11 novembre 2018 : le centenaire d’un conflit de portée immense [Replay]

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11 novembre 2018 : le centenaire d’un conflit de portée immense [Replay]

Publié le 11 novembre 2019
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Par Gérard-Michel Thermeau.

C’était il y a cent ans. Nous commémorons, ce 11 novembre, le centenaire d’un conflit qui a joué un rôle considérable dans l’histoire de la France et du monde.

Bien que les participants en aient tous disparu, cette date du 11 novembre conserve toute sa signification à la différence du 8 mai, date qui ne renvoie pas à grand-chose.

Le 8 mai ne marque ni la libération de la France, ni la capitulation allemande, ni la fin de la seconde guerre mondiale. Et puis les Français, pour des raisons diverses, ne peuvent guère célébrer un conflit qui a vu le pays s’effondrer et la population se diviser. Non, le 8 mai est un de ces nombreux jours qui décorent le calendrier des jours fériés. Et c’est bien le seul intérêt qu’il conserve.

Le 11 novembre, célébration de l’armistice de 1918, c’est autre chose. Cette date renvoie à l’arrêt des combats, la fin d’une longue boucherie inaugurée le 28 juin 1914 par un attentat qui faisait trois orphelins dans une obscure ville des Balkans.

Une guerre absurde aux conséquences tragiques

Ce centième anniversaire est l’occasion de se souvenir d’une guerre, absurde par bien de ses aspects, et dont les conséquences furent tragiques. Mais aussi d’une guerre qui a engendré la plupart des guerres qui ont suivi.

Pour la dernière fois, la France l’emportait dans un conflit majeur. Ce fut le chant du cygne de notre pays comme puissance mondiale. En 1944-1945, la magie du verbe gaullien devait masquer, par son éclat, le rôle mineur de la participation française à la victoire alliée, conséquence de la débâcle de 1940. L’hécatombe de cette première guerre mondiale, 1,4 million de morts, avait pesé lourdement dans l’enchaînement des événements qui devait déboucher sur « l’affreuse aventure », pour reprendre le mot de Pétain.

Que l’on y songe, sans la Grande Guerre, ni communisme, ni fascisme, ni nazisme. Les valeurs libérales étaient ainsi durablement remises en question. La Grande guerre a également semé au Moyen-Orient les graines de tous les problèmes qui l’agitent encore.

En somme, si le prétexte en fut insignifiant — un banal assassinat politique —, les conséquences en furent immenses.

La naissance du communisme moderne

Le socialisme, qui avait tant effrayé durant les dernières décennies du XIXe siècle, était en voie de parlementarisation dans les pays avancés, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne.

Le poids du vote ouvrier poussait les gouvernements à faire voter des lois sociales qui donnaient satisfaction à d’anciennes revendications. Les ouvriers ne voulaient pas la révolution. Ils voulaient travailler moins, gagner plus, être mieux considérés. Bref, leur horizon était empreint de cette « médiocrité bourgeoise » que dénonçaient les zélateurs de la Révolution. On ne pouvait décidément pas compter sur le « prolétariat » pour renverser l’ordre social.

Lénine, cet obscur agitateur d’avant 1914, rêvait de la guerre salvatrice. N’avait-il pas écrit en 1906 :

Cacher aux masses la nécessité d’une guerre exterminatrice, sanglante, désespérée comme objectif immédiat de l’action future, c’est se tromper soi-même et tromper le peuple.

Les dirigeants européens devaient exaucer ses vœux.

Sans la guerre, la Russie tsariste aurait peut-être connu une lente évolution réformatrice. En tout cas, sans la guerre, jamais les Bolcheviks n’auraient pu s’emparer du pouvoir. Le communisme, sous sa forme moderne, prenait un visage : le marxisme-léninisme.

La peur du « péril rouge » devait, par ailleurs, favoriser l’arrivée au pouvoir de leurs concurrents aux chemises noires et brunes.

Fascisme et nazisme, enfants de la Grande Guerre

Sans la guerre, Hitler serait resté un de ces innombrables artistes ratés qui ruminent leur médiocrité leur vie durant. La guerre le révéla à lui-même et lui permit de développer le génie maléfique qui ne pouvait s’extérioriser que dans des circonstances exceptionnelles.

