Il n’y a pas d’Humanité B, mais il y a au moins une planète B, Mars

Nous avons atteint l’âge du départ vers les étoiles et à notre tour il faut maintenant oser partir.

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Il n’y a pas d’Humanité B, mais il y a au moins une planète B, Mars

Publié le 9 octobre 2019
- A +

Par Pierre Brisson.

Nos contemporains conscients doivent effectuer une révolution copernicienne. Encore plus que la Terre, notre « planète-A », ce qui compte c’est la vie, notre vie ou plutôt celle de notre espèce, petite pousse d’un rameau perdu à l’extrémité de notre arbre phylogénétique et sa concrétion la plus aboutie.

Bien entendu la Terre est notre mère et nous vivons toujours d’elle comme des enfants non sevrés. Il n’est pas question de déprécier son importance et de ne pas faire tout notre possible pour ne pas l’épuiser, la faire vieillir prématurément, l’enlaidir. Nous devons prendre soin d’elle avec sollicitude et avec amour.

Mais un jour, certains d’entre nous devront partir pour porter ailleurs la vie qu’elle nous a donnée. Le refuser ferait de ceux qui en seront capables, des ingrats ou des jouisseurs égoïstes et paresseux.

Bien sûr nous ne pourrons pas tous partir et certains partiront et mourront. Toutes les graines ne germent pas.

Ce que je veux dire c’est que de toute façon nous sommes uniques et que cela nous oblige. La probabilité d’une autre espèce consciente, intelligente, communicante et constructrice dans notre petit coin de l’Univers est extrêmement réduite et aucune autre (s’il en existe) ne partagera notre histoire, nos sentiments qui font que nous sommes des êtres humains et ne pourra remplacer l’accumulation des créations intellectuelles dont nous sommes porteurs et que nous voulons préserver, transférer à nos descendants.

Si nous décidons de partir

La planète-B n’est pas étiquetée comme telle, nulle carte ne l’indique, mais elle le deviendra si nous l’adaptons au moins en petite partie à nos besoins vitaux, si nous nous adaptons nous-mêmes aux contraintes qu’elle nous imposera et si nous nous y établissons. Et il y en aura plusieurs si nous décidons de « partir ». Sa première version sera évidemment Mars puisque nous savons aujourd’hui que nous disposerions du nécessaire pour y survivre, donc y vivre et y prospérer. Et ensuite il y en aura d’autres. Chaque fois ce sera difficile, encore plus difficile que difficile, mais à chaque étape notre technologie aura évolué et nous permettra d’aller plus loin et de « faire mieux ».

À chaque époque ses défis. Nous avons jadis quitté l’Afrique (ou le « Paradis ») et sa douceur de vivre pour aller vers le Nord, aux nuits froides, aux longs hivers sans fruits et aux forêts désertes de nos semblables mais pleines de dangers et de dragons supposés plus que réels. D’autres se sont lancés sur leurs pirogues, des rives du continent eurasiatique ou du bout de l’archipel indonésien, à l’assaut de l’océan Pacifique sans savoir s’ils trouveraient une autre terre pour les accueillir une fois que leurs provisions seraient consommées.

Les derniers d’entre eux avec Hotu-Matua sont arrivés jusqu’à Rappa-Nui après avoir bu leur dernière goutte d’eau douce et les avant-derniers, Alacaloufes, descendus depuis le détroit de Béring dans ce qui deviendra l’Amérique, sont parvenus à l’autre bord du monde et y sont restés puisque de l’autre côté il n’y avait plus rien qu’un continent de glace où il ne pouvaient pas vivre.

Nous avons atteint l’âge du départ vers les étoiles et à notre tour il faut maintenant oser partir.

NB : Remerciement à mon ami Patrick Sibon, de Marseille, qui a évoqué cette idée d’humanité-B. Si on la considère, tout change. Encore plus que la planète c’est notre humanité qu’il faut sauver car cette dernière est encore plus précieuse que son support. La Terre vide d’Hommes n’auraient littéralement aucun sens puisque le sens est en nous.

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  • Ouais ,tous partis pour voir si l’herbe etait plus verte ailleurs ,ils partaient vers l’inconnu ,ils avaient des excuses pour echouer surtout que ces migrations etaient ineluctables ,une question de vie ou de mort…allez sur mars c’est comme vouloir aller vivre dans le sahara profond , la ou il n’y rien , en sachant ce qu’il nous attend là-bas..faut etre fada ou suicidaire !

