La nouvelle présidente de la Commission va créer des Gilets jaunes européens

Ursula von der Leyen, nouvelle présidente de la Commission européenne, élue hier à 9 voix près, annonce un programme antilibéral sous forme d’attaques en règle contre les consommateurs et les classes moyennes.

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La nouvelle présidente de la Commission va créer des Gilets jaunes européens

Publié le 17 juillet 2019
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Par Bill Wirtz

Quand Ursula von der Leyen s’adressait à la grande convention de l’UMP en 2011, elle nous donnait déjà un avant-goût de son discours d’investiture qu’elle a prononcé hier au parlement européen à Strasbourg. Des phrases vides, embellies ici et là d’anecdotes émotionnelles. La nouvelle présidente de la Commission adore évoquer son papa, rappeler qu’elle est née à Bruxelles, et que le français lui a été enseigné dans l’esprit de réunir les peuples d’Europe. Envoyée par Dieu donc. Pour Emmanuel Macron, le fait que madame von der Leyen sache argumenter dans la langue de Molière est un avantage, tout comme le fait qu’elle n’ait jamais critiqué le choix de maintenir Strasbourg comme deuxième siège du parlement européen. Aujourd’hui, l’Élysée insistera probablement beaucoup plus sur le fait que c’est la première femme présidente de la Commission. Très esthétique.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission EU - conférence de presse a Bruxelles - 10 Juillet 2019
Alexandros Michailidis / Shutterstock.com

De justesse

J’étais moi-même à Strasbourg quand le nom de von der Leyen a été annoncé par le Conseil Européen. Dans les couloirs du parlement, les eurodéputés ne croyaient déjà plus au système du « Spitzenkandidaten« , par lequel le groupe politique avec le plus de sièges peut nominer un candidat prédéterminé. Durant les mois qui précédaient les élections européennes, on avait bien vendu à l’électorat la fiction de la démocratisation de la Commission : une gifle à tous ceux qui y ont cru !

En l’occurrence, la nomination d’Ursula von der Leyen n’est passée qu’à neuf voix près (383 voix pour, sur les 374 nécessaires). La première femme présidente de la Commission semble donc aussi être la plus controversée. Les écologistes avaient annoncé qu’ils voteraient Non, et plusieurs centristes et sociaux-démocrates (principalement les Allemands) se disaient sceptiques. Dans un acte de transparence bien bruxello-strasbourgeois, le vote pour le président de la Commission est secret…

Une source du parti PiS (le parti au pouvoir en Pologne) explique au journaliste Oskar Górzyński de Wirtualna Polska que c’est un appel de la chancelière Angela Merkel qui a fait basculer quelques eurodéputés polonais. Que leur a donc promis madame Merkel ? Davantage d’argent à travers les subventions agricoles ? L’abandon de la procédure de sanction d’article 7 contre la réforme de la justice en Pologne ? Seule madame Merkel le sait et elle ne vous le dira pas.

Des candidats parfaits

Ceci dit, Ursula von der Leyen était bien la candidate parfaite pour le poste. Sans opinions concrètes, elle est parfaitement flexible et ajustable aux préférences du moment des eurocrates du Berlaymont – le bâtiment de la Commission européenne gérant plus de 30 000 bureaucrates. 

De plus, comme Jean-Claude Juncker, elle arrive à Bruxelles avec un bagage exemplaire de négligences coupables commises dans son pays d’origine. Autant monsieur Juncker était arrivé en étant accusé d’avoir manqué à son devoir d’informer le parlement luxembourgeois d’écoutes illégales de ses services de renseignements, autant madame von der Leyen arrive en étant accusée de népotisme. Elle a en effet admis en octobre 2018, alors qu’elle était encore ministre de la Défense de son pays, que son ministère a commis des erreurs dans l’attribution de contrats à des consultants externes, atteignant une valeur de plusieurs centaines de millions d’euros.

Histoire de rester dans l’exemplarité, on retiendra qu’en 2012, monsieur Josep Borrell, ancien président du Parlement européen et ancien ministre de différents gouvernements socialistes espagnols, a été contraint de démissionner de son poste de président de l’Institut universitaire européen (IUE) à la suite d’allégations de conflit d’intérêts. Il percevait alors 300 000 euros en tant que membre du conseil d’administration de la société espagnole d’énergie durable Abengoa, tout en promouvant au même moment les biofuels à travers l’institut.

