Pour sauver les manipulateurs radio, il faut sortir la France du socialisme

Aujourd’hui, l’État ne fournit plus ces services en échange d’une contribution équivalente en valeur. L’État n’a plus pour fonction que la redistribution-réglementation au nom de l’égalitarisme et de la justice sociale.

Par Patrick de Casanove.

Dans une société saine, quand une activité économique disparaît, la cause est naturelle, c’est-à-dire qu’elle a été rendue obsolète par des innovations.

C’est la destruction créatrice mise en forme par Joseph Schumpeter et qui désigne « le processus continuellement à l’œuvre dans les économies et qui voit se produire de façon simultanée la disparition de secteurs d’activité économique conjointement à la création de nouvelles activités économique ».

Manipulateurs radio : une profession en train de mourir, mais pourquoi ?

Dans un article publié sur France info le 21 janvier, les manipulateurs radio de l’hôpital public attiraient notre attention :  » Notre profession est en train de mourir ».

Dans le cas précis des manipulateurs radio ce n’est pas l’obsolescence qui est la cause du processus mortifère. En l’état actuel des sciences et des techniques le métier de manipulateur radio garde toute son utilité au sein de la chaîne de la prise en charge des patients.

En réalité, la profession se meurt, comme en France, la médecine générale se meurt, l’hôpital public se meurt, l’agriculture se meurt, l’industrie se meurt… D’ailleurs il faut être conscient qu’il n’y a pas que les secteurs économiques qui dépérissent en France.

La liberté se meurt, la propriété privée se meurt, la vie privée se meurt. La France se meurt.

Quelles revendications ? Quelles solutions ?

Pour éviter de mourir les manipulateurs radio de l’hôpital public ont des revendications. Ce sont les mêmes que celles de n’importe quel secteur, étatisé en totalité ou en partie et qui souffre.

Elles consistent en réclamer à l’État davantage de moyens : du personnel essentiellement, du matériel aussi, de meilleures rémunérations et de meilleures conditions de travail ( pour tenir compte de la « pénibilité et de la dangerosité » ).

Tout ça bien entendu pour une meilleure prise en charge des usagers. Si les revendications sont les mêmes la réponse l’est aussi : l’État sort le chéquier.

Les revendications portent sur l’obtention d’une part accrue de la spoliation légale.

« La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres ; c’est de généraliser la Spoliation sous prétexte de l’organiser. Or, la spoliation légale peut s’exercer d’une multitude infinie de manières ; de là une multitude infinie de plans d’organisation : tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l’assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc. Et c’est l’ensemble de tous ces plans, en ce qu’ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme. » Frédéric Bastiat.

La réponse octroie une part accrue de la spoliation légale. Elle ne traite pas le fond du problème.

C’est une réponse matérielle et socialiste puisqu’elle consiste à déplacer le curseur de la spoliation légale sans la remettre en cause. D’où des conflits incessants pour obtenir un déplacement plus favorable du curseur.

« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » Frédéric Bastiat.

Le rôle perverti de l’État en France

Les hommes politiques ne peuvent pas résoudre les problèmes qu’ils ont créé, de plus en utilisant les méthodes qui en sont la source.

En effet le rôle de l’État en France est perverti. L’État a perdu de son utilité qui est de rester svelte pour assurer la sécurité et la justice (rendre à chacun le sien) en faisant respecter les droits naturels individuels qui sont la liberté, la propriété, la personnalité.

Aujourd’hui, l’État ne fournit plus ces services en échange d’une contribution peu ou prou équivalente en valeur. L’État n’a plus pour fonction que la redistribution-réglementation au nom de l’égalitarisme et de la justice sociale.

Il n’y pas de service là derrière. En vérité il ne rend quasiment plus aucun service, il achète des clientèles. Il est devenu le parasite bouffi de la société civile qu’il est en train de tuer. Mais aussi obèse soit-il, il ne peut s’occuper convenablement de tout et satisfaire tout le monde.