    • Je ne suis ni fada ni suicidaire. Nous avons tout prévu et pouvons théoriquement vivre sur Mars avec les technologies d’aujourd’hui, en utilisant les ressources locales et en apportant, bien entendu, l’indispensable qui n’est pas productible dès le départ sur Mars.
      In fine cela est transportable, recyclable ou renouvelable. Renseignez vous si cela vous intéresse. Allez lire mon blog « exploration spatiale » dans le journal « Le Temps », suisse.

      • 1. il me semble qu’il faut être abonné pour lire « le Temps »

        2. J’ai envie de vous dire : puisque vous dites que c’est parfaitement possible, eh bien montrez l’exemple…

        • Mais nous montrerons l’exemple, ne vous « inquiétez » pas. Il faut juste (1) qu’Elon Musk termine son lanceur Super-Heavy et son vaisseau spatial Starship (c’est en bonne voie) et qu’on arrange le financement (ça aussi on y a pensé et c’est faisable).

          • Non non, ça ne marche pas : montrer l’exemple s’emploie à l’imparfait, pas au futur. Donc montrez l’exemple d’abord (ce qui suppose que vous aurez résolu les problèmes techniques, les problèmes de financement, les problèmes d’approvisionnement en nourriture, eau, etc. une fois là-bas) et ensuite, vous serez crédible.

            • Je ne vais pas exposer ici des dizaines de recherches qui montrent la faisabilité théorique de la création d’établissements humains sur Mars. Mais oui, les problèmes techniques, les problèmes de financement, les problèmes d’approvisionnement ont été abordés et traités. Lisez Cap sur Mars de Robert Zubrin, lisez « Embarquement pour Mars » du collectif Association Planète Mars dont je suis co-auteur.
              Je m’étonne des gens qui ont des positions péremptoires sur des sujets qu’ils n’ont pas pris le temps d’étudier. Si vous avez un point particulier qui vous semble particulièrement difficile à appréhender et à résoudre, interrogez-moi.

    • Oui en général les humains en société migrent par nécessité (climat, démographie, conflit..). Il y a les explorateurs mais ce ne sont que des explorateurs c’est à dire une expérience individuelle.

      • Les « expériences individuelles » seront impossibles sur Mars, l’environnement est trop dur. Par ailleurs l’éloignement et l’impossibilité de revenir moins de 18 mois après être arrivé à destination en étant parti dans une fenêtre qui ne se retrouve que tous les 26 mois, inciteront à un minimum d’installation permanente (même si au début la plupart des gens pour ne pas dire tous, voudront revenir sur Terre et seront effectivement « rapatriés »).

  • Hé M’sieur Pierrot,
    en attendant la fameuse planète B, vous me feriez une petite place dans votre pays B, mon pays A est foutu…

  • La colonisation de mars est un beau projet. Par contre c est helas pas pret d arriver: on est toujours pas capable d envoyer ne serait ce que 10 personnes la bas.

    PS: il faut bien avoir conscience que le taux de mortalite des premiers colons est extraordinairement Eleve. On a pas de nombre pour la colonisation de l europe ou de l amerique a la prehistoire. Mais en ce qui concerne l amerique, on a une Idee: la plupart des colons arrivee a l epoque de colomb sont mort rapidement

    • Il faut bien commencer!
      Mais ne vous inquiétez pas trop, la mort des premiers colons est moins que certaine car nous vivons une époque très « risk-adverse » comme disent les Américains. I
      l y a beaucoup de contraintes aujourd’hui imposées par les opinions publiques et les Etats pour la protection des vies humaines. Il y en a même beaucoup trop à mon goût, car elles infantilisent les gens et réduisent leur responsabilité.
      Par ailleurs, contrairement à l’époque de Colomb, on sait où l’on va et on connaît les risques.
      Ce qu’il faut craindre c’est cela, que les Etats interfèrent pour interdire ou plutôt retarder les départs (on finira toujours par trouver un point de lancement dans le monde)…en se mêlant de ce qui ne les regardent pas.

    • Certes mais à ma connaissance la plupart de ceux qui restent sur terre y meurent aussi plus ou moins rapidement.
      Et puis apparemment il y a des milliers de volontaires pour aller mourir ailleurs alors pourquoi les en empêcher?

