General Electric : une entreprise est libre de licencier et de se restructurer

entreprise cadres manager CC pixabay

Dans un contexte d’incertitude, il est impératif pour une entreprise de pouvoir gérer sa main d’œuvre comme elle l’entend pour rester productive et compétitive.

Par Ferghane Azihari.

Un article de l’IREF

La France est un curieux pays. La liberté contractuelle est hissée au rang de principe constitutionnel. Il en va de même pour la faculté de rompre unilatéralement un contrat à durée indéterminée. En droit de la famille, le mouvement récent en faveur de la libéralisation du divorce a été accueilli comme un pas de plus vers la justice et le respect des volontés individuelles. Pourtant, en matière commerciale, le recours quelquefois indispensable à la séparation ne cesse d’être dénigré.

C’est ainsi que General Electric est conspué pour vouloir supprimer plus de 1000 emplois sur le territoire de Belfort. Les hommes politiques étant généralement dispensés de rigueur, les commentaires indignés se passent généralement de toute analyse sur la situation financière du géant américain. Or il convient de rappeler que General Electric, qui fut longtemps le symbole du génie industriel américain et occidental, est loin d’être en bonne santé. Les rapports annuels du conglomérat américain (tableau 1) ainsi que le cours de son action (figure 1) attestent cette dégringolade.

TABLEAU 1 : résultats financiers de General ElectricTABLEAU 1 : résultats financiers de General Electric

Source : General Electric, rapport annuel 2018

FIGURE 1 : évolution du cours de l’action de General Electric depuis 5 ansFIGURE 1 : évolution du cours de l'action de General Electric depuis 5 ans

Source : Google finance

Ces résultats financiers semblent s’expliquer par le recul du marché des turbines à gaz.

Liberté de licencier et destruction créatrice

Dans un contexte d’incertitude, il est impératif pour une entreprise de pouvoir gérer sa main d’œuvre comme elle l’entend pour rester productive et compétitive. Le licenciement fait partie du processus de destruction créatrice identifié par l’économiste autrichien Joseph Schumpeter. Restreindre la capacité de General Electric – ou de toute entreprise en difficulté – de licencier pour s’adapter à la demande est donc absurde. Ces atteintes inconstitutionnelles à la liberté d’entreprendre sont le meilleur moyen de saboter l’économie et de décourager l’entrepreneuriat et l’investissement en France. L’enjeu pour la France est de se doter d’un environnement favorable aux affaires permettant à un travailleur de retrouver rapidement un emploi en cas de licenciement.

Et il est vrai que sur ce plan là, la France semble se définir par une plus grande difficulté des travailleurs à retrouver un emploi rapidement par rapport à d’autres pays.

FIGURE 2 : durée du chômage pour certains pays sélectionnés en 2017

FIGURE 2 : durée du chômage pour certains pays sélectionnés en 2017

(Source : OCDE)

Ces difficultés françaises à retrouver un emploi, ainsi que le chômage de masse, expliquent sans doute pourquoi le licenciement est beaucoup plus mal vécu dans l’Hexagone que dans d’autres pays. Or précisément, la capacité d’un pays à créer toujours plus d’emplois pour remplacer les métiers rendus obsolètes dépend d’un marché du travail flexible et respectueux de la liberté d’entreprendre. Sans oublier une fiscalité attractive qui encourage les investissements.

Le licenciement est un risque avec lequel tout travailleur doit composer. Mais ce risque sera d’autant mieux accepté que notre économie sera dynamique et en plein-emploi.

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