Plaidoyer pour les arômes de cigarette électronique

Vaping vs.smoking by Vaping 360(CC BY 2.0) — Vaping 360, CC-BY

L’interdiction d’un produit utilisé par des millions de consommateurs adultes pourrait provoquer une recrudescence du tabagisme et donner naissance à un marché noir pour les liquides aromatisés illicites.

Par Guy Bentley1.
Un article de Reason

L’absence de combustion est la raison principale du succès des cigarettes électroniques, dispositif qui réduit les méfaits du tabac.

Cigarette électronique VS cigarette

Bien qu’elle crée une dépendance, ce n’est pas la nicotine qui est responsable des maladies liées au tabagisme, mais le processus de combustion du tabac et d’inhalation de la fumée.

Les cigarettes électroniques autorisées contenant de la nicotine sont connues pour être 95 % plus sûres que les cigarettes combustibles et sont le dispositif le plus populaire que les Américains utilisent pour arrêter de fumer.

Les dernières recherches publiées dans le New England Journal of Medicine (NEJM) montrent que les cigarettes électroniques sont presque deux fois plus efficaces que les thérapies de remplacement de la nicotine (TRN) pour aider les fumeurs à arrêter. L’étude s’appuie sur des années de recherches empiriques montrant des résultats similaires.

Depuis que les cigarettes électroniques ont commencé à gagner en popularité aux États-Unis à partir de 2011, le taux de tabagisme des adultes a diminué à un rythme considérablement accéléré. Après des décennies de déclin constant, le taux de tabagisme chez les adultes s’est stabilisé entre 2004 et 2010 à 20-21 %. Mais, entre 2011 et 2017, le taux de tabagisme chez les adultes a chuté de 19 % à 14 %. Le taux de tabagisme chez les jeunes a chuté encore davantage, passant de 15,8 % en 2011 à 8,1 % en 2018.

Comment les arômes aident les fumeurs à passer à la vape

Les enquêtes et les recherches universitaires montrent invariablement, que contrairement à la croyance populaire, les cigarettes électroniques aux arômes de fruits, de bonbons et de desserts sont les choix les plus populaires chez les vapoteurs adultes. Ces arôme sont maintenant, plus souvent que jamais le premier choix pour les fumeurs qui cherchent à passer au vapotage. De plus en plus d’études montrent que non seulement les arômes autres que le tabac sont les plus populaires chez les vapoteurs adultes, mais aussi qu’ils aident à arrêter de fumer.

Une étude réalisée en 2017 par des chercheurs de la Yale School of Public Health et publiée par le National Bureau of Economic Research analysant l’impact de l’interdiction des arômes de tabac a conclu :

« Comme nous l’avions prédit, l’interdiction des cigarettes électroniques aromatisées pousserait les fumeurs à fumer des cigarettes combustibles, qui se sont révélées être le moyen le plus dangereux d’obtenir de la nicotine. »

Les auteurs ont conclu que l’interdiction des arômes de cigarettes électroniques « réduit l’attrait des cigarettes électroniques pour ceux qui cherchent à cesser de fumer ; les cigarettes électroniques se sont avérées utiles comme dispositif pour que ces personnes arrêtent de fumer, et on constate qu’elles ont une préférence pour les cigarettes électroniques aromatisées ».

Ce jugement est partagé par Michael Siegel, professeur de sciences de la santé communautaire à la Boston University School of Public Health. Il écrit :

« En créant des restrictions à un produit beaucoup plus sain, ces lois forceront simplement les anciens fumeurs à recommencer à fumer la cigarette.

Les législateurs font une énorme faveur non pas à la santé publique, mais à Marlboro, qui aura une aubaine sur le marché des ex-fumeurs puisque toute sa concurrence venant des produits de vapotage et une partie de la concurrence de la marque n°2 (Newport) est éliminée. »

S’il est vrai que les arômes peuvent jouer un rôle dans la tendance qu’ont certains jeunes à vapoter, les recherches disponibles suggèrent que c’est seulement l’un des nombreux facteurs et souvent pas le facteur principal. Les cigares, le tabac à pipe, le tabac sans fumée et les thérapies de remplacement de la nicotine sont disponibles dans une multitude de saveurs sucrées, pourtant leur consommation reste extrêmement faible chez les jeunes.

En 2019, 1,6 % des jeunes Britanniques de 11 à 18 ans utilisaient des cigarettes électroniques plus d’une fois par semaine et plus des trois quarts des jeunes de 11 à 18 ans n’ont jamais essayé les cigarettes électroniques ou n’en sont pas familiers. Et c’est à peu près la même proportion aux États-Unis. L’âge légal pour acheter du tabac au Royaume-Uni est de 18 ans.

Beaucoup craignent que les cigarettes électroniques, depuis qu’elles sont entrées sur le marché américain, puissent servir de « porte d’entrée » au tabagisme conventionnel. Heureusement, ce n’est pas le cas. Malgré l’augmentation inquiétante des taux de consommation de cigarettes chez les jeunes, le tabagisme chez les mineurs n’a cessé de diminuer chaque année depuis que les cigarettes électroniques ont commencé à gagner en popularité. Les plus récentes données de l’Enquête nationale sur la consommation de drogues et la santé montrent que le tabagisme chez les 11-17 ans a chuté à son plus bas niveau jamais enregistré, soit 2,7 % en 2018.

Conséquences imprévues

Un sondage USA Today/Ipsos montre que 59 % des Américains pensent qu’une interdiction du vapotage pousserait les consommateurs vers le marché noir. Un enquête menée par Wells Fargo auprès des revendeurs de tabac montre que plus de 70 % d’entre eux sont d’accord pour dire qu’une interdiction des saveurs de cigarettes électroniques serait un avantage pour les cigarettes combustibles.

L’interdiction peut éliminer l’offre légale d’un produit, mais elle ne peut éliminer la demande. L’interdiction d’un produit utilisé par des millions de consommateurs adultes pourrait provoquer une recrudescence du tabagisme et donner naissance à un marché noir pour les liquides aromatisés illicites. La production et la vente de ces liquides ne seront pas réglementées par la FDA et pourraient nuire aux consommateurs par le biais de produits contaminés et frelatés.

Traduction pour Contrepoints par Phoebe Ann Moses de The Public Health Case for E-Cigarette Flavors.

  1. Guy Bentley est directeur de la liberté des consommateurs à la Reason Foundation, un think tank à but non lucratif défendant la liberté de pensée et le libre marché.
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