Quand votre banque vous facturera votre épargne

Taux négatifs et excès de création monétaire : on marche sur la tête… à quand le jour où vous devrez payer pour mettre votre argent en banque ?

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Comment est née la règle des 3% ?By: Images Money - CC BY 2.0

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Quand votre banque vous facturera votre épargne

Publié le 28 août 2019
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Par Bill Bonner.

Chaque semaine, nous atteignons de nouveaux sommets en matière de bizarrerie :

  • le total mondial de la dette à taux négatif est passé à 17 000 milliards d’euros
  • près de 15 % des entreprises du S&P 500 ne gagnent plus assez d’argent pour couvrir ne serait-ce que les intérêts de leurs prêts
  • le rendement des bons américains à 30 ans est passé sous les 2 % — inférieur au rendement du T-Bill à 30 jours
  • les banques danoises offrent des prêts immobiliers à 0 % en taux fixe sur 20 ans

Oui, grâce aux taux négatifs, vous pouvez désormais contracter un crédit immobilier à taux fixe et 0 % d’intérêt pendant 20 ans.
Vous empruntez l’argent. Vous achetez la maison. Vous la revendez 20 ans plus tard et vous rendez l’argent. Vous avez ainsi profité de deux décennies de logement gratuit.

Bizarrerie normale

L’esprit humain est candide et crédule. Plus les choses deviennent bizarres, plus les gens se démènent pour prouver qu’elles ne sont pas bizarres du tout.

Joe Weisenthal déclare sur Bloomberg que les taux négatifs sont parfaitement normaux :

 « Si l’on souhaite conserver de l’or, des montres et des objets sentimentaux dans une banque, on paie la location d’un coffre. Si l’on veut détenir du pétrole ou des céréales pour les utiliser ou les vendre l’an prochain, on paie le stockage dans une cuve ou autre emplacement. S’il y a un pic de l’offre de pétrole ou une récolte exceptionnelle de céréales, et que la capacité de stockage est limitée, on peut s’attendre à payer ces capacités de stockage encore plus cher. »

Abraham Lincoln a déclaré qu’on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps… mais on peut s’en approcher de très près.

Il y a un « excès » d’épargne, a expliqué Ben Bernanke.

C’est pour cette raison que les taux sont si bas, a-t-il expliqué, et c’est aussi pour cela que la demande des consommateurs et des entreprises est aussi faible. Personne ne veut dépenser ; tout le monde veut garder son argent.

Cette théorie ne correspond à rien du tout dans le monde réel, où les consommateurs luttent pour joindre les deux bouts… tandis que les taux d’épargne ont chuté, passant de 10 % du revenu national américain au siècle dernier à tout juste 2,5 % aujourd’hui.

Dans le même temps, les niveaux de dette – l’anti-épargne – ont grimpé en flèche. Sur les 10 dernières années seulement, la dette US totale, publique et privée, a grimpé de 40 %, soit environ 20 000 milliards de dollars.

Et pourquoi les consommateurs emprunteraient-ils sur des cartes de crédit à 15 %, s’ils ont une épargne abondante ne rapportant que 2 % ?

Pourquoi les étudiants emprunteraient-ils à 6 % pour payer leurs études ? Pourquoi les entreprises emprunteraient-elles à 4 % pour racheter leurs propres actions ?

Pourquoi la dette mondiale atteindrait-elle 250 000 milliards de dollars alors que tout le monde est censé stocker du cash à des rythmes record ?

Patriotisme et imbécilité

Tout cela n’a aucune logique. Mais la bataille contre l’épargne maléfique se poursuit.

Nous allons faire notre part, dans cet esprit d’imbécilité patriotique et suggérer des moyens permettant aux entreprises de gonfler leurs emprunts, leurs dépenses et leurs profits.

Elles pourraient par exemple distribuer leurs produits gratuitement – augmentant ainsi bien plus rapidement leurs parts de marché.

