Notre-Dame de Paris : le mécénat à la rescousse

L’incendie de Notre-Dame de Paris va coûter très cher en restauration. Dès maintenant, les initiatives privées se multiplient pour reconstruire.

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Notre-Dame de Paris : le mécénat à la rescousse

Publié le 16 avril 2019
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Par la rédaction de Contrepoints.

Le monde entier a été témoin du drame de l’incendie de Notre-Dame de Paris ce lundi 15 avril. Symbole vivant de Paris, consacrée par la littérature grâce au célèbre roman de Victor Hugo, la cathédrale dont la charpente multiséculaire s’est consumée jusqu’à l’effondrement de la flèche avait jusqu’à présent échappé aux guerres et à la destruction depuis plus de 800 ans.

Les causes de l’incendie ne sont pas encore connues, mais le montant des dégâts est vertigineux. C’est une partie du prestige de la capitale qui vient de partir en fumée et, plus prosaïquement, une attraction économique qui attirait chaque année des millions de visiteurs. Cette partie du patrimoine ne reviendra pas, mais déjà, les pistes sont lancées pour reconstruire le bâtiment.

Emmanuel Macron s’est rendu sur l’île de la Cité et a affirmé vouloir lancer une souscription nationale. De son côté, la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse a annoncé que 10 millions vont être débloqués pour procéder aux travaux d’urgence sur la cathédrale incendiée. Seulement, aujourd’hui, l’État n’a clairement pas les moyens d’entretenir ce joyau du patrimoine. La rénovation engagée à elle seule avant le drame devait coûter 150 millions d’euros.

Qu’à cela ne tienne, ce sont les mécènes qui se mobilisent pour remettre sur pied Notre-Dame. François Pinault et son fils vont ainsi débloquer 100 millions d’euros via leur société familiale d’investissement Artemis « pour participer à l’effort qui sera nécessaire à la reconstruction complète de Notre-Dame ». LVMH et la famille Arnault de leur côté ont déclaré ce mardi faire un don de 200 millions comme pour concurrencer l’offre de François Pinault.

Ça ne sera pas la première fois que les « riches », si détestés en France, sauvent le patrimoine national à l’abandon. On se souviendra par exemple du précédent du château de Versailles, sauvé par Rockefeller après la première guerre mondiale, et qui inaugurera une longue période de mécénat américain en faveur des monuments français. L’occasion de voir qu’une autre solidarité nationale, volontaire, est possible.

 

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  • lu sur F.Info : « Nous rebâtirons » Notre-Dame de Paris, promet Emmanuel Macron après l’incendie… Le Ministère de la Culture, depuis Sarkozy, a pris l’habitude de distribuer de + en + des subventions à des journaux , qui sont en déficit de lecteurs car ils ne plaisent plus dans l’opinion.. au lieu de les consacrer judicieusement à entretenir des monuments historiques, en cette période de crise et l’on en perçoit le résultat … Comprenne qui voudra, suivez mon regard ! Je trouve pitoyable des subterfuges comme le loto du patrimoine de Stéphane Bern pour palier aux carences de l’Etat !

  • Positionnement dans la reconstruction, ils ont plus que jamais les moyens de se rendre indispensables. Et cet evenement va probablement déclencher une fièvre de la rénovation. Tout est normal.
    Il reste une petite chance à Carlos Ghosn alors: un petit don, un petit cierge (bio, équitable, etc) et il pourra profiter de ses droits à la retraite dans la démocratie qu’il jugera bonne pour lui, sans oublier de revenir se faire soigner en France. La prostate, hélas, tous les mâles en ont une …

  • Rockfeller avait aussi aidé à la reconstruction de la cathédrale de Reims.

  • ahhh ça va faire mal aux lèvres de certains…car faudra dire:

    merci les riches….
    je me marre…..

    • Non, ils diront:
      « c’est de l’argent volé »,
      « des miettes de l’argent de l’évasion fiscale »,
      « vous voyez qu’ils en ont plein de fric, et rien pour les autres »,
      « la solidarité, ce n’est pas que ça, il y a aussi les services publics »

      • C’est déjà le cas… il suffit de cliquer sur la photo de Twitter dans l’article et de lire le fil, une partie des français n’est jamais contente, elle est systématiquement jalouse.

        Ces deux familles françaises auraient très bien pu garder leurs argents, je ne comprendrai jamais cette jalousie liée à l’argent et à l’envie, elle me dépasse.

        • mais pourquoi ils n’ont pas versé cet argent anonymement? c’est bien d’un part pour se faire mousser et d’autre part pour faire surgir les polémiques, ils savent pertinemment que les français ont un souci avec ça….et le faire anonymement c’est bien plus classe et bien plus noble.

          • Totalement d’accord avec vous, je préfère les gestes nobles sans tambours ni trompettes, après l’être humain aime se mettre en avant et se faire voir.

