Internationalisons France Télévisions !

Paris - Siège de France Télévisions By: Fred Romero - CC BY 2.0

France Télévisions a ce qu’il faut pour conquérir des contrats à l’international. Le groupe regorge de talents, se frotter à cette dure concurrence les enrichira.

Par Xavier Fontanet.

La fin de la redevance télé comme piste de sortie du débat ? Encore une fine suggestion ! Des voix s’élèvent du côté des syndicats (c’est leur rôle) arguant qu’il faut « lui substituer d’autres recettes pour garantir l’indépendance par rapport au pouvoir politique ». Chacun y va de son idée en allant chercher une autre ligne budgétaire. Pas difficile de prédire que ça va tourner court.

Le Français, si créatif par nature, n’arrive pas à sortir de la logique fiscale. Il y a une idée pourtant simple qui consiste à lancer France Télévisions à l’international en échange d’une réduction progressive et programmée des redevances que le Trésor public lui verse. Cette technique a été appliquée avec Egis, la société qui, pour le compte du ministère de l’Équipement, dessinait tous les projets de routes, de ports et de ponts.

L’exemple d’Egis

L’idée venait d’Albin Chalandon, alors ministre de Georges Pompidou qui l’a fermement soutenue. Nous avons donc du recul pour juger ses effets. Egis a fait un véritable tabac à l’international (il faut dire que nos ingénieurs des Ponts sont au top mondial). Ce succès lui a permis d’avoir des recettes extrêmement diversifiées. L’État, dans cette affaire, a fait lui aussi beaucoup d’économies. Cela a demandé aux équipes de sortir d’un certain confort, mais elles ont en échange goûté les émotions fortes de la conquête d’un leadership mondial.

France Télévisions a ce qu’il faut pour conquérir des contrats à l’international. Le groupe regorge de talents, se frotter à cette dure concurrence les enrichira (le meilleur tuteur est son concurrent). La France ne représente que 5 % du PIB mondial, les perspectives sont donc immenses. Ce sera la meilleure façon pour l’entreprise de démontrer qu’elle tient la route, elle ne peut pas refuser un tel challenge. L’étape suivante sera la privatisation, qui se fera d’autant plus facilement que l’internationalisation aura été réussie.

Il sera tout à fait légitime de permettre au personnel d’accéder au capital. Contre une délivrance généreuse de stock-options, on adaptera le contrat aux conditions du privé. Relever ce défi sera une façon élégante de contribuer activement à l’effort national et de développer l’image de notre pays à une époque où il faut que chacun y mette du sien !

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