Les battantes, de Simona Brunel-Ferrarelli

Un roman sur l’Italie d’autrefois.

Par Francis Richard.

Une route coupe en deux le village de Rocca Patrizia. Le bon côté de la vie, c’est celui de la Villa Aïda, maison des Coronesi, de noblesse romaine, l’autre, c’est celui des villageois.

Les villageois sont soudés entre eux par un pacte d’égalité, un serment de gémellité : s’il le faut, ils se marient entre cousins, sans doute pour, croient-ils, se souder davantage.

Leurs ennemis légendaires sont les vacanciers romains : Ils seront toujours mal vus, jalousés, bannis. On les tolère l’été parce qu’ils apportent un air nouveau, de l’argent, des voitures.

La Seconde Guerre mondiale va changer ça. En 1943, la nouvelle institutrice, Victoire Manfredi, va ouvrir les yeux des enfants qui lui sont confiés sur ces comportements inadmissibles.

Peut-être est-elle d’autant plus déterminée à le faire que, fille d’un dignitaire fasciste, l’homme qu’elle aimait, Emilio Mannari, un villageois parvenu, lui a préféré Rosina Coronesi.

Deux mondes différents

Les Mannari et les Coronesi, qui ne sont pas du même monde, considèrent le mariage d’Emilio et de Rosina comme une mésalliance et rejettent unanimement leur fils Diego.

Après guerre, Victoire ne peut empêcher non plus qu’Eva, juive devenue veuve, se voit rejetée parce que, belle femme, elle a donné naissance à Pablo, un bel enfant de père inconnu.

Quoi qu’il en soit, Lala, une petite Coronesi, ignorante de ces histoires déplaisantes, ne comprend pas qu’il lui soit défendu de fréquenter aussi bien la vieille Victoire que le beau Pablo :

Tu l’apercevais et c’était fini, intérieurement déjà tu lui cédais tout, tu n’y pouvais rien, ça s’écroulait de soi, à l’intérieur de soi, comme sous la poussée d’une terre soudainement remuée.

Les battantes, comme les pluies d’orgueil et de colère qui s’abattent sur Pablo, a donc pour toile de fond un microcosme où les antagonismes font des nœuds complexes entre les personnages.

Simona Brunel-Ferrarelli les dénoue un par un le long du récit. En défaisant le dernier, s’explique pourquoi, tout le monde, inconsciemment, veut contrarier les amours de Lala et Pablo.

Les battantes, Simona Brunel-Ferrarelli, 168 pages, Éditions Encre Fraîche.

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