Comment Greg Rehmke a révolutionné l’éducation populaire à l’économie

Une vie dédiée à l’éducation économique et à la liberté. Témoignage.

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Comment Greg Rehmke a révolutionné l’éducation populaire à l’économie

Publié le 11 décembre 2019
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Par Radu Nechita.

Depuis la fin de ses études d’économie à l’Université de Washington (Seattle), Greg Rehmke a dédié sa vie à la promotion de l’éducation économique. Il a travaillé avec un grand nombre d’organisations comme la Reason Foundation, l’Institute for Humane Studies, le Center for the American Idea et la Foundation for Economic Education.

Il dirige Economic Thinking, qui depuis 2004 est le principal programme éducationnel d’un association non-profit E Pluribus Unum Films. Son public cible sont les élèves de l’enseignement classique, mais aussi le groupe croissant des home schooled et les debate clubs.

L’équipe de Contrepoints l’a rencontré à la conférence organisée par Atlas Network à New York en novembre 2019 et a voulu en savoir davantage sur sa longue expérience dans ce domaine et sur ses projets.

Greg Rehmke est le co-auteur d’un livre destiné au grand public The Complete Idiot’s Guide to Global Economics et l’auteur d’un autre, dans la même série, The Complete Idiot’s Mini Guide to Demystifying the Foreign exchange Market.

Depuis 2008, Economic Thinking propose un cours de 16 semaines, intitulé initialement « Economics in a Box », entre temps adapté et mis à jour sous le nom de « OIKONOMIA: Economics for life and purpose ».

« Participer aux réunions organisées par Atlas Network représente l’occasion de rencontrer des gens du monde entier, qui travaillent, entre autres, sur les politiques de l’éducation, sur la réforme des politiques publiques dans leurs pays. »

Greg Rehmke ne limite donc pas ses activités au « marché américain de l’éducation économique ». Il s’implique volontiers dans les activités organisées par des associations européennes et africaines qui partagent les mêmes objectifs.

Par exemple, il est un participant régulier à l’Université d’été de la Nouvelle Économie d’Aix-en-Provence, il a donné des conférences dans plusieurs pays européens lors de séminaires et workshops. Son plus récent voyage en Europe a eu lieu en septembre 2019, lorsqu’il s’est rendu en Roumanie avec une douzaine de  home schooled américains. Ils participaient à un tournoi de débats organisé par des élèves roumains de l’enseignement classique.

C’est là que j’ai eu l’occasion de rencontrer ces jeunes lors d’une conférence déroulée avant leur tournoi à la Faculté d’Histoire de l’Université de Bucarest.

Cela faisait partie de leur préparation pour le ARGO Open, le tournoi annuel mondial des écoles, avec le support d’une autre association non-profit, American Logos. (Il ya presque deux siècles, Tocqueville remarquait déjà le tissus associatif impressionnant aux Etat-Unis, où les ONG sont vraiment « non-gouvernementales », car financées principalement par des fonds privés, pas avec de l’argent public).

Tout en étant conscient qu’il ne s’agissait pas d’un échantillon statistiquement représentatif des « home schooled » américains, j’ai été impressionné non seulement par leurs connaissances mais aussi par leurs habilités sociales, loin des clichés véhiculés par les opposants à ce système d’éducation.

Les tournois de débats se déroulent dans un format standard, dans lequel sont présentés les arguments et les contre-arguments sur un des thèmes retenus par l’association nationale des clubs. Les équipes apprennent le jour même, après tirage au sort, quelle est la position qu’elles doivent défendre.

Greg explique l’intérêt de ces débats pour les élèves et les professeurs d’économie :

Les clubs de débats attirent de nombreux élèves et étudiants intéressés par la politique. Ils y développent des compétences dans la recherche, des habilités de communication en public, des capacités argumentatives etc. La Foundation for Economic Education a commencé un programme destiné aux élèves de lycée, dans le but de les familiariser avec les principes de l’économie. Souvent, de ces milieux surgissent les futurs leaders dans plusieurs domaines : le monde de l’entreprise, la politique, les universitaires etc. Il est donc utile qu’ils soient exposés aussi aux recherches réalisées par des think tanks favorables à l’économie de marché, comme par exemple Index of Economic Freedom ou Economic Freedom of the World.

Dans un milieu dominé par les idées collectivistes et interventionnistes, les défenseurs de la liberté individuelle ont des raisons stratégiques de promouvoir les débats dans les lycées. C’est une occasion de présenter leurs arguments directement, à un public intéressé et intéressant, car ce sont les second-hand dealers of ideas auxquels faisait référence Hayek. Cependant, le plus important est que la participation à ces débats apporte beaucoup aux élèves, quelle que soit leur orientation politique.

Aux États-Unis « certains universitaires ou think tanks fournissent, bien sûr, de nombreux arguments en faveur de l’économie de marché, mais il leur est difficile de convaincre ceux qui rejettent d’emblée ces idées. Je pense notamment aux études réalisées par la Heritage Foundation ou le Cato Institute : ceux qui y sont idéologiquement opposés ne vont pas les lire ou ne vont pas écouter plus de quelques minutes la présentation des arguments qui y sont développés. Oui, les arguments sont bien étayés, mais il faut du temps, de la patience pour suivre le raisonnement. Les clubs de débats permettent de résoudre ce problème d’audience et de patience, car même les enfants qui sont plutôt socialistes/interventionnistes/de gauche vont être incités à étudier en profondeur ces arguments. Cela est valable aussi pour les élèves qui sont déjà favorables à l’économie de marché : afin de faire bonne figure aux ‘tournois’, il faut bien connaître les arguments du camp opposé. D’ailleurs, en règle générale on en apprend plus sur chaque approche lorsque l’on est amené à défendre le point de vue contraire. »

Malgré les différences entre les systèmes d’enseignement américains et européens, les problèmes communs sont assez nombreux pour pouvoir trouver quelques sources d’inspiration.

Aux États-Unis, comme en France, l’enseignement préuniversitaire est principalement public, avec un corps enseignant syndicalisé et orienté politiquement plutôt à gauche.

Il y existe également un enseignement confessionnel auquel s’ajoute le home schooling (encore très marginal en France). Dans les deux pays, les difficultés sont similaires pour quelqu’un qui voudrait enseigner les vertus de la libre entreprise et parler non seulement des défaillances du marché mais aussi des défaillances du gouvernement.

 

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