La restriction des armes à feu ne sert à rien

Justice by Killian77 (CC BY 2.0) — Killian77,

Les arguments en faveur du contrôle des armes sont déconnectés de la réalité. Après Christchurch, la restriction des armes à feu ne servira à rien.

Par le Dr. Michael Hurd1, depuis les États-Unis.

Les arguments en faveur du contrôle ou de la confiscation des armes à feu se résument essentiellement à ceci :

« Si les armes étaient illégales, elles ne seraient pas disponibles. Si elles n’étaient pas disponibles, des gens comme ce tueur fou dans [compléter ici à l’aide du dernier exemple de fusillade en date] ne seraient pas en mesure de les utiliser. »

Cela suppose qu’un tueur détraqué et psychopathe, décidé coûte que coûte à assassiner, se laisserait arrêter par un obstacle comme trouver une arme à feu légalement.

C’est absurde. Un tueur détraqué et psychopathe, par définition, est décidé à accomplir sa mauvaise action, et considère même qu’il est en droit de le faire. Si les armes sont interdites, il y aura un marché noir pour les armes, tout comme actuellement il en existe un pour la marijuana, l’héroïne et la cocaïne.

Contrôler les armes tout en ne comprenant rien à la psychologie des criminels

Ceux qui prétendent que la violence peut être contrôlée en interdisant les armes montrent comment ils comprennent mal la nature et la psychologie des criminels. Ils supposent, bien obligés d’adopter ce type de croyance, que ces tueurs sont pour la plupart semi-raisonnables, bien que leur esprit soit confus, et qu’ils se précipitent, sous l’effet d’une subite impulsion, à la boutique du coin pour acheter leurs armes à feu. Si cet achat est rendu plus difficile, voire impossible, selon ce raisonnement implicite, ces pauvres esprits tourmentés vont s’abstenir de leurs actions violentes.

Je suppose que c’est la raison pour laquelle ce sont les mêmes personnes qui, d’un côté, sont favorables à la prohibition et qui, de l’autre, trouvent toutes sortes d’excuses au comportement des criminels. Elles ont tendance à être du genre à considérer que n’importe qui et n’importe quoi porte la responsabilité du comportement criminel, à l’exception du criminel lui-même.

Elles ne peuvent pas comprendre, ou peut-être ne veulent-elles pas le comprendre ou l’accepter, la psychologie du mal. Il est certes perturbant d’essayer de le faire. Mais cela ne justifie pas de supprimer le droit pour la majorité ni violente, ni criminelle, de se protéger en rendant plus difficile ou impossible pour elle d’acheter des armes pour son autodéfense.

L’honnête citoyen désarmé face au criminel armé ?

Voyons les choses de ce point de vue. Avez-vous envie de vivre dans un monde où les individus dangereux auront la certitude que en face d’eux tous les autres, ni violents, ni criminels, seront désarmés ? Pensez-vous que cela permettra vraiment de réduire la criminalité ou bien de contribuer à son essor ; d’autant plus que les conditions économiques continuent de se détériorer dans une société où l’État agit de plus en plus comme un engin de destruction de l’activité économique ?

Bien sûr, ceux qui veulent interdire des armes au nom du pacifisme et de la non-violence sont généralement les mêmes qui pensent que l’État doit intervenir dans tous les domaines. Trop de sucre dans les sodas ? Il faut une loi. Certaines personnes incapables ou réticentes à souscrire une assurance santé ? Il faut une loi. Rappelez-vous, pas seulement une loi concernant ces individus mais une loi qui impose à tous la solution universelle à un prétendu problème, soit la garantie d’une aggravation du problème en question.

L’éternel échec de la prohibition

Souvenons-nous de l’époque de la prohibition, ceux qui le voulaient réussissaient à se procurer de l’alcool. Interdire l’alcool a permis, non pas de changer la société, mais de la rendre plus dangereuse et à donner au gouvernement plus de travail.

De même, la guerre contre la drogue n’a en rien contribué à éliminer ou même à réduire la dépendance à l’héroïne, la cocaïne ou la marijuana. Elle transforme simplement ceux qui aiment ces produits en criminels, mais cela ne change pas leur comportement d’un pouce.

Nous pourrions décriminaliser leur comportement demain et cela mettrait fin au dangereux marché noir des drogues, et soulagerait l’État, ce qui lui permettrait de se concentrer sur les choses vraiment importantes comme, oh, par exemple, la capture des terroristes. Et la décriminalisation de ce comportement n’aurait guère de conséquence sur la nature ou l’étendue de tous les problèmes de toxicomanie tels qu’ils existent. Les choses continueraient sans doute comme avant, ni plus ni moins, peut-être un peu moins, éventuellement.

Il en est de même avec la possession des armes. Les partisans d’un contrôle considèrent la possession d’une arme à feu comme comparable à la consommation d’héroïne et de cocaïne, si ce n’est pire. Ils pensent que si l’État interdit les armes demain, et en les enlevant des mains des gens paisibles, les criminels seraient en quelque sorte sous pression, voire honteux à l’idée même de tuer.

C’est complètement ridicule. Je vous garantis que si les armes sont interdites dans un proche avenir, vous allez voir beaucoup de changements dans la vie de ceux qui vivent tranquillement, mais pas le moindre dans la mentalité et le comportement des gens violents. En fait, la violence augmentera, parce que les individus violents sauront que les personnes paisibles seront désarmées, et qu’elles ne devront compter éventuellement que sur l’action aléatoire de la police pour les aider.

Le pire de tout, c’est l’autosatisfaction et le sentiment de supériorité intellectuelle des partisans du contrôle des armes à feu. Ceux qui expriment une autre position sur le sujet sont considérés comme des ignorants ou des demeurés. On aurait pu espérer de ces esprits supérieurs et sophistiqués sur le plan intellectuel une certaine connaissance théorique de la façon dont un esprit criminel fonctionne. Par définition, criminel fait référence à quelqu’un se considérant hors et au-dessus de la loi, et pensant avoir le droit de faire ce qu’il veut, même si cela signifie utiliser la force contre autrui.

C’est le genre d’individus qui dormiront mieux la nuit si nous adoptons des lois restrictives ou confiscatoires sur les armes à feu. Et leur prétendue supériorité intellectuelle consiste avant tout à protéger les personnes ordinaires en rendant la vie plus facile aux criminels.

Article initialement publié en octobre 2015.


Traduction pour Contrepoints par Gérard-Michel Thermeau de The arrogant ignorance of supporting gun control.

  1. Psychologue, docteur ès lettres, docteur en psychologie, diplômé de Saybrook University (San Francisco) et de Catholic University of America (Washington), titulaire d’un Master of Social Work (University of Maryland at Baltimore), auteur de plusieurs livres dont Bad Therapy, Good Therapy et du blog drhurd.com.