Face aux casseurs et aux Gilets jaunes, l’État en échec

Les échecs répétés du monopole étatique sont masqués sous le voile de l’idéologie, mais quelques Gilets jaunes ou casseurs surexcités suffisent vite à montrer l’inconsistance du voile.

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Face aux casseurs et aux Gilets jaunes, l’État en échec

Publié le 26 mars 2019
- A +

Par Thierry Falissard.

Ce week-end, les images du Fouquet’s bunkerisé, protégé par un sarcophage, ont beaucoup tourné sur les réseaux sociaux.

Belle illustration d’une défaillance de l’État, une de plus !

Et qui semble confirmer ce que certains libertariens malicieux appellent l’inefficacité du modèle démocratique appliqué à la mafia, c’est-à-dire le règne de l’irresponsabilité institutionnelle qui allie démocratie (loi du plus fort numérique) et monopole étatique (droit du plus fort physique). D’autres libertariens encore plus malicieux expliqueront que la comparaison est inappropriée, car la mafia privée fait des bénéfices et offre un bien meilleur service que l’État !

Les grands esprits, depuis Spinoza, Locke et Hobbes, peuvent toujours nous rappeler que l’État n’a qu’une seule mission légitime : la protection des individus et des biens – une protection qui a un prix, et un prix très élevé : des privilèges « exorbitants du droit commun » accordés aux hommes de l’État et aux organismes qu’ils dirigent. Hélas, ces privilèges ont perdu toute justification, et l’État a abandonné sa mission invoquée sans abandonner ses privilèges.

La mission de protection au second plan

L’État moderne a tellement proliféré dans tous les sens et dans tous les secteurs de la société que sa mission primaire de protection est passée au second plan. Son interventionnisme tous azimuts le rend aujourd’hui non seulement incapable, mais pas même désireux, de protéger le citoyen – il a tellement d’autres missions, plus exaltantes les unes que les autres (écologie, égalité sociale, combat contre les fake news qui ne sont pas de son cru, combat contre les automobilistes, contre les islamophobes, contre les « populistes », contre les anti-vaccins, contre les GAFA gaffeurs, etc.), que pour la sécurité il a donné sa démission.

La protection des personnes et des biens est inscrite en théorie dans le Code de déontologie de la police nationale (art. 1) mais passe bien après la « défense des institutions de la République ». Autrement dit, certaines parties de certains arrondissements parisiens seront mieux protégées que d’autres (même inscrites à l’inventaire des monuments historiques) ! L’inégalité de traitement est ainsi institutionnalisée.

Le citoyen en est-il vraiment conscient ? Probablement pas. Après avoir été désarmé physiquement (le droit au port d’armes est réservé aux « personnes autorisées » ainsi qu’aux délinquants ordinaires), il a été désarmé mentalement. Une armée d’idéologues jouissant des faveurs étatiques, usant à la fois de terrorisme intellectuel, de sophismes, de moraline bon marché et de paternalisme matois, le persuaderont que l’État peut tout et sait tout.

Omnipotence du Léviathan

Rien ne saurait contredire l’omnipotence zélée du Léviathan, qui intervient là où il n’y a pas lieu d’intervenir, tel un gourou de secours, sans impôt d’échappement ! Pas question de laisser les individus s’organiser eux-mêmes, se protéger eux-mêmes, se prendre en charge eux-mêmes pour s’extirper d’une tutelle toujours plus envahissante, stérilisante et inefficace. Les échecs répétés du monopole sont masqués sous le voile de l’idéologie, mais quelques Gilets jaunes ou casseurs surexcités suffisent vite à montrer l’inconsistance du voile.

Et comment appelle-t-on une entité qui vit aux dépens des autres, dont l’action est presque toujours superflue voire gênante, et qui perturbe la société ? Le dictionnaire dit que ces trois caractéristiques correspondent exactement à la définition du parasite. Pour le libertarien averti, ce parasitisme révèle la nature mensongère des justifications théoriques de la domination étatique (au choix : contrat social, suffrage universel, constitution, etc.). C’est à se demander s’il faudra un jour en finir une fois pour toutes avec la politique !

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  • pour être honnête, si vous avez un grand nombre de gens qui veulent casser, il n’y pas de solution « pacifique »..

    gouvernement libéral ou pas..

    vous avez des gens, vous en avez beaucoup, qui ne voient pas de problème à casser les biens d’autrui pour des raisons assez obscures.parce que par exemple c’est un symbole du capitalisme…
    le problème est avant tout le nombre de gens qui penchent vers la tyrannie…problème du culture, d’éducation plus que de maintien de l’ordre..
    d’ailleurs les pays socialistes sont souvent des états policiers totaux!!!et assez calme en ce qui concerne la délinquance, du moins quand ils fonctionnent encore.