            • Ben voyons! Faut filer son fric (100 millions) et se la fermer! Et encore heureux qu’on ne leur botte pas les fesses ou qu’on ne leur déclenche pas un contrôle fiscal pour avoir froissé la susceptibilité de tous les aigris, jaloux et envieux? Belle mentalité.
              Finalement vous auriez préférez que l’Etat prélève un impôt supplémentaire?
              CPEF

              • Ça me fait penser qu’il y a des algorithmes pour détecter la fraude fiscale. Il est bien possible qu’il prenne en compte des dons anormalement élevés vis à vis des revenus, ce qui est surement le cas même pour ces gens…

              • vous n’avez pas compris mon propos, qu’ils fassent ce qu’ils veulent de leur argent ..mais pourquoi en parler ? ça implique bien une envie d’être reconnu et félicité non? c’est vous qui extrapolez et parlez de contrôle fiscal et de violence.

                • « mais pourquoi en parler ? ça implique bien une envie d’être reconnu et félicité non?  »
                  Et alors??? En quoi cela est-il répréhensible? En quoi peut-on le leur reprocher?
                  D’autant plus que si ces riches n’avaient rien fait, il n’aurait pas manque de critiques venant des mêmes personnes leur reprochant leur inaction!!
                  Typiquement français.
                  Quoiqu’il fasse, le riche est coupable de quelque chose. Après cela ne vous étonnez pas qu’ils quittent le pays.

  • j’ai quand même été un peu surpris ce matin de ne pas entendre à aucun moment, les journalistes parler du fait le plus important à savoir qu’il n’y avait aucune victime..par contre ils en ont fait des caisses eux et les politiques, notamment Macron avec sa phrase « c’est une part de notre destin français » j’ai revu dans le même temps le castaner qui tenait un pavé dans sa main..de la récupération bien politique et le bal des faux-culs.

  • Il faut reconnaître que personne ne les oblige à faire don généreusement, et que cette « aubaine » malheureuse est l’ occasion de soigner leur image de marque à l’ international, en France certainement moins, on trouvera les ronchons habituels…
    Tenez d’ ailleurs, ce sinistre a quelque chose d’ intolérable, en ce qui me concerne. Travailler à l’ entretien et à la sauvegarde d’ un monument presque millénaire devrait faire l’ objet des plus grandes précautions surtout quand on annonce 150 millions d’ euros le coût des travaux.
    Je ne trouve pas du tout normal qu’ un tel incendie se produise, et si j’ osais, c’ est vraiment à l’ image d’ un pays malade. Malade de l’ abandon de sa filiation à l’ Eglise, malade d’ avoir perdu le sens de l’ Histoire, malade de ses élites qui n’ en sont plus et qui ne guident plus le peuple. Je plains le pauvre compagnon qui doit vouloir remonter le temps. Il a tout mon soutien.

    • Sur le principe, on ne peut qu’être d’accord. Mais en pratique, on paie une certaine modernité. Un système anti-incendie avait semble-t-il été installé pour les travaux, il n’aurait pas fonctionné. Il y avait des extincteurs partout, mais personne pour les utiliser…
      Un veilleur aurait fait des rondes régulières sur le chantier, il est très probable que tout se serait réglé sans que personne n’en parle. Mais, très probablement aussi, maintenant on préfère ne pas dépendre d’une personne et confier toute la sécurité à la technologie. Même s’il y avait un veilleur, il comptait sur l’installation anti-incendie. Ici, on parle beaucoup de liberté, mais il est bien possible que la responsabilité soit encore plus mal en point que la liberté, et elle est pourtant essentielle à cette dernière.

      • J’aimerais tout de même que l’on m’explique pourquoi une enquête a été ouverte pour dégradations « involontaires ». Pourquoi éliminer d’office certaines hypothèses alors que l’église Saint Sulpice et la basilique Saint Denis ont subi des débuts d’incendie recemment, cette dernière justement à la faveur d’échafaudages dont s’est servi le délinquant?

        • Pourquoi? Pour éviter un amalgame fâcheux et non vivrensemblesque? Mauvais esprit de ma part sans doute…

        • Il me semble que c’est la procédure classique, faute de soupçon particulier, on considère que c’est involontaire, et si on découvre des indices, on requalifie. Juste le rasoir d’Hanlon…

      • Des veilleurs faisant régulièrement des rondes, cela coute (très) cher. Alors qu’un dispositif électronique de surveillance bcp moins.
        Le ministère de la Culture a d’autres priorités, en particulier bcp de projets durables, inclusifs, tranculturels promouvant le vivrensemble…etc. Les vieilles pierres représentatives d’une culture et tradition millénaire (pas vraiment en cadre avec les projets de société de nos gouvernants) ne sont pas la priorité.

        • Oui, mais c’est surtout que dans le contexte, on ne fait pas le calcul de savoir si la mesure de protection serait « rentable », uniquement celui de savoir si les mesures seront suffisantes pour dégager sa responsabilité en cas de sinistre.
          Un veilleur ça coûte cher, mais combien on parie que si à l’avenir on en met un, on ne lui fournira pas de lunette thermographique ?

    • existe-t-il des dispositifs incendie pour ce type de configuration (genre Hi Fogg) ?

