Discours sur l’état de l’Union : si George Washington en inspirait d’autres…

George Washington-John Trumbull by Joye (CC BY 2.0) — Joye , CC-BY

Si tous les présidents pouvaient s’inspirer de George Washington dans son discours sur l’Etat de l’Union…

Par Lawrence W. Reed.
Un article de Foundation for Economic Education

Quelques millions de personnes regarderont le président Trump prononcer son discours sur l’état de l’Union lors d’une session conjointe du Congrès le 29 janvier. Je doute être l’une d’entre elles. Le dernier discours que j’ai regardé du début à la fin remonte littéralement à 30 ans, et cela ne me rend pas le moins du monde frustré intellectuellement, spirituellement ou quoi que ce soit.

Le premier discours sur l’état de l’Union a été prononcé en une dizaine de minutes par George Washington, le 8 janvier 1790. Avec à peine 800 mots, c’était le plus court de tous. Comme le gouvernement fédéral lui-même, les discours suivants ont gagné en quantité plus qu’en qualité.

Bill Clinton détient le record du plus long discours sur l’état de l’Union de l’histoire des États-Unis – 1 heure 28 minutes stupéfiante de vide mémorable. C’était en 2000. Il a battu le précédent record, établi par lui-même cinq ans auparavant.

Que le pays veuille ou non l’entendre, chaque président fait un discours chaque année parce que la Constitution l’exige. C’est à chaque président de décider de sa durée et de son champ d’action. Et il peut le rendre aussi vague ou aussi détaillé qu’il le veut et aussi partisan, ou pas, qu’il le désire.

L’état de la nouvelle Union

La nostalgie m’a récemment incité à jeter un coup d’œil sur le premier discours de l’ état de l’Union de George Washington. Tout président qui peut faire le travail en dix minutes, mérite, je pense, qu’on s’y intéresse.

Lorsque George Washington a pris la parole, le 8 janvier 1790, les dépenses fédérales en proportion du PIB étaient d’environ 1,5 % (c’est 14 fois plus aujourd’hui). La dette fédérale était estimée à 30 % du PIB, mais elle était sur le point d’atteindre le niveau zéro, qu’elle a atteint dans les années 1830. La nouvelle nation était en paix avec une nouvelle Constitution et la plupart des gens voulaient continuer à vivre leur vie. Ils s’attendaient à ce que le gouvernement national s’occupe de sa mission limitée consistant à garantir la liberté du pays, à un coût minime et à les laisser tranquilles. L’allocution de Washington reflétait ce consensus.

Il a commencé par féliciter la Chambre et le Sénat d’avoir assuré « des perspectives favorables actuelles de nos affaires publiques ». Il a noté, en particulier, le crédit solide du pays et le degré impressionnant de respect que l’Amérique avait gagné dans le monde. Pour que les choses avancent dans la bonne direction, a-t-il dit, il faudrait que les membres du Congrès fassent un « effort réfléchi et serein » de « patriotisme, de fermeté et de sagesse ».

Préserver la paix

La question la plus importante qui méritait l’attention du Congrès, a averti Washington, était « la défense commune ». C’est tout à fait politiquement incorrect à notre époque où 80 % des dépenses fédérales n’ont rien à voir avec la défense mais beaucoup avec les transferts sociaux de redistribution et les intérêts sur les dettes passées. En 1790, notre premier président s’est exprimé en une seule phrase mémorable : « Se préparer à la guerre est le moyen le plus efficace de préserver la paix ».

Gardez à l’esprit que Washington n’était pas un aventurier inconnu ; quand il a quitté ses fonctions, il a mis en garde contre les « alliances enchevêtrées » et les interventions malveillantes. Pour lui, et pour la plupart des Américains de son époque, la principale responsabilité du gouvernement fédéral était de protéger notre pays, et non une centaine d’autres.

Il a suggéré que les troupes soient payées et que le pays s’efforce d’être indépendant des puissances étrangères pour ses approvisionnements militaires.

Un gouvernement limité

Après quelques paragraphes sur la défense, il a demandé au Congrès de proposer un processus définitif de naturalisation des étrangers cherchant à obtenir la citoyenneté américaine ; d’établir l’uniformité dans la monnaie et les poids et mesures ; d’encourager l’adoption d’inventions nationales et étrangères, et de se charger de la création de routes pour distribuer le courrier.

Washington a mentionné l’importance de l’éducation, de la science et de la littérature, mais n’a proposé dans son allocution aucune initiative fédérale particulière à cet égard. Notant que « la connaissance est dans chaque pays la base la plus sûre du bonheur public », il a exhorté dans le même souffle « une vigilance rapide mais tempérée contre les atteintes[à la liberté], dans un respect inviolable des lois ».

Il a terminé son allocution par ces mots :

« Et je retirerai une grande satisfaction d’une coopération avec vous, dans la tâche gratifiante mais ardue d’assurer à nos concitoyens les bienfaits qu’ils sont en droit d’attendre d’un gouvernement libre, efficace et équitable. »

Wahou ! Un discours sur l’état de l’Union sans promesses impossibles à tenir, sans tentative d’acheter le vote de quiconque avec l’argent de quelqu’un d’autre, sans proposition violant l’esprit ou la lettre de la Constitution ni hypothèque de nos libertés avec des subventions, et sans dresser une classe ou un groupe contre d’autres. Comme c’est rafraîchissant !

Soyez bref et aimable, donnez le ton, concentrez-vous sur les principes fondamentaux. Ce doit être le conseil de l’auteur du discours de Washington (lui-même). C’était fini en dix minutes. Le seul fait d’y penser me fait me languir de l’époque où le gouvernement connaissait ses limites et la place qui lui revenait, et où les gens les connaissaient aussi. Nous étions trop occupés à bâtir une nation pour laisser un politicien passer 90 minutes de notre temps à nous en parler.

Alléluia.

Traduction par Séverine B. pour Contrepoints de George Washington’s State of the Union Address Holds Lessons for the 21st Century

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