Le génocide arménien, dont l’Allemagne impériale devait se faire le complice, devait par ailleurs lui servir de source d’inspiration. « Qui s’en souvient encore ? », devait-il faire remarquer à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

La guerre servit tout autant de révélateur à Benito Mussolini, ce socialiste révolutionnaire qui rêvait avant guerre, comme Lénine, à la prise du pouvoir par une élite résolue. Combattant exemplaire de l’armée italienne, il puisa dans son expérience du front les fondements de ce qui deviendra le fascisme.

Le fascisme et le nazisme, au-delà de leurs divergences idéologiques, partageaient quelques points communs et notamment le rejet du libéralisme sous toutes ses formes.

Le marché remis en question par l’État

La Grande Guerre a, en effet, contribué au déclin du libéralisme. La guerre totale exigeait des moyens sans commune mesure avec les guerres traditionnelles. Pour la première fois, l’État va intervenir de façon importante dans l’économie.

Comme le déclare, en Allemagne, l’industriel Rathenau :

L’activité économique n’est plus une responsabilité privée mais une responsabilité sociale.

En Allemagne, l’État fixe les prix maximum et contrôle les bénéfices. En France, le socialiste Albert Thomas devient ministre de l’Armement et réunit régulièrement les principaux industriels. Même au Royaume-Uni où l’opinion est hostile à toute « mobilisation économique », l’État ne va cesser d’étendre son contrôle sur la main d’œuvre. Partout, l’État se mêle désormais de la fixation des salaires.

Le marché va cesser de fonctionner au profit d’une économie administrée provoquant pénurie et rationnement. Les entreprises privées doivent reconvertir leurs activités pour participer à l’effort de guerre.

Cette situation présentait d’ailleurs des avantages pour les entreprises : moins de concurrence, des débouchés assurés, des profits faciles. Mais les productions n’étaient plus orientées par la satisfaction de besoins réels. Il s’agissait de produire pour détruire. La rancœur à l’égard des « profiteurs de guerre », dans un temps où beaucoup de gens souffraient, devait rendre la population plus perméable au discours anticapitaliste.

Rapidement abandonné une fois la guerre terminée, l’expérience du dirigisme de guerre ne devait pas être oubliée. Et la grande crise des années 30 devait amener les États à recourir aux recettes expérimentées pendant le conflit.

Les libertés individuelles suspendues

Le libéralisme économique s’effaçait dans le même temps où le libéralisme politique prenait de rudes coups. Les libertés individuelles se trouvaient remises en question au nom des nécessités de la guerre. La liberté de la presse disparaissait, les journaux étant soumis à une censure tatillonne.

L’autoritarisme du pouvoir exécutif ne cessa de se renforcer et connut son apogée, en France, sous le gouvernement de Georges Clemenceau (1917-1919). Le « Tigre », farouche défenseur des libertés dans l’opposition, était un dictateur en puissance, une fois au pouvoir.

Clemenceau porte sa responsabilité, parmi d’autres, dans l’échec de la paix manifesté par les divers traités signés suite à la Conférence de paix de Paris. Si l’éclatement de l’Autriche-Hongrie se révéla catastrophique en Europe centrale, la chute d’un autre empire affectait le Moyen-Orient.

La poudrière du Moyen-Orient

Les circonstances de l’effondrement final de l’Empire Ottoman, déjà fort affaibli, vont faire du Moyen-Orient une nouvelle poudrière.

Pendant la guerre, politiciens britanniques et français s’étaient cru fort habiles dans leurs manœuvres au Moyen-Orient. Ils avaient incité les Arabes à se soulever contre les Turcs en agitant, aux yeux des Hachémites, le rêve du grand royaume arabe. Dans le même temps, ils se partageaient les dépouilles de l’empire ottoman en établissant leur zone d’influence. Les anciennes provinces turques devaient se métamorphoser en mandats de la SDN après guerre.

Loin d’obtenir leur indépendance, les Arabes se voyaient ainsi tomber sous la coupe des deux anciens rivaux impérialistes. Aux Français la Syrie et le Liban, aux Britanniques l’Irak, la Jordanie et la Palestine. De surcroît, Lord Balfour, par une déclaration fameuse, avait promis la création d’un foyer national juif, source de complications futures.

Discrédités par la trahison des Alliés, les Hachémites devaient être chassés de la Mecque par Ibn Séoud. Aux descendants du prophète succédaient des fanatiques, promoteurs du wahhabisme, incarnation d’un Islam sectaire.