  • Ils n’ont qu’à utiliser le fonds travaux que l’état a patiemment accumulé, ou l’assurance incendie, comme la loi exige d’avoir pour toutes les copropriétés.
    Attendez, on me dit que l’état n’applique pas les lois pour lui même, qu’il n’y a pas de fonds travaux, que le budget de 10M€ du ministère de la culture ne comprend pas des fonds pour des imprévus, ni d’assurance contre les incendies?
    Sachant que cet évènement se produit tous les quelques siècles, et que dans d’autres domaines l’état nous dit qu’il prévoit à ce genre d’échéances, ça m’étonne pourtant.

    • Si l’état payait une assurance pour un risque à l’échelle de plusieurs siècles, nombreux seraient ceux qui dénonceraient une subvention ou donation déguisée à l’assurance. Il est plus facile de ne pas s’assurer que d’expliquer que pourtant, c’est justement le cas typique où il faut s’assurer : un sinistre qu’on n’est pas en mesure de réparer seul s’il se produit.

    • Les assurances sont pour les pauvres les autres n’ont pas ce genre de problemes ,meme la secu et les mutuelles ils s’en moquent !

  • Suite à l’émotion, des français (riches ou non) font des dons. C’est très bien.
    Pour les rénovations qui étaient en cours il a fallu aller voir les américains pour boucler le budget de 60 millions. Les français, riches ou non, n’ont pas complété ce montant, alors que les dons étaient déjà possibles. C’est dommage.
    Conclusion la sauvegarde du patrimoine ne peut pas être laisser naïvement au bon vouloir des français.

  • TOTAL : 100 millions € en plus
    Nous en sommes déjà à 400
    plus les 150 M€ que l’état avait prévu sur la phase actuelle de restauration.

    • Finalement, comme la « Felix Culpa » de la Veillée Pascale, « Heureuse faute qui nous a valu un tel rédempteur », on peut dire heureux incendie qui a pu nous démontrer la générosité non feinte de nos bienfaiteurs.

  • Oui, et contrairement à Hidalgo et Pécresse qui sont généreuses avec « notre argent ». La générosité n’est une vertu que si elle est volontaire

    • Ils sont aussi généreux avec notre argent, puisque ces dons sont associés a un énorme cadeau fiscal. En pratique, faire don de 100M leur coute certes une 30aine (selon la nature fiscale du récepteur du don), mais impose finalement a tous les autres de mettre deux fois cette somme au pot.
      Donc c’est sympa de mettre de l’argent, mais c’est une belle méthode d’imposer la même chose à tout le peuple…

  • ND incendiée : la loi de 1905 a atteint un de ses objectifs après 114 ans d’efforts constants.

  • cette séquence de mendicité est lamentable

  • On a ici un exemple type du « cygne noir » de Nassim Nicholas Taleb. Il n’a échappé à personne qui a regardé les images hier soir que les moyens techniques des pompiers étaient à l’évidence inadaptés au sinistre (cela n’enlève rien au courage des pompiers qui ont fait le maximum avec les pauvres moyens dont ils disposaient). On avait l’impression qu’on voulait éteindre un embrasement total d’une maison avec le tuyau d’arosage, trop court, du jardin.

    Pourtant, il y avait maintes façons de se prémunir d’un tel sinistre: installer le long des murs des colonnes sèches en assez grand nombre qui pouvaient , instantanément, être alimentées en eau de la Seine et montaient jusqu’à la charpente; alernativement, installer le long du bâtiment, côté Seine d’immenses pompes capables d’atteindre le sommet de la flèche (notez que le jet d’eau de Genève atteint 140 m de haut). Ces pompes auraient été capables de noyer le départ de l’incendie, l’arrêtant net avant qu’il ne prenne des proportions ingérables.
    Cette installation aurait coûté quelques 10 ou même 20 millions d’euros en pompes et en tuyauteries. Plutôt que d’effectuer cette petite dépense préventive, on accepte le risque de l’incendie qui va coûter des milliards.
    C’est l’assymétrie type de Taleb.
    Que les minables qui nous dirigent n’ont toujours pas comprise.

    • il ne faut pas non plus mettre trop d’eau pour que ce ne soit pas pire que le mal, d’où l’idée (comme sur les bateaux récents) de brouillard d’eau (Hi Fog).

      • Vous êtes à côté de l’argument principal: prévoir le cas extrême d’un accident gravissime très rare car son coût est exhorbitant. Peu importe la tenqchnique utilisée. Je fait confiance aux spécialistes pour installer ce qu’il faut. C’est trop tard à présent.

    • Pour éteindre un incendie, les 5 premières secondes, il suffit d’un verre d’eau, les 5 premières minutes, d’un seau d’eau, et ensuite on parle en lacs et en fleuves. Tout l’art est de pouvoir intervenir dans les premières minutes, et avec 10 millions, il y a d’autres manières que de mettre en place un système qui sera en panne quand dans quelques décennies on en aura besoin.

  • la France est devenue un pays de Pleurnicheurs..
    CPEF

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