La domination masculine existe-t-elle ? La perspective « évoféministe »

Un entretien exclusif avec Peggy Sastre, auteur du livre : « La domination masculine n’existe pas ».

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La domination masculine existe-t-elle ? La perspective « évoféministe »

Publié le 1 décembre 2017
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Article paru initialement en 2015.

Vous pensiez tout connaître du féminisme ? Détrompez-vous : Contrepoints vous invite à découvrir ce que la théorie de l’évolution peut dire sur le sujet à travers le dernier essai de Peggy Sastre, La domination masculine n’existe pas. Pour comprendre ce qu’une analyse rationnelle des rapports hommes/femmes peut donner, nous avons donné la parole à cette auteure engagée et passionnante. Docteur en philosophie des sciences, spécialiste de Nietzsche et de Darwin, ses travaux d’essayiste s’orientent principalement autour d’une lecture biologique des questions sexuelles. En tant que journaliste et traductrice, elle collabore à divers titres de presse (Slate, L’Obs, Buzzfeed).

Vous défendez une version critique du féminisme « officiel ». Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots ce qu’est l’évoféminisme et les critiques qu’il adresse au féminisme « plus classique » ?

Peggy Sastre - crédit photo : Natacha Nikouline
Peggy Sastre – crédit photo : Natacha Nikouline

L’évoféminisme est un féminisme qui, à la fois, prend comme base de travail les sciences de l’évolution et qui est évolutif, dans le sens non strictement scientifique du terme. C’est un féminisme qui n’est pas figé dans ses propositions, ses attendus, et qui se laisse la possibilité d’être amendé si jamais des faits solides viennent atténuer, voire remettre en question leur légitimité ou leur logique. J’ai d’ailleurs encore un peu de mal avec ce terme, mais il me semble meilleur que « féminisme darwinien » – parce qu’on ne peut pas réduire ni arrêter le darwinisme à Darwin – ou « féminisme scientifique », vu que tout et n’importe quoi (et surtout n’importe quoi) peut et a pu se réclamer « scientifique ». C’est un féminisme qui privilégie les faits, la méthode rationnelle et où la perspective militante est secondaire, notamment quand elle est contradictoire avec la réalité observable et mesurable.

Le principal reproche que je fais au féminisme mainstream est de ne pas savoir, ou de ne pas vouloir reconnaître la diversité pourtant assez manifeste des femmes, dans leurs goûts, leurs opinions, leurs objectifs, etc., et d’être moralement très maximaliste (ce qui vaut pour soi vaut pour tout le monde). Le reste en découle : globalement, le procès que je pourrais faire au féminisme majoritaire actuel est un procès en dogmatisme. On est progressivement passé d’un féminisme qui cherchait à améliorer la vie des femmes, notamment en leur permettant d’avoir des droits équivalents aux hommes, à un féminisme d’étiquettes et de tampons (je parle des encreurs, pas des hygiéniques). « Ça » c’est féministe, mais pas « ça ». Un tel truc va être du « bon » féminisme, un autre du « mauvais ». Machin est dans ma clique, ma chapelle, mais pas machine… Personnellement, cela m’épuise et c’est un épuisement qui, à mon avis, est un facteur important du rejet de plus en plus massif que l’on peut observer chez les femmes, jeunes ou moins jeunes, vis-à-vis du féminisme, justement, comme étiquette. Ce phénomène du « féministe, mais » – dont la pointe de l’iceberg est la star qui est tout à fait pragmatiquement féministe, mais qui va refuser de se définir ainsi. Par réflexe, beaucoup de féministes vont y voir « la preuve » de la toute-puissance du « patriarcat » (et s’en donner à cœur joie sur la « traître »), sans jamais s’arrêter deux minutes et se demander comment on a pu en arriver là, car cela demanderait de se remettre en question et de voir qu’elles ont, peut-être, une (grosse) part de responsabilité dans cet éloignement, si ce n’est ce dégoût de plus en plus généralisé.

