Nathalie Loiseau, de la fabrique du fascisme à celle du conformisme

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Nathalie Loiseau, de la fabrique du fascisme à celle du conformisme

Publié le 24 avril 2019
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Par Frédéric Mas.

L’information tourne en boucle sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. La tête de liste LREM aux Européennes, Nathalie Loiseau, aurait été candidate pendant ses années d’études à sciences po, c’est-à-dire il y a 35 ans, pour un syndicat étudiant notoirement lié à l’extrême-droite la plus radicale. Certains s’indignent, d’autres se moquent.

Les premiers estiment que les idées de jeunesse de madame Loiseau forment une tache indélébile sur son C.V1. Celle-ci invalide d’office ses engagements postérieurs et ceux à venir, parce que c’est certain, en 35 ans, on ne change pas.

Les autres, plus raisonnablement, pointent la vacuité de la communication macronienne, qui souhaitait contenir le débat sur les élections européennes dans les limites du clivage progressisme contre conservatisme(s), avec dans le beau rôle européiste LREM et dans celui des méchants à peu près tout le reste du spectre politique.

Progressisme en toc ?

Le progressisme survendu par la communication politique de LREM se présentait aussi comme celui naturel des experts et des élites. Jusqu’à présent, Nathalie Loiseau cochait toutes cases de la « narration » proposée, comme disent les spin doctors dans le monde anglo-américain. Jusqu’à la caricature. Plus proche d’Angela Merkel que d’Eva Braun, elle incarnait à la perfection cette haute fonction publique qui dirige le pays depuis plus de 40 ans sans une once d’auto-critique ou d’imagination, et qui assigne à l’engagement politique un rôle essentiellement cosmétique.

C’est que les grandes écoles, sciences-po et surtout l’ENA ne fabriquent pas seulement des élites politiques et administratives. Elles tendent aussi à formater les esprits pour les rendre aptes à diriger le pays, c’est-à-dire une énorme machine politico-administrative à la culture monarchique devenue au fil des ans un maquis bureaucratique impénétrable pour le commun des mortels.

De la colonisation de la politique par la haute fonction publique a résulté 40 ans de politique social-démocrate, qu’elle soit portée par les partis de gauche ou les partis de droite. Qu’il s’agisse de réformer le droit du travail, de relancer l’emploi ou de combattre la délinquance, rien n’échappe au formatage de la classe intermédiaire bureaucratique qui limite le cercle de la raison à celui de la formation qu’elle a reçue en école : rien ne peut se faire en dehors de l’État et de sa bureaucratie qui connaît tout mieux que tout le monde.

La langue de la technocratie

Il est tout à fait probable que madame Loiseau, en subissant ce formatage, ait abandonné ses convictions de jeunesse pour adopter la langue de la technocratie, c’est-à-dire celle d’une expertise qui prétend se hisser en dehors du marigot politique des intérêts particuliers.

Ceci nous semble être le vrai problème, caché derrière la polémique : la fabrique des élites en France est aussi une fabrique du conformisme social, ce qui rend toute réforme d’envergure totalement improbable. Nos experts sont certes très intelligents, mais par leur formation, ils sont incités à écarter d’office les positions jugées trop radicales, trop extrémistes ou plus généralement trop éloignées de leurs habitudes. Si le système fonctionne pour écarter les idées nocives comme celles de la jeune madame Loiseau, comment faire pour que celles véritablement innovantes et libérales percent le cuir durci du Léviathan français ? La question reste ouverte.

  1. En général, les mêmes qui tolèrent tendrement les engagements des ex-soixante-huitards passés par les sectes d’extrême-gauche aussi violentes que les cogneurs du GUD et d’Occident.
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  • L’ENA sera défaite et remplacée (donc on prend les mêmes et on continue) par l’ISF quel joli acronyme pour Institut Supérieur des Fonctionnaires

  • claude henry de chasne
    24 avril 2019 at 7 h 46 min

    la caste dominante des hauts fonctionnaires qui trustent les jobs juteux ne mourra pas cette fois ci… pour se faire il faudra donc une revolution