Dans la mesure où de nombreuses entreprises – surtout dans le secteur internet – sont jugées sur la croissance du nombre de consommateurs plutôt que sur les ventes ou les profits, ce serait à coup sûr une stratégie gagnante.

C’est une plaisanterie, bien entendu, mais cela ressemble de plus en plus à une prophétie.

Les banques américaines offraient autrefois des grille-pain à leurs clients lorsque ces derniers ouvraient de nouveaux comptes. Au Danemark, au moins, on leur donne désormais des maisons gratuites.

WeWork fait à peu près la même chose dans le secteur des locaux professionnels.

Ses déclarations financières montrent que l’entreprise perd plus de 5000 dollars sur chaque client, fournissant des services dépassant de loin ce que les clients sont prêts à payer.

Pourquoi pas, après tout ? S’il est raisonnable de prêter de l’argent à taux négatifs, peut-être que des prix négatifs sur ce que l’argent peut acheter sont tout aussi logiques…

Nous avons alors un conseil encore plus insensé à offrir à l’entreprise : qu’elle se loue les espaces de bureaux à elle-même. Elle pourrait alors baisser le chauffage, réduire les coûts et enregistrer un profit !

Il y a trop d’argent

Revenons à Joe Weisenthal, qui explique pourquoi tout cela est parfaitement logique :

« […] Il y a plein d’argent disponible alors que la capacité de stockage est limitée. Ainsi, de plus en plus, les épargnants vont devoir payer pour les services d’entreposage d’argent. […] Qu’il s’agisse de frais pour les cuves de pétrole, les coffres-forts, les agents de sécurité, l’assurance ou les gestionnaires de fonds, il n’est absolument pas contre nature de devoir payer pour préserver votre richesse. »

Qui est ce type, nous sommes-nous demandé ? A-t-il le droit de sortir en public ? Est-il naïf ? Mentalement déficient ?

Si vous voulez que quelqu’un garde votre Corvette, vous devrez payer. L’entrepôt vous fournit un service que vous payez.

Si vous prêtez votre Corvette à un autre pour qu’il l’utilise, en revanche, il n’y aurait aucun sens à ce que ce soit vous qui payez. C’est vous qu’il faudrait rémunérer.

De même, vous devriez tout à fait payer quelqu’un qui stocke votre argent. Mais si une personne veut utiliser votre argent – comme lorsque vous déposez de l’argent en banque ou achetez une obligation d’entreprise – c’est clairement l’utilisateur qui devrait payer, non le prêteur.

Il y a une différence entre stocker et prêter.

Dans une économie capitaliste, l’argenterie familiale est stockée, mais le capital est prêté… pour que les entrepreneurs et les entreprises puissent le faire fructifier.

Le prêteur sait qu’il pourrait ne jamais revoir son argent ; il mérite d’être compensé pour ce risque.

__

Pour plus d’informations, c’est ici.

 

 

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  • il y a 3 mois je suggérais d’acheter de l’or…on s’est foutu de ma gueule.. ha!ha!ha!

    • Et une fois la crise bien déclarée, à qui revendrez-vous votre or ? Achetez plutôt dans les résidences pour personnes âgées, si vous ne trouvez pas à revendre, vous pourrez toujours en profiter vous-même !

    • L’or est effectivement en nette hausse depuis octobre 2018.

    • C’ est toujours une valeur refuge en cas de crise, mais qu’ on emporte pas plus dans sa tombe.

      • C’est une valeur refuge certes mais cela peut (re)devenir un medium d’échange, surtout en cas de crise. Par contre un euro ou un dollar dévalué peut, au plus, servir de PQ (ce qui est déjà cela).

  • Les banques facturent déjà les dépôts de fonds par les frais de tenue de comptes et divers « services » qui leurs sont rentables et ne leur coutent rien. Mais cela plait aux aux Français de payer car il existe des banques vraiment gratuites (dépôts, cartes crédit, chèquiers..) et elles ne regroupent pas la majorité des épargnants

  • Je ne suis pas sûr de bien comprendre l’article.