De même, le fait que les féministes n’arrivent pas, dans leur grande majorité, à reconnaître ce qu’il peut y avoir de « féministement » bénéfique dans les sciences de l’évolution est aussi, à la base, un problème de dogmatisme.

Dans votre dernier essai, vous soutenez que la part d’arbitraire culturel du genre est en fait beaucoup moins arbitraire qu’on ne le pense. Il y aurait donc un fond de vérité dans les stéréotypes comme papa travaille pour gagner de l’argent pendant que maman s’occupe des enfants et du foyer ? Est-ce que cela signifie souscrire au « fatalisme » biologique que dénoncent encore certains critiques « culturalistes » de l’action humaine ?

La domination masculine n existe pas Peggy SastreTout stéréotype a une part de vérité, sinon il ne serait pas « efficace » comme stéréotype. Mais cette vérité peut être biaisée. L’exemple classique est celui du stéréotype raciste. Quand on dit « les Arabes sont des voleurs » on oublie qu’une grosse part de cette réalité « perçue » est relative, dépendante d’un contexte, la preuve la plus évidente étant que les Arabes ne sont pas l’objet d’un tel stéréotype dans les pays arabes. De un, les plus fraîchement immigrés font souvent partie des plus pauvres, et sont donc les plus à même de recourir au vol. De deux, les plus fraîchement immigrés sont, par définition, les moins assimilés et donc ceux sur qui la méfiance des plus enracinés va être la plus forte : les vols commis par des Arabes vont être davantage remarqués que les autres (et, à l’inverse, les vols commis par d’autres plus facilement oubliés), comme on a l’impression que tous les feux passent au rouge lorsqu’on est en retard. Et là-dessus se greffe un biais de généralisation négative bien connu : il vaut mieux croire qu’un phénomène nocif est plutôt vrai que de croire qu’il est plutôt faux, car les risques d’un faux-négatif sont moindre que ceux d’un faux-positif.

C’est le genre de raisonnement que j’adopte dans mon livre avec les stéréotypes genrés ou sexistes : je recherche quels peuvent être leurs éléments de vérité, les biais qui ont présidé à leur succès, etc., le tout dans une perspective évolutionnaire. Mais il n’y a aucun fatalisme là-dedans, vu que l’un des enseignements centraux du darwinisme, c’est de comprendre que ce qui existe, existe parce qu’il a été une réponse suffisamment efficace à un défi adaptatif posé suffisamment longtemps par un environnement donné (ce que Jacques Monod résumait parfaitement en parlant de double logique du hasard et de la nécessité). Un des plus grands chamboulements cognitifs du darwinisme, c’est de faire comprendre que tout ce qui est aurait pu être autrement – c’est tout le contraire de l’essentialisme. Dès lors, en changeant l’environnement, vous changez les problèmes à résoudre et donc l’efficacité relative des solutions à y apporter. Je ne donnerai qu’un exemple schématique : avec l’avènement de l’ère industrielle, l’humanité est passée d’écosystèmes où la réussite, pour faire court, dépendait très largement de la force, à des écosystèmes où elle dépend bien plus largement de l’intelligence. Contrairement à la force, l’intelligence est mieux répartie entre les sexes – d’où la possibilité croissante qu’ont eu et qu’ont les femmes à progresser socialement, là où les hommes « stéréotypés » se retrouvent de plus en plus handicapés, si ce n’est laissés pour compte.

Vous observez, études à l’appui, que la violence « est un phénomène aussi omniprésent dans les sociétés humaines que proportionnellement masculin ». Au regard de l’évolution, pourquoi émerge cette violence, et pourquoi sont-ce les hommes qui s’en font les principaux porteurs ?

Pour le comprendre, il faut rappeler une petite évidence : pour une dépense énergétique équivalente, la femme produit un ovule par mois, l’homme plusieurs millions de spermatozoïdes par jour. Ensuite, lorsqu’un ovule et un spermatozoïde se rencontrent et que l’œuf est fécondé, le travail de l’homme peut à peu près s’arrêter là, tandis que la femme doit encore en passer par neuf mois entiers de gestation interne, un accouchement périlleux et un temps d’allaitement aussi conséquent que contraceptif pour avoir l’assurance relative de la pérennité de ses gènes. Ce qui fait que non seulement le succès reproductif des hommes est bien plus hétérogène que celui des femmes, mais il est aussi dépendant d’un investissement parental minimal bien moindre.