Les empires coloniaux fragilisés

Pendant le conflit, les Alliés puisèrent dans leurs empires ressources, main d’œuvre et troupes. Des Indiens, des Africains, des Maghrébins se trouvèrent à se battre, bien loin de chez eux, dans des tranchées boueuses.

De fait, les colonisateurs se trouvaient pris aux pièges de leurs propres conceptions. Inférieurs en droit, les colonisés ne pouvaient donc être mobilisés comme les citoyens des métropoles. Aussi, les effectifs coloniaux ne furent-ils qu’une force d’appoint.

Sept millions et demi de Français furent mobilisés mais seulement 520 000 soldats dans tout l’Empire, pour une population légèrement supérieure. Ainsi, le nombre de Corses tués fut-il supérieur à celui des pertes des troupes de l’Afrique occidentale française.

Mais en engageant les troupes coloniales en métropole, les colonisateurs sciaient la branche sur laquelle reposait leur domination. L’artillerie ennemie tuait, par exemple, sans distinction « dominants » et « dominés ». Le discours inégalitaire allait devenir de plus en plus difficile à tenir.

À la conférence de paix, en dépit des 14 points de Wilson, les vainqueurs restèrent aveugles et sourds aux timides demandes de réformes dans les colonies. Mais les principes wilsoniens, avec l’idée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, n’étaient pas restés lettre morte aux yeux d’intellectuels en Tunisie comme en Indochine. Le temps, là aussi, ferait son œuvre.

Les leçons de l’histoire ?

C’était il y a cent ans. Et c’était hier.

Le 11 novembre 1918 à 11 heures, sur la ligne de front les clairons sonnaient le « cessez le feu ».

Ce n’était pas la paix, certes, c’était l’arrêt des combats. Et c’était déjà beaucoup.

Cette guerre atroce et absurde était enfin terminée. Ce devait être la « der des der », seule justification de tant de souffrances et de tant de vies sacrifiées jusqu’à la dernière heure.

Mais ce n’était pas la paix, oh non ! C’était un armistice de vingt ans. La « der des der » était la préfiguration des tragédies à venir.

Article initialement publié en novembre 2018.

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  • Merci, très instructif.

  • Magistral! A une analyse complète succèdent une synthèse globale et un bon résumé des stupidités de l’époque. Merci.

  • Quelle superbe démonstration et si malheureusement juste! Je n’arrive pas à ne pas pleurer cette guerre de 1914-1918 et ses funestes conséquences. Je ne suis pas les fameuses cérémonies, je me contente de lire pratiquement tous les jours les noms de tous ces hommes, jeunes ou un peu plus âgés, inscrits sur les monuments aux Morts, quelquefois plusieurs d’une même famille, et ça me donne une peine infinie. Je suis inconsolable devant tant de gâchis et de bêtise.

    • A propos des monuments aux morts, celui qui m’a fait le plus réfléchir était celui de la station de ski autrichienne où nous allions quand j’étais enfant. Les deux premiers noms, sans doute encore aujourd’hui les plus répandus dans la vallée, étaient datés de 1809 ou 1810.

  • Guerre absurde pour nous, impliqué dedans par système d’alliance et l’envie récurrente des allemands de nous envahir mais qui à conduit à l’indépendance de tout plein de pays et de peuples. Sinon quoi? il faut regretter les empires centraux ?

    • @Pouf
      Les immenses dommages infligés aux peuples qui ont participé à cette folie l’ont été avant tout par les propres gouvernements de ces peuples. Voir commentaire général sur l’article ci-dessous.

    • Vous n’avez visiblement rien compris! Ce sont les conséquences de cette guerre qui ont provoqués les millions de morts. Seconde guerre mondiale 70 millions au bas mot, Communisme: 100 millions, les conflits au Moyen-orient et en Afghanistan, etc…

      • Bah pour le communisme, ya la commune chez nous qui date d’avant la première guerre mondiale, rien nous dit que le monde ne se serait pas mangé cette idéologie sans cette guerre, pour preuve, malgré ses méfaits et ses morts, il y a encore des communistes aujourd’hui.
        Pour la seconde guerre mondiale, soit il fallait se coucher à la 1ère, soit il ne fallait pas faire le traité de Versailles, soit il fallait pousser jusqu’à l’anéantissement de l’Allemagne ou au moins réagir au moment de son réarmement, et on a fait … le traité de Versailles et Munich en suivant…
        Et ça répond pas à ma question sur les causes de la guerres : il faut regretter les empires centraux ?
        Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes c’est ok pour l’afrique ou l’asie, mais pour les balkans non ?

