Infidélité : qu’est-ce qui pousse les femmes à tromper leur partenaire ?

Découvrez comment est vécue et pratiquée l’infidélité féminine en France et en Europe, mais aussi le profil type de la femme infidèle et par extension, celui des hommes qui risquent le plus d’être trompés…

Par la rédaction de Contrepoints.

À l’heure où #Metoo fait évoluer les représentations du couple et de la sexualité, l’Ifop a mené pour Gleeden une grande enquête1 pour faire le point sur une pratique qui constitue une transgression des préceptes moraux pesant traditionnellement sur la sexualité féminine.

Découvrez comment est vécue et pratiquée l’infidélité féminine en France et en Europe, mais aussi le profil type de la femme infidèle et par extension, celui des hommes qui risquent le plus d’être trompés…

L’infidélité des femmes reste toujours plus choquante que celle de hommes

En France comme dans les autres pays européens, 77 % des femmes déclarent que leurs proches sont généralement plus choqués quand c’est la femme qui est infidèle alors qu’elles ne sont que 23 % à dire qu’il est choquant que ce soit l’homme qui trompe sa partenaire.

Ce jugement plus sévère de l’adultère féminin transparaît également lorsqu’on demande aux Européennes si elles sont plus choquées en apprenant que c’est l’homme ou que c’est la femme qui a trompé l’autre dans différentes situations. Ainsi, dans leur ensemble, les répondantes à l’enquête admettent par exemple être sensiblement plus choquées par une infidélité féminine lorsque le couple attend un enfant (55 %) ou lorsqu’il est séparé pendant plusieurs mois (55 %).

Sur ce point d’ailleurs, Françaises et Allemandes semblent plus sévères à l’égard des comportements extraconjugaux masculins, que les femmes méditerranéennes.

L’infidélité féminine : un comportement en hausse continue mais qui reste toujours en deçà de l’infidélité masculine

Au regard des risques d’opprobre social qui pèsent plus fortement sur les « écarts de conduite » féminins que masculins, cet observatoire montre toujours une forte asymétrie entre les deux sexes en matière d’extra-conjugalité en dépit d’une progression du nombre de femmes admettant avoir déjà transgressé le principe d’exclusivité sexuelle dans une relation de couple.

En 2019, elles sont en effet plus d’une sur trois (37 %) à admettre avoir déjà fait l’amour avec une autre personne que celle avec laquelle elles étaient en couple. C’est une progression au cours des 50 dernières années : 10 % en 1970, 24 % en 2001, 32 % dans la précédente enquête menée par Gleeden en 2014.

Malgré cet essor significatif de l’infidélité féminine l’infidélité sexuelle chez les femmes n’en reste pas moins nettement inférieure à celle des hommes : 20 points d’écarts avec les hommes en Espagne (30 %, contre 50 % chez les hommes), 22 points en Italie (33 %, contre 55 % chez les hommes), 8 points en France (37 %, contre 45 % chez les hommes), 9 points au Royaume-Uni (33 %, contre 42 % chez les hommes) et 3 points en Allemagne (43 %, contre 46 % chez les hommes).

Les facteurs contribuant le plus à l’infidélité

La proportion de femmes en couple ayant déjà couché avec quelqu’un d’autre que leur partenaire actuel apparait identique en France (14 %) et en Europe (15 %) tout en progressant de manière significative par rapport à 2014 (+4 points).

Mais le plus intéressant à relever est la nature des facteurs contribuant le plus à l’infidélité :

  • Les femmes infidèles sont plus jolies que la moyenne et plutôt minces2.
  • L’insatisfaction sentimentale et sexuelle constitue l’autre facteur déterminant si l’on en juge par la proportion élevée de femmes infidèles parmi les femmes insatisfaites de leur vie sentimentale (21 %) et de leur vie sexuelle (22 %). Un partenaire attentif réduit considérablement ce score : l’infidélité est deux fois moins forte chez les femmes jugeant leur partenaire très attentif à leur plaisir que chez celles qui trouvent qu’il n’est pas attentif.
  • Le capital social et culturel influe aussi avec des taux plus élevés parmi les femmes les plus diplômées. La respectabilité sociale les rendrait moins sensibles aux effets de réputation mais aussi aux opportunités de rencontre que leur offre leur milieu social ou professionnel : ce dernier impliquant une forte mobilité ou des rencontres fréquentes qui favorisent généralement un renouvellement des partenaires plus élevé que lorsque le milieu professionnel présente peu de possibilités de rencontre.
  • Le lieu de résidence apparaît également comme un facteur favorisant la fidélité puisque la proportion de femmes infidèles est plus élevée dans les centres-villes des grandes agglomérations (20 %) qu’en milieu rural (10 %)
  • Enfin les Françaises trompent d’autant plus leur conjoint quand ce dernier ne participe pas aux tâches ménagères : la proportion d’infidèles étant trois fois plus élevée chez les Françaises en faisant beaucoup plus que leurs partenaires (17 %) que chez celles en faisant moins que leur conjoint (10 %).

Le profil type de la Française infidèle est donc une femme dotée d’un certain capital esthétique, social et culturel, évoluant plutôt en milieu urbain et pour laquelle les aventures extra-conjugales constituent un substitut à une vie de couple défaillante sur le plan sentimental et/ou sexuel.