Et on tombe sur ce que prédit la théorie de Trivers : si, relativement à l’autre, un sexe se caractérise par une plus grande variabilité de son succès reproductif et un moindre investissement parental obligatoire, alors c’est ce sexe qui sera le plus violent. Du fait de leur configuration reproductive, la violence est tout « simplement » plus bénéfique aux hommes. À la fois pour éloigner des concurrents et s’attirer des partenaires, avoir recours à la violence a longtemps été une bonne solution, un bon moyen d’arriver à leurs fins, c’est-à-dire la maximisation de leurs intérêts reproductifs.

Les violences conjugales d’aujourd’hui répondent-elles aux mêmes problèmes posés ?

Les violences conjugales relèvent de la même logique, dans le sens où elles peuvent servir à minimiser les risques reproductifs qu’un homme est seul à pouvoir connaître. Comme ce n’est pas lui qui porte le bébé, il n’est jamais à 100% sûr que ce bébé est bien le sien. Une incertitude de paternité qui a représenté une pression sélective très forte au cours de notre évolution et les données contemporaines montrent que l’énorme majorité des violences conjugales surviennent toujours dans un contexte de jalousie masculine.

Il est donc plus que probable que ces violences aient plusieurs fonctions, toutes liées à des intérêts reproductifs spécifiquement masculins : punir la femme suspectée d’infidélité, montrer l’exemple aux autres femmes, partenaires potentielles, et leur ôter l’envie de tromper, indiquer aux hommes concurrents qu’il ne sert à rien de vouloir planter sa graine dans le jardin du voisin, etc.

Que pensez-vous de la thèse de Pinker dans The Better Angels of Our Nature : Why Violence Has Declined ? La violence décline ou est-il un peu trop optimiste ?

Mon très humble avis est que sa thèse d’un déclin de la violence – où, soit dit en passant, l’égalité croissante des droits des hommes et des femmes fait partie à la fois des causes et des conséquences du phénomène – est des plus solides. À ma connaissance, ses sources sont fiables et je n’ai pas croisé d’anti-thèse convaincante. De toutes façons, il le dit lui-même : la question n’est pas d’être optimiste ou pessimiste, mais d’analyser les données que nous avons à notre disposition.

Marier féminisme et darwinisme est nouveau pour le public français : c’est pourtant l’objet de plusieurs disciplines scientifiques reconnues dans le monde anglophone, et cela depuis des décennies. Comment expliquer le retard des sciences humaines et politiques françaises sur ces sujets ?

J’ai envie de dire que le darwinisme ne passe pas bien en général, et en particulier quand il est appliqué à l’humain. Qu’on se rappelle qu’Edward Osborne Wilson, chercheur dont l’excellence n’est plus à démontrer, a sans doute été le seul scientifique de l’histoire moderne à être physiquement agressé pour ses idées par des activistes politiques. Et des militants de gauche, car c’est aussi assez facile (et pratique) de réserver l’anti-darwinisme à des intégristes illuminés d’obédience droitière si ce n’est néo-fasciste croyant que l’univers a 6000 ans.

En outre, m’est avis que les sciences humaines et politiques françaises souffrent d’un manque général de scientificité, et que le maigre « taux de pénétration » des sciences de l’évolution dans la vie intellectuelle nationale n’est qu’un cas, si ce n’est un symptôme particulier. Il y a trois ou quatre raisons principales à cela.

La première touche directement à l’histoire des idées : la France, avec Lamarck et Bernardin de Saint-Pierre (pour qui « le melon a été divisé en tranches par la nature, afin d’être mangé en famille ; la citrouille, étant plus grosse, peut être mangée avec les voisins ») était sans doute la moins prête des nations européennes à admettre l’anti-finalisme de Darwin. Et on ne rattrape pas ce genre de retard en deux coups de cuillère à pot – sachant que, de toutes façons, la révolution darwinienne ne s’est pas faite du jour au lendemain et qu’elle est encore loin d’être « terminée ».

