Fusillades en Allemagne : les passions identitaires devenues meurtrières

Comme partout en Europe, l’immigration en Allemagne cristallise les passions identitaires, dressant les individus les uns contre les autres.

Par Frédéric Mas.

Dans la nuit du 19 au 20 février, deux fusillades éclatent à Hanau, en Allemagne, faisant 11 victimes. L’auteur de la fusillade, retrouvé mort à son domicile, aurait agi selon le parquet fédéral par motivation xénophobe. Le drame, intervenu quelques jours avant la tenue d’un grand carnaval local qui devait être l’occasion de réjouissances collectives, a frappé de stupeur le pays.

Angela Merkel s’est exprimée publiquement pour rappeler que « le racisme est un poison. La haine est un poison, et ce poison existe dans notre société ».

Alors que l’Allemagne a longtemps fait figure de bon élève de l’Europe en matière d’intégration à la mondialisation et pour avoir fait courageusement face à son passé, la dernière décennie a été marquée par l’émergence d’une extrême droite puissante qui conteste la toute-puissance de la CDU, jugée trop modérée et trop libérale. Ainsi en septembre 2017, l’AfD est devenue la troisième formation du pays en tenant un discours nationaliste et eurosceptique.

Repli culturel identitaire

Comme partout en Europe, l’immigration en Allemagne cristallise les passions identitaires, dressant les individus les uns contre les autres. Comme je l’évoquais précédemment dans le cas de l’attentat terroriste de Christchurch, celles-ci sont en train d’éroder la confiance nécessaire au bon fonctionnement des démocraties libérales :

« Le repli culturel identitaire n’est pas seulement lié à la montée des fondamentalismes religieux, car les religions elles-mêmes en sont aussi les victimes. Il est une forme plus générale de collectivisme qui est en train de contaminer toutes les franges de la société, la plongeant dans une défiance qui pourrait se révéler mortifère à terme. »

L’auteur de l’attentat n’était affilié à aucune organisation d’extrême droite. Comme Anders Breivik ou Brenton Tarrant, il était un « loup solitaire » qui s’est radicalisé sans contact direct avec les formations nationalistes allemandes. Psychologiquement fragile, il a mis fin à ses jours après avoir assassiné sa mère de 72 ans.

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