Apex Legend : la taxe cisgenre

EA Games a posé le choix stratégique de divulguer la sexualité des héros…

Par Dern.

EA Games a repris la main haute sur les jeux de Battle Royal depuis le lancement de sa nouvelle licence, Apex Legend (AL), le 4 février dernier. Là où Fortnite de Epic Game avait réuni 10 millions de joueurs en moins de deux semaines, AL a remporté la course au succès haut la main en rassemblant pas moins de 45 millions en moins d’une semaine.

« Regardez moi ces petits bijoux, si c’est pas fragile » le Maître d’armes

Ce tout nouveau-né combine l’abordabilité de Fortnite (en free-to-play, FtP), et un game design se rapprochant d’Overwatch, FPS de Blizzard. AL est sans conteste le plus gros démarrage de Battle Royal de tous les temps.

Dans AL, vous choisissez d’incarner un personnage dit Légende, qui comme dans Overwatch, se comporte de manière spécifique, a des compétences définies et peut créer une synergie avec d’autres. Mais, sur ce concept relativement standard, EA Games a posé le choix stratégique de divulguer la sexualité des héros…

Cela ne donne aucune compétence spécifique, n’intervient à aucun moment dans la jouabilité, AL étant un Battle Royal et non un RPG ou un action-aventure.

La maison d’édition s’est sentie obligée de préciser si tel ou tel héros préfère les hommes, les femmes, ou les robots géants de la mort. Jay Fraychette, le community manager du jeu, explique : “Bloodhound est non binaire, en tout cas non déterminé.e en termes de genre” et la page officielle du jeu souligne que Gibraltar est gay. Apparemment il est indispensable de le savoir. Les créateurs du jeu revendiquent que cela apportent de la diversité dans le monde vidéoludique.

Diversité somme toute  relative : Tous les personnages gratuits, absolument tous, sont comme on dit de nos jours “issus de la diversité”.

En plus de promouvoir la communauté LGBTQ, AL se sentait obligé de ne mettre aucun personnage caucasien à porté de clic. Il faut en effet payer pour avoir le droit de jouer un homme blanc cisgenre (seul personnage ayant une ossature lourde comme dirait Obélix). Le roster gratuit de base vous propose de choisir entre :

  • trois femmes (dont deux de type afro)
  • deux hommes (dont l’un est gay, et l’autre est un robot)
  • et Bloodhound, fameu.x.se indéfini.e sexuellement (on lui souhaite bonne chance pour se trouver)

On précisera que ces distinctions ne sont faites que parce que l’équipe de EA Games et les journalistes vidéoludiques ont eux-mêmes mis en avant ces points totalement intéressants concernant les personnages.

Gamer Revolution précise que « ces Légendes font partie intégrante de la conception du jeu pour la représentation des minorités et des groupes en marge de la société ».

La sphère média s’est donc tout de suite pris de passion pour ce jeu qui, pour être de qualité, ne doit pas ses galons de réussite aux préférences présumées de ses personnages, ou à leur origine ethnique : « many people view this is as a move in the right direction » selon le site Dexerto par exemple.

Jamais assez « divers »

Overwatch, ne souhaitant pas être en reste face à un de ses plus sérieux concurrents, s’est mis à la page en dévoilant le caractère gay du personnage Soldier 76 dans le short novel Bastet (sans parler de Tracer).

Mais toutes ces mises à jour ne sont pas encore suffisantes pour la police de la pensée, qui s’est empressée de souligner le manque de visibilité quant à la sexualité des personnages du jeu. Sur NoFrag, on lira : « S’il est bien clair que le personnage est gay dans la version originale, la version française est beaucoup plus vague dans son propos ». L’histoire se répète sans variante : Ubisoft, croyant bien faire en ajoutant de la diversité dans son intrigue, s’est fait huer pour ne pas le faire assez bien.

EA Games, en grosse perte de vitesse ces derniers temps, ferait bien de ne pas miser toutes ses billes sur un public aussi capricieux…


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