Le butin de la spoliation légale n’est pas infini. Il ne peut donc que répartir, très inégalement, le montant disponible pour financer ses domaines d’intervention, qui eux n’ont pas de limite.

Il faut avoir en tête que le problème n’est pas uniquement financier. Il réside aussi dans la multitude de lois et règlements qui étouffent la vie des Français. Ce n’est pas fini.

L’étatisme, machine administrative et tarifs réglementés, froide et coupée des réalités, se prive de l’information des prix libres et détruit les incitations productives. Ce qui entraîne mal-investissement et pénurie, d’où un butin de plus en plus insuffisant pour la spoliation légale. D’où mécontentement et conflits parce que la part octroyée n’est jamais assez grande pour ses bénéficiaires de plus en plus nombreux.

Le serpent se mord la queue. Le résultat est que les secteurs où l’État intervient vont mal et se meurent. Le résultat est la déliquescence de notre pays.

Le problème est le socialisme

Socialisme qui a été instauré en France à la Libération par les communistes et les gaullistes. La solution n’est pas de déplacer le curseur de la spoliation légale, c’est d’y mettre fin.

Ce que devraient demander les manipulateurs radio, les Gilets jaunes et tous les autres ce n’est pas une part accrue de la spoliation légale, c’est un changement de paradigme. C’est de sortir de ce système malsain. C’est d’en finir avec une organisation sociale qui repose sur le vol des uns par les autres, vol légalisé parce qu’il passe par l’État.

Pour en revenir à la destruction créatrice, la solution dans notre pays viendra de la destruction d’un système socialiste fondamentalement, structurellement, délétère, pour le remplacer par un système qui fait confiance au génie humain et aux innovations.

Des solutions existent

Par chance les solutions existent et sont connues. Partout où elles ont été mises en œuvre elles ont donné de très bons résultats. Elles s’appellent liberté économique, respect de la propriété et de la vie privée, responsabilité individuelle.

« Pour moi, je pense que lorsque le pouvoir a garanti à chacun le libre exercice et le produit de ses facultés, réprimé l’abus qu’on en peut faire, maintenu l’ordre, assuré l’indépendance nationale et exécuté certains travaux d’utilité publique au-dessus des forces individuelles, il a rempli à peu près toute sa tâche.
En dehors ce cercle, religion, éducation, association, travail, échanges, tout appartient au domaine de l’activité privée, sous l’œil de l’autorité publique, qui ne doit avoir qu’une mission de surveillance et de répression. » Frédéric Bastiat

On pourrait commencer par :

– la mise à plat de notre système fiscal et de prélèvements obligatoires,

– la restitution de l’intégralité des revenus à tous les Français, travailleurs salariés et non salariés, pensionnés. Pour les salariés c’est le salaire complet. Pour les non salariés c’est leur chiffre d’affaire diminué des frais nécessaires à l’exercice de leur profession, pour les pensionnés c’est l’intégralité des leur(s) pension(s).

« Quand une nation est écrasée de taxes, rien n’est plus difficile et je pourrais dire impossible que de les répartir également. Les statisticiens et les financiers n’y aspirent plus. Il y a cependant une chose plus impossible encore, c’est de les rejeter sur les riches. L’État ne peut avoir beaucoup d’argent qu’en épuisant tout le monde et les masses surtout. Mais dans le régime si simple, auquel je consacre cet inutile plaidoyer, régime qui ne réclame que quelques dizaines de millions, rien n’est plus aisé qu’une répartition équitable. Une contribution unique, proportionnelle à la propriété réalisée, prélevée en famille et sans frais au sein des conseils municipaux, y suffit. Plus de cette fiscalité tenace, de cette bureaucratie dévorante, qui sont la mousse et la vermine du corps social; plus de ces contributions indirectes, de cet argent arraché par force et par ruse, de ces pièges fiscaux tendus sur toutes les voies du travail, de ces entraves qui nous font plus de mal encore par les libertés qu’elles nous ôtent que par les ressources dont elles nous privent. » Frédéric Bastiat

L’harmonie… un autre monde, une autre vie…

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