Qu’à cela ne tienne, avec madame von der Leyen, il sera confirmé comme nouveau chef de la diplomatie de l’Union Européenne. Encore un candidat parfait.

Cinq ans d’écologisme et de socialisme 

Ayant peur de ne pas récolter les voix nécessaires, madame von der Leyen a commencé son discours d’ouverture en évoquant le climat. Elle propose la création d’une banque d’investissement verte capable de débloquer un billion d’euros (oui, on parle bien de mille millard d’euros, soit 1 000 000 000 000 euros). De plus, elle veut réduire de 50 % les émissions de carbone dans l’Union Européenne, « ou même de 55 % » d’ici 2050, l’objectif actuel de la Commission étant de 40 %. Cette ambition de plaire aux Verts coûtera aux consommateurs encore plus de taxes sur l’aviation, encore plus de subventions écologiques et une réforme du système communautaire d’échange de quotas d’émission (SCEQE).

Gilets Jaunes - Halt au racket
Birog Vasile-Radu / Shutterstock.com

L’économie de marché doit être sociale, nous explique-t-elle. Madame von der Leyen souhaite continuer le programme de la garantie d’emplois pour les jeunes, et évoque un SMIC européen, ainsi que d’un fonds européen d’allocation de chômage. Des transferts sociaux, probablement financés à travers de nouvelles taxes sur la consommation d’énergie. Les Gilets jaunes vont s’en réjouir.

Au niveau institutionnel, la nouvelle présidente de la Commission plaît au parlement européen en exprimant son appui pour le droit d’initiative législative des eurodéputés (un droit réservé à la Commission). Puisqu’une telle réforme nécessiterait un changement de traité improbable en ce moment, madame von der Leyen a promis de réagir à toute résolution du parlement européen avec une proposition de directive. En gros, cela veut dire que les demandes écologistes des députés, qui vont toujours plus loin que celles de la commission, seront accélérées.

L’anti-libéralisme pur et dur

En septembre prochain, les pays membres de l’Union européenne proposeront leurs candidats aux postes de commissaire. Le vote pour confirmer la Commission tout entière aura probablement lieu au mois d’octobre. C’est à nouveau  ce moment la qu’Ursula von der Leyen nommera des radicaux de tous les bords sur les questions écologistes et financières. Un groupe de 27 super-bureaucrates, entièrement dédiés à une vision : être la Commission la plus antilibérale de l’Histoire.

Le concours de mauvaises idées ne fait que commencer.

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  • L’UE a des discours économiques libéraux (quand c’est nécessaire), mais est politiquement anti-libérale. Tout comme E. Macron…
    C’est ce fondement qui va prévaloir désormais pour accélérer la marche vers un gouvernement supranational vidant les Etats de leurs prérogatives, et qui ne gardera que quelques apparences de la liberté et de la démocratie.

  • Merci de bien vouloir nous indiquer les pays susceptibles d’accueillir des français libéraux et responsables, refusant les états maternisants dont l’Europe semble aujourd’hui s’inspirer?

  • C’est quand même très impressionnant cette marche vers le socialisme.

    • Ce qui n’est pas le bon moyen d’apaiser les tensions exacerbées entre les pays. Curieux de voir comment tout ceci va évoluer.

    • En realité ca s’explique tres bien:
      Une fois qu’on a mis un doigt dedans, on ne peut que continuer plus loin (l’ecole des choix publiques l’explique bien).
      Un autre parametre plus important encore: notre époque a cela de particulier qu’elle se croit sortie de l’histoire, debarassée de tous les biais qui ont dirigé les hommes depuis toujours: le mythe de la democratie technocratique vs l’age des ténèbres est a son apogée: rien absolument ne peut faire douter nos dirigeants qu’ils sont dans le vrai.

  • Eh, bé ! On n’est pas à la veille de manger de l’oie…

  • Que peut-on attendre de mieux de la part d’une dictature administrative ?

    Je trouve qu’elle est en parfaite harmonie avec ce qu’elle représente.

  • Merci pour cet article o combien déprimant. Ce qui m’ennuie le plus, lors de débat avec un EUrolatre, c’est non seulement l’ignorance des mecanismes EU, de la corruption, de cette armée bureaucratique hors de controle qui se dicte ses propres regles au fur et a mesure, mais la volonté farouche de ne surtout pas ouvrir les yeux. Le reve est si puissant qu’une petite majorité ne veut surtout pas se réveiller. Pour les autres, dommage, le cauchemard continue

  • Le mieux qu’elle puisse faire, c’est: rien. Se la couler douce aux frais des contribuables, on veut bien, à condition de ne fiche absolument plus rien.