  • Hélas, la planète Mars n’est pas assez massive pour posséder une atmosphère qui la rendrait habitable pour l’homme, même si dans quelques centaines de millions d’années, avec l’évolution du Soleil elle deviendra plus chaude que maintenant.
    Il faudra donc quitter le système solaire pour trouver une planète de la taille de celle de la terre et située à bonne distance de son soleil…

    • Je ne crois pas non plus à la terraformation de Mars mais ne vous inquiétez pas, on pourra vivre confortablement sur Mars dans des bulles pressurisées.
      Marchez vous plus de deux heures par jour hors d’une construction quelle qu’elle soit? Peu de personnes le font. Il faudra simplement porter un scaphandre lorsqu’on sera « dehors » et ils seront de plus en plus confortable.

      • Pour l’instant, ça ne présente pas d’intérêt, sauf à titre expérimental. La terre ne sera plus habitable que dans un peu plus d’un milliard d’années. D’ici là, que serons-nous devenus ? Une espèce éteinte ou superieurement intelligente pour quitter le système solaire ?

        • C’est vous qui dites que ça ne présente pas d’intérêt, « pour l’instant »!
          Je répondrai qu’il n’est pas nécessaire d’attendre une catastrophe pour chercher et trouver une alternative à la Terre. L’établissement d’une colonie humaine sur Mars sera long et difficile; cela prendra du temps. Autant commencer maintenant.
          Et puis, s’il n’y a pas de catastrophe sur Terre, l’établissement d’une autre branche de l’humanité sur Mars dans un environnement très différent sera un enrichissement mutuel. L’essaimage hors de la Terre ne se conçoit pas seulement comme une solution à notre extinction.
          Sur le très long terme, il est évident que nous serons très différents, ceux qui auront quitté la Terre comme les autres. Il n’y a aucune raison que l’espèce humaine reste génétiquement stable sur plus de quelques petites centaines de milliers d’années.
          Les problèmes de nos successeurs génétiques seront différents des nôtres. Cependant on voit mal pourquoi ils garderaient « tous leurs œufs dans le même panier », c’est à dire sur Terre…si nous n’avons pas déjà nous-mêmes essaimé hors de la Terre.

  • Toute la science repose sur la répétition de mêmes phénomènes dans de mêmes conditions. Si un phénomène est unique, il échappe à la réalité scientifique, puisque nous n’avons alors plus aucun moyen de l’observer à plusieurs reprises, ni de le reproduire, ni de le modéliser.

    Ainsi, entendre que l’on ne trouvera pas de vie autre que sur la Terre, fait de la théorie de l’évolution un événement unique, ce qui lui enlève toute réalité scientifique.

    C’est le même problème avec le Big Bang: cet article part du principe que le Big Bang est un événement unique, car s’il était un événement cyclique, le monde actuel serait de toute manière condamné et vouloir sauver la vie serait utopique.

    Ensuite, cet article évoque d’autres croyances curieuses:
    en quoi est-ce « ingrat », « égoïste », ou « paresseux » de vouloir rester sur Terre? Si réellement « la Terre est notre mère », je trouve plutôt « ingrat », « égoïste » et « paresseux » de vouloir l’abandonner à son triste sort, il faudrait au contraire essayer de la sauver… Créer un bouclier de protection et un soleil de substitution ne me paraît pas bien plus difficile que d’aller conquérir l’univers…

    De même, en quoi notre unicité nous obligerait à quoi que ce soit? Dans une perspective matérialiste, il n’y a que l’espèce humaine qui se pose ce genre de questions, tout le reste, animaux, plantes et cailloux, n’en a strictement rien à faire. Il n’y aurait éventuellement qu’envers nos descendants que nous pourrions avoir des devoirs moraux, mais comme rien ne nous oblige à avoir des descendants, il n’y a pas d’obligation non plus à leur transmettre quoi que ce soit.

    Avant même de réfléchir à aller sur Mars, il faudrait déjà réussir à rendre cette planète pérenne: c’est-à-dire coloniser les déserts et les pôles, préserver les espèces animales et plantes, n’avoir plus qu’une consommation totalement recyclable, et arriver à un niveau de justice suffisamment mature, pour qu’une équipe de terriens puisse partir de ce monde sans en venir à s’entretuer (il ne faut actuellement pas grand chose pour en arriver à cela, simplement une radicalisation dans une certaine religion…).

