Avengers : Endgame : Thanos le Staline cosmique

Avengers : Endgame : Thanos passe du malthusianisme à la révolution !

Par Jordan J. Ballor.
Un article de la Foundation For Economic Education

Deux semaines après sa sortie, les réalisateurs de Avengers : Endgame ont déclaré que les spoilers étaient fair-play ; il est donc temps de reprendre quelques réflexions antérieures et d’explorer le développement du méchant Thanos de Infinity War à Endgame.

La vision néomalthusienne de Thanos

Comme je l’ai expliqué plus tôt, la vision de Thanos dans Infinity War est néomalthusienne :

« Son adhésion dogmatique au credo néomalthusien de limitation et d’extinction l’oblige à faire un sacrifice, d’abord celui de son propre enfant, puis celui de la moitié du cosmos ».

Mais dans Endgame, Thanos apprend que ceux qui ont survécu au snap (son simple claquement de doigts qui a suffi à tout détruire) ne le saluent pas comme un sauveur, quelqu’un qui a fait le sale boulot nécessaire et qui devrait en conséquence être félicité. Au lieu de cela, ils continuent à résister, même des années plus tard. En réaction, Thanos met à jour son manifeste. Plus de demi-mesures. Sa miséricorde à l’occasion de l’éradication de la moitié uniquement du cosmos n’était qu’une faiblesse.

Au lieu de cela, dit Thanos, il faut entièrement reconstruire le monde. Ceux qui se souviennent de la façon dont les choses étaient et se préoccupent des êtres perdus ne pourront jamais accepter la réalité nouvelle. Aussi, Thanos doit désormais utiliser son Gant de l’infini pour créer un monde entièrement nouveau et dans la foulée un nouvel ordre mondial.

Ce qui est ancien est désormais nouveau

Tout comme le Thanos d’Infinity War universalise la position néomalthusienne, le Thanos d’Endgame universalise une vision révolutionnaire du monde. On peut penser ici à la « nouvelle humanité » promise par Rousseau et Marx, une humanité libérée des chaînes du passé et des contraintes de la civilisation. Si le Thanos d’Infinity War est une sorte de Paul Ehrlich cosmique, celui d’Endgame est une sorte de Staline cosmique.

Comme le dit Lester DeKoster dans Communism & Christian Faith,

« Il est tout à fait inconcevable qu’un marxiste qui a vécu avant et pendant la révolution puisse entrer dans une société sans classes. Comment pourrait-il, en réalité, devenir un « homme nouveau » et faire fi de l’homme formé par toutes les tensions générées par la lutte des classe ? Et s’il rapportait dans la société nouvelle des vestiges de l’ancienne, ces derniers pourraient devenir des germes à partir desquels le mal pourrait à nouveau se développer ».

C’est la vérité que Thanos réalise dans Endgame. Thanos s’engage à être la sage-femme d’un monde entièrement nouveau, dans lequel tous les vestiges de l’ancien monde, son peuple, son histoire, ses souvenirs ont été éradiqués. Au moins Thanos ne se paie pas de demi-mesures, comme les goulags et les camps de rééducation. Et, hélas, ce qui est ancien est désormais nouveau.

Traduction Contrepoints.

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