Comment se débarrasser des trolls sur les réseaux sociaux ?

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Comment se débarrasser des trolls sur les réseaux sociaux ?

Publié le 5 juin 2019
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Par Alexandre Chatelain.

Bon nombre d’entre nous pourraient se demander ce qu’est un troll, qui n’évoque généralement pour les plus férus de lecture et de cinématographie qu’un monstre immonde plus ou moins verdâtre. Dans sa version argotique propre à Internet un troll est en fait quelqu’un qui va chercher à déclencher une polémique, avec une critique ou un commentaire généralement acerbe et/ou très peu construit, voire hors de propos.

Cette personne peut avoir une franche volonté de nuire ou simplement de plaisanter aux dépens d’autrui. Ce qui est fascinant avec ce « monstre » qui dépasse une vision manichéenne, c’est qu’il peut parfois se transformer en « Hydre de Lerne » et se propager par le biais de nouvelles têtes, celles-ci ayant été influencées « bon gré mal gré » par l’idée émise de ce troll.

« Don’t feed the troll ! »

Marlène Schiappa nous donnait d’ailleurs dans l’un de ses livres une technique semblant imparable pour préserver sa réputation sur internet face à une critique outrancière ou simplement négative : « Si vous êtes confronté à une critique méchante, agressive utilisez cette bonne vieille formule d’internet : Don’t feed the troll ! (Ne nourrissez pas le troll !) ».

Et pourtant ne répondre que rarement à ses détracteurs, et suivre cet adage, ne semble pas vraiment lui réussir quand on observe l’acharnement qu’elle subit ces derniers mois sur le web suivant la moindre de ses interventions et les articles pullulant à son sujet.

Nous serions en droit de nous demander face à ces agressions médiocres quelle pourrait être la stratégie de défense communicationnelle la plus viable pour un individu lambda, un artiste, un créateur de contenu face aux trolls, pour ne plus jamais se retrouver mis en défaut publiquement et ressortir grandi et « immaculé » de cet affrontement.

Les techniques usuelles

Les articles nous donnant des suggestions pour nous défendre face aux trolls sont légion sur internet et nous pouvons tous imaginer au loin ces monstres difformes assertant dès le prélude de leur lecture « qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil » et se précipitant pour faire part de leur éclair de génie en contrebas.

Tous les articles à ce sujet sont très pertinents et peuvent nous aider à préserver notre réputation quand les têtes du troll n’ont pas encore toutes repoussé. Bannir bien sûr certains mots clés offensants, ignorer tout bonnement le commentaire déplacé, supprimer définitivement le message, bloquer l’intéressé, révéler l’impertinence de la personne, donner des contre-arguments, etc.

La technique suggérée ici est un tantinet plus virulente et pourrait servir de levier à toute personnalité commune ou publique afin de toujours gagner la sympathie de son audience, qui deviendra le relais de son message et non pas celui du troll. Pourquoi ne pas penser à enfiler nous aussi le « masque du troll » pour pouvoir communiquer avec lui ? La trolltunga — langue du troll — est difficile à comprendre et assez escarpée, ce qui ne facilite pas la communication.

Contre-troller pour contrôler

  • Un hacker berlinois, Linus Neumann proposait lui aussi de « troller le troll » mais ses techniques isolaient le troll et ne lui permettaient pas de « troller » pleinement à l’air libre.
  • Un documentaire très récent disponible en ligne sur Télé-Quebec avec un titre prometteur « Troller les trolls » évoquait également cette possibilité.

Mais où est l’amusement dans tout ça ? « Plus on est de fous, plus on rit » tous les Français s’entendent sur ce proverbe, ce qui est un fait assez rare pour être noté.

Trêves de mondanités, commençons tous à « brûler le cou de la bête après avoir tranché sa tête » ce qui sonnera le glas des trolls, une ère de paix où ceux-ci seront tournés en ridicule et n’en auront toutefois pas nécessairement conscience, ce qui se révèlera d’autant plus amusant.

Cette technique peut être illustrée par quelques exemples concrets afin qu’ils puissent être réutilisés et adaptés — pour manger le troll à votre sauce — mais il est nécessaire de l’introduire par une courte note explicative aux bien-pensants : il ne s’agit pas de devenir harceleurs nous-mêmes en tombant dans les méandres d’un contre-harcèlement, l’humour et la positivité dans vos réponses aux trolls sont de rigueur, il s’agit plutôt de tourner en ridicule les propos tenus sans humilier son interlocuteur (si celui-ci n’est pas anonyme) et ainsi de ce fait éviter d’arriver au point Godwin où tout retour en arrière est impossible. Quelques « animateurs de communauté » (community manager) de grandes entreprises ont d’ailleurs déjà adopté cette stratégie depuis longtemps, grâce à la flexibilité de leurs entreprises et la relation de proximité qu’elles entretiennent avec leurs consommateurs.

Brûler le cou de la bête après avoir tranché sa tête

Un « trollage de troll » réussi est un « trollage de troll » où le troll se voit dans l’incapacité de répondre : vous lui avez tranché la tête avec votre réponse et en plus celle-ci ne repousse pas et ne dégénère pas. Merveilleux, n’est-ce-pas ?