    Personnellement j’aurai tendance à croire à l’excuse « il y a trop d’épargne » quand on apprend qu’il y a 5.000 milliards d’épargne par les Français (épargne en livrets, qui « dort » en banque).
    A moins que ce chiffre soit complètement sorti de nulle part et qu’on vive dans un complot mondial ?

    Car oui 5.000 milliards ça fait 75.000€ en moyenne pour chaque Français environ, et c’est en prenant en compte les bébés qui viennent de naître ou les immigrés qui viennent d’arriver l’année dernière. Hors on sait qu’en effet certains ont du mal à finir le mois et moi même jeune ingénieur j’ai moins d’épargne que ça (pour l’instant). Mais c’est justement le principe d’une moyenne, j’imagine que certains ont 0 et d’autres 200.000.

    Il nous faudrait d’autres chiffres pour infirmer cette théorie, comme la médiane de cette même épargne notamment, ou la quantité d’argent actuellement prêtée par les banques ou alors la somme totale des dettes ce qui est la même chose non ? Or on sait que l’état et les administrations publiques ont 2200 milliards de dettes (puisque presque 100% du PIB), les ménages apparemment 60% du PIB donc 1300 milliards et pour les entreprises 4.000 milliards (après une rapide recherche sur google).

    Donc on a au total 7.500 milliards de dettes pour 5.000 d’épargne. Il paraît que les banques peuvent prêter jusqu’à 10x les sommes en épargne qu’elles ont, donc à première vue oui ça semble le confirmer, on aurait tendance à croire qu’il y a trop d’épargne comparé à l’endettement « général », d’où une croissance morose et la baisse des taux pour nous encourager à investir etc. A moins que j’ai fait une erreur dans mon calcul en oubliant par exemple de la dette cachée quelque part ?

    Mais de toute façon il faudrait comparer avec les mêmes chiffres durant les 30 glorieuses ou il y a 20 ans par exemple pour pouvoir faire cette conclusion de manière plus certaine.

    D’autant plus qu’on est maintenant dans une économie mondialisée, donc ce calcul est partiellement biaisé. Il faudrait voir s’il y a les mêmes ordres de grandeur dans les autres pays d’Europe au moins.

    Je ne sais pas si quelqu’un ici a déjà fait ces recherches ou est au courant de quelqu’un qui les as fait ?

    • Votre calcul est un peu trop simple, on ne peut pas faire la différence entre la dette et l’épargne globale.
      Dans les 5000 milliards d’épargne l’état en capte une partie puisque 15 % (750 milliards) sont placés sur les livrets et plans d’épargnes réglementés donc cet argent là n’est pas dans les banques.
      Les assurances vie (1600 milliards) sont placées en majorité en OAT (obligations d’état) donc là non plus l’argent n’est pas dans les banques mais est déjà transformé en dette.
      Un grosse partie du reste est constitué du patrimoine immobilier… Si on ajoute les actions, les autres obligations, l’or…. et autres placements… l’argent des français n’est certainement en majorité dans les coffres des banques.
      Pour prêter les banques empruntent sur les marchés la plupart du temps.

  • Les états empruntent de manière quasi illimitée pour financer leur défaillance. S’agissant de la zone euro, la BCE rachète ces dettes. La question que chacun devrait se poser c’est avec quel argent elle le fait. Celui qui connait la réponse à cette question comprend tout le reste.

  • Les Etats ne remboursent jamais le capital,ils ne payent que les intérêts et si jamais un prêteur voulait son capital il se servira sur nos comptes,personne ne s’étonne de la symétrie à quelques millions près entre notre dette et notre épargne,le jour ou cette dette va dépasser l’épargne que se passera t-il?

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