    • Je ne nie pas la probabilité forte de l’évolution ailleurs que sur Terre. Au contraire je suis persuadé qu’un environnement planétaire favorable peut conduire à un niveau de complexité élevé. Ce que je dis c’est que la probabilité d’un type de complexité telle que la nôtre est improbable compte tenu des accidents qu’on a connu lors de la création du système solaire puis ensuite dans notre environnement et qui ont conduit jusqu’à nous. C’est un peu comme une empreinte digitale et quand même le passage des procaryotes aux eucaryotes est très improbable, l’utilisation de l’oxygène est très improbable, etc…
      La science actuelle parle d’une accélération de l’expansion et la théorie du big crunch après le big bang est dans l’état de la connaissance, plus qu’improbable.
      Vous voulez rester sur Terre et c’est bien sûr votre choix et ce sera le choix sans doute de la quasi totalité des hommes (sauf en cas de catastrophe planétaire). Cependant d’autres voudront partir et c’est notre choix, celui de l’aventure. Quant aux sentiments dont vous vous moquez vis à vis de la « Nature », je vous laisse votre opinion car je pense effectivement que nous avons un certain devoir moral de transmettre ce que nous avons reçu et réalisé de « bien » en tant qu’espèce vivante et en tant qu’espèce consciente et communicante.
      Pour ce qui est de réfléchir à aller sur Mars plutôt que s’efforcer de sauver la Terre, je crois qu’on peut faire les deux. Je ne vois pas « tout le monde » faire la même chose. Et bien sûr je suis « pour » la réutilisation, le recyclage, la maîtrise de la croissance démographique et pour éduquer une certaine partie de cette population pour qu’elle renonce à son idéologie mortifère.

      • @Pierre Brisson

        D’un côté vous parlez d’une probabilité forte de l’évolution avec un niveau de complexité élevé, de l’autre vous présentez une autre évolution comparable à celle de la Terre comme improbable, j’ai du mal à y trouver une logique scientifique. Tout comme pour le Big Bang comme événement unique, je préfère encore la logique d’une divinité créatrice, c’est plus pertinent.

        La science actuelle n’offre absolument aucune chance de survie à qui voudrait s’établir sur Mars et encore moins sur une planète d’un autre système solaire, je n’ai donc absolument aucun choix à faire, ni aujourd’hui, ni dans 50 ans. Car, cela fait 50 ans que des hommes ont marché sur la lune, et 50 ans que personne n’a réussi à reproduire cet exploit, au point que certains en viennent même à douter de sa réalité, donc Mars est franchement inaccessible.

        Je ne me moque pas de vos sentiments, mais ils semblent faire référence à une morale, dans laquelle je ne trouve ni évidence, ni logique. Croyez en cette morale, si cela vous amuse, mais sans moi.

        • Oui il peut y avoir une évolution forte de la complexité des molécules organiques mais je ne vois pas pourquoi cette complexification conduirait automatiquement à la vie. On peut aussi avoir des polymères organiques mais personne n’a pu encore démontrer la faisabilité de l’assemblage et la reproduction des assemblages. Le fait que ce soit arrivé une fois n’est pas une garantie que ça ait pu se reproduire une autre fois. Mais le sujet est intéressant d’où notamment la pertinence de la recherche de molécules organiques complexes sur Mars.
          Vous ne connaissez pas le sujet car autrement vous ne diriez pas que Mars ne permettrait pas la vie d’êtres humains venus de la Terre. Oui cela serait possible dans des bulles viabilisées, compte tenu du niveau technologique atteint en matière de « support-vie » (MELiSSA) et compte tenu de l’utilisation des ressources minérales et atmosphériques de la planète (ISRU). Bien entendu au départ il faudra prévoir le retour sur Terre de la totalité des personnes parties, lorsque les conditions synodiques des planètes le permettent (donc après 18 mois de séjour et 24 mois du départ de la Terre, pour un voyage de retour de 6 mois).
          Si on n’est pas allé sur Mars depuis 50 ans c’est qu’on a pas voulu y aller. On a préféré s’engager dans l’ISS pour faire « quelque chose » avec la Russie qui sortait de l’URSS. La fusée Saturn V aurait permis le voyage. Les conditions de support vie n’étaient peut-être pas suffisamment développées mais on aurait pu y travailler.
          Je me moque que vous ne partagiez pas mes sentiments. Je les trouve parfaitement logique, dans la ligne de notre homéostasie mais loin de moi l’idée de vouloir contraindre qui que ce soit.