  • Il est vrai que cette « pauvre » Nathalie Loiseau est pitoyable, une caricature de cette production intellectuelle médiocre de fonctionnaires clonés, que produisent les IEP et l’ENA depuis des décennies, qui ne peuvent absolument pas penser en dehors du moule qui les a formatés . Madame Loiseau dont le disque rayé ne contenait qu’une ou deux phrases d’une vacuité totale, exclusivement focalisées sur « l’extrême droite », se voit rattrapée par sa médiocre histoire. Et ce qui est le plus magnifique c’est qu’elle renie cette histoire, tout comme elle renie son passage à l’ENA qu’elle a dirigé et qu’elle sacrifierait sans aucun état d’âme. Cette dame se veut femme politique après avoir été diplomate alors qu’elle n’a visiblement aucune aptitude pour être soit l’une soit l’autre. Vous dites « erreur de casting »? Le choix de Nathalie Loiseau pour conduire une liste politique (quelconque) est le niveau zéro de la politique. Bravo LaREM!

  • dommage qu’elle soit devenue bureaucrate ? Mais tout le monde change d’avis dans la vingtaine, et tant mieux. Regardez les 68ards convertis de l’anarchie au libéralisme ! Donc, votre article n’a aucun, mais alors aucun intérêt !

    • On peut changer d’opinion mais faut peut etre éviter de la ramener non ?

    • Des communistes intelligents convertis au libéralisme j en connais un paquet. Des anarchistes devenus libéraux j ai jamais vu.
      Des anarchistes capitalistes j en connais plein mais ils sont pleinement libéraux.
      Les 68ards dont vous parlez sont devenus sociaux démocrates et bureaucrates.
      Mais de quoi parlez vous ? Du vide intersidéral de votre pensée ?

    • Quand on a de bonnes vraies raisons de changer d’avis, on fait ensuite valoir cette conversion comme une preuve de lucidité et de clairvoyance. Le cacher, au contraire, montre qu’on n’est guidé justement ni par la lucidité, ni par la clairvoyance. Mais, à vrai dire, ne pas voir l’intérêt de l’article montre la même chose…

  • Oui, seule une révolution renversera la nouvelle aristocratie qui s’est constituée depuis 40 ans. Attention toutefois cette révolution n’aura peut etre rien de libérale !

    • On peut commencer par voter pour la liste Bellamy, juste histoire d’ en emmerder quelques uns qui pensent que tout se passe entre Loiseau et l’ autre bas du front.

      • Ou pas.

        • Il faut, les libéraux qui boudent ne font pas beaucoup avancer les schmilblick.

          • Que les schmilblicks fassent avancer le libéralisme, et les libéraux voteront pour eux.

          • Je ne boude pas. Bellamy à toute ma sympathie, il n est pas de gauche, mais il n est pas très libéral pour autant. Je dois même reconnaître que j aurais dû mal à voter pour un candidat « strictement libéral », tant cela me semble incohérent d être libéral et de vouloir diriger la vie des autres.
            C est pas Bellamy mon problème, c est le « droit » de vote, que voulez vous, je ne trouve pas ce foutu droit dans les droits naturels.

          • Et quand on a envie de retourner la table on vote quoi ?

            Quand on a envie d’envoyer le mot de Cambronne à 130 décibels on vote quoi ?

            Quand le parti d’en-face est en collusion incestueuse avec le pouvoir en place (au point que le nom de leurs partis sont quasi-identiques) on vote quoi ?

            Quand on vous explique que l’organe de décision de l’UE est la commission, et que le parlement sert de défouloir… Alors on se défoule, voilà !

            • le simple fait que vous cherchiez des excuses montre que vous ressentez bien, en votre for intérieur, que c’est une erreur

      • Bellamy… Le philosophe pour mamies du 16eme, qui est sur la liste du gars qui est un croisement d’enarque et de Marion Maréchal ? Merci bien ! Je passe mon tour.

