SNU : des influenceurs qui masquent le gaspillage de un milliard d’euros

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Les considérations sur la communication gouvernementale ne devraient pas faire oublier que le principal problème porte sur le SNU lui-même, plus que sur les moyens de le « vendre » à la jeunesse.

Par la rédaction de Contrepoints.

Le service national universel serait-il la nouvelle expression de coolitude pour les youtubeurs et influenceurs instagram ? C’est sans doute le message que le gouvernement cherchait à faire passer la semaine dernière quand il a sollicité les services d’un certain nombre d’entre eux pour assurer la promotion de son nouveau programme.

Le secrétariat de Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, a expliqué avoir axé sa communication « sur les médias sociaux où les jeunes sont présents (Instagram, TikTok, YouTube) ». Cette stratégie a bien entendu déclenché polémiques et critiques de la part de certains commentateurs qui y voient une sorte d’embrigadement de la jeunesse, de propagande dissimulée, ou plus simplement d’argent public mal employé.

Seulement, ces considérations sur la communication gouvernementale ne devraient pas faire oublier que le principal problème porte sur le SNU lui-même, plus que sur les moyens de le « vendre » à la jeunesse. Le projet, qui propose de regrouper pendant une dizaine de jours 2000 jeunes de 15 à 16 ans pour participer à des activités encadrées, rappelle le défunt service militaire : y sont prévus un réveil à 6 h 30, la levée du drapeau sur fond de Marseillaise, des ateliers de secourisme et d’autodéfense. Si nous ne sommes actuellement que dans sa phase pilote, sa généralisation devrait coûter environ 1 milliard par an, ce qui pose la question de sa pertinence à une époque où les comptes publics sont dans le rouge.

Si le projet rappelle le service militaire, il n’en est qu’un succédané destiné à promouvoir la cohésion nationale. Comme le note Michel Goya, on se demande ce qui dans ces 15 jours de vie collective prévus ne pourrait tout simplement être enseigné au lycée : « Ce qui pouvait créer de la cohésion dans un régiment d’appelés, ce n’était pas le dortoir, mais les épreuves, les marches, les entraînements, le froid, bref des choses difficiles à faire ensemble pendant des mois. Il y a peu de chances que l’on mette les futures classes de jeunes à l’épreuve ».

Les pouvoirs publics ne seraient-ils pas en train de confondre deux enjeux importants, l’un lié à l’éducation civique, l’autre à la sécurité collective ? Plutôt que de rogner sur des budgets déjà existants pour créer un dispositif à la réussite incertaine, une véritable réflexion sur les missions essentielles de l’État ne serait-elle pas plus à propos ?

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