  • Excellent article. Je reprends ci-dessous l’essentiel d’une réponse passée sur ce sujet à un commentateur sur Contrepoints.
    Toutes les guerres sont absurdes et destructrices mais celle de 14-18, en sus, est à inscrire au palmarès des guerres inutiles. Aucun des peuples, et je dis bien aucun, ayant été contraint de participer à cette folie n’en n’a tiré le moindre bénéfice. Tous n’en n’ont subi que des dommages considérables et pour des décennies. En sus des dommages inhérents à la guerre totale permise par l’étatisme (possibilité de faire porter les conséquences de ses décisions sur sur d’autres) et la conscription « universelle » (« invention » des États nations), cette guerre a engendré la suivante, conséquence de la première, la prise du pouvoir par les Bolcheviks en Russie… et le déclin de toutes les « nations » européennes.
    Si on met en balance ce qu’auraient pu être pour le peuple français (le raisonnement vaut pour les autres), les conséquences d’un refus de participer à la guerre, avec les conséquences réelles de celle-ci, la conclusion est claire : du point de vue du peuple français, comme des autres, il aurait mieux valu renoncer à y participer. « L’Allemagne » de 1914 n’était pas encore un pays totalitaire, comme elle l’est devenue en 1933. « Elle » n’était pas bien moins « démocratique » que la « France » et disposait d’un parlement élu (dominé par les sociaux-démocrates). Ses dirigeants n’étaient pas des fous sanguinaires mais des gens encore relativement civilisés. Que risquait le peuple français en refusant de participer à la guerre ? Risquait-il de devoir renoncer à ses langues, à ses croyances, à ses religions, à ses modes de vie, à ses traditions culinaires, vestimentaires et autres ? Risquait-il même de devoir renoncer à ses institutions ? Absolument pas. Le territoire français a été envahi 2 fois au XIXe siècle (1814-1815 et 1870) sans qu’il en résulte aucune de ces catastrophes. Il ne s’agit nullement de réécrire l’histoire, mais de constater que le remède (la guerre totale étatique) s’est révélé bien pire que le mal à éviter, comme un malade qui ferait une chimiothérapie pour se prémunir de la grippe.
    Ce n’est pas un hasard. L’État nation n’a jamais eu pour mission de défendre la liberté. Il est le fruit d’un processus historique relativement récent dans l’histoire humaine, processus fait de conquêtes violentes des faibles par les forts, dans un but de domination (qui est le contraire de la liberté). Confier la défense de sa liberté à ceux qui le dirigent et le manipulent équivaut à confier la clé du coffre au voleur ou la défense de sa vie à l’assassin.
    La désignation des dirigeants apparents de l’État par des élections n’a rien changé à la nature de l’État. Il reste une organisation humaine disposant du monopole de la violence légale sur le territoire qu’il contrôle (ou aspirant à ce monopole).
    La guerre de 1914-1918 montre que l’État, même « minimal » (relativement, car le socialisme avait déjà progressé dans plusieurs pays dont, particulièrement, l’Allemagne) reste un danger pour les peuples qu’il est sensé protéger. La démocratie élective, en annihilant la traditionnelle et salutaire méfiance du peuple envers le gouvernement, en promouvant l’identification d’un grand nombre d’individus avec l’État-nation, a favorisé la guerre totale et la perte de (presque) tous.

    • Moins inutile que la guerre de Corée, des centaines de milliers de mort pour revenir à la case départ, mais on a quand même appris que la bombe atomique n’empêcherai pas les guerres et son utilisation n’est pas si simple et encore moins systématique.

      « Que risquait le peuple français en refusant de participer à la guerre »
      Bah de se manger la guerre quand même :

      « La thèse classique concernant la question de la responsabilité est celle du « Mécanisme » de l’historien français Jean-Baptiste Duroselle : par crainte qu’advienne une situation internationale défavorable à leurs intérêts nationaux, les États européens ont pris des décisions « pour le cas où », « plutôt que ». Duroselle résume, à partir de cette thèse, la situation en cinq points :