          • @ Pierre Brisson

            Si plusieurs bulles cassent, où trouvez-vous de quoi les réparer?

            Comment nourrissez-vous tout ce monde? Il faut des élevages, des plantations, de l’eau. Si une fuite d’air a lieu dans la bulle, où trouvez-vous l’oxygène manquant?

            Comment gérez-vous les déchets? Comment soignez-vous les malades? Il faut des médicaments, des fabriques de médicaments. Où trouvez-vous de l’énergie, car il faudra également produire de l’électricité, et en grande quantité, ne serait-ce que pour maintenir un climat tempéré sachant que Mars a des températures bien plus extrêmes que la Terre. Comment réparez-vous une fusée qui a un problème?

            La survie sur Mars dépend d’un haut niveau technologique, si vous n’avez pas tout le savoir-faire et la capacité de production de ce haut niveau technologique, le moindre petit problème mettra une fin brutale et définitive à l’expérience.

            Or ce haut niveau technologique est actuellement disséminé dans des milliers d’usines et dépend du savoir-faire de milliers de personnes. Il est impossible de mettre tout cela dans une fusée, et en cas d’urgence, les martiens ne pourront pas se permettre d’attendre pendant 6 mois sur un ravitaillement terrestre.

            La conquête de l’Amérique n’était pas un grand problème, puisqu’il y avait tout en Amérique ce dont l’Homme avait besoin pour sa survie, mais la conquête de l’antarctique fut un désastre, plusieurs expéditions ont été décimées pour trois fois rien, et encore aujourd’hui, les quelques postes là-bas ne survivent que grâce au ravitaillement massif de la Terre.

            • Vous abordez un grand nombre de sujets et je ne vais pas répondre à tous. Il faudrait un livre pour le faire et il en existe (lisez « The Case for Mars » de Robert Zubrin ou « Embarquement pour Mars » de l’Association Planète Mars, un livre dont je suis co-auteur) mais sachez que oui, bien sûr nous avons abordé tous ces sujets avec des gens extrêmement compétents, autrement nous ne nous lancerions pas dans cette aventure et je n’affirmerais pas des possibilités.
              Pour prendre un exemple. Il est prévu de fabriquer du verre et de l’acier sur Mars, à partir de la silice et du fer partout présents (ces matières seront utilisées pour les habitats et nous savons à quelle pression les panneaux de verre devront pouvoir résister en fonction du différentiel de pression entre intérieur et extérieur, nous savons donc quelle doit être leurs dimensions et leur épaisseur). L’énergie sera prioritairement l’énergie nucléaire (petits réacteurs à fission type Megapower du DOE) mais nous aurons aussi un peu d’énergie (appoint) solaire (irradiance moyenne de 700 W/m2 au niveau de l’orbite de Mars). Les déchets seront recyclés (voyez les travaux de MELiSSA entrepris dans le cadre de l’ESA) et bien sûr il y aura des pertes mais elles seront très limitées et la quasi totalité sera récupérable à partir des matières premières martiennes. Les logiciels terrestres seront aussi utilisables sur Mars.
              Nous utiliserons au maximum l’impression 3D mais bien sûr certains équipements de haute technologie ne pourront pas être immédiatement productibles sur Mars et il faudra les importer.
              Vous êtes bien imprudent d’employer des termes comme « impossible ». Avec des gens négatifs comme vous, le progrès n’irait pas bien vite!

  • Le rêve est nécessaire à l’humanité. Ce sera tout d’abord une étape technologique enrichissante, et après on verra. Il faudra faire face aux écologistes qui veulent tout pétrifier sous 1 km de glace. La gangrène verte atteindra-t-elle aussi Mars ❓ Les gens inutiles et rêveurs resteront sur terre ou ils nuiront moins.

  • Vu le nombre d’étoiles, et donc de planètes dans notre galaxie, je ne suis pas d’accord avec votre affirmation :
    La probabilité d’une autre espèce consciente, intelligente, communicante et constructrice dans notre petit coin de l’Univers est extrêmement réduite.
    Les lois chimiques sont les mêmes partout dans l’univers, mais notre galaxie est si vaste, récemment révisée à 300.000 années lumières, que communiquer est impossible. La vie sur Terre est si variée et si abondante qu’on la trouve même dans des milieux où elle ne devrait pas prospérer, qu’il serait bien étonnant qu’elle fut rare ailleurs.