La seconde, c’est la barrière de la langue : toutes les études darwiniennes, qu’elles soient biologiques ou « extra » biologiques comme l’evopsy, se font en anglais et c’est incroyable de voir comment, même à de hauts niveaux universitaires, les gens ne le lisent pas couramment. Barrière qui se renforce par un chauvinisme linguistique là encore assez franco-spécifique (qui va de « l’anglais c’est élitiste » au complexe d’Astérix : « ne pas parler anglais, c’est résister à la mondialisation ») et qui fait que, basiquement, relativement peu de monde est à même d’avoir accès aux sources. (Et quoi de mieux pour soigner son complexe d’infériorité que de dire « c’est de la merde » face à des trucs qu’on n’est même pas en capacité de comprendre ?).

Troisièmement, cela tient à une espèce d’obsession politique/idéologique, là encore assez franco-française, pour qui il n’y a jamais de recherches neutres – ce qui camoufle aussi une ignorance assez fondamentale de la méthode scientifique – qui fait qu’on adore agiter les heures les plus sombres de l’histoire, comme si la science se faisait toujours aujourd’hui comme on pouvait la faire en 1900-1930. Le raisonnement est le suivant : il y a eu le darwinisme social, l’eugénisme, le racialisme, etc. qui se revendiquaient plus ou moins de la théorie de l’évolution, donc le darwinisme sera éternellement entaché de ses dérives et la méfiance doit être de mise. Qu’importe qu’elles aient été dès le départ scientifiquement fallacieuses, si ce n’est fautives ou que l’eugénisme – pour ne parler que de l’une d’entre elles –, ait été très majoritairement mis en œuvre dans des pays parfaitement démocratiques et en des temps de paix, comme ce qui a pu se passer aux États-Unis ou dans les pays scandinaves.

Les choses sont-elles en train de changer ?

À mon petit niveau, j’ai l’impression que oui. Je vois par exemple passer de plus en plus de noms de chercheurs français dans des études darwiniennes publiées dans de prestigieuses revues internationales, en particulier ceux issus de l’équipe de Michel Raymond. Mais j’ai aussi l’impression d’un hermétisme, si ce n’est d’un mysticisme croissant chez les sciences humaines à la papa, où on se fait un honneur de combattre le « scientisme ». Tant pis pour elles, parce que d’autre côté, l’exigence de scientificité n’a jamais été aussi grande dans des disciplines proprement « humaines » comme peuvent l’être les sciences cognitives. Et, par ricochet, de tels champs de recherche effacent progressivement les frontières « traditionnelles » entre sciences humaines et sciences dures, ce qui n’est vraiment pas un mal.

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  • Bravo, enfin un peu de bon sens chez une féministe.
    Mais pourquoi vouloir à tout prix se réclamer féministe, même en changeant un peu le nom ?
    A ma connaissance, peu d’hommes se réclament du masculinisme ?

    • Parce qu’elle a aussi envie de militer pour les droits des femmes et que des hystériques totalitaristes confisquent ce mouvement qu’elles détournent et ridiculisent ?

    • Dans le contexte de rapports hommes/femmes déséquilibrés en faveur des hommes, être féministe signifie faire avancer la cause des femmes, donc aller en direction de l’égalité, alors qu’être masculiniste signifierait faire avancer la cause des hommes, qui est déjà plus favorisée que celle des femmes, et donc aller vers moins d’égalité. Difficile donc pour un homme de se dire masculiniste (bien que beaucoup le soient sans s’en rendre compte).

      • C’est pas comme si la majorité des accidents mortels de travail, la majorité des suicides, des victimes de guerres… sont des hommes, non…

      • Rapports déséquilibrés en faveur des hommes? Tu veux rire j’espère? On ne remarque un homme que s’il est utile à une femme. La majorité des clochards sont des hommes…

        Toutes les responsabilités qui ont incombé aux hommes avaient un prix…

        Faites-moi signe quand la Lettonie enverra aussi des lettres de conscription pour la guerre à ses jeunes femmes… comme elle l’a fait avec ses jeunes hommes…

        • Il y a des progrès comme la reconnaissance du viol des hommes.