      L’Allemagne entre en guerre pour ne pas risquer de perdre son allié austro-hongrois ;
      La France tient à maintenir la solidité de son alliance avec la Russie, sachant qu’une guerre serait certaine si l’Allemagne parvenait à dissocier ces deux alliés ;
      La Russie déclare la guerre afin d’éviter que de nouvelles populations slaves passent sous contrôle de l’Empire austro-hongrois ;
      L’Angleterre, fidèle en cela à la politique qu’elle mène depuis 1793 et fidèle au traité de neutralité de la Belgique dont elle est garante, préfère déclarer la guerre plutôt que de voir une grande puissance s’installer à Anvers ;
      L’Autriche-Hongrie préfère en finir avec la Serbie plutôt que d’être dissoute par les mouvements nationaux.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale#Annexes

      En 1870 ya quand même une partie du pays qui se fait annexer. Et si, les institutions ont changé, de plus on se mange la commune, période fantasmée des gauchos encore aujourd’hui, rien que pour ça déjà c’est risqué… 🙂

      Ensuite ya quand même la controverse Ficher qui fait porter une lourde responsabilité sur l’Allemagne
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Controverse_Fischer

      Les Bolcheviks en Russie, bah c’est les Allemands qui renvoie Lénine en Russie pour mettre fin au front de l’est.

      Et c’est justement le nationalisme serbe au sein de l’Autriche-Hongrie, un empire multi-ethnique qui fournit le casus belli, j’ai du mal avec la critique de l’état nation. Et puis sinon quoi ? On se retrouve comme aujourd’hui avec une France multiculturelle et Hollande qui nous dit que ça va finir en partition et Collomb qui en remet une couche en nous disant qu’on approche de la guerre civile ?

      Bref les méchants c’est les Allemands 🙂

    • la thèse est intéressante, mais difficilement vérifiable.
      les invasions de 1814-15 et 1870 n’ont pas laissé de bons souvenirs (sans compter les « provinces perdues », qui auraient peut-être pu être récupérées par un échange avec Madagascar comme l’envisageait Galliéni).
      Et l’occupation de 1940 à 1944 encore de moins bons souvenirs…

      • @breizh
        Entre ne pas laisser de bons souvenir et 1,5 millions de morts (pour la plupart de très jeunes hommes), 3,5 millions d’invalides, 1 million de veuves, d’orphelins, la destruction de milliers de km2 de terres agricoles…, sans parler des conséquences, ne pensez-vous pas qu’il y a un abîme ? Quant à l’occupation de 1940-1944, elle n’aurait tout simplement pas eu lieu. Quant aux provinces perdues, perdues par qui ? Par les dirigeants de l’État français, certes, mais quid des Alsaciens et des Lorrains ? Étaient-ils plus malheureux sous le joug de l’État allemand qu’ils ne l’auraient été sous le joug de l’État français ? Je suis loin d’être un pacifiste mais être forcé de se suicider pour se défendre me semble loin d’être une bonne option.

        • votre point de vue est intéressant, mais il s’exprime avec 100 ans de recul et une vision de la mort (et de la vie) qui a changé.

          En 1914, personne n’avait perçu ce qu’était devenue la « puissance de feu  » des armes qui feront ces millions de morts, donc plusieurs centaines de milliers les premières semaines.

          je doute que sans le souvenir de 1870, les français se fussent battus avec tant d’acharnement, bien au delà de ce que pouvait exiger la très dure discipline militaire.

  • La soi-disant humiliation allemande subie à cause de sa défaite est souvent citée comme cause de la 39/45. Il n’est pas assez souvent rappelé le manque de fermeté des vainqueurs de la 14/18 (et en particulier le manque de soutien de la part des US et de la GB à la la France vis à vis de l’Allemagne, dans un premier temps , les années 20) et un 2nd ( les années 30). Il nous aurait fallu des gouvernements plus stables et aussi des politiques de la trempe de Clémenceau et Poincaré en France et GB et non pas des A Briand (beaucoup trop naïf) et des Chamberlain. Si tous voulaient la 1ère guerre, il nous a couté très cher de ne pas pouvoir empêcher la 2nde que tous ne recherchaient pas.

    • Je suppose que pour traiter les montants délirants pris aux Allemands au titre des dommages de guerre de « soi-disant humiliation » et de résultat d’un manque de fermeté des vainqueurs, vous n’êtes pas capable de vous imaginer dans la peau d’un tel Allemand au lendemain du traité de Versailles. « L’Allemagne paiera ! », comme si elle pouvait le faire sans piquer dans la poche des individus qui ont eu le malheur de naître du mauvais côté du Rhin ! « Les ploucs automobilistes paieront ! », comme si on choisissait d’être plouc automobiliste ! Vous faites partie de l’équipe Macron, attachée à défendre la paix et à dénoncer les référendums locaux en Ukraine comme des atteintes à la démocratie ?