    • Il n’y a pas un grand nombre de gens qui veulent casser, et ces gens sont parfaitement connus des services de renseignement. On les laisse faire (pour discréditer une manif) ou pas (quand le ministre de l’Intérieur risque d’y laisser son portefeuille). C’est selon.

    • il n’y a pas de GVT libéral en france

      • oui mais me me dans les pays plus libre vous pouvez avoir de la casse ou plus généralement des crimes. D’une certaines façon c’est le signe que le pays est encore libre.. en urss ou dans allemagne nazie pas de manif avec casse…

    • J’ai surtout le sentiment que depuis quelques années, l’état considère qu’il y a des « bons » casseurs (djeuns, écolos, syndicalistes, altermondialistes, gitans ou autres minorités …) et des « mauvais » casseurs (les autres).
      Malheureusement les progrès techniques dans le foutage de m… réalisés par les bons casseurs sont lâchement copiés par les mauvais casseurs.

      • oui mais ce serait un autre procès, dès lors la casse n’est plus le signe de l’incompétence à policer de l’etat mais de sa malice. j’affirme quant à moi que les états idéologiquement liberticides adorent faire la police, et dès lors les seules révoltes ont pour but de faire tomber ces états.

  •  » on ne mord pas la main qui vous nourrit »….c’est pourtant bien ce que font les parasites d’en haut qui vivent sur notre dos ; si le seul moyen qu’ils ont trouvé pour garder leurs nombreux privilèges c’est de casser du citoyen alors cela se retournera immanquablement contre eux ; nous ne sommes plus au moyen age ou les gens n’avaient que des fourches et leur courage pour se défendre…….

    • Votre vision du moyen-âge est caricaturale et typiquement française, c’est normal une histoire construite par la révolution française pour lui donner encore plus de nécessité. La plupart de temps les liens entre un seigneur et ses habitants étaient bilatérales, divers et ont évolué au cours du temps.

      Il n’a donc pas de raison que ce soit différent pour le reste. Ce qui n’enlève en rien certaines responsabilités de l’Etat.

      Sentiment et discernement c’est comme torchon et serviette..

      • +100 entre la qualité morale d’un seigneur ayant fait ses classes comme page, écuyer puis chevalier, avec les coups de pieds au derche que cela impliquait, et celle d’un énarque bien glissant, je crains qu’il n’y ait pas photo.

        • nécessité faisant loi , au moyen age les gens travaillaient pour se nourrir, pas pour acheter des portables..
          la noblesse de l’époque gérait au plus prés, et devait prouver sa hardiesse et son courage en payant de sa vie.. et comme il n’y a noblesse que de cœur ….

    • Moi perso j’ai juste quelques couteaux de cuisine, je ne sais pas ce que ça vaut par rapport à une fourche. Je pense qu’on est plus au moyen age, les gens ont effectivement encore moins des moyens de se défendre face aux armes automatiques…

      • La principale arme c’est la propagande, juste devant les subventions et corruptions.

        • Oui enfin on en est quand même à faire donner la troupe.

        • @La petite bête
          Pas si simple.
          Il est exact que la force physique ne suffit pas à conquérir et à conserver le pouvoir. Le support d’une idéologie est effectivement indispensable.
          Cependant, sans la force physique, les gens cesseraient peu à peu de payer leurs impôts, d’obéir aux règlements, et les moyens nécessaires à la promotion de l’idéologie (la propagande) feraient défaut, comme ceux nécessaires à la corruption.
          Le pouvoir repose donc sur la force physique et la propagande, qui se complètent, mais il n’y a pas de pouvoir sans force armée.

      • Vous achetez quelques bouteilles de bière, les buvez, puis achetez de l’essence, l’homme sait faire du feu depuis 10 000 ans.

    • Et encore parfois il m’était a sac les chateaux

  • ’État n’a qu’une seule mission légitime : la protection des individus et des biens –

    Il sera difficile après l’incendie volontaire du Fouquet’s par des pillards hors la loi de nous le démontrer.!

  • moi je trouve assez bizarre qu’il eut fallu d’une interdiction de manifester pour que les casseurs ne soient plus là…
    Si c’est vraiment le cas on voit qu’on a affaire a des branleurs au minimum et/ou des manipulateurs d’opinion pour QI a 2 chiffres

  • Bravo ! Excellent article qui analyse et dévoile sans ambiguïté le pouvoir abusif de l’Etat omniprésent.
    Une mise au point s’imposait ! Merci.

  • et on ne voit pas trop les choses évoluer à court terme… sauf quand les forces de l’ordre en auront marre ?