  • quels sont les professionnels de la Politique qui n’ont jamais retourné leur veste pour soit se faire élire ou bien trahi leurs ideaux à des fins de pouvoir ou de poste ministériel exemple Edouard Philipe , Le Maire , Darmanin et de gauche aussi .Croire en l’honnêteté, et à leur moralité , arrêtons d’être naif !! trop de privilèges !! La seule sanction c’est de les ignorer aux élections et là vous toucher au portefeuille et ils trahiront pour une place éligible !! ou un poste qui leur donnera quelques miettes de pouvoir bien payé avec ces privilèges inclus !!

  • La petite bête
    24 avril 2019 at 9 h 00 min

    L’extrême droite (jamais définie) est devenue le bouc émissaire. Aurait-on oublié le passé d’extrême gauche de la plupart de nos politiciens qui nous ont menés à la situation actuelle?
    Il n’y a que deux partis: celui de la liberté et celui de la servitude.
    A rappeler à ceux qui s’égarent dans de fausses querelles politiciennes.

    • @La petite bête
      Bonjour,
      A rappeler aussi que ce qu’on nomme extrême-droite est pour nommer sans le prononcer vraiment le fascisme et/ou le nazisme… qui sont des produits du socialisme, donc de gauche. Ils sont aussi des « partis de la servitude » (pour reprendre votre expression).

  • Pour moi, c’est plutôt la preuve que les politiciens veulent s’occuper des affaires des autres pour en tirer des bénéfices avant toute autre considération.

    Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, l’essentiel est d’être assis dans le carrosse et d’avoir accès au buffet.

    LaRem en est la parfaite illustration, presque un bouquet final (même si la fin est une illusion);
    tous ses membres sont des recyclés d’autres formations, d’autres horizons, une horde hétéroclite de doigts crochus unis pour avoir accès au butin étatique.

    « The walking greed « 

  • Extreme droite dans sa jeunesse parceque les scouts n’ont pas mis la main sur l’universite..ils preferent les p’tits jeunes…un beau cv international mais elle n’a jamais pu etre ambassadrice ,pas fait l’ena la pauvresse..qui de colombe est passe oiseau ,beau parcours malgre tout ,surement tres compétente en navigation en eaux troubles.

  • Je ne trouve pas cela étonnant de changer d opinions politiques au cours de sa vie. C est bien l’enjeu d’un débat d’idee : faire changer d opinion ou changer soi même si on est convaincu.
    Ce qui serait étonnant , c est d’avoir les mêmes à 20 ans et à 48.
    C’est en discutant avec des libéraux patients que j ai moi même abandonné mes idées liberticides.

    Ceci dit, ce qui me déplaît le plus dans les propos de Madame Loiseau c’est qu’elle n assume pas ce qu’elle appelle pourtant « son erreur ».
    Elle ne savait pas. Étudiante à science po et elle ne sait pas.
    Ces gens n ont en réalité aucune conviction, aucun colonne vertébrale, seule la soif du pouvoir les anime et ils sont prêts à tout pour l’assouvir.

    • En effet,  » si vous êtes de gauche à 20 ans, c’est que vous avez du coeur. Si vous l’êtes encore à 35, c’est que vous n’avez pas de tête… » (Churchill)

    • tout a fait. Le pire de l affaire c ets pas que cette dame ait ete d extreme droite a 20 ans mais que lorsque ca c est su, elle a :
      1) nié les fait
      2) dit qu elle ne se rappelait plus et attaqué mediapart
      3) dit qu elle savait pas que la liste etait d extreme droite et qu elle etait candidate pour rendre service … (elle etait alors etudiante a science POLITIQUE, pas dans un CAP de chaudronnerie !). Qui peut croire un mensonge pareil ?

      Pourquoi nos politiciens pensent que nous sommes completement abruti et capable de gober des explications aussi fumeuses ?

    • Elle l’a été à l’insu de son plein gré.

  • Comme quoi un  » Politique » ça bouffe à tous les râteliers. Si vous les voulez « Vièrge » il faut les prendre très jeunes, style Benalla ou Bellamy car après quelques années ils rancissent et ils deviennent aussi pourris que leurs tuteurs

  • « Je n’ai pas, messieurs les journalistes, je n’ai jamais eu d’accointances avec l’extrême-droite, ni maintenant ni avant !  »
    (Cahuzac revisité par Loiseau)

  • « rien ne peut se faire en dehors de l’État et de sa bureaucratie qui connaît tout mieux que tout le monde. »
    C’est tout à fait cela. Pas même des dons privés.
    « Tout pour l’Etat, tout par l’Etat, rien en dehors de l’Etat. » B. Mussolini.

