Dette mondiale : nouveaux records chez les émergents (aussi) !

La dette explose partout dans le monde. La « zombification » s’étend aussi aux États dits « émergents ».

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Dette mondiale : nouveaux records chez les émergents (aussi) !

Publié le 23 août 2019
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Par Nicolas Perrin.

Après les économies développées hier, nous poursuivons notre plongée dans les chiffres du dernier Global Debt Monitor de l’Institute of International Finance (IIF), publié le 15 juin.

L’explosion de la dette en Chine hisse les émergents à un nouveau record

Les pays émergents ne sont pas en reste vis-à-vis des pays de l’OCDE, puisque leur dette globale a atteint un record à 69 000 milliards de dollars, ce qui représente 216 % de leur PIB combiné (contre 212 % un an plus tôt). Voici le détail de l’évolution sur un an glissant de l’endettement des 30 économies émergentes retenues dans le rapport.

Pour ce qui est des poids lourds de cette catégorie, on constate que tous les groupes d’agents économiques chinois (à l’exception des entreprises non-financières) ont mis du cœur à l’ouvrage en accentuant leur endettement global de près de 10 %, ce qui a grandement contribué à la performance remarquable du groupe des émergents.

« Avec une dette totale proche des 310 % du PIB, la Chine reste confrontée à de graves problèmes de désendettement », commentent les auteurs du rapport. L’Empire du Milieu a donc fait bien du chemin dans le creusement de sa dette depuis ce graphique produit par l’IIF début avril et qui représente la situation chinoise à février 2019.

La bonne nouvelle est que les émergents sont globalement parvenus à réduire quelque peu leur dépendance à la dette libellée en dollar américain, ce qui diminue d’autant les conséquences d’une éventuelle crise de change.

Il s’agit bien sûr d’une moyenne. Quand on entre dans les détails, on s’aperçoit de la chose suivante, précise l’IIF :

« Dans certains cas, la dépréciation de la devise par rapport au dollar américain a entraîné une hausse du ratio de la dette en devises, comme c’est par exemple le cas de l’Argentine, l’Afrique du Sud, la Turquie et le Chili. »

La vulnérabilité de certains pays émergents à une crise de change s’est donc accentuée depuis le trimestre précédent.

Une tendance similaire partout dans le monde : les taux bas sont un virus qui permet à la dette de se répandre tous azimuts

Plus généralement, l’IIF déplore au niveau mondial :

« Des conditions financières plus faciles qui favoriseront une nouvelle accumulation de dette, exacerbant ainsi les préoccupations relatives au fardeau du service de la dette et de la viabilité de la dette souveraine. 

[…] Les préoccupations croissantes concernant les perspectives de résultats soulignent les risques pour les entreprises fortement endettées. »

Il s’agit bien sûr d’une moyenne. Quand on entre dans les détails, on s’aperçoit de la chose suivante, précise l’IIF :

« Dans certains cas, la dépréciation de la devise par rapport au dollar américain a entraîné une hausse du ratio de la dette en devises, comme c’est par exemple le cas de l’Argentine, l’Afrique du Sud, la Turquie et le Chili. »

La vulnérabilité de certains pays émergents à une crise de change s’est donc accentuée depuis le trimestre précédent.

Une tendance similaire partout dans le monde : les taux bas sont un virus qui permet à la dette de se répandre tous azimuts

Plus généralement, l’IIF déplore au niveau mondial :

« Des conditions financières plus faciles qui favoriseront une nouvelle accumulation de dette, exacerbant ainsi les préoccupations relatives au fardeau du service de la dette et de la viabilité de la dette souveraine. 

[…] Les préoccupations croissantes concernant les perspectives de résultats soulignent les risques pour les entreprises fortement endettées. »

Au final, à l’exception des ménages, on se retrouve avec « des zombies partout », pour reprendre l’expression de Natixis.

Voici ce qu’écrivait la banque le 5 juillet au sujet des économies de l’OCDE : 

« Les taux d’intérêt très bas dans les pays de l’OCDE conduisent à l’apparition généralisée de zombies : 

– entreprises zombies, qui sont des entreprises inefficaces, peu productives, que les taux d’intérêt bas empêchent de disparaître ;

– banques zombies (particulièrement en Europe et au Japon), dont la rentabilité a chuté avec le bas niveau des taux d’intérêt ;

– États zombies, dont la solvabilité budgétaire n’est assurée que par la faiblesse des intérêts payés sur les dettes publiques et que la faiblesse des taux d’intérêt a conduit à s’endetter excessivement. 

La généralisation des zombies montre l’affaiblissement de l’économie des pays de l’OCDE. »

Une seule chose à ajouter : une hausse des taux ne profiterait qu’à seul de ces agents économiques. Natixis précise :

« Il s’agit de situations de zombies (faiblesse de la rentabilité, de la solvabilité) différentes. En effet, une hausse des taux d’intérêt ferait disparaître les entreprises zombies, mettrait en crise les Etats zombies, mais sortirait les banques européennes et japonaises de l’état de zombie. »

Notez cependant que nous sommes ici dans un monde théorique où les banques sus-citées ne seraient pas elles-mêmes balayées par les vagues de défauts d’entreprises zombies… 

Fear the Walking Dead !

Bref, quand on voit à quel point l’épée de Damoclès qui tombera sur les économies en cas de récession ou d’« événement de marché » sur le crédit ou sur les dettes publiques est tranchante, on comprend que les autorités publiques ne se risquent guère à tenter de « normaliser » la situation plus avant.