          Mais c’est vrai que en france la seule raison de mettre quelqu’un à la rue le jour même sans aucune aide sociale ni solution de replis c’est un homme qui divorce, ce qui explique les clochard.

          et puis les formes de violence typiquement féminine (harcellement moral, exclusion, culpabilisation) sont assez peu reconnue.

          La société pdite patriarquale était un système équilibré de droit et devoirs, de protection et risques.

          A note que de mon expérience une grand epartie de la violence dite masculine, est en faite implémentées par les maman.

          Les hommes, et c’est un problème, n’étaient que très peu responsable de la transmission des valeurs.
          C’est bien vu en Afrique on on s’est rendu compte que éduquer les filles suffisait à changer la société.

          Les hommes suivent leurs mères, leur femmes, et font semblant de commander.
          Ca change, et on commence d’ailleur a entendre des plaintes usyuellemet féminines chez les hommes (on ne me respecte pas, on ne m’écoute pas, mon travail compte aussi, j’ai un droit de voir mes enfants aussi, non au harcellement sexuel)…
          c’est très surprenant et souvent pris avec le pire mépris, surtout par les femmes , et surtout par les femme du système d’aide sociale (assistantes sociale, syndicats) qui n’ont pas le logiciel pour comprendre les problèmes masculins.

      • jeiaz: « signifie faire avancer la cause des femmes, donc aller en direction de l’égalité »

        Il n’y a qu’une seule égalité qui vaille c’est celle du Droit, toutes les autres mènent à la catastrophe quand on prétend les forcer.

        jeiaz: « Dans le contexte de rapports hommes/femmes déséquilibrés en faveur des hommes »

        Quel domaine avez vous en tête ?

  • Et ben c’est vrai que ca change des braillardes hystériques qui hurlent au patriarcat!

  • Article génial, j’ai bien envie de pousser quelques « hourk hourk » bestial en signe de joie.

    Joie pour les droits des femmes, joie pour la science, joie pour le savoir et la nuance.

    Bravo !

    • Je cite : « Article génial, j’ai bien envie de pousser quelques « hourk hourk » bestial en signe de joie. Joie pour les droits des femmes, joie pour la science, joie pour le savoir et la nuance. Bravo ! »

      Ilmryn qui applaudit avec un rare enthousiasme un article dédié à une féministe proche des féministes « hédonistes » et « pro-sexe ». Quelle ironie…

  • Le féminisme, à la base, est une bonne idée, mais comme toute bonne idée, elle tend à vouloir aller de plus en plus loin et c’est là qu’il y a dérive… Les idées aussi connaissent un processus de sélection. Elles naissent, croissent selon un contexte qui font qu’elles y trouvent une certaine pertinence, pour ensuite décliner et mourir…

    Entre l’émancipation des femmes et dénoncer les hommes en tant qu’ennemi ou prôner une forme de totalitarisme, il y a une différence que les personnes qui sombrent dans la dérive font semblant (du moins, je l’espère) de ne pas comprendre.

  • « font souvent partie des plus pauvres, et sont donc les plus à même de recourir au vol » :
    Voilà un stéréotype socio-économique typiquement erroné, fruit de la pensée inique et de la culture de l’excuse. On peut même se demander, sans effort intellectuel insurmontable, si la relation de causalité n’est pas en réalité l’inverse de celle que ce lieu commun véhicule.

    • Exemple de morale maximaliste : vous transposez chez les autres votre façon de voir, ou, ce qui est bon pour vous vaut pour les autres….cf l article.
      Manifestement vous confondez constat des faits et stéréotype.
      Je suis fils d un immigré italien, et probablement vous ne le savez pas mais les immigrés italiens des années 20 á 60 étaient pauvres, très pauvres, et également traités de voleurs en leur temps (lisez le Massacre des Italiens). Vous êtes le stéréotype de celui qui veut imposer son ignorance, le nivellement par le bad.