      • D’autant plus qu’il a été mis fin à la guerre par une armistice;
        le résultat d’une armistice est le statu quo (voir les Corées) ou le retour aux frontières d’avant.

        Annexer la Sarre et occuper la Rhénanie ne sont pas précisément les suites normales d’une armistice, mais le ras le bol des citoyens allemands de cette guerre stupide qui a conduit à l’abdication de l’empereur et la vague pacifiste qui a suivi ont conduit à toutes les concessions aux ‘vainqueurs’.

        C’est bien le refus du soutien du peuple allemand à l’état major qui a mis fin à la guerre.

        Il a été bien mal récompensé…

  • « Que l’on y songe, sans la Grande Guerre, ni communisme, ni fascisme, ni nazisme. »
    La Russie était déjà bien secouée en interne avant la la guerre.
    Peut-être pas de nazisme, mais un risque de danger allemand de toute façon.
    Quant à Mussolini, beaucoup moins important, il n’a pas attendu la guerre pour avoir des intentions politiques particulières.
    Quant aux empires ottomans et austro-hongrois, c’était déjà un peu le début de la fin … comme pour tout empire qui ne peut rester éternel

    • La Russie n’était absolument pas fragile. Vous ne connaissez rien des pays de l’est. C’est bien la guerre qui a fragilisé tout l’édifice européen.

  • Vous devriez peut-être étudier un peu plus en détails les mécanismes qui ont propagé la crise de la fin des années 30 à l’ensemble du monde. Notamment la poussée de protectionnisme qui a provoqué une fermeture massive des frontières et une chute toute aussi massive du pouvoir d’achat des peuples.

  • @Sketch
    La crise de 1929 n’a rien à voir avec « le capitalisme débridé », et tout à voir avec « l’expansion monétaire débridée » des années 20 pratiquée par la FED. L’expansion monétaire, c’est du vol (un impôt comme les autres) et donc, typiquement socialiste.

  • A noter que l’Europe , à la veille de cette guerre, était au fait de sa puissance et dominait le monde dans tous les domaines.
    Ce conflit qui a été qualifié de  » première guerre mondiale » mais n’était en fait qu’une guerre Européenne, meme après l’entrée en guerre des Etats Unis, a sonné le début du déclin de l’Europe et donc de sa décadence. La ruine des Etats Européens a été totale sur le plan économique et c’est bien sur cela qui a entrainé l’apparition et surtout la mise en pratique des idéologies totalitaires qui ont entrainés la seconde guerre mondiale. En 4 ans tout a basculé et l’Europe a commencé à se regarder le nombril. Et cela continue aujourd’hui….

  • N’oubliez pas la crise allemande entre 1921 et 1924 due à l’hyperinflation ( 1 milliard de reichsmarks pour 1 kg de pain en 23)

    C’est bien en 1924 que Hitler a écrit ‘Mein Kampf’, où tout ce qui allait suivre était annoncé.

    La crise de 1930 a ensuite convaincu nombre de chômeurs que la solution était dans ce livre (les revanchards y adhéraient déjà), d’où les voix en plus…

  • Quel étrange article…

    La chute de l’empire ottoman aurait donc été une catastrophe ?… cet empire dernier aurait été un facteur de stabilité ? Quid des innombrables victimes faites par les Ottomans au cours des siècles (et pas seulement des Arméniens) ?

    Quant à Israël, matérialisation du projet de foyer national juif : une source de « complications », vraiment ? Adepte du discours villepinien selon lequel Israël ne serait qu’une « parenthèse de l’Histoire » ? Étrange, car moi j’y vois l’État le plus stable, le plus libre et le plus prospère de la région.

    Le reste de l’article, à l’avenant. S’il n’y avait pas eu la WWI, le monde irait donc infiniment mieux, à en croire l’auteur. Le communisme n’aurait jamais existé, le nazisme non plus, l’islam serait une religion formidable et pacifique, la liberté triompherait en France et en Occident…
    Au-delà du fait qu’on ne peut réécrire l’Histoire et qu’il nous faut faire avec, et résoudre les problèmes actuels (et Dieu sait si nous en avons), non les problèmes passés ; je serais curieux de savoir ce que l’auteur aurait fait, comme dirigeant français, à l’été 1914 et un peu avant. Un coup de baguette « libérale » magique et les dirigeants austro-hongrois comme allemands seraient rentrés à la niche, sans aucun doute… ou pas.