  • En lisant les 14 premiers commentaires, je me dis que finalement l’âge est souvent synonyme de sagesse. HEC 68, MBA de Stern NYU, cadre international d’une banque française importante pendant un quart de siècle, j’ai longtemps été dans l’erreur et aurais pu signer presque tous ces commentaires jusqu’à l’âge de 50 ans. Et puis grâce à mon expérience d’avoir vécu dans différents pays avec des régimes sociaux très différents, j’ai enfin vu la lumière. Et décidément, même si je crois profondément à la responsabilité individuelle et au sens de l’effort, je ne crois plus au credo des ultra-libéraux: « Nous voulons des renards libres dans des poulaillers libres ». Réfléchissez à ce qui a fait le succès économique ET SOCIAL de nos Trente Glorieuses: c’est un colbertisme raisonné, intelligent et de bon aloi. Quand le monde occidental (Etats-Unis + Europe de l’Ouest mais ni le Canada, ni l’Australie), sous l’influence de ce pauvre Clinton et de ses Chicago Boys ont cru que l’économie c’était la finance et ont tout libéralisé (ayant vécu longtemps aux Etats-Unis, je vous promets que les prêts immobiliers aux classes modestes insolvables, c’était pas très fûté !), c’est à ce moment là que le monde a basculé dans la folie la plus pure. Alors vous ne serez pas étonnés que je fasse partie des 500 000 citoyens responsables qui ont déjà signé pour le RIP contre la privat’ de Paris Aéroports. Le système – très libéral ! – de « privatisation des profits et socialisation des pertes », je l’ai connu dans un sens avec la nationalisation de la Banque Rothschild très lourdement déficitaire en 1981, et dans l’autre avec les honteuses privat’ (en faveur des copains coquins) des Autoroutes par Dominique Galouzeau et d’Alstom au profit de GE par M. Macron. Alors ça suffit

    • Dieu se rit…
      Et l’âge ne fait rien à l’affaire.

    • « Qui est davantage renard dans le poulailler ? La poule qui devient chef d’entreprise, ou l’État dont la seule méthode propre d’action est justement celle des bêtes sauvages, la force ?
      Essayez de refusez les services de l’Etat et cessez de payer l’impôt. Vous verrez alors qui est le renard dans le poulailler.  »
      Pierre Lemieux (Du Libéralisme à l’anarcho-capitalisme).

    • @JM Parnet. Si nous devons parler de génération, allons-y.
      La vôtre n’a pas été volée de 60% mini de sa paie, ni spoliée éternellement par une armée de tiques de plus en plus nuisibles pour des motifs de plus en plus farfelus. Elle a pu prétendre à une retraite (nous ne nous faisons aucune illusion). Le marché de l’immobilier, location ou achat, ne lui était pas complètement fermé. Elle a eu accès a des emplois sans devoir s’expatrier avant la fuite des entrepreneurs et des capitaux. Elle a eu accès a une éducation de qualité. Elle a vu en contrepartie de contributions augmentées chaque année de véritables bonds en avant a tous niveaux. On peut continuer longtemps. Indéniablement, elle a fait une très bonne affaire avec votre colbertisme de bon alloi. Vous avez parfaitement raison de vous en féliciter.
      De fait, elle a construit une machine créée pour des vieux par des vieux dirigée par des vieux. L’Union Européenne, la sécurité normée même si vous devez en mourir. Une machine à manger ses propres enfants, un modèle économique intenable, des impôts de malade qui ne cesse JAMAIS d’augmenter, des services publiques de pire en pire, une dette que seule une guerre saura apurer alors que nous n’avons pas l’embryon d’une armée capable de nous défendre..
      Pataugez donc dans votre bonheur, inondez-nous de votre condescendance.
      Encore une fois, vous avez parfaitement raison, ce n’est certainement pas vous qui règlerez la note.
      Ni moi d’ailleurs. Comme des millions, je vous écris de l’étranger. Ne serait-ce que ça, les MILLIONS de Français expatriés, cela devrait tempérer votre satisfecit.

    • C’est parce que l’état nounou nous a transformé en poules dans son poulailler industriel que les renards ont beau jeu.

      Pour paraphraser T. Jefferson, la liberté, ce sont des poules puissamment armées au point de dégoûter les renards.

      Même en ouvrant les portes du poulailler demain, faudra des années pour retrouver les réflexes de citoyens libres…

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