« Plan de sortie du glyphosate » : le ministère de l’Agriculture se moque du monde

Désherbage by Dame Cécile(CC BY-NC 2.0) — Dame Cécile, CC-BY

Un Centre de ressources mis à disposition par le ministère de l’Agriculture devait donner des solutions alternatives au glyphosate. Tour d’horizon.

Par Wackes Seppi.

Alors que la fameuse « start-up d’État » (ce qui était censé l’être) « Glyphosate : objectif 2020 » reste scotchée à 11 déclarations de sortie du glyphosate (12 selon la carte de France pointant ces déclarations au niveau départemental – boulette toujours pas corrigée) et 2 déclarations d’intention d’en sortir « d’ici 2020 », le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a publié un tonitruant communiqué de presse le 1er février 2019, « Plan de sortie du glyphosate : le centre de ressources, mis en ligne ce jour, apporte des solutions concrètes aux agriculteurs ».

« Le Gouvernement a engagé en juin dernier un plan d’action pour mettre fin aux principaux usages du glyphosate d’ici 2020 et d’ici 2022 pour l’ensemble des usages. Afin d’accompagner les agriculteurs, un centre de ressources est désormais opérationnel. Il rassemble d’ores et déjà une cinquantaine de solutions techniques alternatives à l’usage du glyphosate, documentées et éprouvées. Cette mise en ligne constitue l’une des premières étapes du plan d’actions dont l’animation a été confiée à une « Task Force » réunissant les ministères chargés de la Transition écologique et solidaire et de l’Agriculture, l’Inra, l’Acta et l’APCA et présidée par le Préfet Pierre-Étienne Bisch, coordinateur interministériel du plan de sortie du glyphosate. »

À en croire ce communiqué, il est toujours prévu d’interdire complètement le glyphosate à l’horizon 2022, alors qu’il est manifeste qu’il y aura des situations sans solutions… Quelle tristesse de voir un ministère en grande partie technique et économique s’obstiner dans la démolition du secteur dont il a la charge.

Ils sont tellement fiers de leur « centre de resources » que, pour y accéder, il faut deviner que ce qui est en gras dans le texte signale un lien. Allons-y… En bas de page : « Découvrez nos ressources pour chacune des 6 filières » – grande cultures, arboriculture, cultures légumières, cultures tropicales, horti-ppam et viticulture… Rien pour la SNCF et autres utilisateurs pour des questions impératives de sécurité (les industriels devant garder propres leurs abords d’usine par exemple).

Rien de sérieux non plus pour les cultures tropicales… deux articles pour le moment nous proposant des liens vers des articles dont l’un est corrompu et illisible. Gribouille se moque de nos amis ultramarins et c’est franchement honteux.

Passons par exemple à l’onglet « grandes cultures ». Un article nous propose les « Alternatives au glyphosate pour la destruction des prairies ». Que nous dit-on ?

« L’alternative au glyphosate, et aux solutions chimiques en général, pour la destruction des prairies est la destruction mécanique. Elle peut se concrétiser par un travail du sol profond de type labour, ou par un travail du sol moins conséquent mais nécessitant la combinaison de différentes actions mécaniques avec un ou plusieurs passages d’outils. »

Franchement, c’est se moquer du monde.

L’article propose aussi une vidéo sur une démonstration de différents outils de destruction de prairies réalisée par le FiBL (Suisse).

Êtes-vous convaincu de l’efficacité de ces outils et de leur capacité à constituer une « alternative au glyphosate » ?

Nous nous sommes également intéressé à « Pratiquer le désherbage thermique ». Une alternative au glyphosate, quand on nous dit par exemple :

« Pour les monocotylédones, les vivaces et les adventices ayant un point végétatif au ras du sol (adventices en rosette), l’efficacité est limitée quand le stade est développé » ?

Ou :

« Tous les auxiliaires qui marchent à la surface du sol peuvent être tués par la technique » ?

Ou encore :

« Le désherbage thermique coûte relativement cher (120 à 130 euros/ha), c’est pour cette raison qu’il est principalement développé sur des cultures intensives (maraîchage) ou si le produit est valorisé en conséquence (agriculture biologique) » ?

Ce site est très intéressant car c’est effectivement un « centre de ressources »… mais pas pour les « alternatives au glyphosate ».

Se trouvera-t-il quelqu’un pour glisser à l’oreille de qui de droit que la Macronie fait fausse route ?

Sur le web

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.