    • Renseignez vous sur le paradoxe de Fermi qui comme tous les paradoxes n’en est plus un quand on réfléchit suffisamment.
      Si la vie est probablement fréquente dans l’univers, son évolution jusqu’à un stade de développement technologique comparable au nôtre paraît extraordinairement improbable.
      Il doit y en avoir très très peu (voire pas du tout) et, s’il y en a, ils ne doivent pas survivre longtemps aux erreurs technologiques fatales que, comme notre espèce, ils sont appelés à commettre.

      Juste un exemple de cette improbabilité évolutive: pourquoi a-t-il fallu des centaines de millions d’années pour que nos vertébrés qui avaient pourtant toute l’agilité physique nécessaire inventent l’écriture?

    • Vous généralisez à partir d’un seul cas et je trouve cela plus qu’hasardeux, en fait tout à fait irrationnel et « terracentré ».
      La « réponse par l’infini » pour supposer une vie analogue à la nôtre « ailleurs » revient à ne rien démontrer du tout.
      Vous ne pouvez absolument pas déduire un automatisme, quel qu’il soit, du fait des lois chimiques. Ces lois chimiques sont certes les mêmes partout mais la succession d’événements qui a conduit des premières molécules organiques aux premières cellules puis des premières cellules à notre vie est unique et non reproductible à l’identique. Nous sommes uniques du fait de cette histoire et il n’y a aucune raison pour que la vie soit parvenue à l’équivalent de l’homme quelque part « ailleurs ».
      NB: La Voie Lactée fait toujours 100.000 à 120.000 années-lumière de diamètre (sa dimension n’a pas été révisée). De toute façon seules quelques portions de l’Univers sont en « zone habitable » car (1, dans le temps) il a fallu que la métallicité de l’environnement se développe suffisamment pour permettre à la matière dont nous sommes constituées d’être suffisante (donc rien de possible avant à peu près l’âge du Soleil, il y a 4,570 milliards d’années); (2, dans l’espace) seule une région relativement périphérique des galaxies du type de la nôtre devrait être habitable (pas trop de supernova ou de rayonnements). Le réglage est surement assez fin. Cela réduit encore les probabilités.

  • Tout semble pensé et prévu à l’avance par des « ceux qui savent » mais dans la réalité rien n’est vraiment fait. Ces sociétés savantes sont presque un obstacle à la conquête spatiale avec leur désir de tout prévoir. Je préfère, et de loin, l’approche d’Elon Musk qui préfère aller de l’avant avant d’optimiser. Son STARship sera mis au point et déterminé au fur et à mesure des essais et c’est une bien meilleure approche. C’est pourquoi spacex ira probablement sur Mars alors que d’autres seront encore perdus dans leurs spéculations intellectuelles.

  • Je propose à l’auteur une petite Mars, 10 fois plus petite, certes, mais au moins 1000000 de fois moins cher : l’Antarctique.

    • Mais si on veut aller sur Mars, c’est aussi (pas seulement) pour ne pas rester sur Terre, pour essayer « autre chose ». L’Antarctique n’a d’intérêt que comme terrain d’essai (pour certaines situations analogues).
      Comme beaucoup de critiques de notre projet, vous restez trop « terracentré ».

  • Je trouve complètement absurde les voyages dans l’espace…. La probabilité de trouver un monde compatible avec nos exigences de vie est quasiment nulle à faible distance de la terre. Quelques millions d’années lumière quand même.
    Quant à Mars, gravité très faible donc problèmes musculo squelettiques majeurs, atmosphère irrespirable et rayons cosmiques qui altèrent notre ADN. C’est maintenant démontré…
    Quant à dire que la terre sans l’humanité n’a pas de sens, je laisse cette affirmation à son auteur, manifestement très ethnocentré.
    Que l’humanité essaie de s’améliorer sur notre belle planète et ce sera déjà un noble objectif