  • Pendant des années, au cours de ces dernières décennies, nos gouvernants UMPS-LREM nous ont expliqué à l’envi que l’armée ne pouvait pas être employée à rétablir l’ordre républicain dans les banlieues de l’immigration entrées en sécession. Voilà qu’à présents, ils n’hésitent pas à les mobiliser contre les Gilets Jaunes. Les militaires de l’ « opération Sentinelle » seront, donc, chargés désormais de la protection des bâtiments publics contre les émeutiers, ce qui permettra d’utiliser davantage les « forces de l’ordre » pour la répression dans la rue. Cette façon de procéder porte un nom : assimiler les Gilets Jaunes à des terroristes radicalisés et à transformer les armées en supplétifs de la police. Pour M. Macro. (alias Macron) et ses affidés, il y a d’un côté les « bonnes racailles », de l’autre les « mauvaises racailles ». Les bonnes ce sont les petits dealers dépoitraillés de Saint-Martin, les émeutiers de Grenoble ou les « black blocks ». Les mauvaises, ce sont ces « salauds de pauvres » qui manifestent en gilet jaune. Après la mise au pas des médias où l’on rivalise d’obséquiosité pour traîner dans la boue toute opposition à M. Macro. et la surveillance d’Internet et des réseaux sociaux par la police de la pensée… voici, donc, la mise au pas de la rue par la police, et la mise au pas administrative et préfectorale qui va avec, pour éliminer ceux qui osent ne pas être d’accord avec M. Macro. et son gouvernement. M. Frédéric Lordon, dans sa lettre à M. Macro. a bien résumé la situation : « Emmanuel Macron a fait du peuple un ennemi de l’État ».

    • Toutes les manifestations sont toujours interdites aux abords des lieux de Pouvoir. L’Élysée, Matignon, les Assemblées, et je ne sais trop quoi, sont protégés par la Garde Républicaine, une unité de la Gendarmerie Nationale, pas plus formée au maintien de l’ordre que les soldats de « Sentinelle ». Il en est ainsi depuis qu’elle existe. A vous suivre, cela revient à traiter de terroristes tous les manifestants.

  • Si la violence ne marche pas, essayons la grève des impôts !
    Ah, les petits coquins nous le mettent à la source…ok, il en reste d’autres des moyens de faire chier l’Etat. Techniquement l’Etat ne peut pas lutter contre des individus organisés et déterminés. Si l’objectif est par exemple de supprimer les péages sur les autoroutes il suffit de prendre la route. Cet exemple a déjà été constaté par mes propres yeux. Donc le 1 objectif n’est pas de changer l’Etat (l’administration et ses parasites), c’est d’informer et d’éduquer les gens. Il faut un PLAN pour virer l’Etat. Cela peut être très rapide et efficace avec les moyens d’aujourd’hui. Mais que veulent les Français ? C’est grâce à ce flou que nos parasites continuent.

  • vous avez utilisé le mot « parasite » je valide l’article direct..^^

  • Ok pour l’analyse avec un bémol: l’interventionnisme étatique contre les anti vaccins est de son ressort.
    nous voyons ainsi réapparaitre des maladies que l’on croyait avoir éradiquées suite à une plus faible couverture vaccinale. C’est d’ailleurs intéressant de noter que parmi les pays occidentaux, c’est en France, pays interventionniste s’il en est, que le taux de vaccination est le plus faible.

    • Le taux de vaccination le plus faible en France, c’est pour certaines maladies seulement (pas les plus graves) et avant la dernière loi pour la justifier.
      Vous reprenez la propagande de ceux qui veulent infliger des polyvaccins à des nourrissons, sans analyse suffisante du rapport bénéfice/risque.
      Il y a eu des décès d’enfants suite à l’hexavalent de GSK, mais ça, les médias ne le disent pas.

  • Article magnifique. Tirer parti de l’actualité pour montrer que l’État est incapable d’assurer la seule mission susceptible d’en justifier l’existence (faire respecter Le Droit) est une excellente idée.
    Mais comment peut-on croire qu’on peut faire respecter Le Droit en commençant par le bafouer ? La dérive de ceux qui disposent du monopole de la violence armée est inéluctable. Quelle que soit leur probité, ils seront toujours tentés d’utiliser ce privilège exorbitant à leur profit.
    Au passage, on notera la proximité « naturelle » entre hommes de l’État et délinquants : tous deux vivent de la violence. L’indulgence des premiers envers les seconds ne doit rien au hasard. Sur ce sujet, on lira avec profit l’article suivant : http://fr.liberpedia.org/Socialement_proche.

  • Très étonnant la banlieue , c’est le silence complet , quoique le trafic n’est pas perturbé , nos force de l’ordre ne peuvent pas etre sur les Champs-Elysées et être en banlieue !!!

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