs utilisables à quelle vitesse, la question de l’interaction avec l’atmosphère environnante et de l’effet de l’accélération brusque sur le corps humain. Il détaille aussi plusieurs technologies toutes plus inventives et plus étonnantes les unes que les autres, chacune assortie de ses espoirs et ses problèmes. Citons, entre autres :

  • le câble géant reliant la Terre à une « ancre », une solution « élégante » et peu chère à l’emploi. Mais en quel matériau ? Avec quels moyens pour le protéger des accidents et des attaques ?
  • un canon (géant, lui aussi) pour lancer les vaisseaux. À ce sujet, l’histoire du Dr. Bull et de ses déboires avec la CIA après sa collaboration avec Saddam Hussein ferait un bon scénario de film.
  • un laser, tellement géant qu’aucune technologie actuelle ne saurait produire un laser de cette puissance, et qui serait une arme extrêmement dangereuse.

Aussi excitantes que soient ces perspectives, elles ne vont pas sans quelques inquiétudes, que nous rappellent les auteurs : guerres ou terrorisme liées au spatial, création de nombreux débris spatiaux et déchets, non sans conséquences sur la sécurité du voyage et sur l’écologie, risques d’évolution du corps humain s’il s’habitue à une vie dans l’espace (à l’image des personnages de la série The Expanse, excellente série Netflix que je vous recommande !)

Exploitation minière des astéroïdes

Ce deuxième volet, plus court, était aussi plus nouveau pour moi. Et si je vous disais que nous sommes entourés de mines d’or (ou son équivalent), qui n’attendent que nous pour nous livrer leurs trésors ? Je veux parler des astéroïdes qui contiennent de grosses concentrations de matériaux moins directement accessibles en surface sur la Terre, comme certains métaux. Ils sont de plusieurs types (la traduction des catégories est personnelle) : organiques (carbone, eau), métalliques (surtout du fer et du nickel), et pierreux (des silicates en majorité, peu précieux sur la Terre mais bien utiles).

Les auteurs jugent peu probable que les matériaux trouvés permettent de faire des affaires très rentables sur la Terre, à part peut-être pour les pionniers, même s’il sera peu coûteux de renvoyer nos trouvailles depuis l’astéroïde vers notre planète. Mais là où ça pourra changer la donne, c’est que toutes ces ressources disponibles seront nécessaires pour créer des bases dans l’espace, que ce soit pour y vivre ou pour avoir des stations intermédiaires avant le voyage retour ou vers la prochaine planète. Cela pourrait donc accélérer fortement l’exploration de l’espace.

Certes, aller exploiter les astéroïdes ne sera pas une mince affaire, techniquement et politiquement :

  • le voyage est loin d’être court (plusieurs années !), ce qui expose à quelques problèmes de radiations, particulièrement en cas d’éruptions solaires
  • il faudra transporter de quoi commencer la construction sur place, et particulièrement une source d’énergie (la plus rentable par kilo, le nucléaire, posant quelques soucis de sécurité transport dans un vaisseau spatial)
  • il faudra atterrir (sur un objet tournant à grande vitesse), et rester sur place après atterrissage (malgré l’absence de gravité)
  • les questions de droits de propriété, ainsi que de réglementation et de sécurité de ces nouveaux marchés, promettent d’être un beau casse-tête
  • il n’est pas facile d’assurer la sécurité de l’entreprise si on commence à modifier les trajectoires d’astéroïdes

Prises ensemble, les deux premières technologies que nous font découvrir les auteurs de Soonish semblent nous propulser dans une série de science-fiction. À ceci près que tout est expliqué, justifié scientifiquement, assorti d’exemples de projets de recherche, pour certains déjà aboutis, ce qui permet de prendre conscience qu’imaginer leur aboutissement n’est pas si fantaisiste. L’avenir nous dira si cela relève d’un esprit visionnaire ou d’un optimisme naïf voué à la déception – le genre de déception que l’on ressent quand on voit l’univers imaginé pour 2020 par nos aînés il y a cinquante ans.

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  • Le principal problème que je vois dans le spatial est le financement public.
    Que des milliardaires et entrepreneurs s’envoient en l’air avec leur argent ne me gêne pas. Par contre si c’est le contribuable qui arrose…

    • Heureusement que vos courtes vues et votre manque d’imagination ne sont pas partagés par tout le monde! Lorsque les ressources de la Terre seront épuisées on sera bien obligé d’aller en chercher ailleurs.

      • Mais c’est connu que l’âge de bronze s’est terminé avec l’épuisement du bronze… Ah ben non.
        C’est vrai qu’on a commencé à chercher des baleines dans l’espace quand la graisse de cétacé a commencé à manquer comme combustible ?

        Plus sérieusement, le prix est le meilleur indicateur (lorsqu’il n’est pas faussé) pour décider d’un projet ou non.
        Si on manque de ressource sur terre, on ira en chercher ailleurs sans l’aide de gouvermenent ou on en utilisera d’autres.

  • Exploiter des astéroïds c’est de l’exploration ou de l’exploitation spatiale ?

  • Quand on voit ce que SpaceX a pu faire en dix ans a coté des agences spatiale, en 60 ans!!!!
    Le privé va nous y emmener !

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