Augmenter les impôts des riches ne fait pas augmenter les recettes

Malibu Coast by Chuck Abbe (CC BY 2.0) — Chuck Abbe, CC-BY

La Californie est en train de devenir une nouvelle France. On fait tout pour taxer et chasser les plus fortunés. Sauf que là-bas non plus, ça ne marche pas.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

La Californie est en train de devenir une nouvelle France. On préfère les pauvres aux riches, on fait tout pour taxer et chasser les plus fortunés. Sauf que là-bas non plus, ça ne marche pas. Cela provoque même l’effet contraire.

En 2012, après referendum et pour l’impôt local sur le revenu, une hausse (de 10,3 % à 13,3 %) du taux marginal supérieur des contribuables gagnant plus de un million de dollars a été décidée. Les taux appliqués aux personnes gagnant plus de 250 000 dollars par an ont aussi augmenté d’un à deux points de pourcentage.

Les démocrates ont approuvé. Les économistes de Stanford, Joshua Rauch et Ryan Shyu, ont analysé la réaction des intéressés (Prop. 30 de leur étude). Ils ont d’abord remarqué un nombre accru de départs chez ceux dont le revenu dépassait deux millions de dollars, phénomène encore plus notable au-delà de cinq millions : le pourcentage de départs passe alors de 1,5 à 2,125. Cela signifie essentiellement que la probabilité qu’un résident riche quitte la Californie augmente d’environ 40 % après une hausse d’impôts.

Ensuite, les économistes ont examiné l’évolution des revenus en comparant les déclarations fiscales avant et après la hausse de l’impôt. Ils ont constaté que

« les revenus les plus élevés en Californie rapportent en moyenne 522 000 dollars de moins en 2012, 357 000 dollars de moins en 2013 et 599 000 dollars de moins en 2014. »

Les économistes ne donnent aucune explication, mais il se peut que les hauts revenus aient réagi à la hausse des impôts en travaillant moins ou en différant les rémunérations.

En conclusion, selon l’étude, la migration et les réponses comportementales des contribuables ont effacé 45,2 % des gains attendus de la hausse de l’impôt sur les principaux revenus. Cela est d’autant plus intéressant que certains économistes, comme Thomas Piketty, soutiennent que les riches ne se soucient pas des taux d’imposition marginaux et que le relèvement du taux de revenu maximum à 70 % n’affectera pas les revenus ni les incitations à travailler.

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