Les trolls étant généralement soucieux de garder leur anonymat, pensez à revêtir votre « masque de troll » et devenir vous aussi anonymes pour ce faire. Parmi les lois de pouvoir, se faire passer pour plus bête qu’on ne l’est, est généralement un pari gagnant.

À l’attention des trolls portant sur vous-mêmes :

Beaucoup de personnes en surpoids ou ayant un physique qui n’est pas considéré comme la « norme » sont victimes de « trollage intensif » sur les réseaux sociaux dès qu’ils s’exposent sur la sphère publique. Il est impossible de lister toutes les injures possibles bien évidemment, certaines injures anonymes demanderont plus d’inventivité pour demeurer dans la ligne de conduite évoquée mais il est possible de donner cependant quelques pistes pour faciliter la compréhension de la logique de ces ripostes.

« T’es encore plus laid qu’un troll » : si vous recevez un message de ce type, il est tout à fait compréhensible que vous soyez quelque peu estomaqués. Que répondre face à une agression de ce type pour garder la face ? Une réponse possible pourrait être : « Votre intelligence en revanche, oxymore de mon physique, est telle la lumière pour un troll et me donne envie de me réfugier dans une grotte ».

« T’es encore plus gros qu’un troll » : encore une fois, cela est quelque peu grossier. Il va vous falloir vous creuser davantage les méninges mais votre cerveau est lui aussi plus gros n’est-ce-pas ? Voici une réponse plutôt facile à titre d’exemple et adaptée à ce contexte : « Il y a quelque chose qui me pèse, c’est mon poids, mais j’ai la chance de ne pas être lourdingue ».

« T’es encore plus bête qu’un troll » : l’injure ultime pour certains, qu’on remette en cause la pertinence de leur intelligence. Mais là encore, ne vous laissez pas abattre et ripostez : « Heureux les pauvres d’esprit, ton commentaire m’a fait beaucoup de mal, j’espère qu’il t’a permis d’être encore plus proche du bonheur ».

Le troll étant une espèce généralement limitée intellectuellement, son commentaire aura sans doute été noyé par la masse le temps qu’il trouve une réponse quelconque adaptée à votre commentaire qui ne le fasse pas passer pour plus bête qu’il ne l’est et vous en sortirez victorieux, presque à chaque fois. Vous pouvez bien entendu recourir aux techniques usuelles, précédemment évoquées, si cela ne fonctionne pas.

En guise de conclusion, rappelez-vous le mantra anti-troll en tout genre : pour contrer un troll définitivement et l’éradiquer, soyez toujours plus intelligent que sa bêtise, qui est inhérente à sa nature et affrontez-le avec son arme, la massue, symbole de sa primitivité.

Voir les commentaires (14)

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  • Et révisez un peu votre petit ‘Audiard’, ça peu toujours servir…

  • Pointu Dugauche
    5 juin 2019 at 11 h 13 min

    Il y a quelqu’un ici qui me suis un peu dans les commentaires. Comme je dis des choses qui doivent lui déplaire, il vient m’asticoter de temps en temps.
    De la même manière, je viens de me rendre compte que j’ai laissé deux ou trois coms négatifs à une personne, qui pourrait prendre ça pour du trollage.
    Quand je dis des trucs libéraux sur mon site de footeux de gauche, on me traite de «néo-lib, néo-con». Ici je prends des rafales de -1 parce que je suis pour l’immigration.
    Pour être un troll, il suffit de donner son avis à des gens qui ne veulent pas l’entendre.

  • Il faut quand même avouer que Schiappa avec ses sorties débiles ou partisanes provoquent les trolls!

    • Pointu Dugauche
      5 juin 2019 at 16 h 16 min

      Par contre elle pourrait prendre le métro en mini jupe raz-la-moule que je ne me frotterai pas à elle.

  • Salma Hayek - le six
    5 juin 2019 at 15 h 19 min

    J’utilise ces techniques au quotidien, mais bizarrement, je me fais bannir… Triste vie.
    Je l’utilise aussi envers les Français qui me sortent invariablement la phrase « wèè vous avez le seum en Belgique avec la coupe du monde… ». Ce à quoi je réponds gentiment (et avec un peu de condescendance) : « écoute, je sais que la France ne va pas très bien ces temps-ci. Les giles jaunes toussa toussa. Alors si le seul truc qui peut t’apporter un peu de bonheur et de fierté en France, c’est un match de foot ya presque un an, fais toi plaisir ».
    J’avoue que cela fonctionne assez bien :-).

  • jacques lemiere
    5 juin 2019 at 23 h 07 min

    que cherche t on sur les réseaux sociaux?
    il y a des trolls certes mais que des dire des béats? qui sont tout aussi insignifiants..

    une des pratiques qui commence à se faire jour est le doxing la levée de anonymat…même de la part de média…comme arme. c’est pas joli joli certes, mais ça amène à réfléchir sur l’anonymat..
    imaginez donc de discuter avec des gens masqués…

    certes l’anonymat protège dans certain cas…mais que dire d’une société où pour donner une opinion on doit cacher qui on est?

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