    Parler de la WWI comme, peu ou prou, de la cause de tous les maux, c’est se tromper de perspective. Les atteintes au libéralisme, si tant est que nos pays – la France en l’occurrence – aient jamais été « libéraux », sont bien plus anciennes et multiformes ; il vaudrait mieux chercher du côté de l’évolution des mentalités, et de ce point de vue on peut remonter bien plus loin que la WWI.
    Que la WWI ait servi d’accélérateur à des phénomènes en gestation, qu’elle ait précipité, au sens chimique du terme, les choses, est indéniable. La présenter comme la racine de tous nos maux est en revanche une grossière erreur de perspective.

  • Issu d’un commentaire sur le site de Causeur :

    · Quand j’étais gamin, je l’ai déjà écrit ici, nos sorties scolaires c’était le 11 novembre et le 8 mai, autour du monument au mort, puis au carré militaire du cimetière du village. Les anciens combattants ont porté le drapeau aussi longtemps qu’ils l’ont pu. Et puis ensuite plus personne ne l’a porté. Il n’y avait plus personne ni le 11 novembre, ni le 8 mai. On a quand même gardé les jours férié, acquis sociaux arrachés à la pointe de la baïonnette sans doute, et ça on ne revient pas dessus, non mais !
    Alors ce fut essentiellement aux militaires de célébrer leurs anciens, de plus en plus entre eux. Pour ne pas déranger.

    Sauf que parfois viennent les temps maudits des jubilés, des centenaires, où il faut bien sûr marquer le coup, non pas pour célébrer le sacrifice des anciens mais pour expliquer combien c’était inutile. On ne fête plus ceux qui ont combattu pour leur pays, mais on dit que c’était quand même un peu con de faire la guerre, et au passage on encense les fameux fusillés, ceux qui ont voulu se soustraire à leurs devoirs. Finalement c’est eux qui avaient tout compris, hein !
    Et on en arrive à ça, à la profanation, mais ludique, parce que c’est ça qui compte :

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  • Je souhaiterais juste apporter une précision sur la seconde guerre mondiale.

    Certes l’armée française a été battue en six semaines. Elle a tout de même perdu près de 100.000 soldats en 6 semaines. Imaginez un peu le ratio par jour. Ensuite, l’armée de l’air française, bien qu’inférieure à la Luftwaffe, a abattu près de 900 appareils allemands (surtout des chasseurs). Appareils qui feront défaut à l’Allemagne pour la bataille d’Angleterre.
    L’armée française a sauvé l’armée professionnelle britannique à Dunkerque en retardant au maximum l’avancée allemande. Si l’Angleterre perd son armée à Dunkerque, elle fait la paix. L’URSS est seule,sans aide anglaise, les USA n’auront aucune base européenne pour intervenir. Donc sans Dunkerque, le sort de la guerre aurait été complètement différent.
    Ensuite à Bir-Hakeim, les français sauvent les anglais, leur permettant de faire retraite sur El-Alamein. Sauvant ainsi le canal de Suez et le pétrole irakien vital pour les anglais.

    Donc il n’est peut-être pas juste de dire que l’armée française était hors-jeu dans la seconde guerre mondiale. Une partie mineure de cette armée a infléchi au moins par trois fois le cours de la guerre.
    Je vous accorde cependant qu’à la sortie de ce conflit, la France n’est plus une grande puissance.

  • je dois dire que ce genre d’exercice de pensée me semble vain.
    il est quasiment irréfutable.

    Qui peut prétendre savoir quel aurait été l’avenir du monde sans la 1ERE guerre mondiale .

    une telle guerre ne fait pas partie des choses qui constitue un « experience » qui apprend le sens des choses.;comme par exemple on connait le résultat du communisme…

  • « C’était il y a cent ans.Et c’était hier » Hier justement dans une ville de 40 000 hab , à peine 40 personnes « civiles » hors élus ,anciens combattants,pompiers ,associations et 5 élèves choisis pour lire un texte!
    Par contre GMS et autres conneries ouvertes!!!!!Ce ne devrait être férié que pour les représentants de ces commémorations et quelques civils choisis ce jour là comme en Angleterre par exemple.Que diraient les syndicats?un jour en moins le scandale!

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