L’infidélité féminine fantasmée et virtuelle

En France comme ailleurs, l’infidélité féminine reste avant tout d’ordre fantasmatique : une femme sur deux admet avoir déjà fait l’expérience d’une forme d’infidélité « psychique » (50% parmi l’ensemble des Européennes interrogées, 52 % chez les Françaises) comme par exemple avoir rêvé de faire l’amour avec une autre personne que son conjoint (46 % chez les Européennes comme chez les Françaises) ou avoir fait l’amour avec lui en pensant à un autre (respectivement 29 et 27 %).

La proportion de Françaises à admettre s’être déjà masturbées en pensant par exemple à un « ex » est quant à elle en deçà (20 %) de ce que l’on peut observer chez l’ensemble des Européennes interrogées (24 %), ce qui tient peut-être au fait que l’onanisme féminin y est moins répandu qu’ailleurs.

À titre de comparaison, elles sont un peu plus d’une sur trois (36 % parmi l’ensemble des Européennes interrogées, 35 % chez les Françaises) à admettre s’être déjà livrées à une forme d’infidélité « physique » : comme le fait d’avoir échangé un baiser sans aller plus loin (31 % en Europe, 27 % en France) ou lécher ou sucer le sexe de quelqu’un sans aller plus loin. Cette dernière expérience est globalement rare sauf en Grande-Bretagne (21 %) où il est vrai que les pratiques bucco-génitales sont généralement plus répandues que dans les pays latins.

On peut considérer aussi qu’il existe d’autres formes d’infidélité parmi lesquelles certaines sont purement virtuelles, via les réseaux sociaux ou les nouveaux moyens de communication, en particulier chez les jeunes : 51 % des jeunes de moins de 25 ans se sont ainsi déjà livrés à une forme d’infidélité « virtuelle » telles que le fait de suivre régulièrement le compte d’un ex sur les réseaux sociaux (45 %), échanger des messages ambigus (37 %) ou encore s’exciter mutuellement avec une autre personne (25 %) via ce type d’outil.

Pour quelles raisons les femmes ont trompé leur partenaire ?

Les réponses à cette question mettent en avant un motif – l’attirance physique ou sexuelle pour un potentiel amant – qui met clairement en lumière la part purement individuelle et compulsive de leur sexualité : une Française sur deux explique sa dernière incartade par son attirance physique ou sexuelle pour la personne avec laquelle elle a couché, signe que l’infidélité féminine ne constitue pas uniquement une réponse à des problèmes au sein de couple.

Les sentiments pour cette personne font d’ailleurs jeu égal (41 %) avec un motif plus endogène que peut être le manque d’attentions de son conjoint (43 %). La proportion de femmes expliquant leur aventure extra-conjugale comme une réponse à une infidélité masculine est quant à elle marginale (15 % en Europe, 18 % en France).

infidélité

Cette enquête bat quelque peu en brèche les idées reçues selon lesquelles les hommes tromperaient avant tout pour assouvir leurs pulsions sexuelles et les femmes par un manque d’attention du conjoint : les Européennes assument également trouver un amant pour assouvir leurs pulsions sexuelles…

L’infidélité féminine : un comportement décomplexé qui peut parfois être à la source d’un nouveau couple

Les résultats montrent que la transgression du principe de fidélité ne suscite qu’un sentiment de culpabilité limité : seules 36 % des Européennes regrettent d’avoir trompé leurs conjoints présents ou passés. Les Britanniques se distinguent du reste de l’Europe avec une proportion de personnes regrettant leurs actes (48 %) beaucoup plus élevée que ce qu’on peut observer dans des pays latins comme la France (30 %) ou l’Italie (30 %).

Ce rapport quelque peu décomplexé à l’infidélité tient sans doute au fait que pour nombre de femmes, leur expérience extra-conjugale ne s’est pas limitée à une simple aventure sexuelle. Près de quatre Européennes sur dix (39 %) – et une Française sur quatre (26 %) – expliquent ainsi que leur amant s’est déjà transformé en un partenaire officiel.

En cela, l’infidélité ne peut pas être perçue seulement comme une expérience uniquement motivée par la recherche du plaisir : elle peut aussi constituer une période transitoire visant au renouvellement du partenaire ayant vocation à avoir sa place dans un cadre relationnel stable. Plus largement, le fait qu’une part non négligeable d’expériences extraconjugales débouche sur un nouveau couple montre paradoxalement la force du couple et des attentes à l’égard du cadre conjugal : les femmes, au lieu d’en faire leur deuil, préférant tenter une nouvelle expérience.

  1. Étude Ifop pour Gleeden.com réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 11 au 15 avril 2019 auprès d’un échantillon de 5 026 femmes, représentatif de la population féminine âgée de 18 ans et plus résidant en Italie, en Espagne, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni.
  2. « Le capital physique et esthétique de la femme apparaît comme la variable la plus importante au regard de la proportion beaucoup plus élevée de femmes infidèles dans les rangs des femmes ayant un indice de masse corporelle inférieur à la normale ».
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