Donald Trump est-il le messie ?

Donald Trump by Gage Skidmore(CC BY-SA 2.0)

La démocratie et la monarchie ont plus de choses en commun qu’on pourrait le croire… notamment le niveau d’incompétence de leurs dirigeants.

Par Bill Bonner.

Les marchés semblent nerveux.

La source approximative de ce malaise, c’est la crainte que Donald Trump ait décidé d’opter pour la guerre totale. Oui, cher lecteur, peut-être que nous nous trompons en réalité sur toute la ligne, concernant le président américain.

Et si au lieu d’être le génie de l’auto-promotion rusé, cynique, calculateur et sournois que nous pensions, Donald Trump se révèle en fait être un imbécile de bonne volonté, décidé à améliorer le sort du monde ?

Et si sa guerre commerciale n’était pas la guerre factice que nous supposions, mais bien une croisade messianique lancée par un croyant convaincu ?

Tout le monde hors de la Chine !

Il y a quelques jours, le président américain a annoncé à la planète qu’il était « l’Élu » pour gérer le problème chinois (quel que soit le problème en question), à la suite de quoi il a tweeté une proclamation…

Désormais, les entreprises américaines doivent se retirer de Chine ; elles ne devront rien avoir à faire avec l’Empire du Milieu – du moins, bien entendu, jusqu’à ce que leurs lobbyistes graissent la patte de la bonne personne au sein du Deep State.

Ensuite, durant le week-end, M. Trump a laissé échapper qu’il avait des regrets sur toute cette histoire de guerre commerciale. La presse a eu du mal à s’en remettre ; c’était la première fois que M. Trump montrait une ombre de doute ou de réflexion. Un attaché de presse de la Maison Blanche s’est empressé de clarifier la situation : le président regrettait de n’avoir pas frappé les Chinois encore plus fort !

De droit divin… ou par les urnes ?

L’une des caractéristiques les plus remarquables de la démocratie américaine moderne, c’est qu’un président peut l’emporter avec le soutien d’un tiers seulement des citoyens adultes du pays, après quoi il se sent le droit de dicter la conduite des deux autres tiers.

À l’époque des rois et des reines, un monarque justifiait son pouvoir en se basant sur le droit divin : Dieu lui-même l’avait choisi. Aujourd’hui, il s’appuie sur une source de pouvoir plus profane : le vote de la majorité.

Si l’on en juge par les preuves existantes, les élus de la démocratie ne sont pas meilleurs dirigeants que les accidents de naissance qui nous ont donné le Roi Soleil ou Louis de Bavière, le roi fou.

Le Venezuela a élu les cinglés qui sont au gouvernement actuel ; les récentes élections en Argentine ont mené à une chute instantanée de 50 % sur les actions. Hitler a remporté 44 % du vote populaire en 1932 ; Trump a obtenu 46 % en 2016.

C’est une loterie génétique qui a placé sur le trône de France le roi Charles VI qui refusait de se laver et était convaincu d’être fait de verre, ainsi que Ferdinand Ier d’Autriche, resté célèbre principalement par sa volonté de manger des beignets à l’abricot.

Mais ce sont les urnes qui ont permis à George W. Bush d’accéder à la Maison Blanche ; apparemment pour se venger d’un attentat contre New York, il a déclenché une guerre à 5000 milliards de dollars contre un pays qui n’avait rien à voir avec l’affaire.

Les dindes votent en faveur de Noël

Pour autant que nous sachions, les électeurs n’ont jamais rejeté un candidat parce qu’il était trop idiot, trop ignorant ou trop malveillant. Ils ressemblent plutôt à des dindes votant pour que Noël soit un jour férié.

Il ne semble pas non plus y avoir de limite aux inventions cinglées et meurtrières qu’un dirigeant peut commettre. Staline approuvait personnellement les listes des milliers de personnes qui seraient envoyées au goulag. Barack Obama avait lui aussi une liste personnelle de gens à assassiner.

Toujours plus de fausse monnaie

Tout cela nous amène à la dernière escalade dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

Le principal argument pour la réélection de M. Trump, c’est l’économie américaine. Les gens pensent qu’elle se porte bien. Pour maintenir cette illusion, M. Trump doit injecter davantage de fausse monnaie dans le système.

Comment ?

Une autre réduction d’impôts ? Nancy Pelosi, démocrate à la tête de la Chambre des Représentants, n’acceptera jamais une baisse d’impôts avant l’élection. Les démocrates veulent que l’économie chancelle en 2020, pas qu’elle soit solide.

De grands projets d’infrastructure ? Là encore, les démocrates ne feront rien pour stimuler l’économie avant l’élection. Ils espèrent gagner en 2020 pour dégainer leurs propres gabegies.

Des baisses de taux ? Oui, elles peuvent injecter du silicone dans la chair flasque d’un marché haussier vieillissant, mais les banques membres et les spéculateurs peuvent déjà emprunter aux alentours du taux d’inflation. Quelques points de base en moins ne feront pas une différence majeure dans l’économie.

Par ailleurs, Jay Powell, président de la Réserve fédérale, commence à montrer un peu de cran.

La semaine dernière, le président a une nouvelle fois accusé la Fed de causer la volatilité boursière mais Powell a rétorqué que la guerre commerciale était en cause.

Une fausse bataille

Pas de réduction d’impôts, pas de gabegies, pas grand’chose de la part de la Fed… que reste-t-il ?

La guerre commerciale avec la Chine !

C’est une bataille que M. Trump a besoin de remporter. Attendez un peu… que voyons-nous là ? Hier, M. Trump a annoncé que les discussions commerciales allaient reprendre. Les actions ont regagné du terrain !

Quelle surprise !!

Nous nous en tenons donc à notre prédiction : Trump ne se lancera pas dans une guerre commerciale totale. Il trouvera un accord avec les Chinois avant l’élection de 2020. Une prédiction de plus : cela n’empêchera pas une récession ou un krach boursier.

Pour plus d’informations, c’est ici 

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