    • Là je crois que vous avez un problème avec les distances. Des millions d’années-lumière c’est beaucoup. N’oublions pas que nous sommes dans la voie lactée et que cette galaxie fait 120.000 années de diamètre et qu’elle compte plus de 100 milliards d’étoiles.
      Mais là n’est pas le sujet. Il n’est pas nécessaire de retrouver une planète habitable de type terrestre (tournant à une distance respectable d’une étoile comparable au Soleil, telle que l’eau liquide coule en surface) mais on peut trouver des planètes qui s’approchent de cet idéal, comme précisément Mars.
      Oui, Mars à une gravité légèrement supérieure au 1/3 de la gravité terrestre. Mais comme l’homme sur Mars devrait porter des protections, notamment quand il sortirait à l’extérieur de la base pressurisée, le poids de la masse de cet équipement correspondra à peu près à la différence entre poids terrestre et poids martien. A l’intérieur de la base, on pourra porter des semelles de plomb (ou équivalent!).
      L’atmosphère est irrespirable (CO2) et il n’est évidemment pas question de la respirer! Mais le CO2 a une composante, l’Oxygène, et on peut l’extraire assez facilement du CO2 moyennant un apport d’hydrogène – réaction de Sabatier – (comme on peut d’ailleurs le faire de la glace d’eau martienne).
      Les radiations au fond du cratère Gale ne sont pas plus intenses et puissantes que dans l’ISS. Il ne faut pas oublier qu’il y a une atmosphère sur Mars et qu’elle procure une protection égale à 20 cm d’eau (mesuré par Curiosity dans ce cratère). Par ailleurs on pourra se protéger des radiations solaires (protons) dans la base par une couverture de glace d’eau (riche en protons) de 20 à 30 cm ou, mieux (contre les radiations HZE), de 2 mètres de régolite. On pourra aussi creuser des falaises, etc…Donc les radiations sont certes un problème mais on peut le surmonter.
      NB: il est évidemment totalement exclu de vivre en plein air sans scaphandre…mais personne ne l’envisage sauf les amateurs de terraformation (qui pour moi est de la science-fiction).
      Je persiste à penser que pour des êtres humains, une Terre sans êtres humains n’a effectivement aucun sens et aucun intérêt (d’ailleurs personne ne serait là pour en discuter!).
      Beaucoup de gens s’occupent déjà de s’améliorer sur notre belle planète. C’est très bien et je leur souhaite plein succès…mais « ce n’est pas mon truc »! On ne va pas tous faire la même chose.

      • A ce propos j’en profite pour poser une question. Pourquoi ne pas considérer Hellas Planitia plutôt? Il semble que ce soit le meilleur endroit pour la colonisation. La pression est plus élevée, l’eau liquide en surface est possible, la partie nord est assez proche de l’équateur. Je ne comprends pas pourquoi aucune sonde n’y a été envoyée d’ailleurs.

        • Vous avez raison. Se poser dans Hellas Planitia serait très intéressant puisque, compte tenu de l’altitude très basse (environ -8km par rapport au « datum »), l’eau peut y être liquide dans une fourchette de quelques degrés.
          Je pense que les personnes responsables de la « protection planétaire » s’y opposent précisément pour cette raison. C’est un peu contradictoire mais on veut rechercher la vie sur Mars sans « polluer » les endroits où elle pourrait se trouver ! Selon moi ces « responsables » ont tort car la vie martienne, si elle existe, ne devrait pas être construite avec les mêmes briques et devrait donc être assez facilement identifiable (par rapport à la vie terrestre).
          Autre raison, s’éloigner de l’équateur implique une consommation d’énergie et donc une charge utile déposée au sol, moindre.

  • M. Brisson,
    Vous semblez terriblement optimiste et passionné par votre propos et cela est tout à votre honneur.
    Après tout, je resterai sur terre et vous irez sur Mars et cela sera très bien. L’homme n’a jamais supporté les limites de ses horizons et nous n’allons pas changer cela. Cela dit, je persiste à penser que le vie sur Mars sera très difficile et sans doute engendrera-t-elle une évolution physique des humains qui y vivront longtemps. Mais ce sera alors leur choix.

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Par Gérald Autier.

En décembre 2020, le Planetary Science Journal publiait les résultats du traitement de clichés que le téléscope Hubble avait pris de (16) Psyché, un astéroïde de la ceinture principale d’une masse précédemment estimée à (2.72 ± 0.75) × 1019 kg. Les auteurs de cette étude émettent l’hypothèse que Psyché est essentiellement composé de fer et de nickel.

La mission Psyché que la NASA prévoit de lancer en août 2022 permettra certainement d’en apprendre plus encore sur ce corps céleste.

D’aucuns se sont d’ore... Poursuivre la lecture

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