    • A part quelques rare exemple de cleptomanie maladive je ne crois pas qu’il y ai beaucoup de voleur à la tire ou à l’étalage parmi les millionnaires…

      • je ne crois pas qu’il y a beaucoup de millionnaires, et encore moins qui sont fréquemment en situation de voler à la tire ou à l’étalage.
        Pour le reste, les crimes commis ne sont évidemment pas les mêmes selon la situation sociale. Le clochard ne commettra pas de délit d’initié (qui est une forme de vol) et le trader ne volera pas un autre clochard…

  • Excellent article.
    Déjà citer Pinker dans un média français renforce le sérieux de l ensemble.
    D accord sur le constat d absence de scientisme en France, voire d être considéré comme vulgaire.
    Et pas seulement dans les sciences humaines, comme dans les sujets énergétiques mélangés avec des sujets climatiques dans désordre déconcertant, par des journalistes incroyablement incultes.
    C est comme si une partie de la population pense possible de s émanciper des règles scientifiques et de le servir á ceux qui ont une solide formation scientifique….
    Le désinteret des médias pour les sujets scientifiques, en général, (il suffit de voir le peu d interet á expliquer les piles á combustibles á hydrogène, emittrices d Eau uniquement), devient un problème de société : toute solution ne peut qu être politique et non technique, à partir d analyses empiriques, forcément, en l absence de savoir scientifique ( cf le melon en tranches).
    Les trois points de Peggy sont très illustratifs de cela.
    Bravo pour cet article

  • Encore un bouquin de règlement de compte entre quelques fractions de la population qui vivent dans le monde des idées (philosophie, féminisme ou isme radical, certains pans des sciences humaines…) et accessoirement énervé Zemmour and Co avec un titre provoc.
    Sinon la grande majorité de la population sait toutes ces choses puisqu’ils vivent dans le monde réel.

    Le monde des idées pures c’est comme les palais, on finit par être déconnecté de la réalité, une réalité dans laquelle les interactions humaines sont moins dogmatiques qu’il n’y paraît.
    Je suis libéral mais je n’aime pas le libéralisme, qui utilise exactement les mêmes stratégies que les tous les ismes et pour cause.

    • Décidément, comme le dit l article, quand on ne comprend rien, on dit que  » c est de la merde »….
      Il ne s agit pas de débat, mais de technique, de connaissance scientifique, et on apprend á tout âge !

    • D’aucun dirait que ce que vous appelez « réalité » n’est qu’une vision étriquée de l’existence perccue à travers votre expérience personelle et qui est elle même déconnectée de la « réalité ». En quoi votre vision est elle meilleure? pensez vous vraiment que les intellectuels réfléchissent sur de vent uniquement? je vous trouve bien péremptoire pour quelqu’un qui se réclame « moins dogmatique » que les autres. Peut etre avez vous raison, mais je ne vois pas pourquoi pour l’instant. A part votre mépris pour les intellos (que je peux comprendre), je ne vois pas vraiment où est votre argument.

      • Selon moi le dogmatisme ne concerne que les esprits militants c’est à dire une petite portion de la population. Tous les autres, qui peuvent avoir des affinités + ou – grande avec les dogmes, n’en sont pas prisonniers et s’en arrangeraient même pour eux en piochant selon les circonstances. On peut se sentir plutôt proche du socialisme dit-on et agir comme un libéral dans les faits. Bref la réalité c’est à dire les actions des gens est beaucoup plus nuancée que ce que le monde des idées laissent entrevoir. D’un côté les intellos (pour lesquels je n’ai pas de mépris) débattent sur les idées disons sur des systèmes de pensée car c’est dans l’ordre des choses de le faire et de l’autre côté la vie quotidienne des gens où sévit le réalisme car chacun essaie de s’en sortir au mieux selon ses propriétés. Je constate, à tort peut être, que le monde des idées et le monde des faits échangent surtout dans le sens ‘je produis une idée pour justifier un acte’ et beaucoup moins l’inverse.