Comme le rappelait en effet Natixis le 3 juillet : « Pas de récession si tout le monde est solvable ! »

La banque résume :

« Les récessions du passé ont toujours été déclenchées par la perte de solvabilité d’un groupe d’agents économiques [États, entreprises et ménages] qui doit alors réduire sa demande de biens et services, […] hausse des défauts des entreprises en 2000, […] hausse des défauts des ménages en 2006-2007-2008, […] perte de la solvabilité budgétaire dans les pays périphériques de la Zone euro de 2010 à 2013. »

Je vous propose donc de nous retrouver prochainement afin de voir ce qu’il en est de la solvabilité de l’État fédéral américain, avant de nous tourner vers les États de la Zone euro et de nous pencher enfin sur ce que l’IIF identifie comme la menace la plus aigüe, à savoir celle qui plane sur les marchés de crédit, en particulier sur la dette corporate des émergents.

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Pour plus d’informations, c’est ici.

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  • Si tout le monde est solvable, si on élimine le risque de récession, alors la dépression devient certaine.

    Respirer, c’est inspirer puis expirer. Si on empêche l’économie d’expirer, elle finira par… expirer pour de bon. Les crises économiques sont nécessaires et bienfaisantes. Dans un marché libre, elles sont dispersées entre les secteurs économiques et entre les zones géographiques, étalées dans le temps, de telle sorte qu’elles deviennent relativement invisibles, sans effet majeur sur l’ensemble de l’économie.

    Mais dans une économie dirigée (par les Etats obèses et les BC), si tout le monde est maintenu en état de solvabilité artificielle, l’ensemble des crises finira par s’accumuler pour éclater en même temps. Le monde ne vivra pas une simple récession mais une profonde et vaste dépression qui promet de durer plusieurs décennies, le temps d’expurger l’ensemble des erreurs budgétaires (dettes publiques, mauvais investissement…), des faux prix (bulles financières, immobilières, bitcoin…), des illusions économiques farfelues (voiture autonome ou électrique, éoliennes, IA…), des collectivismes en faillite (retraites, sécu…) et des vices monétaires (banques centrales, Bâle…) aujourd’hui amoncelés sous nos yeux.

    Ce monde hyper-endetté, irresponsable, aveuglé, nourri de certitudes grotesques et illusoires (Etats obèses, PIB chinois, RCA…), va s’évanouir soudainement. Nous allons payer au prix fort la folie actuelle et il faudra plusieurs générations pour s’en remettre, peut-être jusqu’à la fin du XXIe siècle.

    • je crois a ce scenario

      • Pour couronner le tout, grande première ce soir !

        En effet, le placement monétaire US à 1 mois rapporte 2,10% ce soir, tandis que le bon du trésor US à 30 ans ne rapporte plus que 2%. Autrement dit, 30 années investies dans l’Etat US seraient moins incertaines qu’un seul mois de placement monétaire. L’inversion de valeur est désormais totale. Enfin, peut-être, peut-être pas, plus personne ne sait. Les banquiers centraux ont tout saccagé pour offrir quelques années de vaine survie aux Etats obèse en faillite.

        Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’on va payer cher leur folie.

  • L’endettement n’est il pas le signe que le monde investi ?
    L’endettement de la france n’est que de 1200 milliards et celui des menages entreprises de 3000 milliards….c’est bien trop faible de mon point de vue et cela se voit par le taux de chomage gravissime de la France !

    • Il y a, en principe, une différence entre dépenser et investir, mais effectivement ça ne se voit vraiment que quelques années plus tard. Et même, beaucoup ne font pas le rapprochement

    • La dette de l’état est de bien plus que ce qui est annoncé!

    • Concernant la dette publique, la mère de toutes les dettes, c’est clairement non. En dehors des dépenses militaires et des routes, il s’agit partout de financer la gabegie sociale ou le capitalisme de connivence. La dette publique est malsaine pour l’essentiel. Mais dans les contrôles bancaires, c’est pourtant elle qui est affectée du risque zéro. Encore une certitude grotesque et illusoire de notre monde qu’il faudra purger tôt ou tard par des décennies de dépression douloureuse.

      Concernant les ménages, seule la dette immobilière alimente un investissement sain. Les autres dettes sont contractées en pure perte.

      La dette des entreprises est a priori saine, mais seulement jusqu’à une certaine limite. Or, toutes les plafonds de la raison ont été crevés depuis longtemps. Difficile de dire la part de dette saine. Il faut descendre secteur par secteur, entreprise par entreprise, rapporter les dettes au bilan, distinguer les entreprises productives des zombies. Par exemple, une dette finançant une éolienne est forcément malsaine.

      • Un mauvaise dette est une dette m’etant en faillite le preteur .une dette de consommation ,dite mauvaise dette, n’en est pas une pour l’organsme preteur qui lui la converti en capital investi ailleurs et de facon rentable…
        La dette d’etat s’ajoute a l’endettement des francais ,1/3 de mauvaises dettes sans doute mais 2/3 de bonnes dettes , ce n’est ausi mal que ca !

        • Si vous voulez estimer la bonne dette, comptez ainsi :
          – 10% de la dette publique
          – 90% de la dette immobilière des ménages
          – 0% des autres dettes des ménages
          – 50% de la dette des entreprises

          Généralement, vous obtenez un montant de bonne dette situé entre 90% et 100% du PIB du pays considéré, ce qui est raisonnable. Le reste de la dette est de la mauvaise dette.

          Favoriser la consommation par l’endettement n’a jamais permis de favoriser des investissements par ailleurs. La consommation n’est pas le moteur de l’économie.

  • A :
    Pas de récession si tout le monde est solvable !

    je réponds :
    Pas de croissance si pas de spéculation (pari sur l’avenir) c’est à dire une prise de risque donc insolvabilité potentielle. La récession est partie prenante du processus.

    Mais l’humain c’est aussi de la manipulation à des fins politiques ou pécunières, ce qui amplifie les phénomènes or plus haute est la chute plus dur est l’atterissage !

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