Affaire Griveaux : tout individu doit être responsable, les politiques encore plus !

Capture d'écran YouTube BFMTV-14 février 2020

Arrêtons de blâmer les réseaux sociaux à cause d’un individu irresponsable ! On n’interdit pas les voitures parce qu’il y a des morts sur les routes !

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Pratiquement tout a été mis en cause dans l’affaire Griveaux, depuis le Russe qui a mis en ligne la vidéo jusqu’aux réseaux sociaux, faciles et parfaits coupables. « Il faut réguler encore plus Internet », ont clamé les politiques à l’unisson. En fait, cette affaire est symptomatique des comportements de nos « responsables » politiques. Tout le monde est coupable sauf eux. Rien d’étonnant. Rares sont ceux qui reconnaissent leurs fautes.

Après avoir vanté les mérites de la famille pendant sa campagne et posé avec les siens dans Paris Match, on découvre que Benjamin Griveaux se met en scène dans des vidéos intimes qu’il envoie à une femme qui n’est pas la sienne… Comment une personnalité publique comme lui – élu, ancien secrétaire d’État, porte-parole du gouvernement, candidat à la mairie de Paris – a-t-il pu être aussi irresponsable ? N’est-il pas le principal fautif dans cette affaire ? Victime et coupable.

En même temps, l’affaire Griveaux, c’est la société du grand spectacle ! Extraordinaire de les voir tous, les politiques de tous bords confondus ou presque, s’avancer sur le devant de la scène, la main sur le cœur et la bouche tordue de dégoût, pour dénoncer auprès de journalistes qui eux aussi se pincent les narines, ces pratiques ignobles qui s’attaquent à la vie intime des hommes politiques (en général, ils évitent de dire « publics »).

Il a fallu que DSK soit arrêté aux États-Unis pour que ses « pratiques » soient dévoilées à tous ; en France, le petit monde de l’entre-soi politico-médiatique savait mais personne n’osait, ou ne voulait, rien dire ; la vie privée c’est sacré, question d’éthique, même quand elle se mène en grande partie aux frais du contribuable, comme ce fut le cas pour Mitterrand.

Beaucoup de nos politiques peut-être, en ce moment même, meurent-ils de trouille et inspectent-ils fébrilement leurs placards… Les nettoyeurs du net ne doivent plus savoir où donner du clavier ! Aux États-Unis encore, le représentant démocrate de New York, Anthony Weiner, a démissionné il y a quelques années après avoir envoyé des photos de lui, nu, à plusieurs femmes. Personne n’a mis en cause les réseaux sociaux…

Quelqu’un a même avancé que cet ivrogne de Churchill aurait sans doute été démasqué vite fait, avec les réseaux sociaux… Un, il est peut-être un peu tôt pour la comparaison : le monde aurait, avec Churchill, été privé d’un grand homme, mais avec Griveaux, pour le moment, il est permis d’en être moins certain. Deux, on peut douter que Churchill eût été aussi stupide. Trois, Churchill ne prêchait pas l’abstinence, ne se posait pas en modèle de vertu et ne donnait de leçons à personne.

Nos politiques vont devoir se transformer à morale forcée. Ou se montrer nettement plus intelligents. Dans les deux cas, on y gagne. Le procédé est immonde, la famille de Griveaux trinque, mais arrêtons de blâmer les réseaux sociaux à cause d’un individu irresponsable ! On n’interdit pas les voitures parce qu’il y a des morts sur les routes !

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