    • On oublie trop souvent, et la gauche s’efforce de le faire oublier, que Mussolini était socialiste et un étatiste forcené, donc que le fascisme est de gauche. Ce que nos soi-disant antifas démontrent tous les jours!

      • c’est les socialistes qui ont inventé le fascisme pour se démarqué de concurrents gênants qui chassaient sur le même terrain.

  • Ce propos paraît plein de bon sens acquis au fil de l’Histoire. Malheureusement, la faculté d’analyse semble disparaître et la lucidité se faire supplanter par l’intransigeance idéologique.

  • Comment pouvez-vous reprendre à votre compte la propagande LREM, ses éléments de langage ? En dehors de brandis ce terme « progressiste », en quoi LREM serait progressiste, alors que de tous les gouvernements qu’a eus la 5e, celui-ci est probablement le plus réactionnaire et rétrograde, tant du point de vue social qu’environnemental ? Ne vous faites pas prendre au piège des mots de la propagande !

    • Le « progressisme » est une idéologie à laquelle le nom du parti au pouvoir correspond particulièrement bien. Car le progressisme demande à changer les choses non pas pour obtenir une situation meilleure, mais pour le plaisir du changement, qui serait, d’après cette idéologie, bon en soi. Macron et les siens sont « en marche », c’est le but même de leur action, il n’y a pas de destination à cette marche, ce qui importe est le mouvement, le « progrès ».
      Je ne sais pas à quoi vous faites référence quand vous évoquez les termes « réactionnaire » et « rétrograde », mais du point de vue de l’idéologie dominante une opposition au conservatisme (qui est, à n’en pas douter, largement majoritaire dans le pays et en Europe de façon plus générale aujourd’hui) ne peut être que « progressiste », certainement pas rétrograde ou réactionnaire.

      • Ils marchent en … ronds… Bref, ils tournent en rond, comme dans un manège, pour attirer les grands enfants 😉

      • Sauf que de changement il n’y en a que dans les discours, dans la réalité c’est toujours la même soupe qu’on nous sers : impôts et réglementations jusqu’à l’overdose

        • Comment ça, pas de changement ?
          Sur le plan sociétal d’abord : mariage pour tous, PMA, GPA de fait (voir décisions de la CEDH)…
          Et sur le plan économique, il suffit de faire le décompte des changements de lois, normes et réglementations opérés ces derniers temps. Et présentées, le plus souvent, comme des « libéralisations », « simplifications », etc.
          Je répète : ce n’est pas le but qui compte, mais le mouvement en lui-même. Et de ce point de vue, on est servis : ça bouge sans cesse.

  • « Nos experts sont certes très intelligents »
    Y’en a marre ! Ils ont sorti quoi d’utile, de remarquable, ces gens « très intelligents » ? Du sang et des larmes, c’est tout ce qu’ils ont été capables de produire depuis des dizaines d’années qu’ils ont pris les rênes de ce pays.
    Conformistes, ils le sont dès le départ, les gens non-conformistes ne se lancent pas dans ce genre d' »aventure ». Et leur « succès » n’est lié qu’à ça : leur capacité à faire valoir leur conformisme et à protéger ce qu’il convient désormais d’appeler une caste.

  • «Ceci nous semble être le vrai problème, caché derrière la polémique : la fabrique des élites en France est aussi une fabrique du conformisme social, ce qui rend toute réforme d’envergure totalement improbable.»

    C’est ce qui se voit donc facile à incriminer, je doute que ce soit le vrai problème. Ce serait plutôt une conséquence qu’une cause. Ce qui conduit au conformisme social c’est notre organisation centralisée qui n’a qu’une obsession : celle d’égaliser, d’homogénéiser, ne faire qu’un. Pour ce faire il faut bien entendu une élite conformiste qu’on a même pas besoin de fabriquer, elle existe naturellement, il suffit de lui ouvrir la porte de l’administration de cet univers centralisé.

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