        Bon mais voilà il semblerait que contrepoints se soit surtout des articles à charge dans le domaine des idées dans le but de défendre le libéralisme pur. On se fait plaisir, un peu par vanité sans doute mais c’est tout.

  • Ca fait plusieurs années que je consulte régulièrement le blog de Peggy Sastres.

    On peut ne pas être d’accord avec tout, mais la liberté de pensée et l’individualisme revendiqué de l’auteure tranche favorablement avec les pseudo-débats clivant qui sont la norme dans la presse mainstream (vilains déconstructionnistes de gauche vs méchants réacs de drouate).

  • Du coup, a t-on vraiment besoin de AuteurE, qui est en plein dans le constructivisme féministe à la « mort moi le N » ?

      • Parce que, justement, soit vous etes une féministe ringarde qui pense que l’égalité passerait par des bêtises comme auteur ou l’emploi de mademoiselle.

        Soit, comme l’auteur,vous considérez que la féminisation de la société et la bataille autour du plafond de verre se situe autre part. C’est justement le propos!

        • Cette question, non-existentielle je l’avoue, ne fait débat que parce que de nombreuses femmes exercent désormais (enfin ?) des métiers et des fonctions où leur absence avait fait négligé de leur trouver un terme féminin. Cette évolution est certes bien plus fondamentale mais fait-elle pour autant de la question de la féminisation des noms de métiers une futilité ou le motif d’une querelle navrante ? L’usage tranchera. Ce n’est pas le travail demandé au gouvernement et pas plus celui de l’Académie Française.
          Ma propre épouse refuse de féminiser l’intitulé de sa carte de visite. Dont acte. Ma patronne elle y est très attachée. Je me garderais bien de lui tenir tête.
          Personnellement je prends le pari que cette féminisation des noms de métiers et de fonctions l’emportera.

          • Je pense que c’est dommage de donner un genre à des choses et concepts neutres, sauf à ce que le genre soit pertinent dans le contexte, ce qui est rarement le cas.
            Donc quand je lis « auteure » je traduis ipso facto par « écrivain qui annonce que sa qualité de femme est importante », donc que ce qu’elle écrit est de peu de valeur (la bonne littérature ne dépend pas du sexe de l’auteur !)

          • Synge, je vous renvoie à ce texte de l’académie française.

            http://www.academie-francaise.fr/actualites/feminisation-des-noms-de-metiers-fonctions-grades-et-titres

            Vous en faites ce que vous voulez, mais il me semble que vous marchez dans le sillon des revendications idéologiques navrantes de ces petits groupes de pression communautaires féministes qui par leur militantisme très actif (et avec complaisance des médias) souhaitent imposer leur vision des choses à la majorité.

            J’ai du mal à comprendre pourquoi contrepoint se fait le relais de ce genre d’ineptie.

    • tout à fait, on aurait écrit « cet auteur engagé et passionnant » au lieu de « cette auteure engagée et passionnante », cela aurait été tout à fait correct et n’aurait rien retiré à la qualité de l’article.

  • Sastre cherche à expliquer par l’environnement quand les féministes radicales nient, réfutent toute différence entre homme et femme, qu’elle soit la conséquence des gènes ou, objet de l’étude, de l’environnement.
    Une approche purement scientifique mais expliquer est-ce accepter ? Dans ce domaine, peut-on éluder cette question et rester dans la science impartiale ?

    • je ne comprends pas vos questions. l’impartialité de la science ne se rapporte qu’à la méthode (interne), pour le reste il est évidemment « partial » de choisir d’étudier les rapport femme-femme ou femme-homme, la quantité d’ours ou de bébé phoques, ou la productivité du riz plutôt que celle du maïs ou du blé…

      • L’évoféminisme n’est pas du féminisme, il est dans l’explication, dans la science et j’approuve.
        Le féminisme est dans l’action (trop souvent dévoyée !)

  • Il y a une faute d’orthographe dans la première phrase : « auteurE » au lieu de « auteur ».
    Merci de rectifier.

  • Ce qui est beau, c’est le déchainement de mépris anti-féministe au ras des pâquerettes que provoque cet interview. Qui caricature lui même un mouvement aux voix multiples comme s’il marchait d’un seul homme (le « féminisme mainstream », concept indéfini) tout en le critiquant de ne pas reconnaitre la « diversité assez manifeste des femmes ».

    Ce féminisme mainstream, je crains bien fort qu’il ne soit que le « féminisme » de pacotille, simple branche de « l’engagement » de pacotille à la mode des réseaux sociaux, illustrant tout simplement le culte de la superficialité contemporain, qui a généralisé les codes de la discussion de comptoir et ses prises de positions avinées ignorantes à toutes les débats. A quoi bon répondre à un ivrogne, ivre de sa propre importance, si l’on est soi même atteint du même mal ?

    Regarder un documentaire animalier suffit à réaliser les vérités qui ont l’air de sous tendre le propos de l’auteur. Réaliser ces vérités ne donne qu’un état des lieux des stratégies que nos gènes ont employé pour nous mener jusqu’ici, non pas pour le bien des individus mais pour celui de l’espèce — cause hautement indifférente, dont le parent le plus proche est le service de la cause religieuse, qui prétend devoir lire le monde par le prisme d’un livre écrit il y a des millénaires. Chacun de ces livres pourtant infiniment plus récent que l’écriture de notre ADN, chacun proposant lui aussi d’offrir des stratégies de survie adaptées à la condition humaine de son époque, stratégies qui nous ont également été transmises tout en ayant perdu le fondement qui a justifié leur mise en place, les réalités de l’époque auxquelles elles répondaient.

    Ils ne contredisent nullement les constatations de cet autre état des lieux, lui basé sur une appréciation des rapports de domination entre les genres en cet instant où toutes les personnes ici présentes s’expriment (qui manifeste, preuves tout aussi scientifiques à l’appui un déséquilibre complet en faveur du genre masculin, celui là même qui fait croire aux masculinistes qu’ils représentent une position aussi défendable que le féminisme, tout en servant un discours qui s’il était appliqué aux races serait universellement condamné, alors que pourtant oui, aussi, l’esclavage peut s’expliquer par la génétique), et à la nécessité de faire réaliser et trouver des solutions à ce problème dans ce même instant, si l’on est réellement en faveur d’une égalité entre les sexes – non pas de constitution, mais d’opportunités, dans le monde qui nous intéresse, le notre -.

    Combiner les deux approches, en leur reconnaissant à chacune ses mérites et limites, pourrait servir la cause de l’égalité. En faire un concours de celui qui pisse le plus loin en s’affublant de ces superbes lunettes à vision sélective qui caractérisent les fiers représentants de chaque paroisse, prétendre voir une opposition entre ces deux vérités ne fait que servir les chiens de garde de l’ordre établi, ceux là qui aboient joyeusement au dessus de moi et tous ceux qui se satisferont tout simplement d’avoir lu le titre de l’ouvrage dont il est question ici, et de citer Madame Sastre à l’avenir comme de cette féministe enfin valable permettant de réfuter toute tentative de recherche de solution en faveur de l’égalité contredisant le confort de nos contemporains.

    • Et bien, tout cela pour dire que vous ne supportez pas qu’on critique un certain type de féminisme.
      Par ailleurs, si vous profitez du déséquilibre de la répartition homme/femme parmi les commentaires pour dénigrer l’intérêt de ces commentaires ou avis, permettez-nous de dénigrer la valeur des commentaires désobligeants fréquemment entendus sur les hommes puisque qu’ils proviennent d’une population majoritairement féminine.

      En tout cas, bel humour (involontaire?) : le féminisme… »comme s’il marchait d’un seul homme ». lol.

  • Excellente analyse. Bravo et merci! Enfin, on a le droit à des articles bien étayés qui donnent aux femmes une place importante loin des éructations de prétendues féministes qui ne font que détruire la condition féminine, et masculine, par extension.

  • Les commentaires sont fermés.

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